Un bataillon alpin de forteresse (BAF) est une unité militaire française spécialisée dans la défense des fortifications de la partie alpine de la ligne Maginot, des années 1930 à 1940.
Ce type de bataillon fournit les hommes servant d'équipages aux ouvrages, casemates et avant-postes et de troupe d'intervalle entre ceux-ci. Les premiers bataillons sont créés en 1934, il y en avait 22 pendant la bataille des Alpes de 1940. Rôle
La première mission de la ligne Maginot étant d'empêcher une attaque brusquée pendant la mobilisation générale de l'armée française (le rappel des réservistes dure quinze jours), les fortifications doivent donc être opérationnelles avec la totalité de leurs effectifs avant la déclaration de guerre.
À cet effet sont créées des troupes spécialisées dans la défense des fortifications, par définition peu mobiles, principalement d'infanterie (bataillons alpins de forteresse dans le Sud-Est et régiments d'infanterie de forteresse dans le Nord-Est) et d'artillerie (régiments d'artillerie de position).
Ces troupes sont déployées le long des frontières du Nord-Est (Nord, Ardennes, Lorraine, Alsace et Jura) et du Sud-Est (Savoie, Dauphiné et Alpes-Maritimes) de la France dès le temps de paix, au plus près des ouvrages et des avant-postes, dans des casernes. Dans les Alpes, il s'agit de casernements dans les villes des vallées (Bourg-Saint-Maurice, Modane, Briançon, Barcelonnette, Sospel et Nice), de casernements alpins d'altitude (des Chapieux, de Séloges, du Fréjus, des Rochilles, du Granon, du Restefond, des Fourches, des Granges de la Brasque, de Peïra-Cava, de Cabanes-Vieilles, de Plan-Caval et de l'Authion). et des casernements légers en bois à proximité des entrées des ouvrages (les casernes souterraines n'étant pas utilisées en temps de paix, hormis pour les alertes et les exercices).
Armement et équipement
Historique
Création vignette|Soldats du au fort Masséna (fort de la Tête de Chien) en 1935. La construction de nouvelles fortifications par les Français le long des Alpes (dans les et militaires) commence dès 1928, en réaction aux revendications de Mussolini sur la Savoie et les Alpes-Maritimes. Les premières unités de forteresse des Alpes sont créées les 14 et au sein des régiments d'infanterie alpine : le du à Modane (bataillon de forteresse) et une compagnie du RIA à Briançon (compagnie autonome de forteresse). En , quatre autres bataillons sont créés : du RIA (à Jausiers), du RIA (à Sospel), le du RIA (à Nice) et du RIA (à Nice). Le se rajoute un sixième bataillon, le du RIA (à Briançon) et deux compagnies autonomes.
Le , les troupes de forteresse du Sud-Est sont réorganisées au sein de sept bataillons alpins de forteresse (BAF) : BAF, à partir des et du RIA (vallée de la Tarentaise) ; BAF, à partir du du RIA (vallée de la Maurienne) ; BAF, à partir du et de la du RIA (vallée de la Haute-Durance) ; BAF, à partir du du RIA (vallée de l'Ubaye) ; BAF, à partir du du RIA (vallées de la Tinée et de la Vésubie) ; BAF, à partir du du RIA (massif de l'Authion, vallée de la Bévéra, poste de commandement à Peïra-Cava) ; BAF, à partir du du RIA (littoral des Alpes-Maritimes). Ces sept bataillons sont regroupés en trois « demi-brigades alpines de forteresse » (DBAF) qui équivalent à des régiments, chacune recevant une appellation et une affectation à un secteur : DBAF, « demi-brigade de Savoie », à Modane, affectée au secteur fortifié de la Savoie ( et BAF) ; DBAF, « demi-brigade du Dauphiné », à Jausiers, affectée au secteur fortifié du Dauphiné ( et BAF) ; DBAF, « demi-brigade des Alpes-Maritimes », à Nice, affectée au secteur fortifié des Alpes-Maritimes (, et BAF).. Mobilisation
Les secteurs fortifiés du Sud-Est dépendent en temps de paix des et région militaire (QG respectifs à Lyon et Marseille). Ils sont mis en alerte à la suite des tensions avec l'Allemagne en même temps que ceux du Nord-Est le , puis dès le lendemain les réservistes des unités de forteresse sont appelés, triplant les effectifs : chaque compagnie d'active (du temps de paix) forme le noyau d'un BAF de formation (temps de guerre), chaque BAF d'active forme une DBAF, d'où la mise sur pied de dix-sept nouveaux bataillons et de cinq nouvelles DBAF.
+ Organisation des bataillons de forteresse. Secteurs BAF d'active Demi-brigades de formation Bataillons de formationSD du RhônePas d'unité d'active DBAF BAF, BAF et BCHMSF de la Savoie BAF DBAF BAF, BAF et BCMSF de la Savoie BAF DBAF BAF, BAF et BAFSF du Dauphiné BAF DBAF BAF, BAF, BAF et BAFSF du Dauphiné BAF DBAF BAF et BAFSF des Alpes-Maritimes BAF DBAF BAF, BAF et BAFSF des Alpes-Maritimes BAF DBAF BAF, BAF et BAFSF des Alpes-Maritimes BAF DBAF BAF, BAF et BAF
Combats de 1940 vignette|Les hommes du quittent le fort de la Redoute Ruinée le , salués par les Italiens (les couleurs utilisées lors de la colorisation de cette photographie sont incorrectes).
La mobilisation générale commence le , portant en quinze jours la (appelé aussi l'armée des Alpes), à qui est confiée la défense de la frontière du Sud-Est, a son effectif maximal. Les troupes occupent alors leurs positions face au royaume d'Italie avec laquelle la République française n'est pas en guerre. Cette situation se poursuit jusqu'à la déclaration de guerre de l'Italie à la France et au Royaume-Uni le . Dès le premier jour des hostilités, tous les ponts et tunnels des cols sont détruits par le génie. Étant donné l'enneigement tardif pour la saison, les Italiens retardent leur attaque. L'offensive ne commence qu'à partir du , malgré le mauvais temps (interdisant les bombardements aériens).
En Savoie, les attaques du en Tarentaise (cols de la Seigne et du Petit-Saint-Bernard : opération ) et du en Maurienne (col du Mont-Cenis) sont bloquées par les avant-postes et l'artillerie des ouvrages jusqu'à l'armistice.
Dans le secteur du Dauphiné, le , chargé de prendre le Briançonnais, est lui aussi bloqué au col de Montgenèvre ; le , quatre mortiers français de neutralisent le fort italien du Chaberton (dont les huit tourelles d'artillerie bombardaient l'ouvrage du Janus). En Ubaye, le (opération ) est arrêté juste après le col de Larche par les avant-postes soutenus par les tirs des ouvrages de Saint-Ours Haut et de Roche-la-Croix.
Dans la partie montagneuse des Alpes-Maritimes, les avant-postes ne sont presque pas inquiétés, rapidement dégagés par les tirs des ouvrages (de Rimplas et de Flaut). Les attaques sont plus importantes le long de la côte, dès le , en raison de l'absence de neige (opération menée par le ) : les points d'appui le long de la frontière doivent être évacués le 22, une partie de Menton est prise par les Italiens, mais là aussi les avant-postes français résistent grâce aux tirs de soutien des ouvrages (notamment ceux du Mont-Agel et de Cap-Martin) et des batteries d'intervalle.
L'armistice du 24 juin 1940 entre l'Italie et la France est signé à Rome, avec application le à . Les fortifications du Sud-Est se trouvent dans la zone d'occupation italienne en France et sont évacuées (avec une partie du matériel) avant le ..
Notes et références
Bibliographie . .
Catégorie:Ligne Maginot Catégorie:Fortification de montagne