Lautoroute A69 est une autoroute visant à relier l'A68 (près de Toulouse) à la rocade de Castres par une nouvelle infrastructure à entre Castres et Verfeil sur une longueur de . Elle correspond au projet retenu de construire une autoroute concédée parallèlement à la RN126 existante sur ce tronçon. Une partie de l'autoroute (ancienne autoroute A680) est en service depuis tandis que l'essentiel du tronçon est en construction.

Le projet est déclaré d'utilité publique en et, en , le contrat de concession pour une durée de est attribué à Atosca, chargé de l'exploitation du péage de l'autoroute A69 et qui assure jusque-là sa construction. Les travaux débutent en . Aux alentours du début du chantier, entre 2022 et 2023, la critique du chantier est médiatisée à l'échelle nationale, plusieurs associations mettant en avant son impact environnemental négatif, ainsi que son prix élevé pour les usagers (6,77€) et le fait que les actuelles voies rapides gratuites contournant les villes de Puylaurens et Soual seraient intégrées à l'autoroute et rendues payantes.

Avec un contentieux ayant donné lieu une validation de l'autorisation environnementale par le Conseil d'État en juin 2026, les travaux se poursuivent et la date de mise en service est prévue pour le dernier trimestre 2026.

Histoire

Genèse du projet (années 1990-2000) Avant le début du chantier de l'A69, le principal axe reliant Verfeil à Castres est la route nationale 126 (RN 126).

En 1996, est ouverte l'autoroute A680, une bretelle de à sans séparateur central, reliant l'autoroute A68 à la RN126. Celle-ci intègre l'autoroute A69 le Arrêté portant reclassement de l’A680 en A69 — Bulletin officiel du ministère de la Transition écologique, 2025.

Le projet d'autoroute entre Toulouse et Castres est lancé dans les années 2000.

Le groupe pharmaceutique Laboratoires Pierre Fabre, premier employeur privé du Tarn., est à l'origine du projet. Ses dirigeants mènent ainsi des actions de lobbying en ce sens auprès des décideurs politiques...

Confirmation du chantier (années 2010) En 2000 et en 2008, ouvrent respectivement les déviations de Soual et de Puylaurens, deux voies rapides. Les travaux effectués pour la construction de ces déviations, sont mises en œuvre par des filiales du groupe NGE (Guintoli-Cazal). Ces déviations sont intégrées dans le tracé de l’autoroute et dans le contrat de concession par la suite..

De à la Commission nationale du débat public organise un grand débat public concernant "l'accélération de la mise à 2X2 voies de la liaison Toulouse Castres financée par concession autoroutière"

Le groupe Pierre Fabre y dépose une contribution en faveur du projet d’autoroute car il juge l’absence de desserte autoroutière négative pour la compétitivité économique et l'attractivité du territoire sur lequel il est implanté.

Le maire de la ville de Lavaur et proche du groupe Fabre, Bernard Carayon, demande directement au premier ministre de l'époque François Fillon de forcer la main de son ministre de l'environnement opposé au projet, le menaçant de quitter la majorité parlementaire.. Peu après, Jean-Louis Borloo accepte de signer la décision de mise en concession autoroutière de Castres-Toulouse..

En , lors de sa visite dans la nouvelle usine dermo-cosmétique du groupe Pierre Fabre à Soual, près de Castres, le président de la République François Hollande rencontre Pierre Fabre, affaibli par la maladie (et décédé deux mois plus tard). François Hollande s'engage alors publiquement en faveur du projet de l'autoroute A69 et affirme dans son discours que « cette infrastructure aurait dû être faite depuis des années ».. Cet engagement donne un coup d'accélérateur au projet, comme l'a confirmé Jacques Valax, ancien député socialiste du Tarn, également présent ce jour-là.

En 2014, le président François Hollande renforce son soutien au projet en demandant au préfet de la région Occitanie de lancer les études préalables nécessaires pour obtenir la déclaration d'utilité publique..

Passages des actes administratifs (2018-2022) En , le second gouvernement Édouard Philippe promulgue un décret qui déclare d'utilité publique le projet.. Ce décret autorise les expropriations nécessaires à la réalisation des travaux..

En , la ministre de la transition écologique Élisabeth Borne lance la procédure d'appel d'offres. C'est le groupe de construction NGE qui le remporte en de la même année au travers d'une nouvelle société Atosca, créée avec deux fonds d’investissement (Qeif II Dévelopment Holding Sarl, basé au Luxembourg et TIIC 2 SC SICAR, basé au Luxembourg) et la société de péage portugaise Ascendi, qui appartient à la société d’investissement Ardian.

Le Premier ministre Jean Castex signe le décret du contrat de concession avec Atosca, le (Décret du publié au JORF du 22.).

Lancement des travaux et mouvement de contestation (2023-2024)

Les travaux débutent en ..

Le , plusieurs associations déposent un recours contre les autorisations environnementales permettant la réalisation du chantier, dans le but d’obtenir la suspension des travaux et l’abandon définitif... Le , le juge des référés rejette la demande d’interruption du chantier par 14 associations pour qui le projet porte atteinte à une soixantaine d’espèces protégées et à leurs habitats, notamment au niveau du viaduc de l’Agout... Le le tribunal administratif de Toulouse rejette une nouvelle demande de suspension.. Le , le Conseil d'État valide à nouveau l'autorisation environnementale accordée à Atosca..

Le , le groupe écologiste à l'Assemblée nationale annonce faire usage de son droit de tirage pour créer une « commission d'enquête parlementaire sur le montage juridique et financier du projet d'autoroute A69 ». La commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire doit formaliser cette demande.... Le , cette commission d'enquête parlementaire est close à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron..

En , une plainte est déposée contre Atosca pour sa gestion des eaux pluviales et souterraines sur le chantier en cours..

Jugement de l'affaire au fond (2024-2025)

La rapporteure publique Mona Rousseau communique le , en amont de l'audience, le sens de ses conclusions plaidant pour l'annulation totale de l'arrêté autorisant les travaux pour motif d'absence de raison impérative d'intérêt général majeur justifiant la dérogation à l'interdiction d'atteinte aux espèces protégées.. Lors de l'audience du , elle conteste le caractère impératif et majeur de l'intérêt public du projet. Elle affirme qu'il est « excessif » de parler de situation d'enclavement pour le secteur Castres-Mazamet, rejetant l'argument du désenclavement cité comme motif impérieux d'atteinte aux espèces protégées dans l'autorisation environnementale.. Toujours selon elle, l'accidentologie de la RN126 ne permet pas de qualifier d'impérative la réalisation du projet d'autoroute, qui s'accompagnerait d'une dégradation sur l'itinéraire de substitution en raison de son passage par les centre-bourgs de Soual et Puylaurens dont les déviations existantes sont prévues pour être intégrées à l'autoroute payante..

Le , le tribunal administratif de Toulouse annonce rouvrir l'instruction, repoussant sa décision sur la légalité ou non de l'arrêté autorisant les travaux en raison d'un nouvel élément communiqué par la défense dans une note en délibéré faisant suite à l'audience. En effet, cette note contient une mention d'une baisse de 33 % du prix du péage prise en charge par l'État sur les sections correspondant aux déviations de Soual et Puylaurens déjà existantes et prévues pour être intégrées à l'autoroute, incitant le tribunal à rouvrir l'instruction du dossier avant une nouvelle audience « dans les prochains mois »... En l'absence de décision, les opposants au projet déclarent déposer le un référé-suspension pour tenter de faire reconnaître le doute sérieux de la légalité de l'autorisation environnementale en se basant sur les conclusions de la rapporteure publique sur le fond du dossier et de faire suspendre les travaux.. Ce référé est rejeté le , le juge des référés affirmant que entre ce jugement et la nouvelle audience au fond prévue pour le mois suivant., au vu des , et que les délais nécessaire pour exécuter une interruption avoisineraient la date de l'audience de février..

À l'occasion de la nouvelle audience du , la rapporteure publique renouvelle sa demande d'annulation du chantier, confirmant son précédent avis selon lequel aucune raison impérative d'intérêt public majeur ne justifie de porter atteinte aux espèces protégées pour construire l'autoroute, reprenant durant l'audience des propos similaires à ceux qu'elle avait déjà tenus le en affirmant notamment que les gains attendus du projet sont compte tenu de son impact environnemental. Suivant cet avis et considérant que le projet , le tribunal administratif de Toulouse annule le l'autorisation environnementale, et donc l'arrêté préfectoral autorisant le chantier... À cette date, 45 % des terrassements étant déjà réalisés, et 70 % des ouvrages d'art sont construits.. Lors de cette annonce certains médias considèrent le chantier comme illégal...

L'arrêt des travaux pendant 90 jours entraine des surcouts sur les travaux, qu'Atosca estime à 180 000 € par jour (montant jugé largement surestimé par le collectif "La Voie est Libre"). Une source citée par le média La Relève et la Peste qu'une possibilité d’indemnisation par l'État était prévue dans les annexes du contrat de concession, au titre de la prise en charge des aléas juridiques. Le journal le Monde, citant une source du ministère des transports, confirme une indemnisation de 79 millions d'euros.

Appel, sursis et bataille législative (2025) L'État et les sociétés bénéficiaires des autorisations environnementales font appel de la décision du tribunal administratif, tout en demandant un sursis à exécution afin de reprendre un chantier déjà engagé et arrêté le ... Le , la cour administrative d'appel de Toulouse prononce le sursis à l'exécution de la décision du tribunal administratif. Le chantier reprend courant juin en attendant la décision définitive, prévue pour 2026.

En parallèle, en , le Sénat adopte par contre 33 une proposition de loi reconnaissant une raison impérative d’intérêt public majeur à la construction de l'A69. Celle-ci vise à valider les autorisations administratives nécessaires au chantier et permettre sa reprise.. L’initiative fait l’objet de critiques, dès lors que la loi a pour objet de valider des actes annulés en première instance par le juge administratif, ce que certains acteurs du débat présentent comme un ou une atteinte à la séparation des pouvoirs. Le , le texte est rejeté par l’Assemblée nationale à la suite d’une motion de rejet préalable adoptée à l’unanimité. Le vote de cette motion par les députés soutenant la construction de l’autoroute vise à accélérer le parcours législatif du texte en évitant l’examen des nombreux amendements déposés et le risque de dépassement de l’heure limite d’examen du texte et en permettant la réunion rapide d’une commission mixte paritaire. La commission se met d'accord sur un texte de compromis le , suite à des mais le vote du texte final par les deux chambres prend du retard et n'a finalement pas lieu avant la décision de la cour d'appel.

Le , l'autoroute A680 est renommée A69, devenant le premier tronçon en service de l'autoroute.