Alice Rivaz, nom de plume d'Alice Golay, née le à Rovray et morte le à Genthod, est une écrivaine suisse.

Biographie

Origines Alice Rivaz naît Alice Golay le à Rovray, dans le canton de Vaud. Elle est originaire du Chenit, dans le même canton. Elle passe son enfance sur la Riviera vaudoise, notamment à Clarens.

Éducation Elle grandit dans une famille bourgeoise, avec un père, Paul Golay, engagé dans le parti socialiste vaudois. Marquée par les idées politiques de son cercle familial, Alice Rivaz développe dès l'adolescence un intérêt pour les questions sociales et adhère à la Jeunesse socialiste lausannoise de 1916 à 1918.

Elle a également deux autres passions : la musique et la littérature. Elle étudie au Conservatoire de musique de Lausanne, dont elle obtient un diplôme en 1917, mais ne peut entrer en classe de virtuosité car ses mains sont trop petites.

Dès cette époque, elle affirme sa volonté d'autonomie : refusant le mariage, elle obtient en 1921 un certificat de l'école de sténographie Underwood et suit des cours d'allemand.

Carrière Après avoir enseigné le piano et la musicologie dans différents pensionnats, elle s'établit ensuite à Genève et entre au Bureau international du travail (BIT) comme documentaliste de 1925 à 1940, puis de 1946 à 1959.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille comme journaliste, en particulier pour l'hebdomadaire Servir, et est collaboratrice de la Guilde du Livre, où elle fait la connaissance de Charles Ferdinand Ramuz.

En 1939, elle choisit son nom de plume : le village vaudois de Rivaz et soumet à Ramuz son premier roman, Nuages dans la main, qui paraît en 1940. Elle écrit également Comme le sable (1946) et La Paix des ruches (1947), roman à la première personne qui explore l'expérience féminine : l'amour, la maternité, le travail et les injustices auxquelles les femmes sont confrontées.

Ces trois romans constituent la première phase de son activité littéraire, centrée sur la condition féminine, les minorités et des réflexions sur l'amour et la solitude. Elle obtient en 1942 le prix Schiller.

En 1946, Alice Rivaz reprend son activité au BIT. C'est après avoir obtenu sa retraite anticipée, en 1959, qu'elle peut se concentrer exclusivement à la création. Elle varie les genres, rédigeant nouvelles, essais et romans autobiographiques. Lors de cette deuxième phase de créativité littéraire, elle dénonce l'égoïsme et l'indifférence de la société face aux humbles : Sans alcool (1961) et De mémoire et d'oubli (1973). Elle explore la vie intérieure de ses personnages dans Le Creux de la vague (1967) et Jette ton pain (1979).

Elle évoque son enfance, ses souvenirs et notamment ses débuts en littérature ainsi que les raisons du choix d'un pseudonyme. Elle écrit également une étude sur Ramuz, un essai sur le poète Jean-Georges Lossier et un portrait de la romancière Alice Curchod.

Son œuvre, en grande partie traduite en allemand et en italien, accorde une grande place aux femmes confrontées à leur famille, au travail et aux hommes, ainsi qu'aux milieux populaires et marginaux. Elle traite de sujets peu abordés à son époque, comme l'homosexualité, l'antisémitisme et le silence dans lequel étaient maintenues les femmes suisses jusqu'à l'obtention du droit de vote en 1971.

À partir de 1996, les Éditions de l'Aire et les Éditions Zoé réédident son œuvre. La réédition de La Paix des ruches par Zoé est préfacée par Mona Chollet.

Vie privée Elle reste célibataire toute sa vie, refusant le mariage. Musicienne, elle joue du piano plusieurs heures par jour et s'adonne également à la peinture.

Mort vignette|Tombe d'Alice Rivaz au cimetière des Rois à Genève Elle meurt en 1998, âgée de 96 ans, à Genthod en Suisse. Comme tous les lauréats du prix de la Ville de Genève, Alice Rivaz est enterrée au cimetière des Rois.

Elle laisse l'image d'une femme moderne, qui a osé aborder des sujets tabous et dénoncer les injustices les plus criantes de la société.

Hommages En 2001, deux plaques commémoratives sont apposées, l'une sur sa maison natale, à Rovray ; et une autre sur l'immeuble où, de 1932 à 1992, elle a passé une grande partie de sa vie, avenue Théodore-Weber 5, à Genève.

Le , une autre plaque est inaugurée rue Caroline 1, à Lausanne, sur l'immeuble où vécurent ses parents. Enfin, une place à Clarens est nommée d'après elle, ainsi qu'une rame de l'Intercity pendulaire des Chemins de fer fédéraux. À Genève, le collège pour adultes Alice-Rivaz et une rue dans le quartier de Champel lui rendent aussi hommage.

Depuis 2015, il existe un Prix Alice-Rivaz, que l’on décerne tous les trois ans. Le premier lauréat en est Yves Laplace pour son roman Plaine des héros (2015) ; le deuxième est Bruno Pellegrino pour son roman Là-bas, août est un mois d'automne (2018) ; la troisième lauréate est Silvia Ricci Lempen pour son roman Les rêves d'Anna (2020)Le Prix Alice Rivaz 2021 décerné à Silvia Ricci Lempen.

Œuvres

Paris, Éditions Julliard, 1943 et 1946 avec une préface d'Edmond Jaloux, Lausanne, Éditions de l'Aire, 1987 Vevey, L'Aire bleue, 2008

Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1996 et 2001

avec Comptez vos jours, Lausanne, Le Livre du Mois, 1970 avec une préface de Marcel Raymond, avec Comptez vos jours, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme (Poche Suisse), 1984 Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1999 et 2016

Genève, Éditions Zoé, 1998 et 2015

avec une préface de Marcel Raymond, avec La Paix des ruches, Lausanne, Le Livre du Mois, 1970 Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme (Poche Suisse), 1984 Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 2000 et 2016

Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1999

Vevey, Éditions de l'Aire, 1994 avec une préface de Claire Krähenbühl, Vevey, L'Aire bleue, 2002

Vevey, Éditions de l'Aire, 1992 Vevey, L'Aire bleue, 2007

Paris, Gallimard, 1979 Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1997 et 2001

Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1998

Vevey, Éditions de l'Aire, 1998 avec une préface de Reynald Freudiger, Vevey, L’Aire bleue, 2020

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Prix et distinctions

1942 et 1969 : prix Schiller. 1967 : prix des écrivains genevois pour son livre Le Creux de la Vague 1967 : prix du livre vaudois 1975 : prix de littérature de la Ville de Genève 1980 : grand prix C.F. Ramuz. 1997 : médaille Genève Reconnaissante

Bibliographie

Fonds d'archives Son fonds d'archives se trouve aux Archives littéraires suisses à Berne et à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

un choix de textes,

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et

Liens externes

Alice Rivaz, sur la base de données des personnalités vaudoises sur la plateforme Patrinum de la bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne. Fonds Alice Rivaz dans la base de données HelveticArchives respectivement inventaire en ligne (EAD) aux Archives littéraires suisses

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