Musa Hoti (Mitrovica, – Bruxelles, ) est un enseignant kosovar, militant pour la liberté et l'indépendance du Kosovo.

Patriote et militant, il organise en 1968 des manifestations dans différentes villes albanophones du Kosovo, du Monténégro et de la Macédoine ; son militantisme le fait considérer par le gouvernement yougoslave comme un opposant dangereux.

Après avoir émigré à Bruxelles, il rejoint le Mouvement national pour la République du Kosovo, dont il est un des leaders. Là, en état de légitime défense, il abat le un agent consulaire yougoslave et en blesse un autre. Après plusieurs tentatives avortées des services secrets serbes, il est assassiné le .

Biographie Musa Hoti naît à Mitrovica au Kosovo le au sein d’une famille patriotiquement réputée. Il est éduqué dans l’aspiration nationale par son père Daut Hoti, ancien guerrier de la brigade de (qui est plus tard un prisonnier politique), par sa mère Naile Jashari et par sa grand-mère Nurie, petite-fille de Shaban Polluzha Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, 11.

Depuis son enfance, Musa Hoti porte un intérêt particulier à la littérature patriotique albanaise. Il est passionné par les livres (interdits à la lecture à l’époque) traitant de l'histoire de la guerre en Albanie, de la protection des terres ethniques albanaises, de la liberté et des droits nationaux du peuple albanais.

Musa Hoti présente les caractéristiques propres aux personnes « qui sont des missionnaires réputés pour leurs œuvres et leurs nobles actions à l'égard des droits humains et politiques » Haqif Mulliqi, « Musa Hoti », Epoka e re, 26 janvier 2004.. Les récits de son père sur les méthodes et les tortures que la politique de Aleksandar Ranković lui avaient infligées ainsi qu'à ceux qui militaient pour la cause nationale albanaise marquent sa mémoire à jamais.

Après ses études en pédagogie, Musa Hoti est professeur de l’école La Renaissance dans le village de Dritan à Drenas Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, 14. au Kosovo, où il se consacra à l'éducation de ses élèves dans l'idée de la résistance face aux occupants. Parallèlement, il consacre tout son temps à l’organisation d'activités patriotiques pour la cause du Kosovo. Avec d’autres militants des droits des Albanais, il organise notamment les manifestations de 1968 dans les villes de l’ensemble des territoires albanophones (Kosovo, Albanie, Macédoine, Monténégro) Reshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, 14 et 15.. Musa Hoti est reconnu comme étant un leader politique de très haut niveau par le gouvernement albanais. Par conséquent, le gouvernement yougoslave le considère comme un personnage politiquement gênant Abdullah Hoti, Hipoteza e një Humnere, 28-32..

Il est transféré à l'école Migjeni à Obiliq au Kosovo et, après un an d'exercice, de détermination et de résistance, est finalement suspendu de son droit à enseigner. Dès lors, les autorités yougoslaves le pourchassent « titre=Deshmori Musa Hoti dhe permasa e dokumentit », Agjencioni Floripress, 17 mai 2011.. Il quitte le Kosovo pour échapper à un emprisonnement de longue durée et émigre à Bruxelles Abdullah Hoti, Hipoteza e një Humnere, 32-36.. En Belgique, il continue son combat et rejoint le Mouvement national pour la République du Kosovo (LKRK ; Lëvizja kombëtare për Republikën e Kosovës), au sein duquel il est reconnu et accepté en tant que leader politique.

La vie de Musa Hoti est consacrée à la cause de la libération du Kosovo . C’est avec une activité intellectuelle et journalistique incessante qu’il organise et crée notamment la première station de radio d'information de langue albanaise et continue l’organisation des manifestations à travers les plus grandes villes européennes Sose Muhadri, « Edhe pse larg Kosovës, Musa Hoti gjithmonë vepronte për Kosovën », Bota Sot, 23 janvier 2004..

Sa célébrité s'accroît lorsque le « Meurtre d'un membre de l'ambassade yougoslave », La Libre Belgique, le 6 août 1981., en situation de légitime défense Haqif Mulliqi, « Dy krisma në Bruksel », Ekskluzive, juin 1996., il tue dans le centre de Bruxelles Djeric Stojan et blesse Zuko Redzo, tous deux agents consulaires yougoslaves Miranda Vickers, Between Serb and Albanian: a History of Kosovo., Columbia University Press, 1998, 224 ; en ligne. Le coup de feu du militant Musa Hoti à Bruxelles retentit jusque dans les cercles nationalistes de Belgrade et renforce l'éveil pour la liberté . Ce coup de feu est comparé à celui du fusil d’Avni Rustemi à Paris en 1920Avni Rustemi (1895-1924) assassina le dictateur Essad Pacha à Paris le .. Les services secrets serbes (UDBA) et ses espions poursuivent Musa Hoti et tentent de l’assassiner maintes foisReshat Sahitaj, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, 348-350., jusqu’à ce que le Thierry Remacle, « Meurtre dans le parking Loi », La Dernière Heure, 17 janvier 2004., ils y parviennent finalement.

Musa Hoti est enterré dans le cimetière des martyrs de Pristina V. Rexha, « Flakës së Janarit iu shtua edhe një flakadan Musa Hoti », Kosova Sot, 23 janvier 2004.. La cérémonie funéraire en son honneur est organisée par le gouvernement du Kosovo.

Galerie

Sources thumb|Musa Hoti - Shënime, kujtime, dokumente de Reshat Sahitaj

, Musa Hoti - Shënime, kujtime, përjetime, dokumente, Pristina, Biblioketa Kombëtare dhe Universitare e Kosovës – Unioni i Shkrimtarëve dhe kritikëve Shqiptarë, 2011. (1/4) par arTHOTi/kalaja2006.

Notes et références

Catégorie:Personnalité politique kosovare du XXe siècle Catégorie:Personnalité politique kosovare du XXIe siècle Catégorie:Naissance en juillet 1946 Catégorie:Naissance à Kosovska Mitrovica Catégorie:Naissance dans la PAS du Kosovo Catégorie:Décès en janvier 2004 Catégorie:Décès à Bruxelles Catégorie:Décès à 57 ans