Eustorg [Hector] de Beaulieu, né vers 1495 et mort le , est un poète, compositeur et pasteur français actif notamment à Lyon, à Lausanne et à Bâle dans la première moitié du .
Biographie La vie d'Eustorg de Beaulieu est mal connue, il tombe dans un oubli profond pendant de longues annéesFage 1880 p. 96.avant de subir un regain d'intérêt au Le fonds de sa biographie reste l'étude de Colletet, notamment reprise par Beauchamps 1735, p. 148-151.. Son premier biographe important est Guillaume Colletet (1596-1659)Colletet 1878. .
Eustorg de Beaulieu, le septième et dernier enfant de Raymond seigneur de BeaulieuFage 1880 p. 99. et Jeanne de BosredonColletet 1878 p. 7 et 15, note 10. est né à Beaulieu-sur-Ménoire (actuellement Beaulieu-sur-Dordogne) en Bas-Limousin, vers 1495Becker 1880 p. 9, Harvitt 1918 p. 3-4.. Il est d'abord organiste à la cathédrale de Lectoure en 1522Becker 1880 p. 10., puis séjourne à Tulle dès 1523, époque à laquelle il endosse la prêtrise. Il y intègre la confrérie de Basoche, et enseigne la musique afin d'assurer sa subsistance. Un procès qu’il poursuit à l’occasion d’un héritage familial en 1529 le met en contact avec Bernard de Lahet, conseiller du roi au parlement de Bordeaux et protecteur de Clément Janequin.
De Beaulieu se déplace à Lyon vers 1536 (il joue entre autres du luth, de l'épinette et du manicorde), peut-être à la suggestion de Charles d’Estaing, protonotaire du Saint-Siège apostolique et chanoine-comte de la cathédrale Saint-JeanCe personnage est dédicataire, en 1532, du Liber decem missarum imprimé par Jacques Moderne, cf. Pogue 1969 n° 3.. Il entre au service de Pomponne de Trivulce [Pomponio Trivulzio], gouverneur de Lyon, rencontre le lieutenant-général Jean du Peyrat, le notable florentin Antoine de Gondi, son épouse Catherine de Pierrevive et devient maître de musique de leur fille Hélène. Il s’introduit dans la vie littéraire et musicale de la ville, très florissante à cette époque et se lie avec des artistes influents de l’époque, tels le poète Maurice Scève, le peintre Jehan Perréal et le compositeur Francesco di Layolle. Il éprouve une admiration particulière pour Clément Marot, s’adresse à lui à plusieurs reprises dans ses œuvres jusqu’en 1546, et contribue avec six blasons à la collection des Blasons anatomiques du corps féminin élaborée par Marot et sa mouvance (Paris, 1543).
C’est à la fin de cette période lyonnaise qu'Eustorg de Beaulieu publie ses Divers rapportz en 1537Harvitt 1918 p. 145, Becker 1880 p. 20, Fage 1880 p. 112., qui contiennent plusieurs pièces dédicacées aux notables susdits. Ses fréquentations l’amènent aussi à connaître la mouvance évangélique, rencontrant Marguerite de Navarre (1492-1549) et son secrétaire Antoine Du Moulin. Subissant l’influence de ce cercle, il se convertit finalement au protestantisme.
De Beaulieu part à Genève à la fin et se déplace rapidement vers Lausanne où il suit un cursus de théologie. Le consistoire de Berne (qui gérait alors les affaires de Lausanne) l’envoie le à Thierrens et à Moudon pour y exercer la charge de pasteurBerne, Staatsarchiv, Ratsmanual 29 p. 7.. Il se marie quelques mois plus tard avec une orpheline genevoise, Rolette, mais elle le quitte peu après sous prétexte qu’il est homosexuelBerne, Staatsarchiv, Chorgerichtsmanual 11, p. 54-55, et 12 p. 30.. Un second mariage avec Madeleine Massandt, pas plus heureux, intervient encore, puis il abandonne sa charge de pasteur. Il se déplace encore à Bienne pour un an, puis à Bâle, où il s’inscrit à l’université en 1548Wackernagel 1956 p. 55.. Là, il a été protégé par le recteur Boniface Amerbach, grand amateur de musique, et devient précepteur de son fils Basile.
Œuvres Œuvres littéraires et spirituelles thumb|L'Espinglier des filles (Bâle, 1550).
À la fin : Cy finist le mistère du crapault... imprimé à Paris par Alain Lotrian et Denis Janot,.... - Denis Janot imprimait entre 1529 et 1545. La marque employée ici se retrouve sur un volume daté de 1529 [cf. P. Renouard, "Les marques typographiques parisiennes]. L'abbé Mercier de Saint-Léger attribue cette œuvre à Eustorg de Beaulieu.
. Réédité en 1544 : , .
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. L'attribution à Eustorg de Beaulieu doit être justifiée.
. Suivi d’une deuxième édition en 1530 chez le même éditeur : ) et d’une troisième à Bordeaux en 1537 (). Ce poème a été repris pour être inséré dans les Divers rapportz de 1537. Édition par Hélène J. Harvitt (d'après Les divers Rapportz de 1537) dans : « Les Gestes des solliciteurs : a 16th century metrical account of the abuses of law courts », Romanic review 2/3 (1911), p. 304-319. Existe aussi en tiré-à-part. . , (attribué à l'imprimeur lyonnais Jacques Moderne). Ce poème a été repris pour être inséré dans les Divers rapportz de 1537.
GLN 15-16 n° 1450, . L’ouvrage compte 160 chansons spirituelles, plutôt dirigées contre l’église catholique, ses rites et sa hiérarchie. 121 des chansons sont adaptées à des timbres (airs ou chansons connues). La seconde partie de l’ouvrage contient des pièces diverses (Joyeusetez chrestiennes, l’épitaphe de P. de Cornibus, le dieu gard de la ville de Genève, le Blason spirituel du corps de N.S.J.C., la Generalle croisade, des anagrammes, des épîtres, etc.). . .
Œuvres musicales thumb|Un texte d'Eustorg de Beaulieu (Chrestienne resjouyssance) mis en musique par Jean de Caulery (Anvers, 1556). Les Divers rapportz de 1537 contiennent le texte de 12 chansons que Beaulieu déclare avoir mises en musique à trois ou quatre voix, mais seules trois ont été retrouvées : Bon jour, bon an et bonne estraine, Mondain séjour j'ay perdu ta présence, Voicy le non temps que chascun s'apreste. Elles sont publiées dans le premier et le second livre du Parangon des chansons : Lyon : Jacques Moderne, 1538, cf. Pogue 1969 n° 11 et 12.. Deux autres textes des Divers rapportz (Esveillez-vous, et En espérant j'endure) seront mis en musique par Jean Caulery et publiés dans deux volumes par l’imprimeur Pierre Phalèse à Louvain en 1552Vanhulst 1990 n° 10 et 11.. Fin à Thierrens, Eustorg de Beaulieu déclare terminer l’écriture de psaumes qu’il souhaite faire imprimer à Berne par Mathias ApiariusPidoux 1962 p. 5, 26, 42 ; vol. II. mais ceux-ci n’ont semble-t-il jamais été imprimés. Dans la Chrestienne resjouyssance de 1546, Beaulieu déclare avoir composé la musique à 3 et 4 voix des 39 chansons qui ne portent pas de timbre, et vouloir la publier avec des motets latins, mais cette édition n’a pas paru. Cependant, quatre textes extraits de ce recueil sont mis en musique par Jean Caulery et publiés à Anvers en 1556 par Hubert Waelrant et Jean de LaetWeaver 1994 p. 58, nº 11, RISM 1556..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Articles connexes Littérature du Poésie française du Liste d'écrivains de langue française par ordre chronologique
Liens externes
USTC : .
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