Joaquín Leguina Herrán, né le à Villaescusa (province de Santander), est un homme politique espagnol.

Il devient en adjoint au maire de Madrid délégué aux Finances et secrétaire général de la Fédération socialiste madrilène-PSOE (FSM-PSOE). Il est élu député de Madrid trois ans plus tard.

Chef de file socialiste aux élections régionales de , il remporte la majorité absolue des voix et des sièges à l'Assemblée de Madrid. Il est donc investi à président de la communauté de Madrid. Il accomplit trois mandats consécutifs de quatre ans, mais gouverne en minorité à partir de . En , il abandonne la direction de la FSM-PSOE.

Il retrouve le Congrès des députés en . Il postule en aux primaires socialistes pour les élections municipales à Madrid mais se trouve défait par l'ancien ministre Fernando Morán. Après que le PSOE a remporté les élections législatives en , il est porté à la présidence de la commission parlementaire de la Défense. Il ne se représente pas en et met ainsi un terme à sa vie politique.

Il est exclu en du PSOE après avoir soutenu la cheffe de file du PP aux élections régionales de 2021. En , grâce à l'appui du PP, il est élu membre puis président de la Chambre des comptes de la communauté de Madrid.

Biographie Formation et activité professionnelles Il obtient en une licence de sciences économiques à l'université de Bilbao. Il entre deux ans plus tard dans la fonction publique, comme statisticien à l'Institut national de la statistique (INE). Entre et , il enseigne à l'université complutense de Madrid (UCM).

Il passe avec succès deux doctorats en sciences économiques, à l'UCM en et à La Sorbonne un an plus tard. Cette même année , il est recruté par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) comme expert démographe et envoyé à Santiago du Chili. Il assiste au coup d'État du général Pinochet contre Salvador Allende.

Revenu en Espagne, il dispense de nouveau des enseignements à la Complutense jusqu'en .

Débuts de vie politique Membre du Front de libération populaire (Felipe) et de la Convergence socialiste de Madrid (CSM), où il fait la connaissance de Juan Barranco, Enrique Barón ou encore José Barrionuevo, il adhère en au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), lorsque la CSM fusionne avec la section socialiste madrilène (ASM).

Lors des élections municipales du , il est élu au conseil municipal de Madrid sur la liste d'Enrique Tierno Galván. Investi maire, celui-ci nomme Joaquín Leguina adjoint, délégué aux Finances. Le , il est élu à secrétaire général de la Fédération socialiste madrilène-PSOE (FSM-PSOE) avec seulement 27 % des voix. Cette courte victoire est le fruit de la division de l'aile gauche, du soutien de la direction nationale aux mains de Felipe González et de l'appui des anciens membres de la CSM..

À l'occasion des élections générales anticipées du , il postule au Congrès des députés dans la circonscription de Madrid. Élu, il rejoint la députation permanente.

Président de la communauté de Madrid Premier mandat : majorité absolue Lors des élections régionales du , il se présente comme chef de file de la FSM-PSOE, qui l'emporte avec 50,7 % des suffrages et sur 94 à l'Assemblée de Madrid.

Il prononce son discours d'investiture devant les députés régionaux le suivant, au cours duquel il s'engage à achever la décentralisation des compétences de l'État en deux ans et annonce avoir pris contact avec les partenaires sociaux afin de conclure un grand pacte social et lutter contre le chômage. Le ministre de la Justice Fernando Ledesma, le ministre de l'Intérieur José Barrionuevo, le ministre de la Culture Javier Solana, le président du Sénat José Federico de Carvajal et Enrique Tierno Galván assistent à la session.. Il est investi le lendemain par pour, contre et huit abstentions : alors que l'Alliance populaire (AP) de Luis Guillermo Perinat a refusé de lui apporter son soutien, le Parti communiste d'Espagne (PCE) de Lorenzo Hernández ne prend pas position.

Deuxième mandat : minorité difficile À l'occasion des élections du , les socialistes obtiennent un piètre résultat avec 39,1 % des voix. Ils perdent ainsi leur majorité absolue, totalisant sur 96. Alors que les sept parlementaires de la Gauche unie (IU) ne lui permettent pas d'atteindre la majorité absolue, il estime que , ajoutant qu'il lui est impossible de passer un accord avec l'AP et que le faire avec le CDS se présente comme très difficile.. Cependant, le parti centriste fait savoir le qu'il a l'intention de s'abstenir, ce qui permet à Leguina d'envisager un maintien au pouvoir. Le chef de file du CDS Fernando Castedo explique que .. Le président sortant expose ainsi le son programme de gouvernement, où il annonce la création d'une chaîne de télévision propre à la communauté autonome, la modernisation des trains de banlieue et l'extension du métro.. Il est élu pour un deuxième mandat le , au second tour de scrutin, après avoir recueilli favorables, et . À l'instar du CDS, la Gauche unie fait également le choix de l'abstention..

Le , le porte-parole du groupe AP Alberto Ruiz-Gallardón annonce que son parti et le CDS ont la volonté de déposer une motion de censure contre Leguina. La FSM-PSOE réplique en menaçant de modifier le règlement de l'Assemblée afin d'en remplacer la présidente Rosa Posada, issue de la formation centriste.. Le député Nicolás Piñeiro, ancien élu de l'Alliance populaire passé au Parti régionaliste indépendant madrilène (PRIM), indique qu'il ne votera pas la motion, laissant Gallardón à favorables, soit un vote de moins que la majorité requise.. Effectivement le , la motion échoue à un suffrage près, à l'issue d'un débat extrêmement virulent. Alberto Ruiz-Gallardón qualifie Joaquín Leguina de , d' et d', l'accusant d'avoir . Alors que son opposant lui demande , le président de la communauté de Madrid l'interroge à son tour : . Le CDS dénonce un gouvernement corrompu et la Gauche unie vote pour son propre porte-parole, rendant ses voix nulles. Ainsi, Leguina se maintient au pouvoir sans le soutien d'aucun autre groupe politique..

Il s'accorde le avec son principal rival au sein de la Fédération socialiste madrilène-PSOE, le président de la commission exécutive José Acosta, pour céder le secrétariat général à Teófilo Serrano, considéré comme proche d'Alfonso Guerra, Acosta conservant la présidence honorifique de la FSM-PSOE. En contrepartie, le parti investit Leguina comme chef de file aux prochaines élections régionales, et son proche allié Juan Barranco comme tête de liste aux élections municipales à Madrid. Rejetant l'idée qu'il ait été , il affirme se sentir ..

Dernier mandat : deuxième force politique thumb|Joaquín Leguina est reçu le par Felipe González au palais de la Moncloa.

Lors des élections du , alors que l'abstention progresse de plus de dix points, le nouveau Parti populaire (PP) vire en tête avec 43,2 % des voix et sur 101, à quatre sièges de la majorité absolue. Réunissant 37,1 % des suffrages, le PSOE devient la deuxième force politique de la communauté autonome avec .

Quatre jours après le scrutin, la direction fédérale de la Gauche unie approuve le principe du soutien sans participation aux présidents socialistes.. Le conseil politique régional d'IU valide finalement cette position le ..

Le , le président de l'Assemblée Pedro Díez Olazábal annonce son intention de proposer la candidature de Leguina à la présidence de la communauté de Madrid. Au cours de ses entretiens préalables avec les forces politiques, il a reçu la confirmation officielle de la porte-parole parlementaire de la Gauche unie que celle-ci soutient l'investiture du candidat socialiste.. Il prononce son discours d'investiture le devant les parlementaires, promettant et revendiquant son accord avec IU comme . Il assume notamment l'engagement de bâtir sociaux ou de nouvelles lignes de métro. Il dénonce le modèle de financement des communautés autonomes, appelant à une réforme qui garantisse . Il indique son objectif d'éviter que .. Il est investi le lendemain par pour, après deux heures d'un discours très dur d'Alberto Ruiz-Gallardón..

Les élections du sont un échec pour les socialistes madrilènes. Avec 30,1 %, ils poursuivent leur recul et tombent à sur 103, contre 54 au Parti populaire, qui remporte ainsi la majorité absolue. Au soir du scrutin, Leguina annonce qu'il se retire de la vie politique locale et qu'il souhaite réintégrer les effectifs de l'Institut nationale des statistiques.. Il remet sa démission de député à l'Assemblée de Madrid, mais demande d'en différer l'effet au , afin de pouvoir assister au débat d'investiture de son successeur. Alberto Ruiz-Gallardón, de son cadet, l'en remercie publiquement..

Retour au Congrès des députés Dans la perspective des élections générales anticipées du 3 mars 1996, la FSM-PSOE propose en qu'il soit candidat au Congrès des députés dans la circonscription de Madrid, les premières places de la liste étant réservées au président du gouvernement Felipe González et à certains de ses ministres..

Réélu député, il retrouve une place au sein de la députation permanente alors que le PSOE repasse dans l'opposition. Il soutient Joaquín Almunia lors des primaires socialistes de , remportées finalement par Josep Borrell. Lui-même échoue à être désigné candidat à la mairie de Madrid, ayant perdu face à Fernando Morán.

Il conserve son mandat parlementaire lors des élections de , et devient alors porte-parole adjoint du groupe socialiste à la commission de l'Éducation, de la Culture et des Sports. Au mois de , il apporte son appui à José Bono pour le poste de secrétaire général du PSOE, qui revient toutefois au député José Luis Rodríguez Zapatero. Après les élections de , il prend la présidence de la commission de la Défense. Il annonce, deux ans plus tard, qu'il ne sera pas candidat aux législatives de , et se retire de la vie politique après ce scrutin.

Le , le PSOE lui signifie son exclusion pour avoir soutenu, lors de la campagne des élections madrilènes de 2021, la candidate du Parti populaire, Isabel Díaz Ayuso.. Il dépose un recours en justice contre cette expulsion, rejeté le un juge de première instance..

Il est élu le conseiller de la Chambre des comptes de la communauté de Madrid par l'Assemblée, sur proposition et avec les seules voix du Parti populaire. Lors de la première réunion de l'institution le , il en est élu président..

Publications Essais Los ríos desbordados: un ensayo político. Plaza & Janés Editores, 1994. Defensa de la política. Ediciones B, 1995. Malvadas y virtuosas: retratos de mujeres inquietantes. Temas de Hoy, 1997. El Chile de la unidad popular, 1970-1973. Ateneo de Córdoba, 1998. Años de hierro y esperanza. Espasa-Calpe, 2000. Ramón Franco, el hermano olvidado del dictador. J. Leguina y A. Núñez. Temas de Hoy, 2002. Conocer gente: recuerdos casi políticos. Aguilar, 2005. El duelo y la revancha. La esfera de los libros, 2010. . Impostores y otros artistas. Ediciones Cálamo, 2013. Historia de un despropósito. Temas de hoy, 2014. .

Nouvelles Historias de la Calle Cádiz. Ediciones Akal, 1985. La fiesta de los locos. Editorial Mondadori, 1990. Tu nombre envenena mis sueños. Plaza & Janés editores, 1992. La tierra más hermosa. Alfaguara, 1996. El corazón del viento. Alfaguara, 2000. Cuernos. Cuentos. Alfaguara, 2002. Por encima de toda sospecha. Ediciones Témpora, 2003. El rescoldo. Novela. Editorial Alfaguara, 2004. Por encima de toda sospecha. Ediciones Témpora, 2006. Las pruebas de la infamia: un nuevo caso del abogado Baquedano. Novela negra. Tropismos, 2006. La luz crepuscular. Alfaguara, 2009Cf. la reseña de Javier Reverte, «De un tiempo, de un país», Revista de Libros, , septiembre de 2010..

Notes et références

Annexes

Sources

Articles connexes Président de la communauté de Madrid

Liens externes Ensemble des fiches biographiques de Joaquín Leguina, sur le site du Congrès des députés