Le Morbihan (Prononciation en français de France retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; Prononciation en breton KLT retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français situé en région Bretagne, qui doit son nom au golfe du Morbihan. Il correspond pour l'essentiel au royaume, devenu comté puis baillie, de Broërec et plus anciennement à la cité des Vénètes.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 56. Sa préfecture est Vannes.
Histoire
vignette|centré|Carte du département en 1790.
Le département est créé à la Révolution française, le en application du décret du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Bretagne : il est édifié pour les 4/ de son étendue sur les terres de l'ancien diocèse de Vannes fondé au (moins deux petites parties au nord, une autre à l'est et une dernière à l'ouest), de l'extrême est de la Cornouaille, du sud de l'évêché de Saint-Brieuc, du sud-ouest de l'évêché de Saint-Malo et du nord-ouest de l'évêché de Nantes..
La délimitation du département du Morbihan est fixée par un décret du ..
Les communes de la Cornouaille morbihannaise (l'ancienne sénéchaussée de Gourin) qui n'avaient pas choisi d'être annexées au département du Morbihan ont régulièrement réclamé de rejoindre le Finistère, sans succès..
Le Morbihan devient un foyer de la Chouannerie..
Les et de volontaires du Morbihan furent envoyés pour combattre la révolution haïtienne..
Étymologie Le nom du département vient de « », nom breton, signifiant « Petite Mer » (le golfe du Morbihan)., par opposition à « », « grande mer », qui désigne localement la baie située entre Quiberon et Le Croisic. La transposition en français a pour conséquence le retrait du trait d'union, pour ne former finalement qu'un mot. Cette étymologie a conduit certains à estimer que le Morbihan serait le seul département de France métropolitaine dont le nom proviendrait entièrement d'une langue régionale« Morbihan : d'où vient le nom de ce département ? », Le Parisien, 17 août 2016.. Toutefois, le département de Vaucluse est dans le même cas..
Emblèmes Logotype
En , le Département fait évoluer son identité visuelle en modifiant son logotype et la charte graphique de la collectivité. L'ancien logo a été utilisé de 2006 à 2022.. S'inspirant du blason du Morbihan (voir ci-dessous), le nouveau logo est composé d'une hermine, symbole héraldique breton déjà présent sur les logos des départements voisins d'Ille-et-Vilaine et du Finistère, et de trois vagues bleues évoquant l'origine du nom du département, la mer ainsi que la vie qui lui est associéeLe logo et la charte graphique du Département du Morbihan..
Proposition de blason
Géographie vignette|Carte du Morbihan (2005). vignette|Le Morbihan vu de l'espace (image satellite).
Situation
Le Morbihan fait partie de la région Bretagne. Sa superficie est de ..
Le département a de côtes..
L'espace morbihannais couvre un peu plus d'un dixième de la superficie du Massif armoricain..
Relief Pour ce qui concerne le relief du département, le Morbihan est très plat sur le littoral, en contradiction avec le reste de la Bretagne, mais assez vallonné dans l'arrière-pays ouest (landes de Lanvaux, montagnes Noires proches de Gourin) Son point culminant se situe au nord-est de Gourin ; c'est la Calotte Saint-Joseph () dans les montagnes Noires..
Géologie
vignette|Carte géologique simplifiée du Massif armoricain.
Le territoire est marqué par une alternance de lignes de crête et de vallées parallèles à la côte. Orientées nord-ouest/sud-est (direction armoricaine caractéristique de l'orogenèse varisque), ces zones déterminent deux domaines de part et d'autre du cisaillement sud-armoricain CSA (décrochement dextre dont le rejet horizontal atteindrait .). Ce décrochement, appelé aussi « zone broyée sud-armoricaine », est un témoin de la tectonique tangentielle varisque qui forme un couloir de failles hercyniennes courant de la pointe du Raz à la Loire d'orientation NO-SE (N120). Au nord du CSA, les plateaux d'une altitude moyenne de correspondent à des reliefs typiques de bassins versants de rivières dont les vallées forment des éventails. Ces plateaux correspondent à des granitoïdes de collision, post-épaississement du complexe plutonique de Pontivy-Rostrenen et plus précisément du massif granitique de Pontivy à deux micas (biotite et muscovite)Ce massif correspond à des venues leucogranitiques qui s'échappent à partir du Carbonifère de la branche nord du cisaillement sud-armoricain qui affleure au sud-ouest de l'ensellement micaschisteux de Guémené. Ils correspondent plus à l'ouest à un bassin sédimentaire principalement constitué de schistes briovériens (sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion du segment occidental de la chaîne cadomienne, accumulés sur plus de d'épaisseur et métamorphisés), formant un socle pénéplanéCe socle briovérien de schistes tendres constitue la série géologique dominante du domaine centre armoricain, jusqu'à la forêt de Paimpont. sur lequel repose en discordance, dans sa partie orientale, des formations paléozoïques sédimentaires. Ces formations sont déposées dans ce bassin marqué par une forte subsidence, puis sont déformées lors de l'orogenèse varisque (plis d'orientation préférentielle N 110° et plusieurs familles de failles d'orientations différentes).. Au sud du CSA, le décrochement a guidé la mise en place d'une bande de leucogranites, écrasant le flanc nord de l'anticlinal de Cornouaille (terme de Jean-Pascal Cogné en 1960, désignant la région comprise entre la pointe du Raz et Nantes)Cogné la nomme ainsi par opposition aux roches métamorphiques qui forment plutôt des zones synclinoriales. constitué de migmatites, de granites d'anatexie, ces structures formant les bas plateaux littoraux méridionaux.. Les témoins géologiques de la collision de la microplaque Armorica au nord et du bloc continental Gondwana au sud, séparés initialement par l'océan Médio-Européen, sont les granites d'anatexie (indices d'une subduction) puis les leucogranites et les gneiss, indices d'une collision de type himalayenne (l'épaississement crustal varisque lié à l'écaillage de GondwanaLe domaine sud-armoricain est ainsi considéré comme la zone interne de la chaîne varisque correspondant à la marge nord gondwanienne alors que les domaines centre et nord-armoricains correspondent aux zones dites externes ayant pour origine la micro-plaque Armorica., s'accompagne en profondeur de métamorphismeMétamorphisme de collision continentale observable facilement à Champtoceaux et aux Sables d'Olonne. et de la fusion de la croûte continentale à l'origine de plutons leucogranitiques)..
Le Massif armoricain auquel appartient le Morbihan a subi depuis le passage du Plio-Pléistocène (2,6 Ma) un basculement vers le sud qui a provoqué le soulèvement de sa marge nord et un effondrement relatif de sa marge sud dont le relief, étagé en gradins, descend progressivement vers l'Atlantique. Cette retombée méridionale cornouaillo-morbihannaise se traduit au niveau géomorphologique par une série de horsts et grabens, et surtout de blocs monoclinaux basculés vers le continent qui s'achèvent vers la mer par des escarpements de failles, selon un « maillage de dislocations assujetties à celles du tréfonds armoricain », cette tectonique en distension étant peut-être en relation avec l'ouverture du golfe de Gascogne..
Paysages La forêt représente environ 21 % de la surface du département.. Les principales forêts sont celles de Paimpont., Lanouée« Louis Dreyfus se paie la forêt de Lanouée », Le Télégramme, 14 novembre 2007., Pontcallec., Brocéliande. et Quénécan .
Le département a d'autres paysages comme les landes de Lanvaux..
La surface agricole représente 71 % de la surface du département.
Réseau hydrographique
Littoral vignette|redresse=1.0|La répartition de la géomorphologie sur les de côtes morbihannaises estMorphologie des côtes du Morbihan (carte). Cf. . : 47,6 % de côtes vaseuses (rias, estuaires), 26 % de côtes rocheuses, 16,7 % de côtes sableuses et 9,7 % de côtes anthropiséesYoni C., Latteux B. et David L., 2002. Étude du comportement du littoral départemental (56) – Évaluation des risques et des enjeux. 10 vol. Ptolémée, DDE 56.. vignette|redresse=1.0|Standardisation de la côte morbihannaise en raison de l'urbanisation littorale qui, du fait de la croissance conjointe de l'habitat principal et de l'habitat secondaire ainsi que de l'extension des communes littorales vers l'intérieurEn 2002, la part des résidences secondaires dans le Morbihan (18 % du parc de logements) est la plus élevée des départements breton (13 % en Bretagne). Certaines communes (Arzon, Damgan, Saint-Gildas-de-Rhuys, Pénestin, Carnac) ont une part de résidences secondaires dépassant les 70 %. Elle dépasse les 60 % dans les îles du Golfe. Dans les îles du large, elles sont relativement moins nombreuses : Groix (44 %), Houat (40 %), Belle-Île (52 %), Hœdic faisant exception (64 %). Cf. . Infographie part des résidences secondaires dans l'ensemble du parc de logements par établissements publics de coopération intercommunale en 2019, tirée de ., engendre un mitage pavillonnaireYves Lebahy, « Une urbanisation contemporaine qui tue l'identité structurelle des littoraux » dans Lebahy Yves, Le Délézir Ronan, 2006, « Le littoral agressé. Pour une politique volontariste de l'aménagement en Bretagne », Éditions Apogée, ..
Le littoral du Morbihan est particulièrement découpé : avec les îles, la longueur des côtes affiche (deuxième de Bretagne après le Finistère) alors que la distance à vol d'oiseau entre les estuaires de la Laïta et de la Vilaine (qui représentent les frontières naturelles est et ouest du département) n'est que de Florence Cagnard, Carte géologique harmonisée du département du Morbihan Notice technique, Rapport final, BRGM/RP-56656-FR, 2009, ..
Le golfe qui a donné son nom au département contient 59 îles..
Hors du golfe du Morbihan, il y a quatre îles habitées : trois au sud-ouest de la baie de Quiberon dans le « Mor Braz » : Houat ; Hœdic ; Belle-Île-en-Mer (la plus grande des îles bretonnes : ). une en face de Lorient, Groix ().
Climat
vignette|Carte des précipitations annuelles dans le Morbihan (moyenne sur la période 1997–2006)
Le climat est de type tempéré océanique, marqué par l'influence du Gulf Stream et des perturbations atlantiques. Il se caractérise par sa douceur aussi bien en hiver qu'en été. En été, la chaleur reste modérée sauf à l'occasion de brefs et rares épisodes de canicule comme ce fut le cas en (température de le à Lorient). En hiver, les gelées sont rares, surtout dans les îles et sur la côte. Les précipitations sont régulières, avec un maximum en hiver. Le littoral et la partie orientale du département sont les parties les moins arrosées. Les landes de Lanvaux et surtout le nord-ouest du département, au relief plus prononcé, reçoivent les précipitations les plus abondantes. Dans le secteur de Guiscriff, le cumul annuel dépasse les , alors qu'à Belle-Île il avoisine les . La côte morbihannaise bénéficie d'environ d'ensoleillement annuelAtlas de l'environnement – Le Climat, « Observatoire de l'environnement du Morbihan ».. Il existe des microclimats tels que ceux de la presqu'île de Quiberon, de la presqu'île de Rhuys ou de Belle-Île.
Politique
Une opposition est-ouest Le Morbihan est souvent présenté comme étant scindé politiquement selon un axe est-ouest, la partie occidentale étant dominée par la gauche, là où la partie orientale est acquise à la droite. Ce clivage est déjà en place dès le début de la Troisième République et perdure depuis. La création de la ville de Lorient en 1666 puis son essor depuis est souvent avancé comme facteur explicatif, au motif que le pôle industriel que la ville constitue serait un terreau favorable aux idées de gauche..