Guillaume Colletet est un poète et essayiste français, né et mort à Paris ( - 11 février 1659Dans sa Lettre en vers (Muze historique) du samedi 15 février 1659, le gazetier Jean Loret évoque, v. 23-60, l'inhumation trois jours plus tôt du vieux poète : « Colletet, des Muses aimé, / Depuis trois jours fut inhumé… »). Appartenant au groupe littéraire des Illustres Bergers, il fait partie des premiers membres de l'Académie française.

Biographie Dans sa jeunesse, il fait partie des Illustres Bergers, groupe de jeunes poètes libertins qui entourent Théophile de Viau ; il est l'auteur du sizain placé en tête du recueil du Parnasse des poetes satyriques et d'un autre qui en dévoile le contenu :

Son fils François Colletet naît en 1628.

Avocat au Parlement et au Conseil, il fréquente l'Hôtel de Rambouillet et le parti des « barbares ». Il a une bonne réputation en son temps et jouit de la protection de grands personnages, entre autres de Richelieu, dont il est quelquefois le collaborateur, et qui lui donne une fois 600 livres pour six mauvais vers.

Il est un des premiers membres de l'Académie française, au fauteuil 23 ; il y entre avant le et y prononce le discours, De l'imitation des anciens. Admirateur de la Pléiade et surtout de Ronsard, il s'engage dans un travail d'histoire de la littérature, notamment par son ouvrage Vie des poëtes françois.

Très épris de sa dernière femme Claudine Le Hain, il tente de la faire passer aussi pour poétesse, et compose des écrits signés d'elle. Se sentant mourir, il lui rédige une dernière pièce où elle déclare vouloir renoncer à la poésie avec la mort de son époux. Personne n'est dupe, et surtout pas Jean de La Fontaine, qui rime une épigramme à ce sujet.

Il meurt le 10 ou 11 septembre 1659, dans un grand dénuement, s'il faut en croire la lettre que son collègue Jean Chapelain adresse le 7 mars suivant à Nicolas Heinsius :

Notre pauvre M. Colletet mourut il y a un mois, et mourut véritablement pauvre, ayant fallu quêter pour le faire enterrer. S'il a avancé ses jours par ses noces, ç'a été plutôt par ses troisièmes que par ses secondes ; car il s'est marié jusqu'à trois fois, et toutes les trois à ses servantes. C'est la seule tache de sa vie, laquelle d'ailleurs il a passée dans l'innocence entre Apollon et Bacchus, sans souci du lendemain, au milieu de ses fâcheuses affaires. Je ne le plains pas trop d'être mort, puisqu'il n'avait pas moyen de vivre. Je plains ses amis, qui ont perdu en lui un homme de bien et qui était d'agréable conversation.

Quelques semaines plus tard, Gilles Boileau lui succède au fauteuil 23 de l'Académie française, au terme d'un processus électoral tumultueux.

On a de lui : des poésies (tragédies, pastorales, etc.), parmi lesquelles on remarque le Banquet des poètes, 1646, et de nombreuses épigrammes ; des traités assez estimés sur la poésie morale, le sonnet, l'églogue, réunis sous le titre d'Art poétique, 1658 ; des traductions, entre autres, celles des Couches sacrées de la Vierge, de Jacopo Sannazaro (De partu Virginis), et de Scévole de Sainte-Marthe.

Vies des poëtes françois Guillaume Colletet a composé tout au long de sa vie un ouvrage intitulé Vies des poëtes françois par ordre chronologique depuis 1209 jusqu'en 1647 dont le manuscrit, recueil autographe constitué de cinq volumes in-quarto, a disparu au cours de la nuit du 23 au 24 mai 1871 dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre . Grâce aux recherches de Léopold Pannier et à la publication de son Essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet, on en connaît partiellement le contenu.

L'intérêt principal de l'ouvrage réside dans les renseignements rassemblés sur de nombreux contemporains. Malgré l'intérêt suscité par son œuvre, quoique incomplète, personne ne l'a jamais éditée. En 1730, écrit Léopold Pannier, le libraire Gabriel Martin a obtenu un privilège royal pour l'impression, mais que l'entreprise n'a pas été achevée. Fort heureusement, le manuscrit a été fréquemment consulté, copié et reproduit, notamment en tête de certaines nouvelles éditions de poètes. De plus, une copie partielle manuscrite, dans laquelle les noms sont rangés par ordre alphabétique, copie due probablement à François Colletet, a permis de sauver une partie de l'ouvrage.

Le nombre de notices que contenait le manuscrit reste incertain. On sait que Colletet n'a pas eu le temps de rédiger des notices sur les plus illustres de ses contemporains, tels que Malherbe ou d'Aubigné, mais qu'il y a ajouté sa propre autobiographie. L'étude de Léopold Pannier, rééditéé en 1872, liste l'ensemble des « Vies publiées, copiées ou analysées », en mentionnant chacune de ses sources. Une deuxième liste fait état des « Vies » non conservées. L'appel lancé par l'auteur, à la fin de son article, a toutefois permis de retrouver d'autres copies manuscrites. C'est le cas notamment de la Vie de François Perrin, publiée par Anatole de Charmasse en 1887.

Bibliographie

Œuvres Desespoirs amoureux, avec quelques lettres amoureuses, & poësies, par le sieur Colletet, Paris, Gervais Alliot, 1622 ; Le Trébuchement de l'yvrongne, Paris, 1627, lire en ligne ; Chant de victoire sur la réduction de La Rochelle en l'obéissance du Roy, par le sieur Colletet, Paris, 1628, lire en ligne ; Les Divertissemens du sieur Colletet, Paris, 1633, lire la seconde édition, lire en ligne ; Le Triomphe des Muses, à Mgr le cardinal duc de Richelieu. (Signé : Colletet), Paris, Jean Camusat, 1633, lire en ligne ; Ode sur l'alliance des deux illustres maisons de Béthune et de Séguier, Paris, Veuve Jean Camusat, 1640, lire en ligne ; L'Illustre banquet, derniere edition reveuë par l'autheur, Paris, Veuve de Jean Camusat, 1642, lire en ligne ; Cyminde, ou Les deux victimes, tragi-comédie, Paris, Augustin Courbé et Antoine de Sommaviille, 1642), lire en ligne ; [réédition] Guillaume Colletet. Cyminde ou les deux victimes (1642). Seule pièce de théâtre à auteur unique du poète, Éditée et commentée par Bernard J. Bourque, Tübingen, Narr Franco Attempto Verlag, 2022 ; Epigrammes du sieur Colletet, avec un discours de l'epigramme, où il est traité de sa premiere origine, de son usage ancien et moderne, de son veritable caractere, de ses vertus et de ses vices, et des qualitez requises à ceux qui s'appliquent à ce genre d'escrire, Paris, Jean-Baptiste Loyson,1653, lire en ligne ; Poesies diverses de Monsieur Colletet, contenant des sujets heroïques, des passions amoureuses, et d'autres matieres burlesques et enjoüées, Paris, Jean-Baptiste Loyson, 1656, lire en ligne ; Discours du poëme bucolique, où il est traitté de l'eglogue, de l'idyle et de la bergerie, par monsieur Colletet, Paris, Louis Chamhoudry, 1657, lire en ligne ; Discours de l'éloquence et de l'imitation des anciens, Paris, Sommaville et Chamhoudry, 1658, lire en ligne ; L'Art poëtique du Sr Colletet, où il est traitté de l'épigramme, du sonnet, du poeme bucolique, de l'eglogue, de la pastorale et de l'idyle, de la poésie morale et sententieuse , avec un discours de l'eloquence et de l'imitation des anciens, un autre discours contre la traduction et la nouvelle morale du mesme autheur, Paris, Antoine de Sommaville et Louis Chamhoudry, 1658, lire en ligne. Le Parnasse françois ou l'Escole des Muses, dans laquelle sont enseignées toutes les regles qui concernent la poësie françoise, Paris, Charles de Sercy, 1664, lire en ligne.

Traductions Les Adventures amoureuses d'Ismene et d'Ismenie, histoire grecque d'Eustathius, mise en françois par le sieur Colletet, Paris, Paris, Toussainct du Bray, 1625, lire en ligne ; Les Couches sacrées de la Vierge, poème héroïque de Sannazar, mis en prose françoise par le sieur Colletet, Paris, Jean Camusat, 1634 ; sous un titre légèrement différent : Paris, Jean Camusat, 1634, lire en ligne ; La Doctrine chrestienne de St Augustin divisée en quatre livres, avec le Manuel addressé à Laurentius, le tout mis en françois par G. Colletet, Paris, Jean Camusat, 1636, lire en ligne ; Eloges des hommes illustres qui depuis un siecle ont fleury en France dans la profession des lettres, composez en latin par Scévole de Ste-Marthe, et mis en françaois par G. Colletet, Paris, Antoine de Sommaville, 1644, lire en ligne ; Les devoirs mutuels des grands seigneurs, et de ceux qui les servent, ou L'art de vivre à la cour, & de converser avecque les grands. Excellent traitté de messire Jean de la Case archevesque de Bénevent en Italie, mis de latin en françois par le sieur Colletet, Paris, Antoine de Sommaville, 1648, lire en ligne.

Notices sur les poètes français Léopold Pannier, Le manuscrit des Vies des poètes françois de Guillaume Colletet, brûlé dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre. Essai de restitution, Franck, 1872, lire en ligne ; « La Vie de Raymond Lulle par Monsieur Colletet », dans La Clavicule, ou la Science de Raymond Lulle, avec toutes les figures de rhétorique, par le sieur Jacob, Paris, Jean Remy, 1647, p. 209-252, lire en ligne ; François Rabelais par Guillaume Colletet, extrait des « Vies des poètes français », publié par Philomneste junior, Genève, J. Gay et fils, 1867, lire en ligne ; « Pierre de Ronsard par Guillaume Colletet », dans Œuvres inédites de P. de Ronsard, gentil-homme vandomois, recueillies et publiées par Prosper Blanchemain, Paris, 1855, p. 17-124, lire en ligne ; « Notice sur la vie et les œuvres de Claude Gauchet, par Guillaume Colletet », dans Le Plaisir des champs, avec la vénerie, volerie et pescherie : poème en quatre parties, par Claude Gauchet ; édition revue et annotée par Prosper Blanchemain, lire en ligne ; Vies d'Octovien de Sainct Gelais, Mellin de Sainct Gelais, Marguerite d'Angoulesme, Jean de La Peruse, poëtes angoumoisins, publiées pour la première fois par Ernest Gillibert des Seguins, Paris, 1862, reprint Slatkine, 1970, lire en ligne ; « La Vie d'Estienne Durand par Guillaume Colletet », dans Méditations de E. D., réimprimées sur l'unique exemplaire connu, s. l. n. d. (vers 1611), précédées de la vie du poëte par Guillaume Colletet et d'une notice par Frédéric Lachèvre, Paris, H. Leclerc, 1906, p. X-XVIII, lire en ligne ; Vies des poètes tourangeaux, éditées avec une introduction et des notes par Lenita Locey, Michael Locey and Janis L. Pallister, Seattle, Papers on French seventeenth century literature, 1989. Vies des poètes gascons, publiées avec introduction, notes et appendices par Philippe Tamizey de Larroque, Paris, 1866, lire en ligne ; Vies des poètes bordelais et périgourdins, par Guillaume Colletet, publiées d'après le manuscrit autographe du Louvre, par Philippe Tamizey de Larroque, Paris-Bordeaux, 1873, lire en ligne. Notices biographiques sur les Trois Marot, publiées pour la première fois par Georges Guiffrey, Paris, Lemerre, 1871, lire en ligne ; […]

Œuvres des « Cinq auteurs » […]

Bibliographie critique

Les Historiettes de Tallemant des Réaux, édition Monmerqué et Paulin Paris, Paris, 1858, tome VII, p. 104-113, lire en ligne. Abbé d'Artigny, Nouveaux mémoires d'histoire, de critique et de littérature, t. VI, article LXXXIX « Particularités sur Guillaume Colletet et sur l'abbé Cotin », Paris, 1753, p. 104-116, lire en ligne. Abbé Goujet, Bibliothèque françoise ou Histoire de la littérature françoise […], Paris, 1754, p. 259-281, lire en ligne. Léon Feugère, Guillaume Colletet, Paris, 1849, lire en ligne. Théophile Gautier, Les Grotesques, Paris, Michel Lévy frères, 1853, p. 211-241, lire en ligne. Victor Fournel, article « Guillaume Colletet », dans Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, publiée par MM. Firmin Didot frères, tome 11, Paris, 1855, colonnes 163-169, lire en ligne. Philippe Tamizey de Larroque, Introduction à « Vies des poètes gascons par Guillaume Colletet, de l'Académie française », dans Revue de Gascogne, tome VI, Auch, 1865, p. 407-430, lire en ligne.