La fosse 4 - 4 bis de la Compagnie des mines de l'Escarpelle est un ancien charbonnage du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Douai, dans le hameau de Dorignies. Les travaux commencent en 1865, à à l'ouest de la ligne Paris-Nord - Lille, en bordure de la Deûle. Cette situation, au premier abord idéale, s'avère être problématique puisque les terrains sont gorgés d'eau et désagrégés. Pour la première fois dans le Nord, le procédé Kind-Chaudron est utilisé pour le fonçage du puits. En 1867, un second, le 4 bis est creusé, à du premier. Comparé aux autres fosses de la Compagnie, le fonçage est plus long et coûteux.
Bien que la construction de la fosse ait coûté , sa productivité est telle que peu après son ouverture en 1872, elle produit plus que les trois autres fosses réunies. Son ouverture a été une très bonne affaire pour la Compagnie, qui commence en 1875 les travaux de la fosse 5, quelques centaines de mètres à l'ouest. Ces deux fosses exploitent le même gisement que la fosse Gayant de la Compagnie des mines d'Aniche.
La fosse est détruite pendant la Première Guerre mondiale. Elle est reconstruite avec des installations plus modestes, et ne sert plus qu'à l'aérage de la fosse 5. Le puits 4 bis et 4 sont respectivement remblayés en 1952 et 1954. Les installations sont détruites en , puis un lotissement est construit sur le carreau de la fosse. De la fosse, plus rien ne subsiste. Depuis le début du , les têtes de puits sont matérialisées, et équipées d'exutoire de grisou.
La fosse
Fonçage des puits
En 1865, un premier puits est creusé à travers les sables mouvants, au moyen d'une tour en maçonnerie qui s'arrête dans l'argile plastique à . Il est continué par le système de croisures jointives. La quantité d'eau augmente avec l'approfondissement, et bientôt quatre pompes de cinquante centimètres de diamètre sont devenues insuffisantes ; on les remplace d'abord par deux, puis par quatre pompes de de diamètre et on a atteint la tête des marnes à seize mètres, lorsque, le , le balancier de la machine se brise.
On se décide à ouvrir un deuxième puits à côté du premier, et en faisant fonctionner, à l'aide de dix générateurs de cinquante chevaux, deux machines avec quatre pompes de cinquante et quatre de de diamètre à huit et dix coups par minute, on parvient à de profondeur ; mais on n'a pas pu aller au-delà. On tire jusqu'à d'eau par minute, et on fait monter la vapeur à sept atmosphères et demie. D'une part, le public prétend qu'on inondait la vallée de la Scarpe, et, d'autre part, qu'on assèche les puits de la ville de Douai. Enfin, d'après les indications fournies par un sondage et par la fosse 3, on ne peut compter, avant la profondeur de , avoir des terrains solides permettant d'établir des picotages susceptibles de retenir les eaux. Il a été déjà dépensé , dont rien que pour le charbon consommé par les machines.
Dans cette situation, la Compagnie de l'Escarpelle a eu recours à une commission composée de Messieurs de Bracquemont, Glépin et Vuillemin, afin de savoir quel est le meilleur moyen à employer pour surmonter les difficultés que présente le creusement de la fosse 4. Ces Messieurs ne mettent pas en doute la possibilité d'achever le creusement du puits 4 par le procédé ordinaire, mais ils établissent par des calculs qu'il faudrait, pour atteindre la profondeur de , développer avec deux machines d'épuisement un travail utile de plus de mille chevaux, installer dix nouveaux générateurs de soixante chevaux, et dépenser au moins , dont en charbon, pour parvenir par un seul puits à la base du niveau, ; enfin, que doivent être nécessaires pour arriver à cette profondeur de .
Mais les inconvénients de ce mode de travail leur font conseiller à la Compagnie de l'Escarpelle de ne pas l'employer, et d'avoir recours, pour la continuation de leur fosse, au système Kind-Chaudron, alors encore peu connu, ou au système de l'air comprimé. En employant le système Kind-Chaudron, il leur paraît nécessaire d'exécuter deux puits, par suite de la réduction obligée du diamètre à . L'exécution de ces deux puits jusqu'à coûterait et exigerait .
Le fonçage jusqu'à par l'air comprimé, obligerait, pour réduire la pression à deux atmosphères effectives, de continuer l'épuisement dans un des puits et à maintenir le niveau de l'eau à quinze ou vingt mètres de profondeur au-dessous du sol. Une fois les eaux retenues par des picotages dans l'un des puits, on continuerait son approfondissement par les procédés ordinaires, au diamètre de quatre mètres jusqu'à . La dépense ne serait que de environ, et il ne faudrait que onze mois pour arriver à .
thumb|left|La fosse 4 - 4 bis, avant la Guerre. Malgré la différence de dépenses et de temps que paraît présenter le système de l'air comprimé, deux membres de la Commission ont été d'avis que la Compagnie de l'Escarpelle devait lui préférer le système Kind-Chaudron. Ils motivent cet avis, d'abord, sur les complications qu'offre l'emploi de l'air comprimé simultanément avec l'épuisement dans l'un des puits jusqu'à ; puis, sur la nécessité où l'on se trouverait ensuite d'établir un autre attirail d'épuisement pour atteindre ; enfin, sur l'influence funeste qu'exercerait l'emploi de l'air comprimé sur la santé des ouvriers, et l'incertitude où l'on se trouve qu'il fallût en continuer l'emploi au-delà de la profondeur de .
La Compagnie adopte l'avis de la majorité de la Commission, et a eu à se féliciter de l'application du système Kind-Chaudron. D'après un Mémoire publié par M. de Boisset dans les Annales des Mines, tome XVI, , de 1869, les travaux d'installation du système Kind-Chaudron ont commencé fin , et le suivant, le forage est en cours. À la fin de , le forage au grand trépan est parvenu à ; on descend le cuvelage, et, dès la fin de 1868, le niveau est complètement maintenu. La dépense ne s'élève qu'à , et, en déduisant la valeur du matériel du sondage, à seulement.
Exploitation de la fosse thumb|left|La fosse 4 - 4 bis, après la Guerre.
La fosse 4, composée de deux puits, est entrée en exploitation en 1872. Elle a découvert un gisement riche et régulier de houille grasse, et sa production y a bientôt atteint un chiffre élevé, dépassant celui des trois autres fosses réunies. En même temps, le prix de revient y est très-bas. Aussi, cette fosse a modifié d'une manière très favorable la situation de la Compagnie de l'Escarpelle. Cette Compagnie a ouvert, en 1875, sur le même gisement, et par le procédé Kind-Chaudron, un puits 5, à à l'est-nord-est. Son installation est terminée peu avant 1880, et il commence immédiatement à entrer en exploitation.
Le creusement, l'installation et l'outillage des cinq fosses de l'Escarpelle ont coûté pour la fosse 1, pour la fosse 2, pour la fosse 3, pour la fosse 4 - 4 bis et pour la fosse 5, soit un total de . La moyenne du prix coûtant d'une fosse est de .
En 1880, la fosse produit . Le puits 4 bis sert à l'extraction en 1886. En 1913, on exploite à . Détruite en 1918, la fosse ne sert plus que pour l'aérage de la fosse 5. Les deux puits sont dépourvus de chevalements, et la fosse est construite dans des proportions plus modestes.
Le puits 4 bis, profond de , est remblayé en 1952, le 4, profond de , l'est en 1954. Les installations sont détruites en . La production totale est de de charbon gras.
Reconversion du site
Au début des années 1980, un lotissement est installé sur le site de la fosse. Au début du , Charbonnages de France matérialise les deux têtes de puits, et y installe des exutoires de grisou. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Le puits 4 est situé juste devant une habitation, alors que le puits 4 bis est situé dans un garage.
Les cités
La Compagnie des mines de l'Escarpelle a construit plusieurs corons à proximité de la fosse pour y loger ses ouvriers. Il n'y a aucune maison individuelle. Après la Nationalisation, alors que la fosse est abandonnée, le site appartient toujours au Groupe de Douai, dix maisons sans étages sont construites sur le carreau de fosse. Chaque maison est constitué de deux logements, soit un total de vingt logements. Lorsqu'un lotissement est construit sur le carreau de fosse, ces habitations sont détruites, mais des modèles similaires existent encore dans tout le bassin minier, et notamment près de la fosse 5 toute proche.
L'église Notre-Dame-d'Espérance
La Compagnie a construit près de ses corons l'église Notre-Dame-d'Espérance.
Notes et références
Notes
Références
Références aux fiches du BRGM
Références à
Références à
Voir aussi
Articles connexes Compagnie des mines de l'Escarpelle Groupe de Douai
Bibliographie
Fosse 04 - 4 bis Escarpelle 04 - 4 bis