thumb|La terre d'Israël approximative, lors de l'époque biblique. vignette|Carte du royaume d’Israël et de Juda en -926. vignette|Eretz Israel - Carte illustrant la Haggada d’Amsterdam (1695).
La Terre d'Israël (en hébreu : , ) est une étendue géographique comprenant les anciens royaumes d’Israël et de Juda, berceau du peuple juif selon la Bible.
Présentation Dans la Bible, « Terre d'Israël » désigne : un terme religieux, car renvoyant à un don divin ; il est utilisé pour la première fois dans Samuel 1 13:19. ; un terme géographique. La définition géographique donnée par la Bible est d’ailleurs floue : dans certains textes bibliques, on parle de la Terre donnée comme allant du « fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate » (de l’Égypte à l’actuel Irak)Genèse 15-18., d’autres se limitent à une zone comprise entre la mer et le fleuve Jourdain, correspondant peu ou prou à la région appelée PalestineKol Torah , vol. 13, no. 9, Académie de la Torah du comté de Bergen, 8 novembre 2003.Commentaires des 6e et 7e parties de Rachi.Dictionnaire biblique de Tyndale, Walter A. Elwell, Philip Wesley Comfort, Tyndale House Publishers, Inc., 2001, p. 984. ; un terme politique : c’est la terre donnée aux Juifs pour s’y installer, puis à partir du roi Saül pour s’y construire un État.
Ce terme est utilisé tant par les Juifs que les chrétiens au cours de l’histoire (pour l’étymologie de ce nom, voir Israël (Bible)). Cette Eretz Israel est également appelée « Terre promise » des Juifs en référence à la première promesse qu’a faite Dieu à Abraham, Isaac et Jacob de donner ce pays à eux et en héritage à leur descendance, dans la Genèse : (Gn 17:8).
L'expression « Terre sainte » est souvent utilisée par les chrétiens en référence à la vie de Jésus en ces lieux.
À la suite de plusieurs exils, la nation juive est dispersée à travers le monde antique et plus tard à travers le monde. Un lien spirituel fort, invoqué notamment dans la Déclaration d’indépendance de l’État d’Israël de 1948, la rattache toujours à cette terre.
Appellations historiques La Terre de Canaan : Dans la Torah, la Terre d'Israël est généralement appelée la « Terre de Canaan », du nom de Canaan, fils de Cham et petit-fils de Noé. Terre d'Israël : le terme « Israël » figure sur une stèle égyptienne datant du avant notre ère... Avec la prise du territoire par les Israélites, elle est connue comme la Terre d'Israël. Judée : Avec la division de la terre d'Israël en deux royaumes (Judée et Israël), le nom « Israël » ne fait plus que référence au royaume d'Éphraïm. À l'époque perse, la terre d'Israël est connue comme l'« État de Judée » et lors de la période hasmonéenne la terre est connue comme « Terre de Juda » et ne comprend plus la Galilée. Palestine : Au de notre ère, les écrivains juifs Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe utilisent la terminologie grecque «Palestine» ou « Syrie-Palestine » pour désigner l'ensemble de la Terre d'Israël, mais ce n'est qu'au siècle suivant que l'empereur romain Hadrien, change ce nom et établit la province de Palestine après la destruction des Juifs de la terre d'Israël. Le mandat britannique sur la Palestine rétablit cette appellation dès son établissement en 1920. Terre promise : Dans les traditions abrahamiques, pour désigner la terre promise par Dieu (ou Allah) aux enfants d'Israël (ou Banû Isra'îl). Terre sainte : Dans la tradition chrétienne voire judéo-chrétienne, pour désigner le lieu de naissance et de la Passion de Jésus. Elle est également appelée dans la tradition juive : Le « pays des cerfs » (ארץ הצבי), « beau pays »(ארץ חמדה), la« terre des Hébreux » (ארץ העברים), ou simplement « la Terre » (הארץ).
Sources juives
Bible vignette|Panorama de la terre d'Israël et ses sites par Moshe Ganbash (Shiviti, Istanbul, 1838/39), Jewish Museum de New York. La Bible mêle au long de ses 24 Livres injonctions et récits relatifs à la terre d’Israël, ainsi que de multiples définitions territoriales d’Eretz Israël. La première accompagne la promesse de Dieu faite à Abraham, dans la Genèse : « C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Égypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate »Genèse 15:18-21.. Ailleurs, la Bible est moins précise : « J’établirai ton territoire de la mer des Joncs à la mer des Philistins, et du désert au fleuve » Nombres 23:20-33.. Les contours de la Terre donnée sont donc partagés entre une version maximaleGenèse 15:18-21, Nombres 23:20-33, Deutéronome 1:7 11:24. et une version minimaleNombres 34:1-12, Ezéchiel 47:13-20..
La Terre d'Israël est perçue comme ayant un lien religieux et métaphysique avec le règne divin, comme dans le Livre de Daniel 2:44 : « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne passera point à un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. »La terre d'Israël est décrite comme la « Terre de lait et de miel » (hébreu : אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ), comme il est dit dans Deutéronome 7.9 : Car l'Éternel, ton Dieu, t'amène dans une bonne terre, une terre de ruisseaux et de sources dans la vallée et la montagne : blé et orge, vigne et figue et grenade, terre d'olivier et miel : une terre qui, sans danger, etc.
Il existe également de nombreuses lois régissant la manière de traiter la terre d'Israël. Ces lois s'appliquent à tous les Juifs, et l'attribution de la terre elle-même dans l'alliance s'applique à tous les Juifs, y compris les convertisLivre d'Ézéchiel 47:21 : « Vous partagerez ce pays entre vous, selon les tribus d'Israël. 22 Vous le partagerez par le sort en héritage pour vous et pour les étrangers qui séjourneront parmi vous et qui auront des enfants. Vous les considérerez comme les Israélites de naissance ; ils auront leur part d'héritage parmi les tribus d'Israël. 23 Dans la tribu où l'étranger séjournera, c'est là que vous lui donnerez son héritage, dit le Seigneur, l'Éternel. ».
Littérature rabbinique Selon la loi religieuse juive (Halakha), certaines lois ne s'appliquent qu'aux Juifs vivant en Terre d'Israël et dans certaines régions de Jordanie, du Liban et de Syrie (faisant partie de l'Israël biblique et actuellement, pays limitrophes). Il s'agit notamment des lois agricoles telles que la Chemita (année sabbatique) ; des lois sur la dîme (Maaser rishon, Maaser sheni, Maaser ani) ; des pratiques charitables pendant l'agriculture ; et des lois concernant la fiscalité. Une source populaire énumère 26 des 613 mitsvot comme étant liées à la Terre d'Israëlp.xxxv, R. Yisrael Meir haKohen (Hofetz Hayim), The Concise Book of Mitzvoth.Version de 1968..
Selon le philosophe Menachem Lorberbaum, les frontières consacrées de la Terre d'Israël comprises par les exilés de retour différaient à la fois des frontières bibliques et préexiliquesMenachem Lorberbaum, 'Making and Unmaking the Boundaries of Holy Land', in Allen E. Buchanan, Margaret Moore (eds) States, nations, and borders: the ethics of making boundaries. Cambridge University Press, 2003, pp. 19-40, p. 24.. En cartographiant le territoire conformément aux traditions bibliques tout en reflétant simultanément l’étendue de la colonisation juive dans la région à leur époque, la littérature rabbinique a non seulement sanctifié le territoire mais a également établi une continuité symbolique qui a lié les communautés juives contemporaines à leurs ancêtres à l’époque biblique.
Le Talmud de Jérusalem (traité Shabbat) déclare : « Quiconque se trouve sur la Terre d'Israël... et parle la Langue Sainte, et récite le Shema matin et soir, se voit promettre la vie dans le monde à venir ».
Selon certaines autorités religieuses juives, chaque Juif a l'obligation de résider en Terre d'Israël et ne peut la quitter que pour des raisons autorisées (par exemple, pour se marier)Ajout du Ramban au Sefer HaMitzvot leRambam..
De nos jours De nombreuses lois religieuses qui étaient en vigueur dans l'Antiquité en terre d'Israël ont été rétablies dans l'Israël contemporain. D'autres en revanche n'ont pas été rétablies car l'État d'Israël n'adhère pas à la loi juive traditionnelle. Cependant, des parties du territoire actuel d'Israël, comme la Arabah, sont considérées par certaines autorités religieuses comme étant situées en dehors de la Terre d'Israël aux fins de la loi juive, et selon elles, les lois religieuses ne s'y appliquent pas.
De nos jours, la Terre d’Israël continue d’occuper une place importante dans la vie religieuse, culturelle et identitaire de nombreux Juifs, qu’ils vivent en Israël ou au sein de la diaspora. Dans le judaïsme traditionnel, elle conserve un statut particulier en tant que terre associée à une grande partie des récits bibliques, à l’histoire des anciens royaumes d’Israël et de Juda ainsi qu’aux principaux lieux saints du judaïsme, notamment Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade.
Cette importance se manifeste également dans la liturgie et les pratiques religieuses contemporaines. De nombreuses prières font référence à Jérusalem, à Sion ou au retour sur la Terre d’Israël. Certaines fêtes et observances religieuses conservent un lien étroit avec les cycles agricoles et les commandements traditionnellement associés à la terre. Chaque année, de nombreux pèlerins et visiteurs juifs se rendent en Israël afin de visiter des sites historiques, archéologiques ou religieux liés à l’histoire du peuple juif.
Au-delà de sa dimension religieuse, la Terre d’Israël occupe également une place centrale dans la culture et la mémoire collective juives. Pour beaucoup, elle représente le lieu où la langue hébraïque a retrouvé un usage quotidien, où se concentrent aujourd’hui d’importantes institutions éducatives, religieuses et culturelles, et où vivent une part importante des Juifs du monde. Cette relation à la Terre d’Israël peut prendre des formes diverses selon les individus et les courants du judaïsme, allant d’une attache principalement religieuse à une identification davantage historique, culturelle ou nationale. Malgré cette diversité d’approches, la Terre d’Israël demeure un élément majeur de référence dans la conscience collective juive contemporaine.
Christianisme Au début du , le théologien Augustin d'Hippone soutient dans sa Cité de Dieu que le royaume terrestre ou « charnel » d'Israël a atteint son apogée sous les règnes du roi David et de son fils SalomonAugustin, La Cité de Dieu (Livre XVII) , chapitre II. « Et cela fut accompli par David et Salomon son fils, dont le royaume s'étendit sur tout l'espace promis ; car ils soumirent toutes ces nations et les rendirent tributaires. Et ainsi, sous ces rois, la descendance d'Abraham fut établie dans la terre promise selon la chair, c'est-à-dire dans la terre de Canaan... ». Il poursuit cependant en précisant que cette possession de la Terre promise est conditionnelle : « ... la nation hébraïque devait rester sur la même terre par la succession de la postérité dans un état inébranlable même jusqu'à la fin de cet âge mortel, si elle obéissait aux lois du Seigneur son Dieu »
Sources islamiques Coran Le Coran fait référence implicite ou explicite à la terre d'Israël octroyée par Allah aux banû Israîl (enfants d'Israël), à plusieurs reprises : Dans la sourate Al-A'raf (Les Murailles) 7:137, concernant les enfants d’Israël.. : Dans la sourate Al-Ma'ida (La Table servie) 5:21, Moïse dit : Coran, sourate 5:21.. Mais Allah leur interdit ce pays pendant quarante ans « durant lesquels ils erreront sur la terre »<ref>Sourate Al-Ma'ida 5:26.</ref>. De plus, dans la sourate Les Poètes (verset 26:57-59), après que les enfants d'Israël sortirent d'Égypte, Allah leur donna en héritage « des jardins, des sources, des trésors et d'un lieu de séjour agréable » en terre d'Israël.. Dans la sourate Al-Isra (Le voyage nocturne) 17:104 Coran, sourate 17:104.. Dans la sourate Yunus (Jonas) 10:93 Coran, sourate 10:93..
Exégèse et commentaires