Guillaume Grégoire de Roulhac, né le à Limoges, mort le à Limoges, est un magistrat et homme politique français des .

Issu d'une famille de magistrats limougeauds, il est lui-même magistrat à Limoges entre 1781 et 1818. Nommé maire de Limoges entre 1785 et 1789, il ensuite est député du Tiers état aux États généraux de 1789, signataire du serment du Jeu de paume et membre de l'Assemblée constituante. Il est élu maire de Limoges en 1792, fonction qu'il refuse. Il est gardé à domicile par les révolutionnaires en 1793, mais est nommé en 1795 à la tête de l'administration du district de Limoges. Il est ensuite procureur général à Limoges, maintenu dans ses fonctions sous le Consulat, l'Empire et la Restauration jusqu'en 1818 ou il est mis à la retraite d'office. Chevalier de la Légion d'Honneur, il est fait chevalier puis baron d'Empire en 1811. Entre 1802 et 1824, il est aussi vice-président de la Société d'agriculture, des sciences et des arts de Limoges.

Biographie

Origine et études Guillaume de Roulhac est le fils aîné de Joseph Grégoire de Roulhac (1722-1781), ancien maire de Limoges, et lieutenant général au présidial de Limoges pendant quatorze ans. La famille Grégoire de Roulhac est originaire de Limoges, et ses membres occupent dès le milieu les plus hautes fonctions de la magistrature consulaire de la ville.

Il est baptisé le jour de sa naissance dans l'église Saint-Pierre-du-Queyroix de Limoges, par l'un de ses oncles Roulhac, chanoine de Saint-Martial. Il étudie chez les oratoriens à Chambles dans le Forez, puis étudie le droit à Paris.

Ancien Régime Après ses études parisiennes, il revient à Limoges et exerce comme avocat pendant plusieurs années. Au décès de son père Joseph en 1781, il hérite de sa charge de lieutenant général au présidial de Limoges.

En 1782, il épouse sa cousine Catherine de Roulhac, et est marié dans l'église Saint-Martial par leur oncle Roulhac qui en est chanoine.

Le , il est nommé par Louis XVI comme maire de Limoges alors que le conseil politique de la commune ne l'avait pas inclus dans la liste de trois noms envoyé au roi. Le corps consulaire résiste quelque temps notamment à l'intendant de Limoges Meulan d'Ablois, puis s'incline après le rappel à l'ordre du ministre de la Maison du roi Louis de Breteuil. Guillaume de Roulhac restera maire jusqu'au .

C'est en tant que maire de Limoges qu'il participe aux deux assemblées des notables de 1787-1788. Il prend part à tous ses travaux, et fait partie (avec La Fayette et Loménie de Brienne) du second bureau de la première assemblée présidé par le comte d'Artois (futur Charles X) auprès duquel il se serait fait remarquer.

Période révolutionnaire Le , il est élu député du Tiers état aux États généraux par la sénéchaussée de Limoges dès le premier tour du scrutin. Il signe le serment du Jeu de paume de . Lorsque la distinction des partis de l'assemblée constituante est bien tranchée, il siège parmi les partisans de la monarchie constitutionnelle. Il est successivement membre du comité de rédaction et du comité des recherches de l'assemblée, mais ne monte pas à la tribune.

A la dissolution de la constituante, il retourne vivre à Limoges dans sa maison de la rue Porte-Tourny et ne s'occupe plus que de ses affaires privées. Le , les domaines nationaux provenant de l'abbaye du Châtenet à Feytiat, sont adjugés à Guillaume Grégoire Roulhac : le prieuré, quatre de ses métairies, la forêt et les étangs.

En 1792, alors que la situation économique à Limoges est grave, il est largement élu à la mairie de Limoges mais décline la responsabilité.

En tant qu'aristocrate, Guillaume de Roulhac est dans la liste des suspects d'. Le comité de surveillance l'accuse d'être et demande son internement. Guillaume de Roulhac est décrété d'arrestation, mais, grâce à l'intervention de son épouse qui fait valoir sa grossesse avancée nécessitant la présence de son mari, il est seulement gardé à vue à domicile par deux gardes nationaux à sa solde. Il demande à plusieurs reprises les motifs de son arrestation, mais les éclaircissements ne lui sont donnés qu'évasivement.

Le , il est nommé à la tête de l'administration du district de Limoges. Il est ainsi président du directoire jusqu'à la dissolution de ce corps administratif en . Il est désigné à cette époque comme substitut du pouvoir exécutif auprès du tribunal civil de Limoges, il exerce la fonction de commissaire du gouvernement.

Consulat et Empire Le , il est maintenu dans l'exercice du ministère public (procureur général) auprès du nouveau tribunal d'appel de Limoges. A la création de la cour impériale le , il est maintenu dans ses fonctions de procureur général.

Élu le , par le Sénat conservateur, député de la Haute-Vienne au Corps législatif, il est membre d'une députation auprès des consuls et sort du Corps législatif en 1809. Franc-maçon au moins depuis 1808 à Limoges dans la loge (il est aussi mentionné dans la loge de Bellac en 1808, et à de Limoges en 1810) dont il est en 1811 vénérable maitre, et à Paris en 1809 dans la loge . Membre de la Légion d'honneur du , il est fait chevalier de l'Empire le , et baron le .

En 1802, il prend activement part à la réorganisation de la Société d'agriculture, des sciences et des arts de Limoges et en devient vice-président.

Restauration Il est maintenu dans ses fonctions de procureur général par la Restauration. En , il est mis d'office à la retraite à l'âge de 67 ans, et nommé président de chambre honoraire.

Il décède à Limoges le et est inhumé au cimetière de Louyat Section 12.

Titres et distinctions

Titres Seigneur de La Borie (en Solignac) et de Faugeras (en Boisseuil). Chevalier Roulhac et de l'Empire (à la suite du décret du le nommant membre de la Légion d'honneur, lettres patentes du , signées à Paris) ; Baron de Roulhac et de l'Empire (décret du , lettres patentes du , signées à Paris) ;

Distinctions Légionnaire ().

Armoiries

Figure Blasonnement 80px110x110pxArmes de la famille de Roulhac D'azur à une fasce d'or accompagnée en chef d'un croissant d'argent et en pointe de trois étoiles de même, 2 et 1.

Alias : D'azur, à trois étoiles d'or, au chef cousu du même chargé d'un croissant aussi d'or.Rolland, Suppléments à l'armorial de Rietstap Armes du chevalier Roulhac et de l'Empire

Parti, le premier d'azur à une étoile et demie d'or, surmontée d'un comble de gueules au demi croissant d'argent, le deuxième de gueules au lys arraché à trois fleurs d'argent sur lequel broche un lion rampant, lampassé d'or, bordure de gueules au signe des chevaliers. Livrées : les couleurs de l'écu. Armes du baron de Roulhac et de l'Empire

Parti au premier d'azur à une étoile et demie d'or, au comble de gueules chargé d'un demi croissant d'argent, mouvant de sénestre ; au deuxième de gueules au lys arraché à trois fleurs d'argent, chargé d'un lion rampant d'or : bordure du tiers de l'écu de gueules chargée au point en chef du signe des chevaliers légionnaires : franc-quartier des barons procureuers généraux de cour d'appel brochant au neuvième de l'écu. Livrées : les couleurs de l'écu.

Annexes Bibliographie

Estampe et notice biographique sur le site de la bibliothèque municipale de Limoges

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Joseph Grégoire de Roulhac ; Liste des députés des États généraux de 1789, par ordre, bailliage et sénéchaussée ; Liste alphabétique des membres de l'Assemblée constituante de 1789 ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des chevaliers de l'Empire ; Armorial des barons de l'Empire ;

Liens externes

Catégorie:Naissance en mai 1751 Catégorie:Naissance à Limoges Catégorie:Décès en octobre 1824 Catégorie:Secrétaire du roi Catégorie:Seigneur français du XVIIIe siècle Catégorie:Seigneur français du XIXe siècle Catégorie:Baron français du XIXe siècle Catégorie:Maire de Limoges Catégorie:Député français du tiers état en 1789-1791 Catégorie:Député au Corps législatif Catégorie:Député de la Haute-Vienne Catégorie:Magistrat du Premier Empire Catégorie:Chevalier de l'Empire Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Naissance dans la province du Limousin Catégorie:Décès à Limoges