Igor Astarloa, né le à Ermua dans la Communauté autonome du Pays basque, est un coureur cycliste espagnol, professionnel de 2000 à 2009. Spécialiste des classiques, son palmarès comporte notamment un titre de champion du monde sur route ainsi qu'une victoire sur la Flèche wallonne obtenus tous deux en 2003.

Après une carrière amateur effectuée dans sa région natale, Igor Astarloa passe professionnel en 2000 au sein de l'équipe italienne Mercatone Uno. Second de Danilo Di Luca, il obtient ses principales victoires lors de l'année 2003 avec l'équipe Saeco. La saison suivante, Astarloa arbore son maillot de champion du monde avec l'équipe Cofidis. Après un passage à la Lampre, il devient le leader de l'équipe Barloworld mais rencontre de multiples problèmes.

Astarloa arrête sa carrière cycliste en 2009. Impliqué dans plusieurs affaires de dopage, il fait partie des premiers coureurs sanctionnés par l'Union cycliste internationale à la suite d'anomalies sanguines dans son passeport biologique.

Repères biographiques et carrière amateur

Né le à Ermua dans la Communauté autonome du Pays basque, Igor Astarloa Askasibar (ou Ascasibar ) commence le cyclisme sous l'impulsion d'un cousin . Dans les catégories amateur, ses performances lui permettent d'être recruté par l'équipe réserve de la formation Banesto pour l'année 1997 . Il obtient alors plusieurs victoires lors de courses d'un jour ou de courses par étapes. Toutefois, ces victoires ne lui permettent pas de passer professionnel.

Astarloa rejoint alors l'équipe basque Café Baqué, sponsorisée par un producteur de café, dont il épouse plus tard l'héritière et présidente, Maria Baqué. Lors de son passage dans l'équipe basque, il gagne 7 victoires sur des courses en ligne ainsi que deux victoires lors de courses à étapes, ce qui lui vaut une sélection en équipe nationale pour les championnats du monde des moins de . Il se classe alors de la course en ligne marquée par la victoire d'Ivan Basso devant ses compatriotes Rinaldo Nocentini et Danilo Di Luca . Malgré cela, Astarloa ne passe toujours pas professionnel. Il est un temps en contact avec le dirigeant d'équipe Álvaro Pino, sans suite.. Les mauvaises relations entre le patron de son équipe Café Baqué et celui de la formation professionnelle basque Euskaltel l'empêchent également de pouvoir espérer la rejoindre.

Astarloa choisit alors l'exil en Italie en et figure dans une équipe dirigée par Bruno Leali, Garda-Calcestruzzi-Saretina. Il obtient cette année-là une victoire lors du Gran Premio Inda.

Carrière professionnelle Débuts chez Mercatone Uno (2000-2001) Après avoir été stagiaire à la fin de la saison 1999 dans l'équipe italienne Riso Scotti-Vinavil, Igor Astarloa devient professionnel en 2000 dans l'équipe italienne Mercatone Uno-Albacom dirigée par un ami de Bruno Leali, Giuseppe Martinelli. Il y rejoint Marco Pantani et Stefano Garzelli, tous deux vainqueurs du Tour d'Italie. Au cours de sa première saison professionnelle, il court principalement en Espagne et en Italie. Il s'affirme comme un bon sprinteur, terminant dans les cinq premiers d'étapes de la Semaine catalane et de la Bicyclette basque. Fin juin, il termine neuvième du championnat d'Espagne.

Au début de la saison 2001, Astarloa obtient de bons résultats sur les courses d'un jour espagnoles. Terminant sixième de la Clásica de Almería puis cinquième du Grand Prix Miguel Indurain, il remporte sa première victoire professionnelle le sur la Klasika Primavera. Il se distingue aussi sur les grandes courses par étapes de début de saison, se classant de Tirreno-Adriatico et du Tour du Pays basque. Lors de la course espagnole, il termine sur le podium de trois étapes, battu au sprint par les Italiens Davide Rebellin, Stefano Zanini, puis Stefano Garzelli et porte durant une étape le maillot de leader . Ces bons résultats et le départ de Garzelli à la Mapei en début de saison font d'Astarloa le leader de l'équipe pour les classiques ardennaises. Il termine de Liège-Bastogne-Liège pour sa première participation, puis de l'Amstel Gold Race la semaine suivante. L'été venu, il obtient sa première place dans les dix premiers sur une classique de coupe du monde en finissant en septième position de la HEW Cyclassics au terme d'un sprint. Il participe en septembre pour la première fois au Tour d'Espagne, qu'il abandonne au cours de la .

Confirmation chez Saeco (2002-2003) L'éternel second (2002) left|thumb|alt=Photo de Danilo Di Luca.|Danilo Di Luca, le leader de la Saeco pour les classiques.

En 2002, Astarloa suit Giuseppe Martinelli chez Saeco . Faisant partie des coéquipiers de Danilo Di Luca en vue des classiques, il s'y prépare en participant à Tirreno-Adriatico, à Milan-San Remo, au Critérium international et au Tour du Pays basque, avec moins de succès que l'année précédente. Sur les classiques ardennaises, il obtient quelques places d'honneur, terminant de la Flèche wallonne et de l'Amstel Gold Race, mais échoue sur Liège-Bastogne-Liège. Il court ensuite pour la première fois le Tour d'Italie en tant qu'équipier de Gilberto Simoni. Il termine ce Giro .

Après cette course, sa saison reprend à la fin juillet, sur le Brixia Tour. Il y remporte la A, avec six secondes d'avance sur son coéquipier Mirko Celestino, et s'empare du maillot de leader, qu'il conserve l'après-midi en terminant deuxième de l'étape, à une seconde de Celestino. Les deux coéquipiers terminent aux deux premières places du classement général. Une semaine plus tard, sur la HEW Cyclassics, Astarloa parvient à s'échapper en compagnie de huit coureurs, dont Johan Museeuw, Paolo Bettini et Davide Rebellin. Il termine deuxième au sprint derrière Museeuw. Six jours plus tard, il termine à nouveau deuxième d'une manche de la Coupe du monde, la Classique de Saint-Sébastien, derrière Laurent Jalabert.

Pour sa deuxième participation, il termine le Tour d'Espagne à la , puis termine septième de Paris-Tours au sprint. Il est sélectionné pour les championnats du monde, où il participe à la déroute de l'équipe d'Espagne, terminant et premier espagnol. Fin octobre, il termine du Tour de Lombardie, ce qui lui permet de s'assurer la finale de la Coupe du monde derrière Paolo Bettini, Johan Museeuw, et le vainqueur du jour Michele Bartoli. Il est considéré comme une des révélations de la saison . Quelques jours plus tard, il clôt sa saison par une nouvelle deuxième place, à la Japan Cup, où il est devancé au sprint par son compagnon d'échappée Sergio Barbero. Astarloa se classe quatrième de la Coupe du monde et du classement UCI .

Le champion du monde (2003) En 2003, Astarloa fait partie des coureurs principaux de Saeco pour les classiques avec Danilo Di Luca, Dario Pieri et Mirko Celestino. Il commence sa saison 2003 au Tour de la Communauté valencienne, où il remporte sa deuxième victoire professionnelle sur la au sprint à Port de Sagunto . Il court ensuite Paris-Nice et Milan-San Remo, où il termine , puis prend le départ du Tour du Pays basque, où il obtient notamment la deuxième place de la derrière Ángel Vicioso, et termine du classement général. Sur les classiques ardennaises, il termine dixième de l'Amstel Gold Race tandis que Danilo Di Luca monte sur le podium . Trois jours plus tard, il s'échappe à plus de de l'arrivée sur la Flèche wallonne, en compagnie d'une quinzaine d'autres coureurs. L'avance de l'échappée plafonne, et n'est plus que d'une minute à de l'arrivée. Aidé par son coéquipier Alexandr Shefer, Astarloa attaque à de l'arrivée, rejoint par Aitor Osa . Les deux coureurs résistent au retour du peloton, et Astarloa distance Osa à de l'arrivée. Il remporte ainsi sa première grande course d'un jour, devançant Osa de et Shefer de 56. Il devient ainsi le premier Espagnol à remporter la course. Le dimanche, il s'échappe à nouveau sur Liège-Bastogne-Liège, mais son groupe est repris et il ne termine que . Il profite cependant de sa forme pour prendre la troisième place du Grand Prix de Francfort derrière Davide Rebellin et Erik Zabel.

thumb|alt=Photo d'Alejandro Valverde sur son vélo.|Alejandro Valverde est vice-champion du monde 2003 derrière Astarloa.

Il est à nouveau présent sur les classiques estivales. Sur la HEW Cyclassics, il est échappé en compagnie de Paolo Bettini, Davide Rebellin, Jan Ullrich et de son coéquipier Mirko Celestino. Les deux coureurs de la Saeco prennent les deux dernières places du groupe, et Astarloa termine quatrième. La semaine suivante, sur la Classique de Saint-Sébastien, il est désigné par Bettini comme son principal adversaire, et le chef de file des espagnols. Distancé par Bettini qui l'emporte, il remporte néanmoins le sprint du peloton et termine onzième. Après une sur la troisième classique de la Coupe du monde de l'été, le Championnat de Zurich, il participe au Tour d'Espagne, qu'il abandonne à l'issue de la .

En octobre, Astarloa termine de Paris-Tours, puis participe aux championnats du monde à Hamilton où le leader espagnol, Óscar Freire, l'incite à tenter sa chance. À la suite d'une attaque initiée par le Belge Peter Van Petegem, Astarloa se retrouve en tête de la course en compagnie du Belge, de l'Italien Paolo Bettini, du Néerlandais Michael Boogerd, du Danois Bo Hamburger et du Suisse Oscar Camenzind. À trois kilomètres de l'arrivée, alors que l'écart se réduit et que les coureurs de l'échappée ne collaborent pas, Astarloa s'échappe seul et remporte la course devant Valverde. Astarloa remporte ainsi la plus importante victoire de sa carrière et le troisième titre de l'Espagne en cinq ans. À l'issue de la course, il provoque une polémique en affirmant que Bettini a cherché à le corrompre pendant la course, avant de se rétracter. Abandonnant sur la dernière course de la saison, le Tour de Lombardie, il termine de la Coupe du monde , et du classement UCI , à l'issue de ce qui reste sa meilleure saison.

Premières difficultés chez Cofidis et Lampre (2004)

Pour la saison 2004, Astarloa est engagé par l'équipe Cofidis, qui se fait cette année-là une fierté de compter dans ses rangs les deux champions du monde sur route en titre, avec Astarloa et le champion du monde du contre-la-montre David Millar. Promis à un rôle de leader exclusif sur les classiques, Astarloa vise pour cette saison la coupe du monde et les classiques les plus difficiles . Malgré une préparation hivernale perturbée par les sollicitations médiatiques, il commence bien sa saison .. Sur le Tour méditerranéen, il termine deuxième de la derrière Paolo Bettini, et prend le maillot de leader., qu'il porte trois jours, mais perd dans l'ascension du mont Faron au profit de Jörg Jaksche. En mars, il compte parmi les favoris de Tirreno-Adriatico., où il réalise sa meilleure performance sur une grande course par étapes. Il termine deuxième de la derrière Paolo Bettini., et s'adjuge la quatrième place du classement général derrière Bettini, Óscar Freire et Erik Zabel, tous anciens vainqueurs de Milan-San Remo. Quatre jours plus tard, Astarloa réussit sa meilleure performance sur cette course. Il termine sixième, tandis que son coéquipier Stuart O'Grady monte sur le podium derrière Freire et Zabel. Blessé dans un accident de la route en Italie, il déclare forfait pour le Critérium international., mais peut participer au Tour des Flandres et à nouveau au Tour du Pays basque. Le , dans le cadre de l'affaire Cofidis, l'équipe d'Igor Astarloa décide de se suspendre de toute compétition., ce qui interdit au champion du monde de défendre ses chances sur les classiques ardennaises. L'enquête sur les pratiques et trafics de produits dopants au sein de l'équipe Cofidis a démarré au printemps 2003, lorsqu'Astarloa n'en était pas membre, et aboutit à un procès en lors duquel il n'est pas appelé à comparaître, contrairement à quatre de ses coéquipiers.