La famille de Saboulin Bollena, anciennement Sabolin<ref>Revue Mabillon, 1933, : « 1554 : François Sabolin, de Signes » (lire en ligne).</ref>Artefeuil, Histoire héroique et universelle de la noblesse de Provence, Volume 2, 1776, (lire en ligne). ou Sebolin de Bollena ou Sebolin, est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Provence (Signes). Un rameau cadet, éteint, se désista de la noblesse le 13 juillet 1667 en la personne de Jean-Baptiste de Sebolin, puis fut condamné en 1698Dictionnaire de la noblesse française, 1975, ., la branche de Signes, éteinte, fut maintenu noble en 1668, la branche ainée, subsistante, secrétaire du roi en 1704 mort en charge, puis obtient des lettres de confirmation de noblesse d'extraction en 1747.
Origine La famille de Saboulin Bollena, anciennement Sebolin de Bollena ou Sebolin, est originaire de Provence.
La filiation prouvée de cette famille remonte à Pierre Sebolini de Bollena, qui apparaît pour la première fois dans les registres communaux de Signes comme trésorier en 1459. On le retrouve lieutenant du viguier entre 1465 et 1475, viguier entre 1475 et 1480, capitaine général de Signes en 1481 puis 1484, consul en 1481 et 1486.
Histoire Cette famille se divisa en deux branches. La branche ainée des Sebolin, subsistante, se fixa à Marseille au début du , tandis que la branche cadette, restée à Signes, s’éteint au début du .
Le nom de famille originellement Sebolin de Bollena. C’est en effet sous l’influence de la prononciation provençale de Sebolin, dit Augustin Fabre dans son ouvrage Les Rues de Marseille, que le patronyme se francisa au début du , sous la forme Saboulin BollenaArtefeuil, Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, Volume 2, 1776, page 352. (qu'on retrouve parfois également orthographié SabolinRevue Mabillon : archives de la France monastique, 1933 page 214 : 1554 : François Sabolin, de Signes.).
Les Sebolin ont exercé depuis leur installation à Signes jusqu’au décès en 1550 de Mgr Jean-Baptiste Cibo, évêque de Marseille, baron de Signes et d’Aubagne, des charges d’officiers locaux du seigneur-évêque, de viguier tout d’abord, puis de fermier et rentier de ses droits seigneuriaux et, alors que peu nombreux, sont cités de manière quasi ininterrompue au Conseil communal de Signes tout au long du , y exerçant régulièrement les premières charges de consul, trésorier et capitaine général : Entre 1475 et 1480, Pierre Sebolin de Bollena est viguier de Signes pour l’évêque de Marseille Jean Alardeau, qui lui donna en bail plusieurs terres, puis consul en 1481 et 1486. En 1481 et 1484, lors des mouvements militaires à la suite de la succession de Charles du Maine, Pierre Sebolin de Bollena fut nommé capitaine général des habitants en armes pour se défendre d’une troupe menaçanteabbé V. Saglietto, La commune de Signes : étude archéologique et historique, 1935, page 195.. En 1494, Raymond Sebolin de Bollena est viguier de la ville de Signes En 1502, Barthélémy Sebolin de Bollena est capitaine général de Signes. En 1515-1525, Antoine Sebolin de Bollena est rentier des droits seigneuriaux de Mgr Claude de Seyssel puis du Cardinal Cybo pour Marseille et sa vallée. En 1568, François Sebolin, ancien rentier des droits seigneuriaux de Mgr Jean-Baptiste Cibo pour Marseille et sa vallée, suspecté d'être de la religion réformé et de participer aux troubles religieux, est jeté dans les geôles du château de Signes avec plusieurs autres notables malgré leurs protestations « d'être gens de bien, honnêtes, vivant catholiquement selon les lois de la Sainte Mère l'Église »abbé V. Saglietto, La commune de Signes : étude archéologique et historique, 1935, page 79.. Bertrand de Saboulin, consul de Signes en 1552, reçut durant les guerres de religion le commandement de 200 hommes de pied par commission du comte de Tende, il épousa en 1546 Claire de GlandevèsBaron du Roure, Les maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669), 1923, Tome 2, p.583/584., fille d'Antoine, seigneur de Cujes et viguier de Marseille. En 1585, Balthazar de Sebolin est nommé par commission du Grand-Prieur de France Henri d'Angoulême, gouverneur de Signes, jusqu’en 1590, il est également premier consul de la ville en 1588abbé V. Saglietto, La commune de Signes : étude archéologique et historique, 1935, page 103.. Le 9 juin 1577, Vincent Sebolin, tige de la branche subsistante, fait partie des députés de la noblesse et représentants des églises réformées de Provence à l’assemblée réunie à Seyne à la demande de Henri de Navarre. Il est le chef de la communauté protestante de Signes. En 1589, le même Vincent Sebolin, est capitaine dans les compagnies de François de Vintimille-Tourves durant les guerres de ReligionJournalier des troupes de Mr de Tourves au château de Signes, de juillet à septembre 1589 - Archives départementales du Var - Inventaire Mireur - Signes - EE 15 - 1589, consultable en ligne.. François de Saboulin Bollena, seigneur de La Motte-du-Caire, avocat au parlement, fut consul d'HyèresLouis-Pierre Anquetil, L'Intrigue du cabinet sous Henri IV et Louis XIII, terminée par la Fronde, tome IV, Paris 1809 et représenta les états de Provence comme députéAugustin Thierry, Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers état, Paris 1853 aux états généraux de 1614Duval et Lalourcé, Recueil de pièces originales et authentiques concernant la tenue des états-généraux, tome 5, Paris 1789..
La « maison Bollène », actuelle mairie de Signes, fut de 1597 jusqu’au milieu du la demeure de évêques de Marseille, tandis que la « maison Sebolin », 15 rue Saint-Jean, servit de temple pendant la seconde partie du . En effet, durant les guerres de religions, ils embrassent le parti protestant, à la suite de quoi la branche aînée issue de Vincent Sebolin, capitaine dans les compagnies razats de Mr de Vintimille-Tourves, se fixe à Marseille.
Ils s’y enrichissent dans la fourniture des galères et le négoce avec les échelles du Levant, la Barbarie, puis les Amériques. « Dans les premières années du , l'Hôtel de Noailles fut acheté par François de Sabolin, riche négociant que l'on nomma premier échevin de Marseille aux élections du . Sa famille, originaire de Signes en Provence, s'était divisée en plusieurs branches et l'une d'elles était venue s'établir à Marseille où elle acquit un renom considérable » in Augustin Fabre, Les Rues de Marseille, Volume 5, et 142
Pierre Sebolin, fils du capitaine Vincent Sebolin, s'installe comme négociant à Marseille où il fut écrivain du roy sur la galère La Seguirane. Il participe à la reprise des îles de Lérins en 1637, et à la bataille de Vado au large de Gênes (), où la flotte française défait les Espagnols. Il teste le 30 juin 1640 à Marseille (Icard, not.), avant d’embarquer sur les galères commandées par le cardinal de Sourdis qui appareillent pour l’Italie et qui seront à la bataille de Tarragone (1641), teste à nouveau le 23 avril 1644 (Pierre Amalric, not. Signes), avant d’embarquer à nouveau, fait la campagne de 1644 de la flotte du Levant au large des côtes espagnoles sous le commandement du duc de Brézé et au blocus de Rosa.
Son fils Vincent de Saboulin Bollena nommé en l’office de conseiller du roi auditeur-titulaire et expert des comptes au bureau de Cuers (lettres patentes données à Paris le 16 décembre 1639, reçu le 23 juillet 1640), sera à son tour écrivain du roy sur la galère D’Allemagne (1642-1655), sert notamment dans la campagne d’Italie lors du combat d’Orbetello (1646), puis avec les galères de Toulon dans le golf de Naples et campagnes sur les côtes toscanes et napolitaines entre 1647 et 1650, s’installe à Toulon un peu avant 1650 où il poursuit sa carrière d’officier de plume, puis revient, après le décès de sa première épouse, à Marseille comme négociant où il s’associe à son frère Pierre, fonde en 1672 avec Jean et David Meynard une maison de commerce à Constantinople.
Ce dernier, capitaine des milices de la ville de Marseille lors de la révolte de Glandevès-Niozelles, est déchargé de l’assignation lors des recherches de noblesse en 1667 pour services rendus. Juge consul de Marseille en 1668, puis échevinPaul Masson, Les Bouches-du-Rhône : encyclopédie départementale, 1932 en 1682Louis-E. Méry, Histoire analytique et chronologique des actes et des délibérations du corps et du conseil de la municipalité de Marseille, depuis le jusqu'à nos jours, tome V, 1847, p. 18. Il fit bâtir en 1694 l'église des Capucins. Il participa à la fondation de l'hospice des incurables et se distingua par l'aide qu'il apporta aux œuvres de Terre Sainte, notamment la restauration de l'église du Saint Sépulcre à JérusalemSyndic et Trésorier perpétuel à Marseille de l'Hospice de le Terre Sainte du Couvent des Cordeliers, cf: Lettre écrite de Jérusalem le 11 juin 1698 au sujet du rétablissement de l'église du Saint Sépulcre, accordée aux religieux de Saint François sur la demande de l'Ambassadeur du Roy à la Cour Ottomane - extrait du Mercure galant, octobre 1698 in "Archives des voyages ou Collection d'anciennes relations inédites ou très-rares de lettres, mémoires, itinéraires et autres documents relatifs à la géographie et aux voyages, suivies d'analyses d'anciens voyages et d'anecdotes relatives aux voyageurs" Henri Ternaux-Compans, 1840, p.207. Il intègre la clientèle de Colbert et accueillera en 1684, alors échevin-vieux de Marseille, Colbert de Seignelay. Il acquiert la Maison Diamantée à Marseille, actuel Musée du Vieux Marseille, considéré comme l'une des plus vieilles demeures de Marseille, conservé pendant 4 générations dans la famille. Il finance par un don de 35.000 livres la construction de la nouvelle chapelle du couvent des capucins par Puget à Marseille, où sera érigé le caveau Saboulin dans la chapelle latérale Notre-Dame du Bon Voyage. Il est, d’après une correspondance de M. de Montmort à Colbert, le premier négociant marseillais à avoir armé pour les Amériques dès les années 1670.
François de Sebolin, fils de Vincent, et héritier de son oncle Pierre, est élu premier échevin de Marseille (élections du Grosson, Almanach historique de 1779, p. 1094), puis reçu en 1704 conseiller-notaire-secrétaire du roi en la grande chancellerie, maison, couronne de France et de ses financesAbraham Tessereau, Histoire chronologique de la grande Chancellerie de France, tome 2, Paris 1706, p.475 dans la charge du marquis de Nointel, cousin de Colbert. Comptant parmi les plus riches négociants de Marseille au début du , il achète l'hôtel de Noailles, où il reçoit lors de son arrivée en Provence, comme gouverneur, le maréchal-duc de Villars pendant plusieurs mois.
Appartenant avec les Gleize, les Maurellet, et les Bruny à un groupe de financiers liés au clan Colbert, et détestés de Samuel Bernard, une tradition orale rapporte que lors d’un de ses séjours à Versailles, des adversaires tentèrent de provoquer sa perte en jetant auprès du roi la suspicion sur sa réussite. Louis XIV dans les jardins de Versailles s’arrêta devant lui et lui demanda comment on pouvait devenir aussi riche aussi vite. François de Sebolin s'inclinant dans une révérence lui répondit : « Sire, j'ai épousé une muette » (expression exacte rapportée). Ce trait d’esprit plut au roi, qui poursuivit sa promenade. Son fils Jean-François de Sebolin, élevé avec ses frères au collège Louis le Grand, reçut à l’hôtel de Noailles la princesse Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène, lors de son passage à Marseille au printemps 1720.