Antoine Louis Raymond Geneviève, comte de Gramont d'Aster ( à Paris - à Fort-de-France, Martinique), est un militaire et homme politique français du .
Biographie Il est le fils d'Antoine-François de Gramont (1758-1795), comte d'Aster, et de Gabrielle-Eugénie-Charlotte de Boisgelin, et petit-fils d'Antoine-Adrien-Charles de Gramont.
Trop jeune pour suivre en émigration sa famille, il resta en France. Sa mère, alarmée des dangers d'une guerre qui semblait ne devoir finir qu'avec la Révolution française, chercha à diriger les penchants et l'éducation de son fils vers une carrière moins périlleuse que celle des armes ; mais sa prévoyance fut trompée, et le jeune Gramont, cédant à sa passion dominante et sans doute à la crainte d'ensevelir dans l'oubli un nom qui depuis 300 ans avait figuré avec honneur dans les annales militaires, s'enrôla comme volontaire dans le de dragons.
Il fit en cette qualité la campagne de 1809, et fut nommé sous-lieutenant sur le champ de bataille de Raab.
En 1812, il accompagna, en qualité d'aide de camp, le général-comte de Grouchy, qui, dans la campagne de Russie, commanda la cavalerie de l'armée du prince Eugène, vice-roi d'Italie. Blessé assez grièvement par un biscaïen à la bataille de la Moskowa, sa belle conduite dans cette sanglante journée lui valut la croix de la Légion d'honneur et le grade de lieutenant. Il se fit également remarquer par son courage et son énergie pendant la retraite de Russie, mais les suites de sa blessure le forcèrent à quitter l'armée.
En 1814, ce fut lui qui apporta à Louis XVIII, la nouvelle de son rétablissement : Gramont était l'un des premiers Français qui vinrent en Angleterre prêter serment de fidélité au monarque restauré, et qui accompagnèrent ce monarque à son retour dans ses états. Il reçut, à cette occasion, un brevet de lieutenant-colonel et prit rang comme lieutenant dans la compagnie des gardes-du-corps du Roi, dite , que commandait le duc de Gramont, son oncle. Le roi le créa officier de l'ordre royal de la Légion d'honneur le de la même année 1814.
En 1815, il avait été envoyé dans les Basses-Pyrénées pour présider le collège électoral de l'arrondissement de Pau. Éluavec 94 voix (146 votants, 226 inscrits) () député par ce collège, il siégea dans la Chambre introuvable de 1815 et vota avec la majorité.
Rentré dans l'armée de ligne, en 1816, le comte de Gramont d'Aster fut nommé colonel de la légion des Basses-Pyrénées, dont l'organisation lui fut confiée. Il reçut, en 1817, la croix de Saint-Louis.
Le roi le nomma pair de France le , et, dans la même année, il passa, du commandement de la légion qu'il avait organisée, à celui de la légion des Bouches-du-Rhône.
L'année suivante, il ne fut pas compris dans l'organisation régimentaire sous le ministère de M. de La Tour-Maubourg.
En 1825, il demanda et obtint le commandement du de ligne, qui partait pour la Martinique. Il rejoignit ce corps et peu de jours après son arrivée mourut de la fièvre jaune, le . Cette maladie contagieuse s'étant déclarée dans la portion de son régiment qui occupait le Fort-Royal, il voulut donner l'exemple d'un courageux dévouement, s'y renferma avec ses soldats pour les faire soigner sous ses yeux et succomba peu de jours après, victime de son zèle.
Son éloge funèbre a été prononcé à la tribune de la Chambre des pairs, dans la séance du , par son oncle le duc de Gramont.
Mariage et descendance Il avait épousé Amable de Catellan, fille de Jean-Antoine de Catellan, décédée à Bagnères le , dont il eut: Antoinette-Claire-Amélie-Gabrielle-Corisande de Gramont, épouse de Roger-Gabéléon, comte de Salmour, en Piémont, Antoine Eugène Amable Stanislas Agénor de Gramont (1814-1885), comte d'Aster, Thérèse de Gramont, née en 1815, épouse de Gustave Dadvisard de Talairan, Antoinette-Marie-Madeleine-Amable-Amélie de Gramont , épouse du comte Edmond-Jean-Guillaume Gravier de Vergennes.
Titres comte de Gramont d'Aster (membre de la Chambre des pairs) : Baron et pair héréditaire (, sans majorat) ; Transmission du titre de comte et pair héréditaire de son beau-père, Jean Antoine de Catellan (1759-1838), marquis de (lettres patentes du ).
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Officier de la Légion d'honneur () ; Chevalier de Saint-Louis (1817).
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du comte de Gramont, baron-pair héréditaire
Écartelé : au 1, d'or au lion d'azur armé et lampassé de gueules (Gramont) ; au 2 et 3, de gueules à trois flèches d'or, posées en pal, empennées et armées d'argent (d'Aster) ; au 4, d'or à la levrette (ou lévrier) accolée et bouclée d'azur, à la bordure de sable, chargée de huit besants d'or (Aure). Sur le tout, de gueules à quatre otelles d'argent (Comminges).
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes d'infanterie de ligne ; de dragons ;
Liens externes
Catégorie:Naissance en juillet 1787 Catégorie:Naissance à Paris Catégorie:Décès en juillet 1825 Catégorie:Décès à Fort-de-France Catégorie:Décès à 38 ans Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Comte français du XIXe siècle Catégorie:Comte français du XVIIIe siècle Catégorie:Député des Basses-Pyrénées (Restauration) Antoine Catégorie:Militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Mort de la fièvre jaune Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1814 Catégorie:Pair de France (Restauration)