Hospice de Nice, en latin , en langue niçoise Ouspici est mort le . Il est également connu sous le nom d’Hospice le Reclus.. C'est une figure hagiographique du christianisme de la région niçoise dont l'hagiographie figure dans l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours () dont il aurait été contemporain. Répertorié comme saint dans les listes et ouvrages hagiographiques catholiques, il est fêté le .

Hagiographie Selon une tradition unique rapportée par Grégoire de Tours, Hospitius aurait vécu en reclus dans une tour près de Nice. Cet auteur le décrit comme un ascète et précise : « (Il) ne mangeait rien autre chose que du pain et quelques dattes. Dans les jours du carême il se nourrissait de la racine d’une herbe d’Égypte à l’usage des ermites de ce pays et que lui apportaient les négociantstexte ici (rechercher le mot « Hospitius »). ». Toujours selon la tradition, il se couvrait volontairement de lourdes chaînes et passait sa vie dans la prière.

L’auteur lui attribue un don de prophétie : le même texte indique qu'il aurait prédit que la Gaule serait envahie par les Lombards, ce qui serait une punition divine pour la dépravation de ses habitants. Selon l’hagiographie, il conseille aux moines d’aller se réfugier ailleurs à cause de l’invasion ; mais ceux-ci ne voulurent pas partir sans Hospitius, qui les rassure en prédisant qu’il souffrirait des Lombards mais qu’ils ne le tueront pas.

La tradition raconte ensuite que des soldats lombards arrivés devant la tour de l’ascète et le voyant couvert de chaînes, pensent que c'est un criminel emprisonné. Un des soldats voulant le tuer voit sa main figée et son épée tomber au sol. Hospitius le guérit et, en remerciement, le soldat lui demande à devenir moine, Hospitius le tonsurant sur place. Ce moine aurait relaté ce miracle à GrégoireCatholic Encyclopedia : https://www.newadvent.org/cathen/07489a.htm. Le reste de la troupe laisse Hospitius en paix et rentre sain et sauf en Lombardie.

René François Rohrbacher (1789-1856), a cru pouvoir dater cet épisode en 573René François Rohrbacher, Histoire universelle de l’Église catholique, Gaume, 1843, vol. 9, 373..

Hospitius aurait poursuivi sa vie de prière par la suite. La tradition grégorienne lui attribue les guérisons d'un infirme, d'un aveugle et plusieurs femmes possédées. Il aurait prédit la date de sa mort et demandé qu'on appelle l’évêque de Nice, Austadius , pour présider à ses funérailles. Selon Grégoire de Tours, plusieurs récits de la vie d'Hospitius auraient été écrits mais il n'en existe nulle trace.

Littérature

En une mention incidente, Victor Hugo (1802-1885), parlant de concordances entre les « menues fables populaires », compare aussi dans Les proses philosophiques (1860-1865, publication posthume) cette légende locale à celle mettant en scène « le cheik Amrou [qui] paralyse l’émir Nassar-Eddin prêt à le frapper ». Et Victor Hugo de conclure : « Ces légendes, quelques-unes poétiques, d’autres puériles, n’ont d’autre valeur philosophique que leur ressemblance. C’est par là seulement qu’elles méritent d’être visées et homologuées en passants:Proses philosophiques/Philosophie, I#17 : site Wikisource consulté le 28 juillet 2011. ». Par ailleurs, un personnage du roman Han d’Islande (1823) du même auteur, invoque « Saint Hospice» par deux foisVictor Hugo, Han d’Islande, Chapitre : voir dans Wikisource s:Han d’Islande/Chapitre XII#88 in fine et s:Han d’Islande/Chapitre XII#89..

Frédéric Mistral (1830-1914) mentionne ce saint dans son Tresor (1879) : « Sant Ouspice, saint Hospice ou Sospis, cénobite célébré à Nice, mort en 581 Frédéric Mistral, Lou tresor dóu felibrige ou dictionnaire provençal-français, édition préfacée par Jean-Claude Bouvier, éditeur : Aix-en-Provence : Edisud, 1990, 2 vol., 1196 + 1164 p., , (édition papier apparemment en facsimile) ; Sub verbo OUSPICE (tome II, page 450) on trouve mentionné « Sant Ouspice, saint Hospice ou Sospis, cénobite célébré à Nice, mort en 581. » ».

Dans l’Oblat, de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), le personnage de Dublat mentionne anecdotiquement « Hospitius qui s’écroua près de Nice » parmi d'autres reclus locauxJoris-Karl Huysmans, l’Oblat, chapitre V. Voir : s:L’Oblat (Huysmans)/5 in fine..

Saint Sospis Sospis fait figure de forme populaire. Auguste Longnon (1844-1911) dans Les noms de lieu de la France (1922)Auguste Longnon, Les noms de lieu de la France : leur origine, leur signification, leurs transformations : résumé des conférences de toponomastique générale faites à l’École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, publié par Paul Marichal et Léon Mirot, préface de Jacques Chaurand, Éditions Honoré Champion, Paris, 1999, pages + 831 pages, , , « réimpression de l’édition de Paris, 1929 ». explique cette forme par une mécoupure. « Le passage du groupe latin ct au son chuintant, qu’on observe dans la langue espagnole (noche = noctem ; — ocho = octo ; — techo = tectum) s’est aussi produit dans les parlers de la France méridionale […]. Sanctus et sancta sont ainsi devenus, au Moyen Âge, sanch et sancha […]Les noms de lieu de la France, § 1550.. » C’est ainsi que Saint-Chinian (Hérault) répond à Sanctus Anianus, par mécoupure. Dans d’autres zonesLes noms de lieu de la France, § 1551. on a le son sifflant au lieu du son chuintant, d’où Saint-Sospis répondant à Sanctus Hospitius.

On rencontre aussi la variante Sospir.

thumb|La chapelle Saint-Hospice. thumb|La pointe Saint-Hospice et la chapelle Saint-Hospice. thumb|Plaque de rue de la rue Saint-Hospice, dans le Vieux-Nice. Culte, toponymie et représentations Il figure au Martyrologe romain Martyrologe romain ed. 2014..

Une chapelle Saint-Hospice se trouve sur la pointe Saint-Hospice de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Elle fut construite au sur les ruines de la tour où avait vécu cet ermite. Laissée à l’abandon, elle subit les outrages du temps jusqu’en 1980, puis elle a bénéficié d’une restauration complète grâce à l’action du conseil général des Alpes-Maritimes et de l'Association pour la restauration de Saint-Hospice. Elle est classée monument historique.. Les environs de la chapelle constituent le lieu-dit « Saint-Hospice ».

La pointe sur le côté est de la presqu’île du cap Ferrat porte le nom de pointe Saint-HospiceMarguerite Isnard, Roger Isnard, Nouvel almanach du comté de Nice: memoria e tradicioun, Serre, 2006, 130 .. Située au niveau cette pointe, et à proximité de la chapelle Saint-Hospice, une statue de douze mètres de haut, classée monument historiqueNotice n° PM06000914, sur la base Mérimée, ministère de la Culture., porte le nom de « Vierge de Saint-Hospice[http://www.nicerendezvous.com/car/rue-auguste-gal.html « Rue Auguste Gal », in Marguerite et Roger Isnard, Per carriera : Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Nice, Nice, Serre, 2003 . ». Elle se trouve près de la tour Saint-Hospice, dite tour génoise, également classée monument historique. et édifiée par le roi de Sardaigne au pour servir de prison d'État mais qui n'a jamais accueilli de prisonnierVictor Emanuel, « À Saint-Hospice le fort et la tour, la vierge de bronze » in Nice-Historique, 1914, , .

Le fort construit en 1560-1561 sur décision du duc de Savoie Emmanuel-Philibert afin de défendre le territoire niçois, prit le nom de fort Saint-Hospice. Il existe une villa Santo-Sospir datant de 1931 et situé à Saint-Jean-Cap-Ferrat, sur le cap Ferrat.

La rue Saint-Hospice (carriera San Souspir en niçois), dans le Vieux-Nice, porte son nom« Rue Saint-Hospice », in Marguerite et Roger Isnard, Per carriera : Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Nice, Nice, Serre, 2003 .. Il existe dans la chapelle de la Très-Sainte-Trinité et du Saint-Suaire de Nice (chapelle des pénitents rouges) un groupe sculpté polychrome représentant le Martyre de saint Hospice Une photographie légendée Le martyre de saint Hospice. Groupe sculpté polychrome, Nice, chapelle des Pénitents Rouges figure dans : Denis Ghiraldi, « Hospice (saint) », page 187 in Ralph Schor (sous la direction de), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Serre, 2002, 412 page, (Dictionnaire constituant le de l’Encyclopædia Niciensis).Photo du groupe polychrome : http://www.penitents-rouges.org/texte.asp?genre=3 ; site officiel de la chapelle des pénitents rouge : http://www.penitents-rouges.org/ .. Il existe dans basilique Saint-Michel-Archange de Menton un tableau du représentant le martyre de saint Hospice : site consulté le .. Il existe dans la chapelle qui porte son nom, à Saint-Jean-Cap-Ferrat un retable (/) et un tableau (premier quart du ) représentant le martyre de saint Hospice : site consulté le .. Archéologie sous-marine : un fragment d’écuelle représentant saint Hospice a été découvert au fond de la rade de Villefranchehttp://www.darse.fr/v1/archeonavale/st_hospice.html : site consulté le .. Reliques : la cathédrale Sainte-Réparate de Nice ne possède comme relique qu’un os de la main de saint Hospice. Il existe d’autres relique dans le diocèse de Nice : à Villefranche-sur-Mer, à La Turbie, dans la chapelle Saint-Hospice à Saint-Jean-Cap-FerratVies des saints et des bienheureux selon l’ordre du calendrier avec l’historique des fêtes avec la collaboration de Dom Jules Baudot, Dom Paul Antin et Dom Chaussin, Paris, Letouzé et Ané, 1935-1959, 13 volumes, (le tome 13 contient une table générale) : tome 5 (mois de mai), 639 pages, 1947, « Saint Hospice, ermite et confesseur () » (pages 415-419) ; voir page 419 : « La cathédrale de Nice ne possède comme reliques de saint Hospice qu’un os de sa main. Il en existe d’autres dans plusieurs églises du diocèse, notamment à Villefranche, à la Turbie et dans le sanctuaire de la presqu’île San Sospis. »… Il existe une chapelle Saint-Hospice à Bonson (Alpes-Maritimes). La Saint-Hospice (fêtée en 2011 le dimanche ) est l’occasion d’une procession où l’on porte une statue de saint Hospice, sculptée par Marius GiacobiJ.-M. Moreau, « Bonson : Fêtez la Saint-Hospice dimanche », page 8 in Nice-Matin (support papier ; édition « Nice Vallées ») du jeudi 13 octobre 2011..

Invocations locales Saint Hospice était invoqué dans la région pour obtenir la pluie. Il était considéré comme étant le patron des témoins et un adage local en niçois fustige les faux témoins en évoquant Ouspici (Hospice).

Un autre proverbe local dit (Que saint Hospice te garde le bon jugement).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Histoire générale et religieuse Grégoire de Tours, « Histoire des Francs », livre VI, chapitre VI. Traduction de François Guizot (1787-1874) : lire dans Wikisource : s:Histoires - 6, sixième paragraphe Grégoire de Tours, Histoire des Francs, traduit du latin par Robert Latouche, édité à Paris par Les Belles Lettres ; deux tomes (1963-1965). Tome 1, 325 pages (livres I à V), 1963. Tome 2, 354 pages (livres VI à X). Chapitre VI du livre VI : tome 2, pages 16 à 21. Paul Diacre, « Histoire des Lombards », livre III, I, II. Alban Butler (1710-1773), Vies des Pères, des martyrs, et des autres principaux saints, volume 4, chez Barbou, 1766, page 475 : « Saint Hospice, reclus en Provence » : René François Rohrbacher (1789-1856), Histoire universelle de l’Église catholique, Gaume frères, 1843, volume 9, 372-374 Vies des saints et des bienheureux selon l’ordre du calendrier avec l’historique des fêtes avec la collaboration de Dom Jules Baudot, Dom Paul Antin et Dom Chaussin, Paris, Letouzé et Ané, 1935-1959, 13 volumes, (le tome 13 contient une table générale) : tome 5 (mois de mai), 639 pages, 1947, « Saint Hospice, ermite et confesseur (VI siècle) », pages 415-419 Article « St. Hospitius » in Catholic Encyclopedia, 1913, article en ligne Pierre Gioffredo (1629-1692), Nicæa Civitas, sv. Victor Emanuel, « À Saint-Hospice le fort et la tour, la vierge de bronze » in Nice-Historique, 1914, ,