La cire à cacheter est une matière employée pour les sceaux et cachets. Elle était au généralement à base de gomme laque et de térébenthine, colorée au cinabre toxique, utilisée pour sceller les lettres et papiers. vignette|Cire à cacheter du sceau de la famille Ciciarelli.

La cire se présente très souvent sous forme de « bâton » ou « pain » de section ronde ou carrée, parfois triangulaire.

Histoire Le sceau de cire médiéval est obtenu à partir d'une galette ou boule de couleur brunâtre de cire naturelle d'abeille, agrémentée dès le de colorants pour donner des cires marron, jaunes, vertes ou rouges.

Au , une cire connue aujourd'hui sous le nom de « cire d'Espagne » serait inventée, sous le règne de Louis XIII, par un sieur Rousseau à Perpignan (Le nom « cire d'Espagne » venant du fait que Perpignan est alors espagnole). On dit que l'inventeur, qui a fait une belle fortune avec cette cire, en avait connu la composition aux Indes orientales, où il avait voyagé.

Les matières utilisées sont la gomme laque, la térébenthine, poix, craie, et des colorants de types oxydes métalliques permettant de donner des couleurs rouges (cinabre ou sulfure de mercure, oxyde de plomb). La teinte jaune était obtenue à base également d'un oxyde de plomb (appelé « massicot ») ou d'ambre pulvérisé, ou plus tard de gomme-gutte (jaune du Cambodge). La teinte verte était fournie par le vert-de-gris (oxyde de cuivre), la teinte noire par du noir de fumée ou du « noir de lies de vin brûlées ». Certaines substances toxiques ne sont plus utilisées aujourd'hui.

Le « Chauffe cire » (Calefactor cerœ) est un officier de chancellerie qui amollit, prépare la cire pour la rendre propre à sceller. Le « Cirier de la grande chancellerie » est un officier chargé de faire faire la préparation de la cire pour les sceaux du roiAlphonse Chassant, Pierre Jean Delbarre. Dictionnaire de sigillographie pratique: contenant toutes les notions propres à faciliter l'étude et l'interprétation des sceaux du moyen âge. J.-B. Dumoulin, 1860 Livre numérique Google.

Au , la cire à cacheter est du ressort du cirier. C'est toujours la cire à base de gomme laque qui est fabriquéeLouis-Sébastien Lenormand. Manuel du chandelier, du cirier et du fabricant de cire à cacheter.Libr. Roret, 1836. Dans Livre numérique GoogleJöns Jakob Berzelius, Jean-Benoit Valerius, Traité de chimie, Adolphe Wahlen et Cie, 1838, p. 570Dictionnaire des arts et manufactures et de l'agriculture, des mines, Librairie du Dictionnaire des Arts et Manufactures, 1873.

Au , s'il est possible de toujours se procurer des cires « traditionnelles » à base de colophane et de térébenthine, des cires synthétiques, à base de polymères thermoplastiques sont apparues.

Dans un atelier au La cire à cacheter, appelée aussi cire d'Espagne,

De la fabrication en Inde Les Indiens, qui récoltent dans leur pays la gomme laque, sont les premiers qui aient fabriqué la cire à cacheter comme on la connaît au .

« Ils emploient la gomme laque en bâtons, ils y ajoutent une petite quantité de térébenthine de Venise et le vermillon de la Chine. Les premiers échantillons de cette cire qui parvinrent en Europe furent portés à Venise ; de là ils passèrent en Portugal, et les Espagnols ensuite en eurent connaissance. Ce dernier peuple en fit un grand commerce, et c'est de cette dernière nation que lui est venu le nom de cire d'Espagne. La France ne tarda pas longtemps à connaître la composition de ce nouveau produit de l'industrie ; elle s'en appropria la fabrication, qu'elle porta à un plus grand degré de perfection que n'avaient pu atteindre les autres Européens.

Jusqu'alors la cire à cacheter, fabriquée dans les Indes orientales, avait conservé sur toutes les autres une supériorité incontestable. En voici la raison : les Indiens sont obligés de liquéfier la gomme laque en bâtons pour la purifier de toutes les parties hétérogènes qu'elle contient avant de la livrer au commerce. Pendant qu'elle est encore liquide, ils y mêlent le vermillon de la Chine, avec une très petite quantité de térébenthine ; ils en forment une cire à cacheter excellente. Les Européens reçoivent la gomme laque après cette première fusion et le refroidissement qui lui a succédé ; ils sont obligés de la fondre de nouveau, et dans cette seconde opération, elle prend un degré de sécheresse si grand, que la cire qui en provient est cassante et a peine à fondre.

Cette vérité a été constatée par un savant français qui a pu parvenir à se procurer la laque en bâton (stick-lac), c'est-à-dire dans son état naturel, et a obtenu par la première fusion, en opérant comme les Indiens, de la cire à cacheter aussi parfaite que celle qui est apportée des Indes orientales.

Nos fabricants, après beaucoup d'essais, se sont aperçus que la gomme laque en feuilles, qui est celle qu'ils emploient, manquait de moelleux ; ils sont parvenus à lui restituer celui qu'elle a perdu par la première et par la deuxième fusion, par une addition suffisante de belle térébenthine ; mais cette quantité est plus grande que celle que les Indiens emploient. »

Matériaux Avant de passer à la manipulation de la cire à cacheter, il est important de faire connaître les caractères auxquels le fabricant peut distinguer facilement les diverses qualités des matières premières qu'il doit employer. Gomme laque

. « On en trouve dans le commerce de trois qualités différentes, elle est en feuilles : la première qualité est blonde ; elle est bien fondante au feu, et ne laisse pas de résidu après la combustion ; la seconde qualité est un peu plus brune et plus épaisse que la première ; elle fond bien au feu, et ne laisse aucun résidu après la combustion ; la troisième qualité est d'un brun-rougeâtre ; elle fond plus difficilement que les deux premières, et laisse un résidu après la combustion.

Les deux premières qualités servent à faire les cires colorées ; mais la troisième n'y est pas propre, parce qu'elle y absorbe trop de couleur pour masquer la couleur brun-rougeâtre qui lui est propre. On ne l'emploie que pour faire la cire noire. La troisième qualité doit sa couleur brun-rougeâtre à un trop grand coup de feu qu'on a été forcé de lui donner à la première fonte, parce qu'elle n'était pas assez fondante. »

Térébenthine Le commerce en fournit de trois qualités différentes : la première qualité est sans contredit celle de Venise, nom qui lui vient de ce qu'elle est commercialisée là bas ; elle est très limpide et a une odeur de citron. La Térébenthine de Venise, est obtenue par la distillation de la résine de mélèze, (Larix occidentalis), et parfois aussi de certains pins ; la seconde qualité vient de la Suisse (Briançon) ; elle est claire et blanchâtre, et n'a aucune odeur ; la troisième qualité est celle de France (Bordeaux), on la distingue dans le commerce sous le nom de « térébenthine de Bordeaux » ; elle est blanche et épaisse, et a une odeur forte et désagréable.

Cinabre

On en emploie aussi de trois qualités différentes : la première qualité est le Cinabre ou vermillon de la Chine ; il est d'un rouge vif, aussi le distingue-t-on sous le nom impropre de carmin ; la seconde qualité est le cinabre d'Allemagne ; il a une couleur rouge-orangé ; la troisième qualité est le cinabre de France ; il tient le milieu entre le vermillon de la Chine et le cinabre d'Allemagne, mais il a quelquefois le défaut de noircir au feu.

Le Cinabre, un sulfure de mercure, est toxique. Il n'est plus utilisé aujourd'hui pour colorer les cires.

Fabrication

Préparation des substances

Formation des bâtons

Polissage des bâtons Ce polissage consiste à donner le brillant à la cire par le moyen du feu. Pour y parvenir, l'ouvrier se sert d'un fourneau particulier, qu'on nomme fourneau à grilles. Ce fourneau est formé de trois pièces: d'une braisière, en fonte de fer, et à trois pieds ; de deux réchauds à grilles. Ces réchauds sont disposés de manière que les grilles se regardent. On place d'abord, dans le fond, des charbons allumés, ensuite on le remplit de charbon, et on le laisse quelques instants pour qu'il s'allume.

Variantes Cires à cacheter de couleurs

Cires marbrées

Cire d'or

Cire parfumée

Cire noire

Basse qualité

Prix

La cire rouge, vermillon d'Allemagne, 7 fr. 50 cent. le paquet de vingt bâtons. Et en diminuant de 50 en 50 cent., jusqu'à 40 cent. pour les cires de la plus basse qualité.

Les magasins de M. Thibault sont à Paris, rue de la Verrerie, .

Utilisations modernes

En 2011, on trouve sur le marché de la cire à cacheter traditionnelle à base de colophane et de térébenthine dans une assez large variété de coloris. C'est une cire généralement brillante, qui se travaille à la flamme sur un brûleur ou chauffée à la cuillère.

L'utilisation de machines de tri automatique du courrier à la Poste ayant tendance à casser les cachets faits à la cire traditionnelle, les fabricants ont sorti une nouvelle génération de cire, à base de polymères thermoplastiques et de divers additifs. Ces cires, meilleur marché, ont une excellente adhérence sur le papier (elles sont pratiquement impossibles à arracher) et restent souples en permanence (elles ne cassent pas). Elles peuvent certes s'appliquer traditionnellement à la flamme, mais ont été d'abord conçues pour un usage avec un pistolet chauffant très similaire au pistolet à colle thermofusible.

Un sceau ne permet plus de garantir l'authenticité d'un document. En permettant de réaliser des empreintes remarquables, des matériaux modernes comme le silicone ruinent la garantie de confidentialité et d'authenticité des sceaux en cire. D'autres systèmes se sont développés. Une forme très courante sont les emballages à témoin d'ouverture, provoquant une déformation irréversible du système s'il a été ouvert. Des systèmes de scellement de document de type ruban à cacheter, fabriqués notamment par la firme 3M, adhèrent à la plupart des surfaces (papier, métal, plastique, bois, verre). Toute tentative d'ouverture est sanctionnée : une empreinte de couleur reste après le décollement, la délamination du support, des amorces de déchirure sur les bords dentelés.

Autres applications En marbrerie la cire à cacheter servait à mastiquer les marbres filardeux et à rejoindre les éclats qui pouvaient se faire dans la taille des moulures ou autres. Les bouteilles de vins en complément du bouchon étaient cachetées avec un mélange de suif, de cire et de résine additionné d'un colorant (bleu de Prusse, ocre...) afin de protéger les bouteilles et les bouchons de toute agression extérieure. On utilise maintenant la capsule de surbouchage. La cire à cacheter est encore parfois utilisée. Le premier modèle de cyclotron de Lawrence, fait de fils et de cire à cacheter, a coûté probablement 25 USD en tout.

Bibliographie Louis-Sébastien Le Normand, Manuel du chandelier, du cirier et du fabricant de cire à cacheter, Paris, Roret, 1836 Livre numérique Google.

Notes et références

Voir aussi Sceau Sigillographie Cirier Cire Cire d'abeille Cire à cacheter les bouteilles

Catégorie:Cire Catégorie:Lettre Catégorie:Enveloppe Catégorie:Bouteille de vin