Le (en anglais The Union of the Unemployed in Iraq ou UUI). est une organisation de chômeurs fondée en 2003 à Bagdad à la suite de l'occupation de l'Irak par les forces armées occidentales. Son secrétaire général est Qasim HadiPrésentation du comité directeur de l’Union des chômeurs en Irak, 2004., un syndicaliste irakien.
Création et premières actions Créé rapidement après l'entrée des troupes coalisées en Irak, par une vingtaine de chômeurs, le Syndicat des chômeurs en Irak est présidé par Qasim Hadi, ancien ouvrier spécialisé du textile et militant communiste-ouvrier clandestin sous le régime de Saddam HusseinNicolas Dessaux, , No Pasaran, n°36, janvier 2005.. Il tient son nom d'une organisation similaire fondée au Kurdistan d'Irak en 1991, dont d'anciens cadres aidèrent au développement du nouveau syndicat.
La première revendication du syndicat est . À partir du , un sit-in de plus d'un mois est organisé devant le bureau de l'administrateur civil Paul Bremer. Qasim Hadi, et d'autres militants sont arrêtés à deux reprises pour , puis relâchés à la suite d'une campagne internationale de soutien. L'architecte Issam Shukkri, qui est anglophone, est chargé de la négociation avec l'autorité provisoire, à laquelle il soumet les bordereaux des adhésions au syndicat. Le , les troupes américaines tentent une nouvelle dispersion à la baïonnette, sans succès. La grève assise prend fin au bout de 45 jours, le . D'autres arrestations auront lieu lors des manifestations de ce syndicat.
Fin 2003, le Syndicat des chômeurs prend part à la création de la Fédération des comités et syndicats de travailleurs d'Irak, dont le congrès de création se déroule dans le locaux du syndicat à Bagdad. Il se dote également d'un réseau de représentants à l'étranger, actif au Canada, au Danemark, en Grande-Bretagne, en Italie et en Turquie.
Le syndicat revendique rapidement jusqu'à adhérents : . Cependant, la répression entraîne une baisse sensible des effectifs dès l'année 2004, interview par Nicolas Dessaux.. Le syndicat propose de nouvelles revendications, notamment des exonérations de taxes et d'impôts pour les chômeurs. À partir de , il met en place un réseau d'aide médicale gratuite, appuyé par 250 médecins et 16 pharmacies. À Kirkouk, il entreprend la construction d'un centre médical, avec services d'urgences et maternité, aidé par l'ONG canadienne VAST. En , l'organisation internationale du travail, à la suite de la répression que subit le syndicat des chômeurs, demande au gouvernement d'interim d'autoriser ce syndicat et d'accorder le libre choix de syndicats aux irakiens..
Branches locales À Bagdad, le Syndicat des chômeurs occupe les anciens locaux du syndicat officiel dans le quartier de Bab_Al-Sharqi, dans le centre de la capitalePourquoi une Union des chômeurs d'Irak ?, site de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, août 2003.. Il ouvre en outre des sections locales à Kirkuk, Mossul, Nassiriyah, Bassorah, Muqdayah, Ramadi, Hilla, Kut et SamawLa conférence des conseils ouvriers et des syndicats en Irak (WCUI) s'est conclue par un succès à Bagdad, site de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, décembre 2003.. À Bassorah, le local est ouvert en commun avec l’Union des familles sans-toitL’Union des chômeurs en Irak ouvre un local à Bassorah, site de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, 13 juillet 2004..
Répression À Nassiriyah, le , au cours d'une manifestation appelée par le Syndicat des chômeurs, quatre manifestants sont tués par le groupe islamiste Al-initfadah al-sha’baaniah. Le , à Al-Amarah, les troupes irakiennes sous commandement britannique font six morts et onze blessés, dans une autre manifestation.Le , Nabil Nadim, webmestre du Syndicat des chômeurs, meurt dans un accident de voiture provoqué par un affrontement entre l'armée américaine et la résistanceNabil Nadim, webmestre de l’Union des chômeurs, a été tué en Irak, site de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, juillet 2004..
Qasim Hadi, fondateur du syndicat Technicien en machines agricoles, puis ouvrier dans la confection textile, Qasim Hadi a participé à plusieurs grèves durement réprimée par le régime de Saddam HusseinNicolas Dessaux, Résistances irakiennes : contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme, Paris, L'Échappée, coll. Dans la mêlée, 2006, , Entretien avec Qasim Hadi et Akram Muhammad Nadir, pp. 121-129.. En 1991, il adhère à la Ligue pour l'émancipation de la classe ouvrière, une organisation communiste clandestine, issue du Parti communiste irakien. Il organise de nombreuses grèves, notamment celles de l'usine Noura à Kerbala en 1994, une entreprise liée à l'armée ; malgré le caractère illégal de la grève, le ministère de la défense est amené à négocier avec les grévistes et à céder à leurs revendications, du fait du caractère stratégique de la production. Puis, en 1998, il prend part à l'organisation de la grève à l'usine Badr. Il organise également les ouvriers des carrières de gypseLa Fcosi : Une organisation syndicale de base en Irak, SUD éducation, février 2006.. Ses activités lui valent un total de quarante neuf arrestations successives.
Cible du gouvernement d'occupation, Qasim Hadi est arrêté à trois reprises en 2003 pour son activité syndicale, bien qu'une loi ait récemment accordé le droit théorique à la liberté d'association. Le , il est arrêté avec d'autres membres de son syndicat par les forces militaires des États-Unis devant le quartier général de l'Autorité provisoire de la coalition alors qu'ils demandent du travail ou une indemnité de chômage pour les millions de chômeurs : ; le et à nouveau le , il est détenu quelques jours durant par les forces armées américaines. Le syndicat et ses manifestations ont été la cible également d'attaques des partis islamistes, ce qui suggère une collusion entre les forces occupantes et les groupes politico-religieux Syndicat des chômeurs et chômeuses d'Irak. Appel contre la répression, 27 novembre 2003, lire en ligne. .
Durant les six années qui suivent, Qasim Hadi organise manifestation après manifestation si bien que le syndicat des chômeurs devient une épine dans le pied d'abord de l'occupant américain puis des administrations iraquiennes qui lui succèdent David Bacon, Eight Years of Occupation In Iraq, Eight Years of Misery, The Greanville Post, 3 avril 2011 : . Le syndicat s'est constitué un réseau de solidarité en Europe, en Australie et au Canada. Il publie un journal en arabe intitulé Al-Majalis Al-UmmalyiaLitt. « les conseils des travailleurs ». et un autre en anglais dénommé The Voice of Iraqi WorkersLitt. « la voix des travailleurs irakiens »..
En 2011, il estime le nombre de chômeurs en Irak à plus de 10 millions de personnes, soit près des deux tiers de la population active. Il déclare que le niveau de chômage, 8 ans après le début de l'occupation américaine, est toujours très élevé dans son pays, à un niveau qui ne serait pas pensable aux États-Unis.
Notes et références
Liens externes Lettre de protestation du Syndicat des chômeurs en Irak à Paul Bremer, administrateur civil américain à Bagdad,
Catégorie:Syndicat en Irak Catégorie:Chômage Catégorie:Syndicat fondé en 2003