La Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier est une association catholique essentiellement composée de laïcs. Son siège se trouve à Montpellier dans la chapelle Sainte-Foy.

Généralités Les confréries de Pénitents sont des associations catholiques dont les membres, appelés frères ou sœurs, sont essentiellement des laïcsDes prêtres, des clercs ou des religieux peuvent faire partie d'une Confrérie, mais ce type d'association est principalement prévu pour les laïcs..

Les Pénitents ne sont pas un ordre religieux, chaque confrérie est indépendante des autres et est soumise à l'autorité de l'évêque du lieuDans le cas de la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier cette autorité est reconnue dans le règlement intérieur de la Confrérie. Cette dernière est donc soumise aux règles civiles mais aussi aux prescriptions du droit canon et au règlement diocésain. Pour autant, il existe de nombreuses similitudes entre les différentes confréries dont les membres se réunissent régulièrement pour pratiquer la prière et la charité. Certaines confréries sont uniquement masculines, d'autres uniquement féminines, mais la plupart sont mixtes, comme c'est le cas des Pénitents blancs de Montpellier. On retrouve des confréries de Pénitents ou de Miséricorde (Pénitents noirs) en Espagne, dans le sud de la France, à Monaco, en Italie mais aussi dans les Balkans, en Belgique, en Pologne, en Suisse et sur le continent américain.

Montpellier compte deux confréries de Pénitents, les blancs et les bleusIl y eut aussi une confrérie de Pénitents gris à Montpellier, mais on perd sa trace au début du . La Le premier nom connu de la Confrérie fut . C'est à partir du que l'on trouve le titre de est placée sous l'invocation du Saint Esprit, la protection de la Vierge Marie, dédiée spécialement à sainte Foy et consacrée au Sacré CœurCette double référence est mentionnée dès 1602 dans la copie des statuts de la Confrérie datés de 1517.. Sa devise est Spiritus Sanctus ubi vult spirat (L'Esprit Saint souffle où il veut). Sous sa forme actuelle c'est une association loi de 1901, reconnue d'utilité publiqueAssociation déclarée en Préfecture le . Son siège est sa chapelle, située au de la rue Jacques Cœur. De nos jours ses principales missions sontLes missions de la Confrérie sont définies par ses statuts, son règlement intérieur et les différentes missions qui lui sont confiées par les autorités civiles (sur le plan patrimonial) et religieuses : la prière : les Pénitents font dire régulièrement des messesActuellement la chapelle se trouve sur le territoire de la paroisse cathédrale à Montpellier, organisent des Adorations du Saint-Sacrement et des Chemins de Croix dans leur chapelle. Ils prient plusieurs fois par jour, où qu'ils soient, selon un manuel de prière spécifique ; l'entretien et la restauration de la chapelle Sainte-Foy, propriété de l'association ; l'entretien et la restauration des publiques de Montpellier dont la confrérie est soit propriétaire, soit locataire pour Les baux ont été conclus soit avec la Mairie de Montpellier, soit avec des propriétaires privés. ; l'accompagnement au cimetière des membres de la Confrérie et de ceux qui lui en font la demande ; l'aide à différentes organisations caritatives.

La Confrérie compte Chiffre au mois de juillet 2013 tiré du catalogue de la Confrérie., hommes et femmes, de . Tous ses officiersCe titre désigne un pénitent qui a une fonction particulière et pérenne, un office, dans la Confrérie. Les offices sont définis par le règlement intérieur et les statuts. sont élus pour un an renouvelable. Elle est dirigée par le premier d'entre eux, le prieurou en cas d'absence par un sous-prieur, le plus souvent laïc, et par un Conseil de direction de douze membres. Comme dans toute association, certaines fonctions, appelées dans ce cas offices, sont confiées à des membres élus, les officiers. Citons entre autres le trésorier, le maître des Cérémonies, le secrétaire, le ponctuateur (maître de chœur), l'archiviste et les syndics chargés de missions particulières.

Une association regroupe, sur la base du volontariat, toutes les confréries de Pénitents de France et de Monaco, il s'agit de la Maintenance des Pénitents de France. Une nouvelles structure fédère les Pénitents au niveau international, c'est le Forum Omnium Gentium Confraternitatum.

La chapelle des Pénitents blancs de Montpellier thumb|Façade de la chapelle au rue Jacques Cœur, à Montpellier La chapelle Sainte-Foy est le siège de la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier depuis 1518. Citée pour la première fois en 1228, elle fut construite un peu avant, vraisemblablement au . Mais nous ne connaissons pratiquement rien de l'aspect de la chapelle à cette époque car elle fut détruite lors des guerres de Religion.

Rendue à la Confrérie après le siège de la ville par en 1622, la chapelle Sainte-Foy fut reconstruite entre 1623 et 1626. Elle présente notamment un important plafond à caisson du . Les murs furent couverts de lambris en bois doré dus à l'architecte Augustin-Charles d'Aviler entre 1697 et 1706. Dans sa partie haute, des dessus de portes figurant des angelots alternent avec des médaillons, le tout peint par Antoine Ranc et son atelier à la fin du . La partie basse de ces lambris est garnie de peintures réalisées au début du pour remplacer celles disparues durant la Révolution française. Le tambour de style rocaille et le portail d'entrée furent posés en 1747. Il présente des sculptures d'une grande finesse.

La chapelle des Pénitents blancs de Montpellier fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du . thumb|Intérieur de la chapelle

Histoire de la Confrérie Ce type de confrérie, ou sodalité, est né au Moyen Âge de la volonté de laïcs de se rapprocher de la régularité de prière communautaire des moines tout en continuant à mener une vie de famille et une activité professionnelle. Elles furent reconnues par les autorités religieuses et notamment les Papes Honorius III promulgua le Memoriale Propositi en 1221, donnant une règle commune aux confréries de pénitence, C'est saint Bonaventure, très proche de qui donnera ces premiers statuts à la Confrérie des Pénitents du Gonfalon de Rome en 1267. Légat du Pape lors du concile de Lyon, il aurait aussi fondé en 1274 la Confrérie des Pénitents de cette ville. et Il placera les confréries de pénitents, de droit diocésain, sous l'autorité de l'ordre franciscain afin de favoriser le Tiers Ordre franciscain. Les confréries reviendront par la suite sous l'autorité épiscopale..

Selon une ancienne tradition orale, les Pénitents blancs de Montpellier auraient été fondés au Aux vues de la pauvreté des sources anciennes, il est très difficile de différencier un Tiers-ordre franciscain d'une éventuelle confrérie de Pénitents voilée. à la suite d'un voyage, hypothétique, de saint François d'Assise. Mais les archives médiévales de la confrérie ayant été détruitesLes archives anciennes de la Confréries disparurent lors de la destruction de sa seconde chapelle, située place de la Canourgues, en 1621. Seul le cahier de 1602 en cours de rédaction y échappa. durant les Guerres de religionLa dévote et respectable Confrérie des Pénitents blancs depuis sa fondation jusqu'en 1793, Chn F. Saurel , son existence n'est avérée qu'à partir de 1517Le plus ancien registre des délibérations qui nous soit parvenu reprend en préambule intégralement les statuts de 1517 qui existaient encore à l'époque. où elle prend sa forme actuelle et s'installe dans la chapelle Sainte-Foy avant 1568.

En 1568, la confrérie vit sa chapelle détruite et fut chassée de la ville. Elle n'en continua pas moins, parfois dans la clandestinité, ses exercices pieux. La Confrérie trouva alors refuge dans la grotte de la vestiairie, place de la Canourgues, avant de rebâtir la chapelle de la Sainte-Croix située au-dessus en 1609. Mais cette dernière fut à son tour détruite en 1621Cette chapelle ne fut jamais reconstruite et les Pénitents firent édifier une croix à cet emplacement et les Pénitents interdits. Revenue à partir de 1623 dans les ruines de son ancienne chapelle-Sainte FoyQu'elle avait dû quitter en 1568, la Confrérie connaîtra un important développement se chargeant des obsèques de ses membres et des pauvres de la ville, de l'assistance aux malades par des visites fréquentes, ainsi que de l'accompagnement des condamnés à mort au . C'est aussi à cette époque, en 1758, que des femmes furent inscrites en grand nombre sur les registres de la Confrérie. En fait le terme de sœur employé dans les livres comptables dès 1627 laisse à penser que la Confrérie était mixte depuis l'origineSi l'on se réfère à des exemples comparables mieux documentés, la Confrérie étaient déjà vraisemblablement mixte avant les Guerres de religion., mais que les mentalités de l'époqueÀ la fin du des Protestants demandèrent l'interdiction de la Confrérie car des hommes et des femmes pouvaient s'y côtoyer. Par la suite, le rigorisme des jansénistes, très présents à Montpellier, rendirent difficile l'inscription de femmes. rendaient difficile leur admission officielleAprès la Révolution, les femmes seront inscrites dans une Confrérie propre, les Pénitents blanches. Depuis le milieu du , les deux Confréries sont réunies..

Toujours au , la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier fut prise comme modèle par nombre de confréries voisines qui s'y affilièrent. Cet ensemble compta plus de affiliéesIl s'agissait de lien d'entraide et d'amitié sans règlement impératif contrairement à un ordre religieux.. En 1789, afin de poursuivre son activité funéraire, la Confrérie acheta aux religieux de Notre-Dame-de-la-Merci leur chapelle Sainte-Eulalie dotée de nombreux caveaux. Distribuant de la nourriture ou des aides en argent, la confrérie affirma son rôle social. En dépit de la présence constante de nombreux petits employés, commis ou apprentis, certaines catégories étaient sur représentées dans la Confrérie, notamment les magistrats de la Cour des Comptes Aides et Finances, les médecins et à partir de 1770, les officiers des régiments en poste dans la ville. Cette forte présence des élites était indispensable à l'équilibre économique de la Confrérie qui fonctionnait comme une mutuelle. Mais au milieu du , cela aboutit à une dérive mondaine, voire affairiste de la Confrérie qui grandit jusqu'à la démesure. Ainsi certains prieurs furent-ils choisis pour le prestige qu'ils apportaient à la ConfrérieCertains ne sont même jamais venu à Montpellier et ne font qu'accepter la nomination. D'autres en revanche, bien qu'éloignés géographiquement, se tiennent régulièrement informés par courrier., la direction effective revenant alors au sous prieur. Profondément diviséeLes partisans des idées nouvelles occupèrent tous les postes de direction à partir de 1791, mais cela n’empêcha pas la disparition de la Confrérie dès 1792. Ce sont les conservateurs qui prirent alors le relais dans la clandestinité (cf. G. Teissier, La Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier 1697-1880, , et liste des membres de la Société des amis réunis, archives de la Confrérie) sur les et surtout par la question de la Constitution civile du clergé au début de la Révolution française, la confrérie fut dissoute 1792 et sa chapelle vendue comme bien national en 1793Vente par adjudication à Étienne Cairoche, le (Archives du département de l’Hérault). Nombre de Pénitents de Montpellier, blancs et bleus, furent exécutés sous la Terreur.