Aaron Swartz, né le à Highland Park, près de Chicago, et mort le à New York, « Aaron Swartz, un des créateurs du , s'est suicidé », La Presse, ., est un informaticien, écrivain, militant politique et hacktiviste américain.

Fervent partisan de la liberté numérique, il consacre sa vie à la défense de la , convaincu que l'accès à la connaissance est un moyen d'émancipation et de justice.

Aaron Swartz a une influence décisive dans l'essor d'Internet. Il participe au développement de plusieurs techniques, notamment le format flux . ou encore celle des licences . (CC). Sa contribution ne s'arrête pas au plan technique, il est aussi connu pour ses efforts de démocratisation de l’information sur le web en manifestant contre des projets de loi tels que la (SOPA).

Écrivain prolifique sous différentes formes (blogs, pamphlets politiques, textes de conférences), l'ouvrage Celui qui pourrait changer le monde (paru en français en 2017) rassemble ses principaux textes qui reflètent son engagement intellectuel sur des enjeux sociaux dont le droit d'auteur, la liberté d'accès des connaissances et des savoirs dont les publications scientifiques ou la transparence en politique.

Il étend ses réflexions dans le domaine de la sociologie, l'éducation civique et politique...

Il se suicide le à l'âge de dans son appartement. Son procès fédéral en lien avec des accusations de fraude électronique devait débuter le mois suivant.

Biographie thumb|gauche|Aaron Swartz en 2002 aux côtés de Lawrence Lessig à l'occasion du lancement de .

Famille Aaron Swartz naît le à Chicago dans une famille juive. Il est l’aîné de trois frères et grandit à , Illinois, dans la banlieue de Chicago. Sa mère Susan est femme au foyer et son père Robert Swartz, est le fondateur d'une entreprise éditant des logiciels informatiques, la Mark Williams Company.

Son grand-père, William Swartz, présidait une entreprise d’enseignes et s'était engagé dans le Mouvement Pugwash qui remporta le prix Nobel de la Paix en 1995 pour son action en faveur du désarmement...

Sa famille pratiquante fréquente une communauté du courant du judaïsme réformé puis le mouvement Habad-Loubavitch. N'étant ni croyant ni pratiquant, Aaron Swartz ne fréquente que brièvement les cours religieux..

Enfant précoce, Aaron Swartz entre dans une école pour enfants surdoués dès son plus jeune âge, mais connaît une scolarité difficile. Son père, Robert Swartz le décrit ..

Concernant son éducation, Robert Swartz raconte : , […] .

Informaticien et entrepreneur précoce Très tôt, Swartz s'intéresse à l'informatique, à Internet avec une sensibilité aux projets et collaboratifs.

Il multiplie de nombreux projets en tant que programmeur informatique :

À , il crée , une encyclopédie éditée par les internautes, qui repose sur un principe de collaboration ouvert aux internautes comme Wikipédia.

À , il reçoit l’, qui récompense les jeunes gens ayant créé des sites non commerciaux « utiles, éducatifs et collaboratifs » « », sur l’.. Le titre lui donne droit à un voyage au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où il rencontre des personnalités importantes du web. Cette même année, sa rencontre avec le juriste et théoricien du droit de l'Internet Lawrence Lessig, lors d'une conférence TED, est le point de départ d'une longue collaboration.

À , il participe à l'élaboration de la du format , une technologie permettant de recevoir en direct les mises à jour de sites web.

À , il contribue au développement informatique de la licence ., alternative aux licences du droit d'auteur standard. Dans cette perspective de l'accès libre du droit d'auteur, Aaron Swartz était particulièrement admiratif de Tim Berners-Lee, l'un des principaux créateurs du , du fait de son initiative de laisser sa création libre et gratuite pour qu'elle puisse profiter à un large public..

Malgré son jeune âge et bien qu'il n'ait pas les diplômes requis, Lawrence Lessig le nomme chercheur dans le centre de recherche le « Safra Center for Ethics ». axé sur la corruption institutionnelle de l'université Harvard... Au début de leur relation, le juriste était comme un professeur pour Aaron, . Lawrence Lessig le présente de la manière suivante. : « Aaron a appris plus de choses que la plupart d'entre nous n'en apprendront jamais et il a élaboré plus de choses que la plupart d'entre nous n'en élaboreront jamais. […] Peu d'entre nous auront jamais une influence, ne serait-ce que vaguement comparable, à celle qu'a eue ce garçon ». Il le décrit également comme une personnalité désintéressée dans son engagement militant..

À l'âge de , il quitte pour entrer à l'université Stanford. Il obtient un poste au sein de l'incubateur d'entreprises Y Combinator dirigé par Paul Graham, documentaire de Brian Knappenberger sorti en 2014, http://www.takepart.com/internets-own-boy où il crée sa start-up Infogami, un système de gestion de contenu pour créer des sites web..

En 2005, Infogami fusionne avec Reddit, cofondé par Alexis Ohanian et Steve Huffman. Les deux sociétés étant en difficulté, la fusion a pour objectif de créer une nouvelle société pour soutenir le développement des deux produits : Not a Bug.. Il devient alors copropriétaire et membre de l’équipe de Reddit. Ohanian et Huffman le nomment cofondateur de Reddit.. Par la suite ces deux derniers refuseront de reconnaître Swartz comme un cofondateur, affirmant qu’ils avaient commencé à travailler sur Reddit six mois avant la fusion avec Infogami.. Swartz développe au sein de Reddit un framework Python qu'il nomme « web.py »... Lorsque Reddit est acheté par Condé Nast, une incompatibilité de principes ou de visions le force à vendre ses parts et à quitter son poste « », Blogoscoped, ..

En 2007, il crée le site Jottit « », News Ycombinator., un site permettant de créer une page Web le plus simplement possible (entrer un titre, un texte, et cliquer sur publier) , court interview vidéo.. Il devient par la suite membre du W3C et du et élabore, avec John Gruber, le langage de balisage léger Markdown, pour générer du HTML.

En 2008., il travaille avec Virgil Griffith sur , un proxy HTTP pour des services cachés Tor.

Il a participé à la création de l', à la suite de la demande de Brewster Kahle, fondateur de l'..

Activités militantes Contributeur Wikipédia Aaron Swartz est un wikipédien actifSon compte totalisait à la date de son décès, selon (it) NonnaWiki, « Wikipédia expliqué à ma grand-mère » : dès 2003. et crée d’ailleurs avant l'heure , sorte de « Wikipédia » n'ayant pas attiré de public (Swartz, 2017, ). En 2006, il se présente à l'élection du conseil d'administration de la et publie sur son blog un texte intitulé Qui écrit Wikipédia ?., dont la conclusion résume en quelque sorte sa profession de foi. Réfutant rigoureusement l'analyse de Jimmy Wales selon laquelle l'essentiel de l'encyclopédie est écrit par une minorité d'experts très productifs, les « », tandis que la majorité des autres intervenants n'effectuent que des modifications mineures et ponctuelles, Aaron Swartz plaide pour un élargissement de la base de ces « » minoritaires. Encourager et faciliter le travail des contributeurs ponctuels devrait même, selon lui, constituer un objectif pour les « », afin de garantir que l'encyclopédie en ligne reste à la fois experte, de qualité, et le fruit d'un travail collectif.

Durant son jeune âge, il expérimente ce principe de liberté d’accès des contenus encyclopédiques en utilisant les collections numériques de la (bibliothèque du Congrès américain). Utilisant une partie de ses économies pour acquérir les droits des collections numériques, il organise la publication sur le Web des archives des millions de documents sur l’histoire et la culture américaine pour les rendre disponibles en ligne, gratuitement..

La photo de Aaron Swartz fut reproduite en première page du Boston Globe à titre de wikipédien type (Swartz, 2017, ).

Watchdog.net En 2008, Aaron Swartz crée Watchdog.net une organisation visant à renforcer la transparence gouvernementale en diffusant plus largement les données officielles (Swartz, 2017, ).

Le libre accès aux publications scientifiques En 2008, il écrit et publie sur son blog le , plaidoyer en faveur du libre accès (traduction en français). Aaron Swartz, était convaincu que l'accès à la connaissance constitue le meilleur outil d'émancipation et de justice. Par conséquent, il était favorable au libre accès aux publications scientifiques, dans un contexte où les grands éditeurs de revues comme Elsevier dominent l’économie de la publication scientifique, en restreignant ainsi l’accès aux études et résultats d'expérimentations...

PACER En 2008, Aaron Swartz télécharge de documents du Système judiciaire fédéral américain, tous hébergés au sein du PACER (), une base de données administrée par l’..

Le relate que ..

Il est alors nécessaire de débourser pour accéder à une page hébergée sur le système PACER. Carl Malamud, le fondateur de l’organisation à but non lucratif Public.Ressources.Org, dénonce la monétisation du service en rappelant que les documents fédéraux ne sont pas couverts par le copyright...

Les frais sont , rapporte le .

Carl Malamud a lancé un appel aux activistes, leur demandant de se rendre dans l’une des ayant contracté un essai gratuit avec le système PACER afin de télécharger des documents produits par la cour et de les mettre en ligne publiquement.

Après avoir lu l’appel de Malamud, Aaron Swartz a utilisé un programme informatique écrit en Perl et fonctionnant sur des serveurs cloud d’Amazon pour télécharger les documents, en utilisant des identifiants appartenant à la bibliothèque de Sacramento. Du 4 au , il a eu accès aux documents et il les a téléchargés sur un service de . Il a ensuite divulgué les documents à l’organisation de Malamud.

Le , le a suspendu l'essai gratuit, « dans l'attente d'une évaluation » du programme. Les actions d'Aaron Swartz ont ensuite été examinées par le FBI. L'affaire a été classée après deux mois sans qu'aucune charge ait été retenue. Aaron Swartz a appris les détails de l'enquête après avoir déposé une demande dans le cadre du auprès du FBI et a décrit leur réponse comme . Les clients utilisant Firefox ont la possibilité d'enregistrer les documents pour un accès public gratuit avec un appelé RECAP..

En 2013, à la mémoire d'Aaron Swartz, Malamud a rappelé leur travail avec PACER. Ils ont réussi à faire franchir le à des millions de disques de tribunaux de district américains, a-t-il déclaré, et les ont trouvés pleins d'atteintes à la vie privée, divulguant notamment des dossiers médicaux et les noms d'enfants mineurs et d'informateurs confidentiels.

Malamud a rédigé un compte-rendu plus détaillé de sa collaboration avec Aaron Swartz sur le projet Pacer dans un essai publié sur son site Web..

Dans Ars Technica, Timothy Lee., qui utilisa plus tard les documents obtenus par Aaron Swartz en tant que co-créateur de RECAP, donna un aperçu des divergences dans le rapport sur le volume de données qu'il avait téléchargé. Selon le , Aaron Swartz avait déjà téléchargé environ 25 % des documents stockés dans le PACER quelques jours avant que l'analyse externe ne soit fermée, ce qui aurait permis de télécharger . Sur la base des faits selon lesquels Aaron Swartz a téléchargé de documents alors que PACER en contenait , Timothy Lee a conclu que Swartz avait téléchargé moins de 1 % de la base de données. Mouvement