La fosse 7 - 7 bis de la Compagnie des mines de l'Escarpelle est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Courcelles-lès-Lens. La fosse, dite 1, commencée en n'a commencé à produire qu'en 1877, non pas à cause de venues d'eau, mais à cause de divisions entre les personnes et d'actions juridiques. La Société du Midi de l'Escarpelle ouvre la fosse, mais M. Lebreton et son conseil d'administration se fâchent, le premier nomme un nouveau conseil d'administration, l'ancien porte l'affaire devant les tribunaux et obtient raison. M. Lebreton fonde donc la Société du Couchant d'Aniche en 1863, et entreprend une fosse 2 quelques centaines de mètres plus au sud en 1866, qu'il abandonne en 1867 quand la Société du Midi de l'Escarpelle fait faillite, et que la fosse 1 est jugée mieux avancée. Des assemblées générales ont lieu en 1868 contre M. Lebreton, qui s'avère être un mauvais gestionnaire. La société est mise en faillite. En 1869, les actionnaires de la Société du Couchant d'Aniche fondent la Société de Courcelles-lez-Lens. Les travaux de la fosse 1 progressent enfin. En 1875, Abel Lebreton intente un procès contre la société, il souhaite conserver ses avantages d'administrateur. La Cour de Douai, sur appel de la Société, rend le un arrêt qui confirme la révocation du sieur Lebreton, et annule, comme résultant d'un apport purement fictif, sa prétention à 7 % des bénéfices. Le , un décret accorde à la Société de Courcelles-lez-Lens une concession de 440 hectares, c'est également en 1877 que la fosse commence à produire, seize ans après le début du fonçage.
Mais la Société fait elle aussi faillite, et la fosse est rachetée en 1880 par la Compagnie des mines de l'Escarpelle qui en fait sa fosse 7. Elle la raccorde à son réseau ferroviaire, et commence en 1902 le puits 7 bis qui entre en fonction à partir de 1906. En parallèle, de vastes cités sont construites, et les terrils 128 et 145 s'élèvent. La fosse est reconstruite à la suite de la Première Guerre mondiale, et continue l'extraction. Après la Nationalisation, elle est en 1948 concentrée sur la fosse 8, et assure l'aérage jusque 1966, date à laquelle les puits sont remblayés. Les installations de surface sont alors détruites, bien que quelques bâtiments subsistent encore au . Les deux terrils coniques ont été intégralement exploités, et une zone industrielle y a pris place. Les cités ont été rénovées.
La fosse
Société du Midi de l'Escarpelle
Au début de l'année 1857, M. Dellisse-Engrand fonde une société de recherche et établit un sondage 282 à Courcelles-lès-Lens, à l'intersection de la route 43 de Béthune à Douai, avec le chemin qui conduit d'Esquerchin à Courcelles. M. Lebreton-Dulier a exécuté ce sondage en tant qu'entrepreneur. Il maintient que si le sondage n'a pas atteint la houille, c'est parce qu'il a été arrêté avant d'atteindre le terrain houiller. Il s’établit à la fin de l'année 1858 à Courcelles-lès-Lens, dans le but d'établir de nouveaux sondages.
Le , il crée une Société dite Société du Midi de l'Escarpelle. Celle-ci est établie à l'est de la concession de la Compagnie des mines de Dourges, au sud de celle de la Compagnie des mines de l'Escarpelle, et à l'ouest de celle de la Compagnie des mines d'Aniche. M. Lebreton fait effectuer des sondages près des limites des concessions déjà établies, les résultats qu'il annonce sont très positifs par rapport à ce qu'annonce l'administration des mines.
Le , la Société de recherches a épuisé son capital, elle se transforme en Compagnie d'exploitation du Midi de l'Escarpelle. Un sondage est approfondi, tandis que deux autres sont effectués, mais les résultats sont négatifs, car les travaux n'ont pas été poursuivis à une profondeur suffisante. Malgré cela, une fosse dite 1 est commencée. Son inauguration a eu lieu le , avec beaucoup de pompe. Son approfondissement est arrêté à de profondeur.
thumb|left|Les coupes imaginaires curieuses du Sieur Lebreton. Voici les instructions que le sieur Abel Lebreton a donné à un chef-ouvrier pour l'organisation de la fête d'inauguration de la fosse de Courcelles :
La lettre qui précède montre les moyens que met en œuvre le sieur Lebreton pour faire miroiter aux yeux du public et des actionnaires l'importance de ses découvertes. À cette époque, il s'occupe non seulement des recherches du Midi de l'Escarpelle, mais encore des recherches à l'extrémité du bassin, vers Fléchinelle. Pour rendre saisissables aux actionnaires qu'il recherche pour ses diverses Sociétés les espérances qu'il fonde sur ses explorations, il publie des coupes imaginaires de la formation houillère fort curieuses, dont le fac-similé est reproduit ci-contre.
Ces coupes ont pour but de faire voir que la rencontre par les sondages des terrains négatifs, antérieurs au dépôt de la formation carbonifère, ne sont nullement un indice de l'absence de cette dernière formation ; que poursuivis à une plus grande profondeur, ces sondages atteindraient le terrain houiller et la houille. Aux actionnaires que découragent les insuccès des recherches entreprises, on montre ces coupes fort ingénieusement appropriées à la démonstration qu'on a en vue, et des hommes sérieux et très positifs, mais privés des connaissances les plus élémentaires de la géologie, n'hésitent pas à accepter aveuglément ces images frappantes pour les yeux, et cela d'autant plus facilement, que certains faits récents semblaient leur donner une apparence de raison.
Mais dès le milieu de l'année 1861, la division se met entre le sieur Lebreton et le conseil d'administration. Deux assemblées ont lieu en septembre et octobre ; on s'y dispute beaucoup, et la dernière révoque Lebreton de ses fonctions de directeur et d'administrateur. Celui-ci, à son tour, fait nommer un nouveau conseil d'administration. Un jugement du tribunal de Douai du , confirmé par un arrêt de la Cour du suivant, met fin à ces débats par le maintien de la révocation du sieur Lebreton.
Société du Couchant d'Aniche
Par acte sous seing privé du , M. Lebreton fonde une nouvelle Société, sous le nom de Compagnie du Couchant de la concession d'Aniche, pour effectuer des recherches, en concurrence avec la Société du Midi de l'Escarpelle, dans les mêmes terrains que celle-ci. Le siège de cette Société est à Paris. Le sieur Lebreton fait apport de ses études, de la priorité de ses travaux et des droits qui en résultent.
Lors de la liquidation en 1867 de la Société du Midi de l'Escarpelle, le sieur Lebreton a acquis pour tous les droits, meubles et immeubles de cette dernière Société. Après cette acquisition, le sieur Lebreton abandonne à de profondeur la fosse 2 qu'il a commencée en 1866, pour reprendre la fosse 1 du Midi de l'Escarpelle qui est un peu plus avancée et plus rapprochée du sondage 1.
Plusieurs assemblées générales ont été tenues en 1868, on y décide des poursuites contre le sieur Lebreton, afin de l'amener à justifier des sommes reçues et des dépenses. Un expert commis par la justice, reconnait dans les comptes des erreurs nombreuses. Toutefois, il déclare que si ces erreurs peuvent donner lieu à une action civile, elles ne constituent pas un délit. Mais les Tribunaux de la Seine n'apprécient pas les choses comme l'a fait l'expert. Un jugement du , confirmé par un arrêt de la Cour en date du suivant, condamne Lebreton à la prison et à des dommages et intérêts. Au cours de l'instruction correctionnelle dirigée contre lui, Lebreton a introduit une instance civile pour revendiquer la fosse 1, achetée du liquidateur de la Société du Midi de l'Escarpelle, il se prévaut de ce que cet achat a été déclaré en son nom personnel, sans mention de sa qualité de Directeur de la Société du Couchant d'Aniche. Cette prétention a été détruite par un jugement du Tribunal de première instance de la Seine, du , qui décide que l'acquisition dont il s'agit a été réellement faite pour le compte et avec les fonds de la Société du Couchant d'Aniche.
Il résulte de l'arrêt correctionnel précité et du jugement du , que cet état de dépenses est indûment majoré de , dont d'une part, pour frais de voyages et commissions, et d'autre part, pour majoration illicite du prix d'achat des biens du Midi de l'Escarpelle.
Société de Courcelles-lez-Lens
Les procès avec le sieur Lebreton et la suspension des travaux ont placé la Société du Couchant d'Aniche dans une situation critique. Pour sauver les épaves de l'entreprise, les actionnaires ont tenu plusieurs assemblées générales, et dans celle du , ils ont modifié leurs statuts originaires et changé le nom de la Société qui a pris la dénomination de Compagnie de Courcelles-lez-Lens. Ces modifications ont été réalisées par acte notarié du . Dans cet acte, tous les avantages que s'était réservés le sieur Lebreton dans le contrat constitutif du , ont été supprimés.
La Compagnie de Courcelles-lez-Lens poursuit ses travaux, et elle se pense parfaitement en règle vis-à-vis du sieur Lebreton, lorsque celui-ci lui intente, en 1875, une action en demande de nullité de l'acte du , et de rétablissement des avantages stipulés en sa faveur dans l'acte primitif de la Société du Couchant d'Aniche, notamment des droits à 7 % dans les bénéfices. Un jugement du tribunal de Béthune en date du , confirmé par un arrêt de la Cour d'appel de Douai du , déclare que c'était à tort et en excédant ses pouvoirs, que l'assemblée générale du a apporté des modifications aux statuts et changé la dénomination de la Société, et annule l'acte modificatif du .
La Société reprend la dénomination de Société du Couchant d'Aniche, et continue ses opérations sous le régime des statuts primitifs. Mais en même temps elle poursuit devant les tribunaux la révocation du sieur Lebreton de ses fonctions de directeur et d'administrateur, un second jugement rendu par le tribunal de Béthune le donne gain de cause à la Société sur une partie de ses demandes. Ce jugement retire au sieur Lebreton ses fonctions de directeur des travaux et d'administrateur, mais il maintient ce dernier dans les droits à 7 % des bénéfices que lui ont conférés les statuts du . Sur appel de la Société, la Cour de Douai rend, le , un arrêt qui confirme la révocation du sieur Lebreton, et, de plus, annule, comme résultant d'un apport purement fictif, sa prétention à 7 % des bénéfices.
À la suite de ces derniers jugements et arrêts, la Société se retrouve replacée sous le régime des statuts primitifs du , mais avec cette différence que tous les droits quelconques du sieur Lebreton en sont supprimés. Ces statuts sont coordonnés en conséquence dans une assemblée générale tenue le , et ils régissent la Société, elle a été constituée sous le nom de Compagnie Houillère du couchant de la concession d'Aniche. Le décret de concession du ayant donné à la concession le nom de « Concession de Courcelles-lez-Lens », la Compagnie prend la dénomination de « Compagnie des Mines de Courcelles-lez-Lens. » Le siège de la Société est à Paris. Par suite de la souscription des 500 premières actions, la Société a été définitivement constituée. La concession porte sur .