Le diocèse de Ratisbonne (en , en ) est un diocèse catholique d'Allemagne, situé en Basse-Bavière. Il a son siège à la cathédrale Saint-Pierre de Ratisbonne, et est suffragant de l'archidiocèse de Munich et Freising. En 2022, il comptait baptisés pour habitants. Depuis le 6 décembre 2012, il est tenu par Rudolf Voderholzer.
Territoire Le diocèse comprend la partie orientale de la Bavière, en Allemagne méridionale.
Son siège épiscopal est la ville de Ratisbonne, où se trouve la cathédrale Saint-Pierre. Le diocèse possède cinq basiliques: la basilique Saint-Emmeran et la basilique Notre-Dame-de-la-Vieille-Chapelle de Ratisbonne, la basilique de l'Assomption-et-Saint-Jean-l'Évangéliste de Waldsassen, la basilique Saint-Jacques de Straubing et la basilique Saint-Martin d'Amberg.
Le territoire s'étend sur et est subdivisé en 631 paroisses, regroupées en huit régions, elles-mêmes subdivisées en trente-trois doyennés.
Histoire
Moyen Âge Ratisbonne fut au cœur de l'évangélisation de la Bavière grâce à l'œuvre d'évêques itinérants : saint Emmeran († 652)Emmeran de Ratisbonne, évêque et martyr, est le saint patron du diocèse., saint Rupert (vers 697), saint Erhard (vers 700-720) et le bienheureux Albert (vers 720). En 739, saint Boniface divise la Bavière en quatre diocèses : Ratisbonne, Freising, Passau et Salzbourg. En 798, le diocèse de Salzbourg est élevé au rang d'archidiocèse et Ratisbonne en devient suffragant.
Au , une action évangélisatrice à partir de Ratisbonne se développe vers l'est, où vivent des peuples slaves, aire immense comprenant la Bohême, la Moravie et une partie de la Pannonie. Le premier succès de cette évangélisation est le baptême de quatorze princes de Bohême en 847 grâce à l'évêque Baturich (817-847).
En , saint Méthode est élu archevêque de Moravie et de Pannonie. Le diocèse de Nitra est érigé comme premier siège territorial du projet missionnaire de Méthode. En 973, c'est le diocèse de Prague qui comprend à l'origine la Bohême, la Silésie avec Cracovie, la Lusace, la Moravie, la Pannonie occidentale jusqu'au fleuve Váh et au Danube et la Basse-Autriche entre les fleuves Thaya et Kamp.
L'année 975 voit naître le chœur de la cathédrale de Ratisbonne, les Regensburger Domspatzen, qui accompagne l'histoire du diocèse de manière ininterrompue jusqu'à nos jours.
Les et s voient la fondation de nombreux monastères qui adoptent pour la plupart la règle bénédictine. De nouvelles fondations de monastères se succèdent aussi dans les siècles suivants, comme ceux des Carmes, des Dominicains et des Franciscains. Au , le diocèse devient la principauté épiscopale de Ratisbonne du Saint-Empire romain germanique.
Temps Modernes Dans les trente premières années du , l'évêque Johann III von der Pfalz (1507-1538) s'oppose efficacement à la Réforme protestante, mais son successeur Pankraz von Sinzenhofen (1538-1548) laisse se développer ces nouvelles doctrines à tel point que la cathédrale est détruite par les protestants. La situation change en faveur des catholiques dans la seconde moitié du , d'un point de vue politique et d'un point de vue spirituel, notamment par l'action des Jésuites qui fondèrent à Ratisbonne un collège en 1589. Des paroisses font retour au catholicisme en 1614.
La guerre de Trente Ans causa d'immenses pertes humaines et des ravages dans la ville et dans le diocèse. Le grand séminaire diocésain est institué en 1653.
Albert-Sigismond en 1668 inaugure la série des princes-évêques issus de la maison de Bavière, qui se succèdent à la cathédrale de Ratisbonne pendant .
Époque Contemporaine L'épiscopat de Charles-Théodore de Dalberg (1802-1817) marqua la fin de l'Ancien Régime à Ratisbonne et plus largement en Allemagne. Après les victoires françaises en Allemagne, le concordat de 1801 supprima l'archidiocèse de Mayence-Rive gauche, mais laissait subsister la partie Mayence-Rive droite. Bonaparte voulut que « les titres d’Électeur et d’archichancelier, qui étaient liés au siège épiscopal de Mayence, celui de métropolite de la province ecclésiastique de Mayence, et le nouveau titre de primat d'Allemagne, conquis par Dalberg, [soient] transférés à Ratisbonne. Le choix de Ratisbonne, siège du Reichstag, et de Wetzlar, siège de la cour suprême, avait une signification politique. Dalberg fut mis en possession, le décembre 1802, du siège de Ratisbonne. Le pape refusa d’entériner toutes ces innovations et, par un bref du 29 janvier 1803, lui défendit d’exercer les fonctions d'évêque de Ratisbonne et de primat d’Allemagne. Cependant, à la mort de l'évêque de Ratisbonne en avril 1803, Pie VII confia à Dalberg l'administration du diocèse »A. Franzen, « Dalberg (Karl-Theodor von) », DHGE, XIV, Paris, 1960, col. 21.. Finalement Pie VII se résolut à transférer le siège de Mayence-Rive droite à Ratisbonne érigée en métropole sur tous les diocèses d’Allemagne (sauf la Prusse et l’Autriche) : « mais il ne lui reconn[ut] pas le titre de primat et lui accord[a] une simple ''prééminence'' » (bulle In universalis Ecclesiæ, )Fliche–Martin, Histoire de l’Église, XX, .. La principauté cesse d'exister en 1810, annexée par le royaume de Bavière, allié de Napoléon. Lors des négociations internationales du Congrès de Vienne (1814-1815), Dalberg tenta de créer « une Église nationale allemande, dépendante d’un primat »G. Goyau, « Allemagne. L’Église d’Allemagne au », DHGE, II, Paris, 1914, col. 571-572., mais échoua; quand il mourut (), Ratisbonne fut rétrogradée au rang de simple diocèse suffragant de l'archidiocèse de Munich et Freising, selon le concordat de 1817-1818 (bulle Dei ac Domini Nostri, )Jean-Philippe Goudot, Primats, I, Origines et géographie, Paris, L'Harmattan, 2024, .. Au , Ratisbonne est l'un des foyers du mouvement cécilien de renouveau de la musique sacrée.
Les candidats au sacerdoce suivent leur formation au grand séminaire de Ratisbonne.
Le diocèse a reçu la visite du pape Benoît XVI en .
Liste des princes-évêques et évêques de Ratisbonne
Statistiques Nombre d'habitants en 1970: , en 2008: , en 2017: 1 734 33 Nombre de baptisés en 1970: (85,6%), en 2008: , en 2017: (67,8%) Nombre de paroisses en 1970: 773, en 2008: 631, en 2017: 631 Nombre de doyennés en 2008: 33 Nombre de prêtres diocésains en 1970: , en 2008: 812, en 2017: 742 Nombre de prêtres religieux en 1970: 250, en 2008: 209, en 2017: 212 Nombre de diacres permanents en 2008: 104, en 2017: 106 Nombre de religieux en 1970: 541, en 2008: 367, en 2017: 417 Nombre de religieuses en 1970: , en 2008: , en 2017: 1 230Annuaire pontifical On constate un effondrement des vocations féminines et une chute de la proportion du nombre de baptisés catholiques.
Notes et références
Annexes Articles connexes Église catholique en Allemagne Ratisbonne
Liens externes
Ratisbonne Catégorie:Religion à Ratisbonne Catégorie:Religion en Bavière Catégorie:Province ecclésiastique de Munich et Freising Catégorie:Diocèse du haut Moyen Âge