Le diocèse de Magdebourg (en ) est un diocèse de l'Église catholique en Allemagne, dont les frontières coïncident à peu près avec celles du Land de Saxe-Anhalt. Il a son siège à la cathédrale Saint-Sébastien de Magdebourg, et est suffragant de l'archidiocèse de Paderborn, à partir duquel il a été créé en .
Le diocèse actuel s'inscrit dans la tradition de l'archevêché de Magdebourg qui est dissout à la suite des traités de Westphalie, du décès du dernier administrateur Auguste de Saxe-Weissenfels en . Depuis le , l'évêque du diocèse est Gerhard Feige.
Territoire
Le diocèse s'étend dans l'est de l'Allemagne et comprend la majeure partie de la Saxe-Anhalt et des parties mineures du Brandebourg et de la Saxe.
Le territoire diocésain comprend également les anciens sièges médiévaux de Havelberg, Naumbourg, Halberstadt et Mersebourg.
Le territoire s'étend sur , et il est divisé en 44 paroisses, regroupées en 8 doyennés : Magdebourg, Mersebourg, Dessau, Egeln, Halberstadt, Halle, Stendal et Torgau.
Histoire
vignette|gauche|Dation du titre d'archevêché, 968.
Moyen Âge L'archidiocèse de Magdebourg est apparu au , dans le cadre de la colonisation germanique des territoires slaves à l'est du Saint Empire romain germanique. Lors du synode de Ravenne en , l'empereur obtient du pape que Magdebourg soit érigé en archevêché afin d'y former les missionnaires latins vers les pays des « Wendes » au-delà de l'Elbe, sous la protection de saint Maurice. L'archidiocèse a été créé sur les terrains des diocèses saxons de Halberstadt et de Mersebourg. Le , après une longue résistance notamment de la part de l'archevêque Guillaume de Mayence, l'ecclésiastique Adalbert, abbé de Wissembourg, devient le premier archévêque titulaire du diocèse de Magdebourg avec le consentement du pape et de l'empereur.
La province ecclésiastique de Magdebourg avait pour suffragants les diocèses de Brandebourg, de Havelberg, de Zeitz, de Mersebourg et de Misnie couvrant les territoires de la marche de l'Est saxonne. L'impressionnante cathédrale de Magdebourg témoigne de l'importance de l'archevêché. Au , les archevêques qui relevaient de l'ancien duché de Saxe, obtinrent l'immédiateté impériale comme seigneurs temporels d'une principauté épiscopale (). En , la ville de Halle se rend aux troupes de l'archevêque , devenant la résidence préférée de ses successeurs. vignette|gauche|La cathédrale de Magdebourg.
Temps modernes Néanmoins, Magdebourg a été mis de plus en plus sous pression de ses puissants voisins, l'électorat de Saxe et le margraviat de Brandebourg. Pendant la réforme protestante, la plupart des citoyens se convertissent à la confession luthérienne et la principauté archiépiscopale a été gouvernée par des administrateurs protestants à partir de . Pendant la guerre de Trente Ans, l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg a essayé de nouveau à imposer la Contre-Réforme ; toutefois, selon les dispositions des traités de Westphalie conclus en , l'archevêché fut sécularisé en tant que duché de Magdebourg, un fief des électeurs de Brandebourg, avec effet en .
Époque contemporaine Le , par la bulle , le pape a accordé la plus grande partie de l'ancien archevêché au diocèse de Paderborn. Les prévôts de l'église Saint-Sébastien à Magdebourg ont reçu le titre de « commissaire épiscopal ». Après la Seconde Guerre mondiale, la frontière interallemande sépare Magdebourg de Paderborn et les autorités de la République démocratique allemande ont considérablement compliqué l'administration ecclésiastique du territoire. En , l'office d'un administrateur apostolique fut créé, occupé par un évêque auxiliaire. Finalement, par une constitution apostolique du pape (Bulle Cum gaudio et spe, ., avec effet au ), Magdebourg a été érigé en diocèse.
La primatie Dès l'origine, la métropole de Magdebourg. était censée, selon Othon , englober toutes les régions slaves converties ou à convertir (), mais l'authenticité de ces concessions a été discutée. De même, plusieurs bulles sont censées avoir conféré aux archevêques de Magdebourg une stature primatiale, comprenant la primauté en toutes matières ecclésiastiques (« in sedendo, in iudicando, in confirmando, in subscribendo, in sententiis dandis omnique ecclesiastico ordine »), l'égalité en tout avec les archevêques de Trèves, Cologne et Mayence (« per omnia archiepiscopis Treuerensi, Coloniensi, Moguntinensi equalem esse permitto »), le rang cardinalice (« consortium inter cardinales episcopos nostre sedis habere ») et, en corollaire, l'institution de douze prêtres cardinaux et de sept diacres cardinaux pour le service du maître-autel de la cathédrale (« qui more Romano missas celebraturi ad altare sancti Mauritii martiris dalmaticas, lisinas et sandalia ferant ») : Si ea loca (), Igitur quia sedem (), Concesse nobis apostolice speculationis (), Quoniam a Deo (1003?), Si pastores ovium (). Mais là encore les falsifications habiles se distinguent malaisément des documents authentiques avec les références des spécialistes.. Quoi qu'il en soit, à une date indéterminée, Rome finit par reconnaître aux archevêques de Magdebourg le titre de (Pie V employait le terme encore en 1566).. Le titre primatial survécut à la prise de contrôle protestante de la métropole (1552/1566) : August von Sachsen-Weißenfels, dernier administrateur luthérien de la principauté archiépiscopale de Magdebourg (1628-1680), fut constamment appelé "Administrato[r] Primatus et Archiepiscopatus Magdeburgensis".. Une ultime tentative de restauration catholique avec la nomination de l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg (†1662) comme archevêque (1629-1635) échoua, et la principauté archiépiscopale fut dissoute en 1648.
Les évêques de Magdebourg
Leo Nowak – ; Gerhard Feige, depuis le .
Références
Voir aussi Articles connexes Magdebourg Église catholique en Allemagne
Liens externes
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