vignette|Véhicule de la police nationale roumaine (Dacia Logan II) dans sa nouvelle livrée bleu et jaune, en 2021. La criminalité en Roumanie a été identifiée lorsque la Roumanie a souhaité intégrer l'Union européenne, et devant les réticences, a conduit ce pays à mettre en œuvre un ensemble de lois visant principalement à défendre les témoins en 2002, et à définir le contenu du crime organisé en 2003. Cette mise en place s'est accompagnée de la signature d'accords multilatéraux visant à lutter contre cette criminalitéCrime organisé : réponses aux demandes d'information Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada 3 août 2007. L'Union européenne fait régulièrement le point sur les avancées en matière de législation et de jurisprudence sur la corruption, qui est identifiée comme l'un des facteurs favorisant le développement de cette criminalité. Le GRECO, auquel adhère la Roumanie, délivre à l'issue de ces audits un ensemble de recommandationsRapport d'évaluations sur la Roumanie, Groupe d'États contre la corruption, 3 décembre 2010.

Historique Le régime communiste de Roumanie avait « nationalisé la pègre » selon les préceptes de Friedrich Engels considérant le lumpenprolétariat comme : la violence privée avait fortement reculé, car ceux qui l'exerçaient, dépourvus de tout , saisirent l'opportunité de devenir, à l'issue d'un stage de six mois à l'« Académie Ștefan Gheorghiu » où le Parti communiste roumain assurait leur formation, des fonctionnaires privilégiés dans les « organes de sécurité de l'État », ayant le monopole de la violence et la loi désormais de leur côté Victor Frunză, Istoria comunismului în România [« L'histoire du communisme en Roumanie »], ed. EVF, Bucarest 1999.. Amnistiés de leur cursus précédent, légitimés comme « camarades méritants » pour s'être « dressés contre le régime capitaliste » antérieur, ils intégrèrent ainsi la nomenklatura, devenant honorables, craints et enviésAlexandre Zinoviev, Le Communisme comme réalité, Julliard 1981.. Selon leur spécialité, ils pouvaient accéder à d'importantes responsabilités : ainsi les proxénètes devinrent les « officiers traitants » des anciennes prostituées désormais devenues « agents de collecte de renseignements et de devises » dans les lieux fréquentés par les ressortissants occidentaux O. Dragomir, M. Miroiu Lexicon feminist, ed. Polirom, Iași 2002 ; Adrian Majuru, Prostituția între cuceritori și plătitori [« La prostitution entre les conquérants et les clients »], ed. Paralela 45, Bucarest 2007.

Jusqu'à l'effondrement en 1989 du régime alors dirigé par Nicolae Ceaușescu, l'économie parallèle était le seul moyen de survie dans un système où le niveau des salaires était faibleJean-François Soulet, Histoire comparée des États communistes de 1945 à nos jours, Armand Colin, coll. « U » 1996 (on disait alors que « PCR » ne signifiait pas « Parti communiste roumain » mais bien « piston, combines, relations »En roumain pile, combinații, relații : Bancuri din iepoca odiosului, ed. Orientul Latin, Braşov 1992). Dès 1990, elle devint immédiatement dominante, tandis que l'économie d'État, en voie d'effondrement, était privatisée au profit des membres de la nomenklatura et de leurs hommes de main Archie Brown, The Rise and Fall of communism, Vintage Books 2009.. Dans ce contexte, la pègre « se re-privatisa » aussi, formant des groupes criminels organisés en lien avec la corruption omniprésente dans la vie politique et économique du pays. Selon une étude de P. Gounev sur les liens entre corruption et criminalité au niveau européen, il existe un lien entre le taux de criminalité en Roumanie et l'absence de contrôle de la corruption, surtout depuis que la Direction nationale anticorruption a été rendue impuissante par une série de lois, décrets et ordonnances d'urgence pris par les parlementaires qui se sont ainsi auto-amnistiés Examining the links between organized crime and corruption CSD, Commission européenne, 2010.

De 2002 à 2011, la Roumanie s'est pourtant dotée d'un arsenal législatif visant à lutter contre cette criminalité : 2002 : vote d'une loi sur la protection des témoins ; 2003 : adoption de la loi 39/2003 visant à prévenir et combattre le crime organisé ; 2004 : adoption de la loi 571/2004 sur la protection du lanceur d'alerte (whistle-blower) signalant des violations des lois dans les institutions publiques commises par des personnes investies d’une autorité publique ou des responsables de ces institutionsAssemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, La protection des « donneurs d’alerte », consultée le 17 avril 2012 ; 2005 : adoption de la loi d'urgence mettant un terme à l'immunité des membres des anciens gouvernements ; 2006 : conférence de Sinaia coorganisée par le gouvernement roumain en : la Roumanie, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, débats à Sinaia..

Toutefois, bien qu'entre 2002 et 2005 le taux des revenus des entreprises consacrés aux pots-de-vin soit en baisse, passant de 2,5 % à 0,7 %, des études parues la même année montrent que la corruption est encore largement présente, et font état de démissions de membres du gouvernement pour ces raisons. À l'inverse, aucune inculpation pour ces motifs n'est constatéeSituation générale concernant la corruption en 2006 Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada.

L'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'Union Européenne en 2007 . Mais la France, l'Italie et l'Allemagne refusent toujours l'entrée de ces deux pays dans l'espace Schengen.

En 2011, les textes prévoyant la refonte d'un nouveau code pénal sont mis en œuvre.

En 2012, alors que la Constitution roumaine postule de tout citoyen quels que soient ses antécédents judiciaires ou fiscaux, l'Union européenne prépare un projet de directive qui faciliterait la saisie des fortunes acquises par corruption ou crime organiséUne directive européenne contre la corruption Ambassade de France en Roumanie, 13 mars 2012.

Depuis 2017, les manifestations des week-ends contre la corruption s'enchaînent sans que la situation change sensiblement, malgré le soutien aux manifestants du président Klaus Iohannis, dont les pouvoirs sont très limités face au Parlement qui désigne le gouvernement et où les descendants de la nomenklatura arrivent à rester majoritaires en achetant les votes dans les campagnes et les quartiers déshérités des villes Octav Ganea, Iohannis, despre secțiile de vot separate : „De ce vă este frică de referendum, domnilor pesediști?” sur Digi24 du 28 mars 2019 .

Définition selon le gouvernement roumain Le parlement roumain a adopté en 2003 une loi définissant la notion de crime organisé, et les mesures à mettre en œuvre pour lutter contre celui-ci. Selon la traduction rapportée par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, un « groupe criminel organisé » est composé d'au moins trois personnes qui [traduction] « sont ensemble depuis un certain temps et agissent de façon réfléchie afin de commettre au moins une infraction grave [...] pour en tirer directement ou indirectement un avantage financier ou matériel ». La loi précise l'ensemble des activités visées.

Criminalité sur le sol roumain Le crime organisé sur le sol roumain concerne aussi bien des ressortissants nationaux que des ressortissants étrangers. Il a été fait état de la forte implantation de la mafia napolitaine dans le trafic de déchets, visant à faire de ce pays « la plus grande décharge de l'Europe »Naples-Constanza : des croisières qui puent, Courrier International, source L'Espresso, 20 janvier 2011.

Le Point divise la criminalité en Roumanie en trois groupes principaux : « Groupes criminels au nord des Carpates, clans mafieux roms dans le sud du pays et bandits moldaves à Bucarest. » Ces trois groupes se partageraient la scène criminelle roumaine, particulièrement active en France, chacun ayant sa spécialité. La pègre rom serait spécialisée dans la traite des êtres humains : mendicité, prostitution, exploitation des mineurs... Les deux autres groupes, possédant une structure pyramidale, se concentreraient sur les atteintes aux biens : cambriolages et vols de toute sorteJérôme Pierrat, « Ces mafias de l'est qui pillent la France : de Lille à Marseille, la grande razzia des bandits roumains » Le Point du jeudi 13 juillet 2013, . Une telle présentation ne serait vérifiable ni par les sources policières, ni par les sources judiciaires, la criminalité en Roumanie étant comme partout liée à la pauvreté, à l'ignorance, à la marginalité, au clanisme, au clientélisme et à la corruption sans être connotée ethniquement, même si pour des raisons historiques, certaines minorités sont plus défavorisées que d'autres, en Roumanie comme ailleurs. La pertinence de telles assertions est démentie par le Canada qui indique qu' .

Activités à l'étranger La criminalité internationale de la pègre roumaine n'est pas spécifique à celle-ci, qui n'a de monopole sur aucune activité criminelle en particulier. Par ailleurs, le pourcentage de délinquants parmi les Roumains équivaut à celui des autres pays de niveau socio-économique comparableSelon l'Office des Nations unies contre les drogues et le crime sur [httl://www.unodc.org] ou . Cette délinquance à l'étranger est parfois évoquée par les hommes politiques : en 2010, Claude Guéant affirme que les camps de Roms sont « le point de départ d’une délinquance très forte, souvent très violente »Délinquance: tous les chiffres mènent aux Roms, Cédric Mathiot, liberation.fr, 9 septembre 2010. Néanmoins, les statistiques ethniques étant interdites en France, il ne peut appuyer cette affirmation qu'en évoquant une donnée approximative et en pratiquant un amalgame. Il affirme : « En deux ans, la délinquance roumaine en France, pas la délinquance des Roms, la délinquance roumaine, a été multipliée par 2,5.» Libération rectifie cette affirmation en précisant que la source ne concerne que l’agglomération parisienne et qu’« une augmentation de 259 % n’équivaut pas à une multiplication par 2,5, mais par 3,5. ».

Les principaux domaines d'activité des délinquants roumains à l'étranger sont :

la traite des êtres humains et le proxénétisme. Le département d'État des États-Unis signale qu'il existe un problème sérieux de trafic de personnes en provenance de Roumanie (, sect.5). Le pays constitue un point d'origine et un point de transit pour les personnes faisant l'objet de trafic de personnes (États-Unis , sect.5)États-Unis (É.-U.). . Department of State. « Romania ». Country Reports on Human Rights Practices for 2006. <http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrpt/2006/78834.htm> [Date de consultation : 8 juin 2007]http://www.unhcr.org/refworld/publisher,IRBC,,ROM,47d651bdc,0.html. Par exemple, connues ont été recensées victimes de ce trafic en 2005. Le plus souvent, les trafiquants attirent leurs victimes en leur promettant du travail en occident puis, une fois hors du pays, ils menacent de s'en prendre aux familles et usent de violence pour forcer les femmes à se prostituer la nuit et les handicapés physiques à mendier de jour ; pour les « loger », ils louent à bas prix des garde-meubles inconfortables et inadaptés, où leurs victimes (parfois mineures.) dorment enfermées à tour de rôle (système de la « bannette chaude ») ; les vols. Des clans criminels venus de Roumanie ont pu s'adonner à des formes violentes de vol : bris de parcmètres, vols de voitures, vols de tracteurs, vols à la tire ou à l'arraché, piratage de cartes bancaires aux distributeurs de billets, vol de métauxMoselle : 23 roms, soupçonnés du vol de de métaux, en garde à vue, ladepeche.fr, 26 février 2015.Vols de métaux : vaste opération de gendarmerie dans un camp de Roms, tempsreel.nouvelobs.com, 24 septembre 2013 ainsi qu'à la mendicité forcée d'enfants arrachés à leurs famillesExploitation des enfants roms : la France et la Roumanie se mobilisent, lemonde.fr, 13 février 2010 ;