Anders Behring Breivik, devenu Fjotolf Hansen. puis Far Skaldigrimmr Rauskjoldr av Northriki, né le à Oslo, est un terroriste norvégien d'extrême droite , , , , M. Goodwin, « Europe's Radical Right: Support and Potential », Political Insight, , 2011, p. 4–7 ; Jerrold M. Post, « The Generation of Vipers », The Generational Provenance of Terrorists SAIS Review, Volume 31, 2, Summer-Fall 2011, pp. 111–122 .. néonazi qui a perpétré et revendiqué les attentats d'Oslo et d'Utøya.. qui ont fait un total de 77 morts et 320 blessés (210 par explosifs, 32 par coups de feu, 80 indirectement) le .
Ce jour-là, il commet d'abord un attentat contre un édifice gouvernemental à Oslo, à l'aide d'une bombe à retardement, qui fait huit morts. Au même instant, il rejoint l'île d'Utøya et y perpètre une tuerie de masse dans le camp de la ligue des jeunes du parti travailliste de Norvège, où il assassine 69 personnes, pour la plupart des adolescents...
L'idéologie de Breivik est décrite dans un fichier texte distribué électroniquement par lui-même le jour des attaques... Dans celui-ci, il indique son soutien au « conservatisme culturel », à l'ultranationalisme, au populisme de droite, à l'islamophobie., au sionisme d'extrême droiteNorway attack suspect had anti-Muslim, pro-Israel views, Jerusalem Post, 24/7/2011., à l'antiféminisme.. et au nationalisme blanc.. Il considère l'islam, le et la plupart des partis politiques européens comme des ennemis des Lumières et exige l'annihilation, y compris si besoin par des moyens violents, de « l'Eurabia » et du multiculturalisme, ainsi que l'expulsion hors d'Europe de toutes les personnes se réclamant des principes du CoranBien qu'il n'attaque apparemment que les versets médinois de celui-ci. avant l'année 2083. pour préserver l'acquis des sociétés occidentales, qu'il assimile à la chrétienté.Debra J. Saunders, « Norwegian Crime and Punishment », San Francisco Chronicle, 26 juillet 2011 : .. Breivik a écrit que le motif principal de ses attentats était de faire de la publicité pour son manifeste..
Lors d'une première expertise, Breivik est diagnostiqué schizophrène par deux psychiatres mandatés par la justice norvégienne. D'après leur rapport, il a agi de manière pulsionnelle, sous l'emprise de pensées délirantes, se présentant notamment comme le futur régent de la Norvège, appelé à prendre le pouvoir avec l'aide d'une organisation templière.. D'autres psychiatres ont contesté cette analyse. et sous la pression de l'opinion publique, une contre-expertise a été demandée en Spiegel Magazine .. Cette seconde expertise contredit les conclusions de la première en affirmant que Breivik, n'étant pas dans un état délirant au moment des faits, est pénalement responsable.
À l'issue d'un procès où il multiplie les provocations, il est jugé responsable de ses actes et condamné à la peine indéterminée., soit 21 ans de prison prolongeables, la peine maximale en Norvège, le .
Biographie Famille Anders Behring Breivik naît à l'hôpital Aker d'Oslo le « Dagens navn », Aftenposten, morgen, 15 février 1979, 10 : « Aker sykehus, 13. ds.: En gutt. Wenche og Jens Breivik » (en français : « Hôpital d’Aker, Oslo, 13 février 1979 : un garçon »).. Son père Jens Breivik (né en 1935), diplomate de carrière, a déjà trois enfants d'un mariage précédent. Sa mère Wenche Behring (1946-2013) est aide-soignante et déjà mère d'une fille âgée alors de quatre ans..
Peu de temps après la naissance d'Anders, son père est nommé à l'ambassade royale de Norvège à Londres. Sa mère l'y rejoint avec ses deux enfants. Les parents divorcent en 1980 : Anders Behring Breivik est alors âgé d'un an. Sa mère retourne vivre à Oslo avec ses enfants.
Le père se remarie et s'installe à Paris, où il est en poste à l'ambassade de Norvège en France « Norway Killer: Father horrified by Anders Behring Breivik killing spree », The Telegraph, 23 juillet 2011.. Dès lors, les contacts et liens père-fils s’espacent peu à peu, puis cessent définitivement à partir de 1995. En 2006, alors qu’Anders Breivik cherche à revoir son père, ce dernier lui fait savoir « qu’il n’est pas mentalement prêt pour une rencontre « he said he was not mentally prepared for a reunion » ; « Norway killer: Anders Behring Breivik was a 'mummy's boy' », The Telegraph, 25 juillet 2011. ».
Itinéraire Breivik grandit à Skøyen, un quartier huppé d'Oslo, aux côtés de sa mère et de sa demi-sœur. En 1983, sa mère souffrant de dépression, les services sociaux qui craignent pour le développement du petit Anders envisagent de le placer dans une famille d'accueil, mais cette démarche n'aboutit pas.. Adolescent, Breivik adhère à la culture hip-hop et s'adonne au graffiti dans les rues d'Oslo sous le pseudonyme de Morg, ce qui lui vaut quelques démêlés avec la justice et, par contrecoup, le rejet définitif de son père. Incapable de trouver ses marques dans le milieu des tagueurs, il finit par en être exclu..
Élève brillant, il abandonne ses études secondaires en dernière année, avec l'ambition de devenir millionnaire. Il crée successivement plusieurs entreprises avant de connaitre un certain succès avec un site de vente de faux diplômes, qu'il est contraint d'abandonner lorsque l'illégalité de cette activité est établie. Il joue et perd en bourse, et décide, à l'été 2006, de revenir habiter chez sa mère..
Enfermé dans sa chambre, il s'adonne alors pendant deux années à des jeux vidéo en ligne, principalement World of Warcraft, passant jusqu'à 16 heures par jour devant son écran, au prix de l'abandon de toute vie sociale.. Lorsqu'en 2008 il met un terme à ses activités ludiques, son intérêt se tourne vers des forums d'extrême droite, auxquels il contribue avant de se consacrer à l'écriture de ce qui va devenir son manifeste., puis aux préparations de ses tueries de masse. Ce n'est qu'au printemps 2011 qu'il quitte enfin le domicile maternel et s'installe dans une ferme pour y confectionner ses explosifs..
Activité politique Dès ses 18 ans., Breivik adhère au Parti du progrès « Le tueur d’Oslo : un extrémiste opposé au multiculturalisme », L’Express, 24 juillet 2011., formation norvégienne sociétalement national-conservatrice, économiquement libérale, développant une rhétorique essentiellement axée sur la nécessité d’un drastique contrôle des flux migratoires qui, d'après elle, mettraient en péril l’identité et l’ordre social du pays.
Lorsqu'est créée la section des jeunes progressistes, il en devient vice-président. Très actif sur le forum du parti, il ambitionne d'être inclus sur la liste des candidats pour les élections communales de , mais cet espoir est déçu. Amer, il prend ses distances avec le parti, qu'il quitte en 2007. Il en critique alors les fondements politiques ; il les juge trop libéraux à l’égard des immigrants issus des pays musulmans, compare ce type de stratégie à celle prévalant déjà chez d’autres partis influents « Dette mener Anders Behring Breivik », aftenposten.no, 23 juillet 2011. et leur reproche de s’afficher comme trop « politiquement corrects ».
Attiré par le pouvoir sous toutes ses formes, Breivik se porte candidat à la franc-maçonnerie auprès d'un cousin de sa mère en . Mais il a déjà plongé dans l'univers des jeux vidéo en ligne lorsqu'a lieu son initiation en . C'est seulement avec réticence, et à l'instigation pressante de son parrain, qu'il se joint à quelques réunions dans les années qui suivent.
Attentats d'Oslo et d'Utøya
vignette|redresse=1.2|Recueillement devant la cathédrale d'Oslo le lendemain des attentats. À partir d', Breivik réunit les ingrédients et ustensiles nécessaires à la confection d'une bombe. Il s'inscrit parallèlement à un club de tir, ce qui lui permet d'acquérir légalement des armes à feu. Au printemps 2011, il fait modifier les statuts de , une société qu'il a créée quelques années auparavant, pour la transformer en exploitation agricole, et s'installe dans une ferme près de Rena, au nord d'Oslo. Ayant désormais accès à des engrais chimiques, et à l'abri des regards indiscrets, il se lance dans la production d'explosifs..
Le peu après 15 heures, il gare une camionnette chargée de d'explosifs devant un immeuble gouvernemental au cœur d'Oslo. Lorsque la bombe explose à , il est en route pour Utøya, où se déroule un rassemblement de jeunes du Parti travailliste norvégien. Revêtu d’un uniforme de policier et armé d'un pistolet, d'un fusil et de quelque , il sème la terreur et la mort sur la petite île pendant un peu plus d'une heure. Le bilan total est de 77 morts, 8 à Oslo et 69 à Utøya, auxquels s'ajoutent de très nombreux blessés.
Breivik est appréhendé à Utøya en fin d'après-midi le jour même des attentats. Il n'oppose pas de résistance aux policiers d'élite de la force Delta arrivés sur les lieux..
Procès vignette|gauche|redresse|L'avocat d'Anders Behring Breivik, Geir Lippestad, également membre et élu du Parti travailliste norvégien. Bien que revendiquant son implication et sa responsabilité dans la tuerie, Breivik décide néanmoins de plaider « non coupable« Attentats d'Oslo : Anders Behring Breivik est prêt à passer sa vie en prison », 20minutes.fr, 25 juillet 2011. ». Il est défendu par l'avocat Geir LippestadMarie Simon, « Norvège : qui est l'avocat d'Anders Behring Breivik ? », lexpress.fr, 27 juillet 2011., membre et élu du Parti travailliste norvégien.
Le , deux psychiatres norvégiens sont mandatés pour procéder à l'expertise psychiatrique d’Anders Behring Breivik, afin d’évaluer sa faculté de discernement« Anders Breivik va subir une expertise psychiatrique », tsrinfo.ch, 29 juillet 2011 .. Le , lors de la reconstitution de la fusillade de l'île d'Utøya, Breivik ne montre aucun remords« Anders Behring Breivik ne montre « aucun remords » », Le Monde/AFP, 14 août 2011.. Le , les experts psychiatriques chargés de se prononcer sur la responsabilité pénale d'Anders Breivik estiment qu'il n'était pas en pleine possession de ses moyens au moment de l'attaque, et qu'il est donc irresponsable de ses actes« Les psychiatres jugent Breivik pénalement irresponsable », Le Monde/AFP, 29 novembre 2011.. Le rapport remis par les psychiatres est ensuite entériné par une commission médico-légale.
Le , le tribunal ordonne une nouvelle expertise médico-légale« Norvège : nouvelle expertise psychiatrique ordonnée pour A. Behring Breivik », rtbf.info, Belga, 13 janvier 2012., qui, le , le déclare pénalement responsable. Comme l'avis émis lors de la première expertise, cette conclusion n'a de valeur que consultative. Breivik se déclare content des conclusions de la contre-expertise, car être déclaré pénalement irresponsable invaliderait son idéologie« Une contre-expertise psychiatrique déclare Breivik pénalement responsable », France 24/AFP, 10 avril 2012..
Le procès s'ouvre le Olivier Truc, « La Norvège : un pays en convalescence », Le Monde, 15 avril 2012.. Breivik doit répondre de 77 assassinats et 42 tentatives d'assassinat, la justice norvégienne n'ayant retenu pour ce deuxième chef d'accusation que les blessés les plus graves. L'accusé demande sa relaxe, au motif qu'il aurait agi dans le cadre de la légitime défense..
Au premier jour d'audience, Breivik provoque l'assistance avec un geste de défi, bras tendu et poing fermé.. Quelques heures plus tard, il fond en larmes, apparemment submergé par l'émotion, après la diffusion de sa vidéo de revendication. Pendant dix semaines, son attitude changeante déroute les observateurs.. Le plus souvent impassible, il multiplie provocations et sourires, mais s'agace lorsque les experts le décrivent comme un individu solitaire, marqué par les échecs et les rejets.. Il fait profil bas lorsque sont évoquées ses victimes., et évite les regards des parties civiles..