thumb|right|200px|Armes de de Gilley de Gilley, dit « Guillaume le Rhète (Guilelmus Rhæticus)StAGR, F° 35 v-XIIg. », est un chevalier mort en 1221 que certains auteurs rattachent à la famille de GilleyM. de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, Paris, 1821, , p. 154.. Plusieurs sources le disent originaire de Basse Engadine (dans les Grisons), descendant de seigneurs des Alpes médianes.
Sur les origines de de Gilley Deux sources au moins, tentent d'établir un lien entre de Gilley et des seigneurs des Alpes médianes (Basse Engadine et Tyrol). Mais aucune recherche historique publiée à ce jour ne permet d'établir avec assurance ce lien généalogique.
Nous pouvons néanmoins établir une équivalence certaine entre Guillaume le Rhète (un seigneur des Grisons) et de Gilley (un seigneur bourguignon) : le premier est présent en Asie mineure aux alentours de 1193/94, où il aurait ravagé plusieurs domaines dépendants d'institutions monastiques. Le document qui le mentionne, rapporte le titre qu'il se donnait : « Guillaume le Rhète, baron de Samignun », et décrit ses armes : « De sable, à deux bouquetins en pied affrontés d'or, accornés et onglés d'argent »Zentral-Schlossarchiv - Spezial-Bestand Staatsarchiv des Kantons Zürich, Abteilung Wappen, Reihe 1.2GR. ; le second est mentionné dans un manuscrit (datant du )StAGR, F° 35 v-XIIg – 41 v-XIIg et Nacionalni arhiv Beograd, Povelje sa zapada – Serija Srednji vek, FrBu 234-XV., où il est parfois appelé Guillaume le Rhète. L'auteur de ce manuscrit, de Gilley-Poncey, le fait également participer à la troisième croisade (regrettant le ravage de quelque monastère) et le lie avec des seigneurs des Alpes médianes, qu'il qualifie de « seigneurs de Samignun » et plus loin de « vicomtes de Samignun » (région qu'il situe vaguement dans le Tyrol). Quant à ses armes, elles sont identiques à celles de Guillaume le Rhète.
Vie de de Gilley Son existence nous est révélée par deux sources. Premièrement, un fragment d’une table de granit, datée de la seconde moitié du et trouvée dans la vallée de Schergenbach, apparemment gravée à la demande de Guillaume le Rhète, avant son départ pour la troisième croisadeE. Nutti, « Appunti su qualche iscrizione d’Engadina (ottavo – quattordiecesimo secolo) », in « Gorsatacka » plemstva u srednjovekovnoj Evropi, Belgrade, 2012, pp. 136-144.. Deuxièmement, un manuscrit du (présenté plus haut), dont il ne reste aujourd’hui que deux copies fragmentairesLa copie la plus ancienne (seconde moitié du ) est conservée aux Staatarchiv Graubünden à Coire: StAGR, F° 35 v-XIIg – 41 v-XIIg ; l’autre copie, plus récente (début du ), est aux Archives nationales de Belgrade : Nacionalni arhiv Beograd, Povelje sa zapada – Serija Srednji vek, FrBu 234-XV. ; ce manuscrit aurait été rédigé par de Gilley-Poncey, chanoine de Langres (mentionné pour la dernière fois en 1341Archives Départementales de la Haute-Marne : 22J art. 5/66. Généalogies du baron de l’Horme : fiche pour la famille DE GILLEY.), qui se présente comme l’arrière-petit-fils du fondateur de la famille.
Sur la présence de Guillaume dans les Alpes médianes, nous avons peu d’informations précises. La table de granit présente Guillaume le Rhète comme un chevalier descendant des Samignun, seigneurs sans doute possessionnés à l’origine au nord de la Basse Engadine et dont le premier ancêtre connu serait un certain ChunratEl. Meyer-Marthaler, Rätien im frühen Mittelalter, Zurich, 1948, p. 81, n. 3.. Une des copies du manuscrit lie Guillaume à des « vicomtes de Samignun », l'autre copie le présente seulement comme un « très noble chevalier (eques nobilis) », précisant son statut de « proche (familiaris) du comte Rudolf de Vaz (sûrement , un grand seigneur des Grisons) ». C’est en tout cas de cette région qu’il part pour la troisième croisade (1189-1192), durant laquelle on le trouve mêlé au saccage de domaines micrasiatiques.
Quoi qu’il en soit, la vie bourguignonne de Guillaume le Rhète, qui dépend de cette croisade, ne commence qu’à son retour. En effet, le manuscrit du chanoine de Langres précise que, durant ses combats en Orient, Guillaume était compagnon d’armes (commilito) d’, qui l’aurait incité à venir s’installer sur ses terres. Toutefois, et l’auteur du manuscrit ne donne aucune explication à ce sujet, c'est dans le comté de Bourgogne qu'il s'installe. Il y est fait seigneur de Gilley, en 1198, par le comte de MontbéliardUne copie de l’acte d’octroi de la seigneurie de Gilley à Guillaume le Rhète est associée au manuscrit : StAGR, F° 42 v-XIIg.. Nous ne savons, par contre, plus rien de sa vie jusqu’à la date de sa mort, renseignée par le manuscrit, en 1221.
Localisation de la seigneurie de Gilley Il existe actuellement deux villages nommés Gilley : l'un dans le Doubs (au dans le comté de Bourgogne), l'autre dans la Haute-Marne (au dans le duché de Bourgogne). La plupart des informations concernant les premiers membres connus de la famille de Gilley nous conduiraient à penser que cette seigneurie était située dans le duché de BourgogneUrb. Plancher, Histoire générale et particulière de Bourgogne, 1741, Vol. 2, p. 283 et Table CCIV et Ibidem, 1748, Vol. 3, p. 192 ; Affiches, annonces et avis divers ou Journal général de France, 1784, p. 202., car les plus en vue, de la branche des Gilley-Poncey, étaient au service des ducs de Bourgogne. En réalité, de même que la plupart des possessions des Gilley acquises à partir du (époque d'ascension la famille) se situeront à l'est de la Saône, la seigneurie de Gilley se trouvait dans le comté de Bourgogne.
À la date d’érection de la seigneurie (1198), le village de Gilley existait déjà. Il relevait, avec l'ensemble de son territoire, du seigneur de Montfaucon, comte de Montbéliard. La seigneurie de Gilley est alors constituée à partir de terres appartenant à l'origine à la Maison de Joux, et est octroyée à Guillaume le RhèteAr. Robert, La Seigneurie de Franquemont, Londres, 1905 ; Ch. Duvernoy, Le château de Montbéliard et ses anciens maîtres, Besançon, 1840.. On sait peu de choses sur cette seigneurie, qui ne restera pas longtemps dans la famille de Gilley, même si certains de ses membres porteront le titre de seigneur de Gilley jusqu'au .
Enfin, pour ce qui regarde la seigneurie de Gilley située dans le duché de Bourgogne (actuelle Haute-Marne), elle n'a jamais appartenu à quelque autre famille de Gilley. En effet, en 1198, cette seigneurie de Gilley bourguignonne appartenait à Henry de Fonuens avant d’être acquise en 1228 par Guillaume de Vergy, beau-frère du duc Histoire généalogique de la maison de Vergy : iustifiee par chartes, tiltres, arrests, & autres bonnes & certaines preuves. Enrichie de plusieurs figures, & divisée en dix livres, éd. S. Cramoisy, 1625, , p. 137.. Puis, au , elle passa aux mains des seigneurs de Rollans et Listenois (Maison de Vienne)A. de Sainte-Marie, H. Caille Du Fourny et A. de Sainte-Rosalie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la couronne & de la maison du Roy, & des anciens barons du royaume…, Paris, 1733, Vol. 7, p. 809., avant de tomber dans l'héritage de la Maison de Bauffremont.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Famille de Gilley
Catégorie:Famille de Gilley Catégorie:Personnalité franc-comtoise du Moyen Âge