vignette|alt=Céramique (un bol) par Jean Linard|Bol, par Jean Linard. vignette|alt=Maison de Jean Linard, depuis la tour Rocard|Maison de Jean Linard, vue depuis la tour Rocard.

() est un céramiste, sculpteur, peintre, graveur et architecte français.

Déjà connu comme céramiste, il entreprend à partir de 1983 son œuvre majeure, la Cathédrale, construction monumentale, à la fois architecturale et sculpturale, inclassable et rangée sous le vocable d’environnement visionnaire.

Biographie Fils aîné de Clobert Linard (1908-1967) et de Lucienne Fernande Fromenté (1911-2006), il grandit avec son frère Robert (1932-1985), à La Marche, près de La Charité-sur-Loire dans la Nièvre. Après avoir étudié à l’École Estienne, section gravure, de 1945 à 1949, il exerce le métier de graveur sur cylindre à Paris, notamment à l’imprimerie Del Duca. .

Dès son adolescence, il s’intéresse à la terre et va régulièrement visiter les artisans et artistes du village de La Borne, centre de poterie depuis cinq siècles. En 1959, il s’y installe comme potier avec la céramiste Anne Kjærsgaard. En 1961, il achète une ancienne carrière de silex à Neuvy-Deux-Clochers, dans le hameau des Poteries. . Ensemble ils construiront une grande partie de la maison d’habitation et des ateliers, utilisant presque uniquement des matériaux de récupération : poutres, chevrons, huisseries, tuiles, pierres issues de démolitions, briques de four de potier. En , il publie dans la revue Bizarre, une bande dessinée que son créateur appelle « l'art illustré », Z00-200, et que François Caradec dit ouvrir une voie nouvelleBizarre , « Littérature illettrée », trimestre 1964, Paris, Jean-Jacques Pauvert, ..

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Œuvre Il est à la fois potier, sculpteur, peintre et bâtisseur. Il crée des bols, des assiettes, des coupes aux émaux clairs et lumineux, allant du crème, au rose et jusqu’au noir en passant par de tendres bleus et céladons. Dès les années soixante, il sculpte avec la terre ses premiers personnages tels La Vierge et l’enfant, La Pin-up, ses premiers Oiseaux et Machine à écrire.

En 1974, il crée son premier Chat en grès et va peu à peu enrichir son œuvre de toute une variété d’animaux aux regards humains et aux expressions tour à tour étonnées, espiègles, rêveuses ou malicieuses. Des oiseaux, des chats, des vaches, des chouettes et des éléphants viendront enrichir sa production artistique. Des anges un peu démons, des monstres moins effrayants que drôles et des buissons de roses d’où émergent des visages témoignent de cette .

Tout au long de sa vie, il évoluera sans cesse dans la forme et le choix des matériaux. ses premiers sujets seront en grès puis viendra le raku, le fer et la mosaïque en passant par le ciment. Parmi les créations de ses dix dernières années, certaines seront monumentales tels ses grands personnages atteignant parfois plus de de haut, en fer et mosaïque qu’il appellera Les Gardiens du temple.

Quant à son œuvre picturale, elle est faite de paysages du Berry, de marines, de portraits, de bouquets de fleurs et de peintures abstraites.

Il remodèlera sa maison plusieurs fois, créant de nouvelles pièces, transformant et refaisant les toitures qu’il agrémentera de tuiles de couleur et de tuiles-personnages de sa fabrication, décorant les cheminées, le tour des portes et des fenêtres de mosaïques aux couleurs éclatantes.

En 1981, il construit la Tour Rocard et tout un espace attenant, avec les briques d’un ancien four qui appartenait au scientifique Yves Rocard, amateur des créations de Jean Linard.

En 1983, il commence ce qu’il a d’abord appelé une chapelle, puis une église et qui deviendra la Cathédrale. Il y consacrera une grande partie des vingt-six dernières années de sa vie.

Il disait d’elle que c’était la cathédrale la plus haute du monde puisque . C’est une œuvre majeure, représentative de l’art singulier, et les réactions qu’elle suscite (positives ou négatives) sont souvent très tranchées dans un sens comme dans l’autre.

La Cathédrale

Construite en plein air dans un esprit résolument œcuménique. les noms de Jésus, Mahomet, Bouddha, Bahá’u’lláh, Gandhi, Martin Luther King, Sœur Emmanuelle, Mère Teresa, Picassiette, Gaudí, Picasso et autres personnages que Jean Linard affectionnait particulièrement sont gravés sur la mosaïque. Un chemin de croix s’y termine avec une croix de résurrection aux couleurs éclatantes. Et tout au fond de l’ancienne carrière, en s’asseyant sur son théâtre-gradins, témoin de nombreux spectacles de tout genre .

Proche de la nature, jardinier à ses heures, sa création est parfaitement intégrée au bois où se trouve sa maison.

Hommage à la de Gaudí, mais également au Palais Idéal du Facteur Cheval et à la Maison Picassiette de Raymond Isidore, respectivement classés monuments historiques en 1969 et en 1983, la Cathédrale de Jean Linard est un important témoignage d’architecture insolite en France inscrite au titre des monuments historiques en 2012.

Notes et références

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