L'université de Ngozi est un établissement privé d'enseignement supérieur situé au nord du Burundi.

Historique L'université de Ngozi a été mise en place dans le cadre d'un projet communautaire et privé dont le but était de développer les communautés locales et l'enseignement supérieur du Burundi. Elle fut créée le et agréée le (ordonnance ministérielle /264)..

À l'époque, le système éducatif burundais connaissait un accroissement important des effectifs de l’enseignement secondaire et la situation risquait de déboucher sur une impasse si rien n’était fait au niveau de l’enseignement supérieur. La création de l’université de Ngozi est alors venue appuyer et désengorger la seule université publique qui existait jusque là au Burundi, et qui était déjà en sur-effectifs ( étudiants pour places en 1999). L'objectif était de soutenir le développement de l'enseignement supérieur dans un pays qui ne comptait alors qu'un étudiant pour habitants, un chiffre très en dessous de la déjà faible moyenne africaine (3 étudiants pour habitants en 1999).

Imaginé en pleine guerre civile, le projet communautaire qui a donné naissance à l'UNG visait aussi à offrir aux jeunes burundais une alternative à la violence, en leur permettant de continuer à étudier malgré le conflit. De fait, la seule université de l'époque, l’université publique du Burundi, a été particulièrement soumise à la violence et aux déchirements communautaires qui ont ensanglanté le pays. Des étudiants des premières promotions de l’université de Ngozi (sortie en 2003) avaient commencé des études à l’université du Burundi, études qu’ils ont dû abandonner du fait des violences et du climat de peur qui régnaient à Bujumbura, notamment à l’université.

Alors qu'elle avait démarré avec à peine 400 étudiants, l'université de Ngozi en comptait plus de en 2010.

Organisation académique L'université de Ngozi est composée de cinq facultés et d'un institut. : Liste des Facultés Faculté d'Informatique Faculté de Médecine Faculté d'Agronomie et Agribusiness Faculté des Lettres et Sciences Humaines Faculté de Droit, des Sciences Économiques et Administratives

Institut Institut Universitaire des Sciences de la Santé (IUSS) - en partenariat avec l'Université de Vérone Institut Supérieur de Comptabilité-Fiscalité, Douane et Administration Institut Pédagogique des Langues (en cours d'élaboration)

Recherche L'université de Ngozi développe depuis plusieurs années des activités de recherche dans ses domaines de compétences, associant souvent professeurs, étudiants et partenaire international.

CERADER

Créé en 1999, le CERADER (Centre de Recherche sur l'Agriculture et pour le Développement Rural) agit aujourd'hui dans les 4 provinces les plus peuplées et les plus pauvres du Burundi, toutes situées au nord du pays : Kirundo, Kayanza, Muyinga et Ngozi.

L'action du CERADER porte sur trois aspects :

La Recherche et Développement Recherche variétale sur le riz Après des essais dans plusieurs zones sur le riz le mieux adapté à l’altitude, le CERADER produit et distribue environ de semences de pré-base de riz de haut-rendement dans les Directions provinciales de l'agriculture et de l'élevage (DPAE) de Ngozi et Kirundo, ainsi qu'à plusieurs organisations paysannes. Signalons en passant que la production du riz est actuellement excédentaire dans la région de Ngozi alors qu’il était pratiquement inexistant avant la création de l’Université. En partenariat avec la Coopération Technique Belge (CTB) via le projet PADAP, le CERADER est en train de réaliser d’autres essais sur des semences de riz dans presque tous les marais de la Province de Kirundo en vue de sélectionner des variétés qui puissent produire des hauts rendements en fonction de différentes zones agroclimatiques de la Province de Kirundo, encore affectée par des famines chroniques.

Recherche variétale sur les cultures maraîchères Le CERADER effectue actuellement des essais de production de semences maraîchères de pré-base de qualité en partenariat avec l’Université de Caroline du Sud et produit des semences de carottes, de brocolis, de choux-fleurs, de courgettes, d’aubergines, d’amarantes, etc. L'étude phytotechnique de chaque variété actuellement en cours devrait déboucher sur la certification de semences portant l’étiquette CERADER/ FACAGRO NGOZI.

Recherche variétale sur les cultures fruitières Le CERADER mène actuellement des essais de production de semences fruitières et produit des semences de papayes, d'ananas, de prunes du Japon, etc. L'étude phytotechnique de chaque variété actuellement en cours devrait déboucher sur la certification de semences portant l’étiquette CERADER/ FACAGRO NGOZI.

Optimisation de l'apiculture et de la production de miel Le CERADER/FACAGRO fait également des recherches dans le domaine de l’apiculture portant sur l’identification des maladies et ravageurs d’abeilles, recherche qui se réalise dans la Commune de Muhanga en Province de Kayanza.

Recherche action sur le café Le CERADER effectue actuellement des essais de production de semences afin de stabiliser et développer la production de café. Il mène par ailleurs des recherches pour développer les qualités organoleptiques du café et lutter contre le « goût pommes de terre » des variétés cultivées.

Laboratoire de contrôle de la qualité des semences et d'analyse des produits agroalimentaires Le CERADER est en train de créer un laboratoire d'analyse agronomique doté de deux départements. Un premier département sera chargé de contrôler la qualité des semences. Le second département analysera les qualités physiques et nutritionnelles des produits agroalimentaires afin de vérifier qu'elles correspondent aux normes nationales et régionales. L'objectif de ce laboratoire est de parvenir à l'établissement d'une certification des semences et des produits agroalimentaires, certifiés CERADER/ FACAGRO NGOZI.

Formation et encadrement de la population Farmer Training Le CERADER dispense actuellement des formations à destination de la population paysanne, donnant lieu à la délivrance d'un certificat de participation à la formation. Cette formation porte sur la fertilisation des sols, la protection des sols, les techniques culturales des cultures maraîchères et la lutte intégrée contre les maladies et ravageurs.

Un manuel reprenant les différents points de cette formation est sur le point d'être publié et distribué à plusieurs associations paysannes.

Encadrement de la population dans la production de semences maraîchères Le CERADER dispose aussi d'un champ de démonstration à Vyerwa qui sert de terrain didactique pour la formation des paysans. Il a déjà formé plus de 60 associations dans le domaine de la culture maraîchère et leur a déjà distribué des semences dans ce sens.

Appui à des projets de développement socio-économique Études de référence Dans le cadre des travaux d'aménagement urbain financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), le CERADER a été sollicité pour effectuer les études d'impact pour le projet de pavage des rues.

Centre de recherche en sciences juridique et économique Créé en 2009, le Centre de recherche en sciences juridique et économique propose des formations ciblées en droit pour les professions juridiques et judiciaires, ainsi que pour la société civile et d'autres publics. Le centre a déjà dispensé les formations suivantes : formation des formateurs sur le droit de la procédure pénale destinée aux officiers de police judiciaire ; formation en droit pénal général destinée aux officiers et agents de police judiciaire ; formation sur les droits de l'homme et les libertés publiques destinée aux officiers de police judiciaire (OPJ) ; formation des formateurs sur l’organisation et la compétence judiciaire pour les officiers de police judiciaire ; formation sur les règles et les infractions électorales pour les membres des Commissions Communales Électorales Indépendantes (CECI) ; formation sur les règles et les infractions électorales pour les présidents des bureaux de vote ; formation sur les règles et les infractions électorales pour les responsables des partis politiques ; formation des juges des tribunaux de résidence sur des matières variées.

Centre de recherche en linguistique computationnelle

Créé en 2011 en partenariat avec le groupe TEDECO, le Centre de recherche en linguistique computationnelle de l'Université de Ngozi mène un projet intitulé “Natural Languages”, qui consiste à contribuer au développement d'un dictionnaire électronique multilingue incluant des langues bantoues parlées en Afrique de l'Est, notamment le kirundi.

L'objectif est de renforcer l'utilisation des langues bantoues, en commençant par le kirundi et le swahili, grâce à l'usage des nouvelles technologies.

Trois structures, qui travaillent depuis longtemps ensemble, sont pour le moment impliquées dans le projet: L'Université polytechnique de Madrid en Espagne, au travers du groupe TEDECO., a conçu le projet, assure le suivi des activités et leur visibilité internationale et finance des bourses pour les étudiants qui travaillent au sein du projet afin de rémunérer leur contribution. Kamusi Internationalkamusi.org aux États-Unis et en Suisse, finance le coordinateur à mi-temps du projet, une indemnité pour les tuteurs et des bourses pour les étudiants, ainsi que du matériel d'appoint pour mener à bien le projet. L'ONG fournit surtout le support du dictionnaire PALDO (Pan African Living Dictionaries Onlinewww.kamusi.org/paldo). L'Université de Ngozi au Burundi, met des enseignants et des étudiants à la disposition du projet afin d'effectuer la production de données pour le dictionnaire. À cette fin, l'équipe du projet, composée d'enseignants et d'étudiants boursiers de la faculté de Lettres et sciences humaines, travaille respectivement sur : la production d'entrées en français, kirundi et swahili dans le dictionnaire, avec une identification grammaticale, une racine (lemma), une définition, des indications sur les catégories de mots et les différentes formes qu'il peut prendre et un exemple d'usage pour chaque entrée, la traduction d'articles de Wikipédia du français vers le kirundi, la traduction de l'application qui gère le système de bourses et le développement d'une terminologie pour les ICT de l'anglais et du français vers l'espagnol, le kirundi et le swahili.

Méthodologie Le dictionnaire électronique Pour la partie du dictionnaire créée sur une base systémique, le Centre travaille actuellement sur la base d'un ensemble de référence d'environ 4000 mots universels et leur traduction en espagnol. Cette sélection de référence a été élaborée par le Ministère de l'Éducation espagnol en 1985, et correspondant au vocabulaire de base d'enfants ayant entre 8 et 11 ans. Elle a dû être légèrement actualisée pour correspondre aux exigences du projet.

Les mots universels appartiennent à la Langue de mise en réseau universel (Universal Networking Language – UNL.), une langue artificielle, dont toute ambiguïté a été gommée, créée dans les années 1990 par l'Université des Nations unies dans le cadre de son Programme UNL. Le but de ce programme est de soutenir le développement massif du multilinguisme sur Internet.

L'UNL est une “interlingua”, autrement dit, une langue utilisée comme pivot entre d'autres langues au sein de systèmes de traduction automatique. Or utiliser une “interlingua” qui ne contient pas d’ambiguïté (et qui est donc artificielle, puisque toutes les langues humaines sont par nature ambiguës) comme source des entrées d'un dictionnaire permet de développer des dictionnaires multilingues sans avoir besoin de traducteurs humains parlant toutes les langues requises. Seuls sont nécessaires des traducteurs qui comprennent les mots dans l'”interlingua” et qui peuvent les traduire vers l'une des langues du dictionnaire.

La traduction d'articles pour créer un corpus bilingue français - kirundi