Megève ([məʒɛv]), parfois sous la forme ancienne de Mégève, est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le village est un véritable centre urbain situé en altitude, il comptait en , ce qui en fait la trente-deuxième ville haut-savoyarde.

La commune se situe au carrefour entre les massifs préalpins du massif du Giffre au nord, et de la chaîne des Aravis à l'ouest et du massif alpin du Beaufortain au sud-est. Le bourg est bâti sur un col qui sépare les bassins versants de l'Arly au sud-ouest de celui de l'Arbon au nord-est.

Située dans le canton de Sallanches en Haute-Savoie, son important essor touristique remonte aux années 1910 lorsque la famille Rothschild décida d'en faire un de ses lieux de villégiature. Il s'agissait pour elle de bâtir une concurrente française à la station suisse de Saint-Moritz. La volonté était de créer une station de sports d'hiver portant le symbole de l'art de vivre à la française. Megève a été très convoitée dès ses débuts, les plus grandes têtes couronnées y ayant fait des séjours. Au , Megève est une station de sports d'hiver de renommée internationale.

Géographie Situation et description vignette|redresse=0.7|Place Centrale de Megève et son église.

Megève surplombe la vallée de l'Arve, située sur un col qui sépare les bassins versants de l'Arly (Val d'Arly) au sud-ouest de celui de l'Arbon au nord-est. Elle est dominée par les hauteurs du Christomet, du sommet des Salles, du mont d'Arbois , du mont Joly et de Rochebrune. La commune se situe dans le canton de Sallanches, en Haute-Savoie.

Climat La situation de Megève la place dans un milieu continental montagnard caractérisé par une humidité marquée .. Les hivers sont plus froids et neigeux, et la saison estivale douce avec parfois des épisodes orageux. Les intersaisons (avril et octobre) sont aussi en moyenne plus humides.

Les données utilisées par Météo-France pour caractériser le climat local reprennent celles de la station météorologique de référence, située à Bourg-Saint-Maurice, dans la vallée de la Tarentaise, relevées sur la période 1981-2010..

Voies de communication et transports La commune est traversée par la route départementale 1212, reliant Albertville à Sallanches. Depuis Albertville (), on peut se connecter à l'A430, et depuis Sallanches (), on peut rejoindre l'autoroute A40, dite « autoroute blanche »..

La commune possède son propre réseau transport avec des navettes gratuites, les meg-bus.. Durant la saison de ski (décembre à mars), la station met à disposition également des ski-bus gratuits qui sillonnent la station. Ils relient la gare routière, située au centre-ville, aux massifs du mont d'Arbois, de Rochebrune, de la Côte 2000 et du Jaillet. Durant la période estivale, les bus deviennent payants. De nombreuses calèches et de nombreux taxis sont situés au centre-ville.

L'autogare de Megève constitue également un arrêt de bus pour les liaisons SNCF. La communauté de communes Pays du Mont-Blanc a mis en place depuis l'automne 2013 un réseau de transport en commun à la demande sur son territoire, le FACILIBUS. La commune appartient également au réseau Cars Région Haute-Savoie en partenariat avec la compagnie SAT (Société Alpes Transports), permettant de relier le reste du département par des lignes régulières : 82 (Chamonix> Praz-sur-Arly), 83 (Sallanches> Praz- sur-Arly). Deux compagnies privées se trouvent dans l'autogare (Autocars Borini, Cars Megève-Genève). Le village est ainsi relié aux gares de Sallanches - Megève () ou de Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet ().

On peut également prendre l'une des compagnies aériennes de l'aéroport international de Genève Cointrin en Suisse (le plus proche, à ) ou l'aéroport d'Annecy Haute-Savoie Mont-Blanc (), situé sur la commune de Meythet, voire également Lyon-Saint-Exupéry (). La station dispose d'un altiport.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Hydrographie Megève est traversé par l'Arly, un affluent de l'Isère qui prend sa source sur le territoire de la commune.

Urbanisme Typologie Au , Megève est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de SallanchesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant douze communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Sallanches comprend deux villes-centres (Passy et Sallanches) et dix communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Gervais-les-Bains, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (73,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (41,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,8 %), prairies (13,3 %), zones urbanisées (11,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (4,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,6 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Morphologie urbaine

Logement

Le nombre total de logements dans la commune est de Données INSEE compulsées par le JDN - Logement à Megève. Parmi ces logements, 21,6 % sont des résidences principales, 76,6 % sont des résidences secondaires et 1,8 % sont des logements vacants. Ces logements sont pour une part de 21,2 % des maisons individuelles, 73,4 % sont des appartements et enfin seulement 5,4 % sont des logements d'un autre type. Le nombre d'habitants propriétaires de leur logement est de 50,9 %. Ce qui est inférieur à la moyenne nationale qui se monte à près de 55,3 %. Le nombre de locataires est de 35,6 % sur l'ensemble des logements qui est inférieur à la moyenne nationale qui est de 39,8 %. Les habitants de la commune sont 13,5 % à être logées gratuitement alors qu'au niveau de l'ensemble de la France le pourcentage n'est que de 4,9 %. Toujours sur l'ensemble des logements de la commune, 8,8 % sont des studios, 22 % sont des logements de deux pièces, 26,7 % en ont trois, 22,8 % des logements disposent de quatre pièces, et 19,7 % des logements ont cinq pièces ou plus.

Le prix de l'immobilier, pour l'année 2007, s'élève en moyenne à au Mont-d'Arbois, et environ en centre-ville.

Toponymie Le toponyme de Mégève devient officiellement par décret du (paru au JO du ), « Megève »Gaston Tuaillon, « Megève ou Mégève ? » publié dans Analyse linguistique et approches de l'oral. Recueil d'études offert en hommage à Claire Blanche-Benveniste (« »), tome 10 (Chez Peeters), Leuven-Paris, 1998, pp.135-137..

On trouve les premières mentions au cours de la période médiévale, Megeva (1212), Prior de Megeva (vers 1344), Mégêve (1791). Si l'on a utilisé les graphies Mégève ou Megève indifféremment au cours des siècles suivants, l'orthographe a été fixée par décret le .

Le nom Mégève, proprement Medzève en savoyard, Media aquarum. signifie au milieu (*medz < latin medium) des eaux (ève < latin acqua)., se référant à sa position géographique au milieu de l'Arbon et de l'Arly, ou peut-être entre les deux torrents qui forment l'Arly, le ruisseau du Glapet et le ruisseau du Planay. On estime que le nom pourrait également provenir de meg, « montagne » associé au suffixe -ève, signifiant « entre les montagnes ».

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Mezdiva (graphie de Conflans) ou Megéva (ORB)..

Histoire La mythique fondation de ce village fait intervenir le sire Faulignac de Gibertain qui tua un dragon, dont le sang forma la vallée où se trouve l'actuelle commune.

Une légendeJean-Baptiste Berthet, Histoire de Megève (Extrait concernant la légende sur Alberune.net). transmise oralement par les familles de Megève encore aujourd'hui attribue la création de Megève à Muffat et Grosset, qui auraient tué une vipère volante qui empêchait que l'on vive en ce lieu. Cette légende expliquerait également le nom du lieu-dit Tirecorde. Cette légende orale a été mise à l'écrit le par Jean Baptiste Berthet dans son Histoire de Megève et s'étale sur deux parties de son œuvre en six parties.

François Capré (1620 - 1705), dont la famille serait présente dans la vallée depuis le , président de la Chambre des comptes du duché de Savoie, achète les seigneuries de Megève et de Demi-Quartier, le (lire en ligne)..

Période contemporaine En 1792, le duché de Savoie est annexé par la France. Megève devient le chef-lieu d'un canton comprenant les communes de Demi-Quartier et de Praz-de-Megève, au sein du district de Cluses, dans le département du Mont-Blanc. Lors de la création du département du Léman, le , le canton de Megève est maintenu avec d'autres dans le Mont-Blanc afin de garder une certaine légitimité à l'appellation Mont-Blanc, puis par la loi du (), il en est détaché..