L’enclos paroissial de Pleyben est un enclos paroissial situé dans la commune de Pleyben dans le Finistère autour de l'église Saint-Germain. L'église a été classée sur la liste des monuments historiques de 1846, le calvaire a été classé par liste en 1875 et l'ossuaire a été classé par arrêté du . centré|vignette|Le plan de l'enclos en 1813. L'ossuaire est visible à gauche de l'enclos, et le calvaire en bas (avant d'être déplacé sur la gauche).

L’église Saint-Germain

Construction et restaurations

L'église Saint-Germain, dont la construction a commencé en 1530, a été consacrée en 1583 « à lonneur de Dieu, Notre-Dame, sainct Germain et sainte Catherine » comme le dit une inscription. Toutefois, un édifice antérieur au est attesté par les archives. Les transepts ont été réalisés pour le recteur Alain Kergadalen et datent de 1564 si on se fie à une inscription en lettres gothiques située à l´entrée du bras sud près de la porte de la sacristie. Les fenêtres ainsi que la porte sud dateraient de 1583 comme semble le prouver une inscription et une date sur le mur du bas-côté sud. La construction de la tour-porche débute en 1588, la date étant inscrite au-dessus de la clef de la porte. Interrompu pendant les guerres de la Ligue, les travaux ne reprennent qu´en 1633 pour s´achever en 1642.

Au cours des siècles, l’église connut plusieurs restaurations et reconstructions. Ainsi, au , le bras sud a été reconstruit en 1714 et la sacristie en 1719 à la suite de leur destruction causée par la chute de la partie haute de la tour-porche ébranlée par la foudre à la fin du . Au , le bas-côté nord a été remonté en 1811. La tour ouest a été consolidée en 1848, suivie d’une restauration générale de l´édifice entre 1858 et 1860http://www.infobretagne.com/pleyben.htm Infobretagne.

Description de l'extérieur de l'église

L'église Saint-Germain est de style gothique breton tardif. L'église a deux clochers : le grand clocher au-dessus du porche sud est une tour Renaissance coiffée d'un dôme à lanternons, et un autre de style cornouaillais. Le chevet est de style Beaumanoir.

La façade Ouest Sur cette façade de caractère ogival est planté le petit clocher gothique dit de Sainte-Catherine. Le clocher possède une chambre des cloches qui est surmontée d´une flèche culminant à 32 mètres. L’accès à cette tour se fait par une tourelle d´escalier, passant d’un plan carré au plan octogonal. Elle est reliée au clocher par une galerie aérienne. Sous ce clocher, la porte à anse double et accolade est surmontée de moulures et de contre-courbe de feuillages.

la façade Sud Le grand clocher dit de Saint Germain culmine à 47,5 mètres. Le clocher et le porche sont de style Renaissance et portent les dates de 1588 et 1591.

Le porche se caractérise par les colonnes engagées qui soutiennent la grande arcade d’entrée. Elles se composent de tambours cannelés et de bagues saillantes ornementées, et elles sont couronnées de chapiteaux corinthiens qui soutiennent une archivolte avec volute en feuilles d’acanthe. La base du porche est entourée d’un cordon de niches peu profondes. Les niches sont ornées de belles colonnettes et sont surmontées de frontons courbes.

Au-dessus de l’entablement de la façade, on trouve les statues agenouillées de la Vierge et de l'archange Gabriel dans la scène de l’Annonciation. Au milieu on voit une belle niche abritant la statue de saint Germain patron de l’église.

Plus haut une galerie, puis vient la base de la tour percée de deux longues baies sur chacune de ses faces. Elle est couronnée par une balustrade en encorbellement. Aux angles se dressent quatre beaux clochetons. Au milieu de ces clochetons, s’élève une grosse coupole octogonale qui est surmontée elle-même d’une lanterne élancée formant couronnement au clocher.

Dans le porche, les apôtres dans leurs niches portent, chacun, un phylactère. Au-dessus de la porte d’entrée, une statue du Sauveur tenant le globe du monde d’une main et bénissant de l’autre.

Description de l'intérieur de l'église

Les sablières de la nef

Le plan de l’église est en croix latine à une nef à cinq travées bordée de bas-côtés. La nef est relativement obscure car elle est éclairée indirectement au nord et au sud par trois fenêtres en plein cintre ou en arc brisé à réseau. Les bras du transept sont larges et saillants et ils sont percés chacun d´une baie en arc brisé à réseau. Les sols de la nef et du transept sont couverts par de grandes dalles de schiste. La nef est surmontée d'une voûte lambrissée entourée de belles sablières polychromes datant de 1571. Elles présentent des scènes très vivantes issues de la vie quotidienne, de la Bible ou même de la mythologie païenne.

Côté nord : Anges et lianes entourant des cartouches. Eunuque de la reine Candace qui lit les prophéties d'Isaïe. Ces prophéties lui sont expliquées par saint Philippe. Cadavre sur lequel rampe un serpent. Le cadavre est dans un cartouche tenu par deux personnages nus.

Évangélistes aux quatre angles du transept sous forme de statues à encorbellement (ou corbel). Ils tiennent, chacun, un phylactère avec les premiers mots de leur évangile.

Côté sud : Dans le coin du bas-côté : Diable sur les sablières. Têtes de mort et visages. Jésus portant la croix, suivi des deux larrons, des saintes femmes et de deux cavaliers. La sainte Face. Enfants. Ange tenant une tête de mort. Nouveau- né. Sonneur de biniou. Trois paysans qui labourent la terre avec une charrue. Le dernier est vêtu en fou. Il se retourne et regarde une statue en encorbellement représentant un joueur de biniou.

Chœur: Cinq Plaies du Christ: les deux pieds, les deux mains et le chœur. Annonciation. Sainte Face.

Transept sud: Anges tenant soit un vase soit une coupe. Nativité. Circoncision. Samaritaine. Prométhée et son vautour. Dragons.

Transept nord: Grotesques. Anges avec un cartouche indiquant la date de 1571. Judas et Caïphe. Soldat tirant au sort la Tunique du Christ. Têtes de mort.

116 clés de voute pendantes et décorées ornent les nervures de la charpente.

Les vitraux

Le vitrail principal, daté de la fin du , représente la Passion du Christ. Elle renferme les scènes suivantes : Le Christ lave les pieds des Apôtres. La Cène : saint Jean repose sur le cœur de Jésus. Un jeune serviteur apporte un plateau. La prière au Jardin des Oliviers : les trois disciples sont endormis, au fond Judas et sa cohorte. Baiser de Judas, saint Pierre coupe l’oreille du soldat Malchus. Au bas du panneau, l’écu de France est entouré du cordon de l’Ordre de Saint Michel. Jésus devant Pilate. Pilate se lave les mains. Sa femme lui adresse des reproches. Jésus est emmené par les soldats. Flagellation. Portement de la croix. Jésus tombe. Crucifixion étalée sur trois baies. Résurrection.

Les deux vitraux latéraux représentent l'un un Arbre de Jessé, l'autre Jésus et les Apôtres.

Le mobilier

Les fonts baptismaux

Les fonts baptismaux sont ornés de statues de saint Jean, sainte Élisabeth, saint Zacharie provenant d'un ancien retable. Autrefois, il y avait un quatrième personnage tenant les vêtements du Christ ; ce personnage se trouve actuellement dans le transept Sud à côté du groupe de saint Yves.

La statuaire

L'église est ornée de nombreuses statues polychromes dont une statue de saint Germain datant de 1555, provenant d'un calvaire ; dans la nef et les bas-côtés se trouvent des statues de saint Herbot, saint Yves, de saint Corentin, saint Antoine, sainte Geneviève, de saint Renan ainsi qu'une grande statue en bois de saint Guénolé datée du .

Les retables

Les retables actuellement en place datent de la fin du :

le retable à colonnes du Rosaire: les 15 médaillons des mystères du Rosaire entourent la Vierge remettant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Il est daté de 1698Il a été construit à l'initiative de la "confrérie du Rosaire", créée à Pleyben en 1644 (sculpté par des artisans locaux, Jean Le Seven du Cloître-Pleyben et Jean Cevaer de Pleyben)

le retable à tourelles du maître-autelAbbé Monfort, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Diocèse de Quimper, éditeur Kerangal, Quimper, 1924. daté de 1666 - 1667 qui représente le Christ Sauveur et les quatre Évangélistes Matthieu, Luc, Jean et MarcChanoine Abgrall. Sur les gradins sont d’admirables arabesques entremêlées d’anges et de dauphins. Les niches à tourelles des bouts abritent saint Germain et saint Jean Baptiste. Entre ces niches et le tabernacle, les encadrements sont enrichis des bustes du Christ et de la Vierge. Le tout est couronné de balustrades, clochetons, et lanternes finement sculptés. Ce retable a été réalisé par des sculpteurs de Brest et de Quimper sur le thème de l'Eucharistie et de la Parole divine.

le retable des Trépassés ou retable du Sacré-Cœur, daté du , est situé dans le bras sud du transept ; il représente une Descente de Croix.

Une belle armoire aux Saintes Huiles présente des personnages sculptés dont des Bretons en costume traditionnel.

Les orgues vignette|Les grandes orgues Les orgues ont été construites, par Thomas Dallam, entre 1688 et 1692 sur le modèle des orgues de l’abbaye de Daoulas, datant de 1670 et aujourd’hui disparues. Elles comprenaient un buffet à deux corps polychrome : le grand orgue et un positif de do(s), une console à deux claviers manuels et une pédale.

Thomas Dallam, maître facteur d’orgues, appartenait à une famille de facteurs d’orgues d’origine anglaise. Son grand-père, qui portait le même prénom, avait réalisé l’orgue du King’s College à Cambridge. Son père, Robert Dallam, dut quitter l’Angleterre en raison de persécutions religieuses. On lui doit de nombreuses orgues en Bretagne, notamment celles des cathédrales de Quimper et de Saint Pol de Léon.

De l’orgue de Thomas Dallam, il ne reste que le buffet, réalisé à Morlaix par Michel Madé en 1693.

L'ensemble du jeu a été simplifié en 1877. En effet, le facteur d’orgues Heyer enleva la partie instrumentale mise en place par Thomas Dallam. Il plaça une console à fenêtre à deux claviers de 54 notes, un grand orgue dans le buffet, et une nouvelle soufflerie. Mais le deuxième plan sonore ne fut pas installé.

La restauration de 1994 a été confiée à M. Denis Londe et à Réveillac, facteurs d’orgues à Frasne dans le Jura. Les travaux de restauration ont duré de à et ont consisté à restaurer le buffet, à compléter le grand orgue de Heyer et à reconstruire un positif des do(s) et une pédale indépendante. L’orgue actuel a 22 jeux. Il comprend le clavier grand orgue installé par Heyer, un positif de do(s) et une pédale mis en place par Denis Londe construits selon le savoir-faire du .

La sacristie La sacristie est située au chevet de l'église. Elle date de 1719. Elle reprend le plan quadrilobé de la chapelle bâtie pour Henri II à Villers-Cotterêts: une tour centrale avec une coupole et un lanternon, entourée de quatre tourelles avec coupoles au cul-de-four et contreforts à pinacles.

La croix de sel

La croix de sel (Croas an holen) est située presque au milieu du placître. Elle était initialement située en dehors de l'enclos, à l'est de l'arc monumental. Elle était le point de ralliement des paludiers de Guérande qui venait y vendre leur production, qui débitaient le sel sur l'emmarchement de la croix.

Le calvaire thumb|left|Le calvaire de Pleyben en 1880 (dessin)

La construction du calvaire

Le Calvaire monumental placé devant l'église est le plus massif de toute la Bretagne.

Sa construction en pierre de kersanton s'est déroulée en trois campagnes. Elle a débuté avec celle de l'église, en 1555, probablement effectuée par l'atelier landernéen des Prigent (date et inscription portée sur la statue de saint Germain au-dessus du porche de l´église : EN L´HONNEUR DE DIEV ET (NOTRE) DA (M) E ET MONSIEUR S GERMAIN CESTE CROIX FVST COME (N) CE 1555)