Thyez (se prononce Thié) est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La commune appartient au canton de Bonneville. Elle est une des dix villes de la communauté de communes Cluses-Arve et Montagnes (2CCAM).

Géographie

Contexte géomorphologique La commune de Thyez comprend :

la plaine de l'Arve en continuité des espaces urbains de la ville de Cluses. Cette plaine est principalement occupée par des habitations, des zones d'activité économique (commerces, artisans, industries), des zones de loisirs, des espaces naturels et agricoles ; le pied de coteau qui accueille des habitations et aussi des équipements (mairie et écoles) ; le côteau ou les « côtes de Thyez ». Cette zone pentue est principalement occupée par des habitations individuelles et comprend principalement les hameaux habités de Nierfait et de Rontalon. Plusieurs cours d'eau traversent Thyez : l'Englenaz, le ruisseau de Rontalon et du Nantillet, le Nant des Bossons et le Nanty. Ces ruisseaux sont des affluents de l'Arve qui s'écoule au sud de la commune.

Quartiers et Hameaux Bauchenet Brandnaz Champ de Gond Champ des Mottes Cul Plat Jovet Dessous La Place La Rassetaz Le Nanty Les Grands Champs Les Pierres Les Rapilles Nantillet Nierfait Plaizon Prés Dévoués Rontalon Ternier

Localisation La commune de Thyez est située dans la vallée de l'Arve, à l'ouest de Cluses. Elle est limitrophe des communes de Cluses, Scionzier, Marnaz, Vougy, Marignier, Mieussy et Châtillon-sur-Cluses.

Implantée au pied des contreforts du Haut Giffre, Thyez se situe à 45 km de Chamonix, à 50 km de Annecy et à 35 km de Annemasse.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Sigismond à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Thyez est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ClusesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Cluses comprend quatre villes-centres (Bonneville, Cluses, La Roche-sur-Foron, Scionzier) et quatorze communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cluses, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (37,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (25,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (32,4 %), zones urbanisées (28,6 %), forêts (28 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,7 %), prairies (2,2 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Morphologie urbaine La superficie de la ville est de . Elle comprend : une zone de montagne et forêt de ; une zone d'habitat de ; une zone agricole de ; quatre zones industrielles de .

Malgré un territoire très urbanisé, Thyez est la seule ville du fond de la vallée à conserver plus de 40 % de son territoire sous forme de terrain agricole. C'est également une agglomération qui est largement occupée par un territoire forestier avec une présence importante de conifères.

La population de Thyez se répartit pour une grande partie sur la plaine de l'Arve, et compte quelques hameaux qui se situe sur le côteau du Mont Orchez. Les secteurs non urbanisés de la ville sont occupés par la forêt et des zones agricoles.

Logement En 2022, la commune de Thyez compte dont 7.6 % de logements vacants.

90 % de ces logements constitue la résidence principale de leurs occupants, et 48.5 % des ménages ont emménagé à Thyez depuis plus de , dont 20 % depuis plus de .

La ville compte presque autant de maisons individuelles (44.5 %) que d'appartements (55 %). La majorité des Thylons sont propriétaires (60.9 % contre 37 % de locataires dont 15.4 % de locataires HLM en 2022). La part des propriétaires et des locataires évolue très peu sur la période 2011 à 2022.

Toponymie Les formes anciennes de la paroisse puis de la commune sont Todiacum (866), Tudesia (879), Tudesio (979), Tyes (1155), Thyez (1198), Theiz (1225), Thiez (1255), Tex (1289), Thyez (1301), Prior de Thies (vers 1344), Tielz (1444)...

Selon le site de la mairie, Thyez proviendrait du celte THY ou TYES qui signifie « habitation », « sur les eaux ». Le site d'Henry Suter mentionne une origine gallo-romaine, probablement issue d'un anthroponyme comme Tudius.

En francoprovençal savoyard, le nom de la commune se prononce « Tî » (retranscrit selon la graphie semi-phonétique de Conflans)..

Histoire

Période de l'Antiquité Au , la vallée de l'Arve était occupée par les Ceutrons, un peuple celte pacifique des Alpes, qui cohabitait avec les Allobroges. Les « thylons ceutrons » auraient empêché le franchissement des cols des Alpes de Hannibal.

Dans la moitié du jusqu’à la fin du , Thyez était une petite agglomération gallo-romaine secondaire., du type village-rue, le long de la voie romaine (traversant d'est en ouest l'agglomération de Thyez) menant au col du Grand-Saint-Bernard. Plusieurs indices laissent penser que cette voie stimulait l’activité du village. Des pieux en bois datant de l'Antiquité ont été découverts dans le lit de l'Arve montrant que l'agglomération était sans doute un point de franchissement de la rivière important de la région, et jouait un rôle dans les mouvements de population et les échanges commerciaux. À l'époque, l'agglomération s'étend sur de largeur du nord au sud et sur de long d'est en ouest. Stratégiquement, elle était positionnée entre l'Arve au sud qui fournit des ressources essentielles en eau, et les marais au nord protégeant l'agglomération des invasions. L’agglomération est plusieurs fois envahie par des crues importantes de l’Arve à cette périodeEmmanuel Ferber, « Le "village-rue" de Thyez durant l’Antiquité », Inrap, Rapport d’activités 2007, 30..Des fouilles, réalisées sur l'emplacement d'un ancien chenal de l'Arve, ont montré que des terrasses avaient été aménagées sur la rive droite de l'ancienne voie secondaire de l'Arve.

La terrasse haute (site de la Route de la Plaine), remblayée au cours de la première moitié du , était occupée par des maisons et des constructions résidentielles pérennes. Quatre bâtiments ont été installés sur cette haute terrasse, en grande partie détruits par un violent incendie au cours de la fin du ou au début du Par la suite, l'emplacement a été sans doute abandonné, puis trois bâtiments ont été construits au cours du sur le bâti détruit .

La terrasse basse, quant à elle, inondée à de nombreuses reprises, a été aménagée un peu plus tard, au cours du après avoir été remblayée. Les fouilles sur cette terrasse ont mis en évidence l'existence d'un bâtiment de qualité mesurant de largeur et de de long. Ce bâtiment rectangulaire orné de fresques murales peintes et d'un sol en béton blanc a ensuite subi d'importantes transformations sans doute pour répondre aux nouveaux besoins de la population. A la fin du , ce bâtiment a été détruit et remplacé par une construction de aux fondations particulièrement solides, sans doute utilisé pour des opérations de stockage liées aux activités commerciales de l'agglomération. Ce grand bâtiment a été détruit au cours du et ses matériaux ont fait l'objet d'une récupération complète. Par la suite, l'emplacement a été utilisé pour l'agriculture et le pâturage.

Des fouilles récentes ont mis en évidence l'existence d'éléments céramiques du Haut Empire, de nombreux vases datant de l'Antiquité tardive, et des bâtiments datant du (sans établir s'il s'agit de bâtiments distincts de ceux présentés ci-dessus). Certains murs portent des enduits verts, dont un avec une bande rouge, des fonds jaunes et aussi un décor à fond blanc rythmé par des filets rouges et jaunes. La présence de pilettes ou de carreaux de suspensura dans un des bâtiments (lors des fouilles Route des Lanches) laisse supposer que la pièce était chauffée et qu'il s'agissait possiblement d'un espace thermal. La découverte d'une structure de chauffe dans un terrain voisin ainsi que d'îlots d'habitation renforce d'abord l'hypothèse de l'espace thermal privé dans une riche domus. Néanmoins, à proximité, dans un terrain plus au sud, des dédicaces au dieu Mars avaient été découvertes et laissent à supposer que le lieu était davantage un espace de culte, équipé de thermes publics. En effet, le dieu Mars a été longtemps vénéré dans les itinéraires et les vallées alpines. Par la suite, l'édifice semble avoir été conservé et ré-utilisé jusqu'au .

Période médiévale