Linky est le nom du compteur électrique communicant conçu par Enedis (anciennement Électricité réseau distribution France, ERDF), principal gestionnaire du réseau électrique de distribution en France. En 2015, le déploiement des compteurs communicants pour le comptage de l'électricité est inscrit dans la loi relative à la « transition énergétique pour la croissance verte », en application de directives européennes, et en 2016, sur demande de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Enedis s'engage à les installer dans trente-cinq millions de foyers français à l'horizon 2021, avec pour ambition de couvrir l'intégralité du territoire français d'ici cette date.. L'installation du compteur fait l'objet de controverses et de contestations de la part de nombreux particuliers, d'associations de consommateurs et de plusieurs centaines de communes.

vignette|Linky, compteur communicant. vignette|Puissance apparente instantanée affichée par le compteur Linky. vignette|Affichage compteur Linky montrant la consommation en kilowattheures.

Historique Contexte Le développement de cette génération de compteurs trouve son origine dans deux directives européennes datant de 2006Art. 13 de : . et 2009. La dernière (2009/72/CE) dispose (Annexe 1, point 2) : « Si la mise en place de compteurs intelligents donne lieu à une évaluation favorable, au moins 80 % des clients seront équipés de systèmes intelligents de mesure d’ici à 2020 ».. La directive européenne ne crée aucune obligation aux États..

Sur les de l’Union européenne dont la décision est arrêtée, 6Le rapport de la Cour des comptes, qui dénombre huit pays dans ce cas, cite deux fois la Slovaquie.Les 3 régions Belges déploient les compteurs électriques digitaux. Il y eut un débat en 2018 ne prévoient pas le déploiement de l'installation de compteurs communicants ou bien seulement pour certains clients : l’Allemagne, la Lituanie, la Lettonie, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie.« Les compteurs électriques « intelligents » contestés en Allemagne et au Québec », bastamag.net, 16 avril 2014, consulté le 22 mars 2017....

Un compteur communicant utilisant la transmission par radio, dénommé Gazpar, est en cours d'installation chez les onze millions de consommateurs de gazAnne Feitz, « Compteur communicant : le déploiement de Gazpar va démarrer », Les Échos, 24 mars 2017..

Enedis lance le projet Linky en 2007 (le nom est trouvé en ) et a alors comme objectif d'équiper toute la France à l'horizon 2021.

De 2007 à 2009, les grandes orientations sont choisies (spécifications systèmes d'information, compteurs et concentrateurs, modes de communication, condition de l'expérimentation) et le consortium chargé de la création conjointe du système d'information et des matériels, ainsi que de la spécification des protocoles de communication est désigné. Placé sous la responsabilité d'Atos Origin France, ce dernier regroupe trois constructeurs (Landis+Gyr, Itron et Iskraemeco) et l'entreprise française Trialog, chargée d'élaborer le protocole de communication de type CPL« Compteurs ERDF communicants : le protocole CPL du projet pilote Linky est signé Trialog et Atos Origin », ElectroniqueS, 15 octobre 2009, consulté le 16 octobre 2015.« Du smart metering aux smart grids », trialog.com, consulté le 22 mars 2017..

Des projets analogues sont en cours en divers pays du monde, mais ont été repoussés ou bien limités, par exemple au QuébecSophie Chapelle, « Les compteurs électriques « intelligents » contestés en Allemagne et au Québec », sur bastamag.net, 16 avril 2014, consulté le 22 mars 2017..

Développement et groupe de travail Le projet de déploiement du compteur Linky est à l'origine pensé par deux acteurs (la CRE, l'autorité de régulation du secteur électrique, et l'acteur central du sous-système électrique en France de l'époque, EDF), au travers d'une initiative commune mais non-concertée.

Dès 2001, la CRE pointe du doigt les anciens compteurs électriques comme un obstacle à la libéralisation du secteur électrique (il est nécessaire pour que les consommateurs puissent choisir parmi plusieurs offres concurrentes que leurs données de comptage leur soient accessibles). Tandis qu'EDF voit dans le déploiement de compteurs communicants un moyen de fidéliser sa clientèle face à la future naissance d'offres concurrentes, ainsi qu'une opportunité de réduction de coûts du fonctionnement du réseau.

A l'initiative de la CRE, un groupe de travail est créé en 2004 : le GT Comptage. Ce groupe a pour ambition de réfléchir à la possibilité d'un déploiement national d'un dispositif de compteurs communicants et des modalités techniques liées à ce développement. Le GT Comptage réunit des commissaires de la CRE, des représentants d'EDF, de Direct Energie et d'Engie, le gestionnaire du réseau de distribution ERDF (aujourd'hui Enedis) et la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR). L'ensemble des acteurs vont travailler conjointement à la définition des caractéristiques nécessaires au développement d'un nouveau compteur permettant de répondre à l'objectif de diversification des offres énergétiques.

Expérimentation Avant le lancement de l'expérimentation, la CRE organise la création de plusieurs ateliers (supervisés par Enedis) afin de progresser sur la définition du compteur Linky avant sa future généralisation. De nouveaux acteurs font leur apparition dans le processus de réflexion : les associations de consommateurs (le Conseil national des associations familiales laïques par exemple), la Direction générale de la Concurrence, la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes et la Direction générale de l'Énergie et du Climat. Cette nouvelle contribution est à l'origine de l'émergence de nouvelles visions concernant le compteur, ainsi que de premiers conflits qui viennent questionner la cohérence du projet comme il avait été envisagé jusqu'alors.

Une expérimentation est lancée en .. Elle consiste à installer en Indre-et-Loire et à Lyon issus des productions des sociétés membres du consortium choisi lors de l'étude et à fournir à la commission de régulation de l'énergie (CRE). le retour d'expérience permettant au pouvoir public de décider ou non de la phase de généralisation.

Le compteur Linky est utilisé dans le cadre de plusieurs expérimentations de réseaux intelligents : Address, projet européen dont la partie expérimentale française s'est déroulée sur les îles bretonnes de Houat et Hœdic« Bretagne – Sécurisation de l’alimentation électrique des îles de Houat et Hœdic », site de la Commission de régulation de l'énergie, consulté le 5 septembre 2013.. ; GreenLys, à Lyon et GrenobleMichel Deprost, « Réseaux d'énergie intelligents : Greenlys testera l'efficacité de LINKY », Enviscope.com, 27 novembre 2011, consulté le 5 septembre 2013. ; IssyGrid, à Issy-les-Moulineaux« ERDF installe 100 compteurs communicants pour IssyGrid », site de la ville d'Issy-les-Moulineaux, juillet 2013, consulté le 5 septembre 2013. ; Nice Grid, à Carros ; Smart Electric Lyon, à LyonPierre-Alexandre Bevand, « Avec Smart Electric Lyon, la capitale des Gaules veut imaginer la ville intelligente de demain », Metronews, 28 octobre 2013 (consulté le 30 octobre 2013). ; Solenn (SOLidatrité ÉNergie iNnovation), à LorientS. Grammont, « Avec le projet Solenn, Lorient est à l’épreuve de la transition énergétique », France 3 Bretagne, 5 février 2015, consulté le 19 février 2015. ; Watt & Moi, à Lyon« Watt et moi : un site internet pour surveiller sa consommation d’électricité », Grand Lyon Magazine, le 21 mars 2013, consulté le 5 septembre 2013..

Durant la phase d'expérimentation, des interrogations sont soulevées, notamment par la CRE« Délibération de la CRE du 7 juillet 2011 portant communication sur les résultats de l’expérimentation d’ERDF relative au dispositif de comptage évolué Linky », site de la CRE, 7 juillet 2011, consulté le 8 avril 2014 ., qui doute de l'efficacité de l'affichage déporté de Linky (estimé à d’euros par l'ADEME« La facture du compteur intelligent risque de s'alourdir », lexpansion.lexpress.fr, consulté le 20 août 2013.). Finalement, alors que l’UFC—Que Choisir. se déclare toujours opposé aux compteurs Linky et affirme, entre autres informations, que l'installation des compteurs « entraînera une augmentation du tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (TURPE) et donc de la facture des consommateurs », la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publie un avis favorable en « Réseaux électriques – Dossier d'évaluation de l'expérimentation Linky », CRE, juin 2011, 32 , consulté 11 juin 2013. et conclut que Linky respecte les critères d'évaluationCritères et fonctionnalités fixées par la CRE dans sa communication du 6 juin 2007 et dans ses orientations du 10 septembre 2007 selon le rapport 2011..

Le bilan de l'expérimentation, publié par le Syndicat départemental de l'énergie d'Indre-et-Loire (SIEIL)« Enquête Linky », sur sieil37.fr , consulté le 22 mars 2017., signale que et que .

Validation Pendant l', les pouvoirs publics valident la conformité du projet Linky et autorisent sa généralisation auprès de tous les clients de France métropolitaine« Éric Besson annonce la généralisation des compteurs Linky d'ici 2018 », sur actu-environnement.com, 28 septembre 2011..

En , Delphine Batho, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, annonce que la mise en œuvre du projet Linky débutera fin 2014.. Elle indique qu'une concertation a été mise en place, en , sous forme de groupes de travail, entre les pouvoirs publics et de nombreux acteurs concernés par ce projet, dont l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), le médiateur national de l'énergie, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), les fournisseurs d'électricité, les gestionnaires de réseaux, les fédérations d'équipementiers et d'installateurs, les industriels du secteur de l'énergie, des représentants des collectivités locales et les associations de consommateurs. La ministre prévoit que le dépôt des conclusions de cette concertation, en , entre dans le débat national sur la transition énergétique et que les décisions permettant le déploiement des de compteurs chez tous les Français puissent être prises avant le mi-2013 et qu'ainsi, la concrétisation du projet prenne forme pour la fin 2014..

Le , le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lors de la présentation de son plan d'investissements publics pour l'avenir, sur dix ans, relance le projet« La transition écologique au cœur du programme d’investissements d’avenir », sur developpement-durable.gouv.fr, consulté le 21 août 2013.. Il annonce l'ouverture, durant l'été 2013, d’un appel d’offres pour le remplacement d'une partie du parc des compteurs électriques. Le but est de remplacer avant 2016 trois millions de compteurs électriques par Linky, avant de passer au remplacement total du parc, prévu pour 2020. Toutefois, la Commission de régulation de l'énergie a suggéré de freiner ce déploiement pour limiter les coûts, proposant d'atteindre un objectif de 90 % de Linky fin 2021Sophie Fabrégat, « Linky sera déployé à partir de 2015, avec des objectifs revus à la baisse », Actu-environnement, le 29 juillet 2014, consulté le 12 août 2015.. L'Ademe préconise une installation dans trente-cinq millions de foyers français à l'horizon 2021..

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