Georges Boris PallotBéatrice de Rochebouet, « Bill Pallot, la chute du "Père Lachaise" », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 2 / dimanche 3 juillet 2016, page 30., dit Bill Pallot, né le est un historien de l’art, expert en art, collectionneur français et faussaire condamné par la justice française pour avoir falsifié des chaises d'époque. Il a été chargé de cours à l'université Paris-Sorbonne.
Biographie Bill Pallot est le fils de Maurice-Claude Pallot, antiquaire en Bourgogne. Il est le benjamin d'une famille de quatre enfants. Il étudie d’abord les lettres classiques et l'histoire de l'art à l’université de Lyon, pour poursuivre dans le domaine de l'histoire de l'art à l'université Paris IV jusqu’à l'obtention de son diplôme d'études approfondies (DEA), soutenu en 1986 avec pour sujet « Les Tilliard et les Foliot, menuisiers en sièges aux ». Il a également été chargé de cours à l'université Paris-IV. Il commence à travailler à 23 ans, menant une vie mondaine assidueDominique Perrin, « Bill Pallot, gentleman arnaqueur », GQ , avril 2017, pages 120-126..
Chargé du département des meubles et objets d’art à la galerie Didier Aaron, antiquaire (Paris) pendant près de trente ans, consultant pour des grands collectionneurs privés, il est membre du Syndicat national des antiquaires (Paris). ; du Syndicat français des experts professionnels en œuvres d'art (Paris) et de la Compagnie des experts en ameublement près la cour d'appel de Paris ; assesseur de la Commission de conciliation et d'expertise douanièreAssesseur de la commission de conciliation et d'expertise douanière. et expert près la cour d'appel de Paris. Il a fait don au département des objets d'art du musée du Louvre d'un fauteuilc. 1770-1775, par N. Q. Foliot (1996, Inv OA 11813). et d'une chaisec. 1785, par IB Boulard (2004, Inv OA 12134).. Il a été mécène de la restauration d'une suite de quatre ployants d'époque Louis XIV2001, Inv 1972., appartenant au musée Jacquemart-André, et il a été membre du Cercle CressentPrésidente Maryvonne Pinault., mécène de la restauration des salles du département des objets d'art du musée du Louvre.
Distinction 2011 : Officier de l'ordre des Arts et des LettresChevalier en 1997.
Travaux Georges Pallot a publié une histoire du siège de 1700 au début du style Louis XVI« Bill Pallot, antiquaire » par Roxana Azimi, Journal des arts, avril 2011.. En publiant L’Art du siège au en FrancePublié en 1987, aux éditions ACR-Gismondi.À lire en ligne et/ou à télécharger sous format PDF, en cliquant sur ICI. puis Le Mobilier du musée du Louvre - sièges et consoles en 1993 aux éditions FatonVoir sur faton.fr., il était considéré comme l'un des experts reconnus des sièges du Siècle des LumièresVoir sur sylviabeder.com, mais la page n'existe plus.
À ce titre, il a été membre du comité scientifique de la grande exposition « Le , aux sources du design. Chefs-d'œuvre du mobilier, 1650-1790 », au château de VersaillesVersailles, du 28/10/2014 au 22/2/2015., et l'un des rédacteurs du catalogue l'accompagnant.
Controverses En , Bizoüard vend à Dijon deux chaises présentées comme venant de Bagatelle. Attribuées à Georges Jacob, elles portent effectivement la marque du château, un B. Elles proviennent du château de ChermontÀ Creuzier-le-Neuf, dans l'Allier. où avait vécu au une petite-fille du comte d'Artois, issue du mariage du duc de Berry avec Amy Brown. Ce château, qui appartenait à leurs descendants Faucigny-Lucinge, avait brûlé en 1960, mais du mobilier avait pu être sauvé. Les chaises sont adjugées à l'antiquaire Camille Bürgi pour . Aussitôt, une controverse surgit sur leur authenticité. Bill Pallot déclare :
Effectivement, la décoration en est très chargée et elles sont . Cela a suffi à faire douter l'acheteur qui n'avait pas vu les chaises et refusa de payer. Et pourtant, le décor de la chambre du comte d'Artois à Bagatelle est bien connu et dans cette Le Cabinet turc (une des period rooms du Louvre), s'en inspire et comprend nombre de meubles ayant appartenu au comte d'Artois., on retrouve d'autres meubles et sculptures de même style et de même provenancevoir Daniel Alcouffe (sous la direction de), La Folie d'Artois, 1988, dont un coffre fameux vendu en 1990. L'affaire a rebondi car Bizoüard, sans se démonter, a repassé les chaises en vente le après avoir laissé le temps aux spécialistes de les examiner à loisir. Le paradoxe est que Camille Bürgi, cette fois convaincu, les a achetées, mais il a dû payer deux fois le prix de la première adjudication…lire en ligne sur le Journal des Arts
En , nouvelle controverse, plus grave que la précédente car elle a eu des conséquences patrimoniales sérieuses et elle porte sur un des plus beaux fauteuils du , le seul survivant des fauteuils de FoliotFrançois II Foliot, petit-fils de Nicolas-Quinibert Foliot pour le pavillon du Belvédère à Trianon. , qui donc intéressait beaucoup les conservateurs de Versailles. Il s'agit de la vente par Sotheby's du fonds d'un antiquaire italien, Luigi Laura. Dans les semaines précédentes, le responsable du mobilier de Versailles, Christian Baulez, exprime le souhait de faire jouer la préemption pour ce fauteuil exceptionnel, qui est en outre un souvenir de Marie-Antoinette. Maryvonne PinaultVoir la notice de son mari, François Pinault, mécène et membre du conseil artistique des musées nationaux, s'en mêle et demande à Pierre Arizzoli-Clémentel, le directeur du musée, de prendre l'avis de Bill Pallot. Ce dernier rend son verdict :
Pierre Arizzoli prend alors le risque de refuser la préemption. Il niera plus tard avoir subi des pressions. Le fauteuil est adjugé 2 MF à un américain. Le piège est que le ministère de la Culture ne peut plus l'interdire de sortie du territoire. La direction des Musées de France lui fait néanmoins subir des examens qui ne sont pas négatifs et le confronte à son emplacement supposé au Belvédère : il s'ajuste parfaitement. Seules réserves, l'usure générale et la ceinture antérieure probablement changée. L'acheteur le fait restaurer et retapisser avec goût. Il le revend le chez Christie's Londres. Versailles est présent mais a un crédit insuffisant. Le fauteuil est adjugé Lire en ligne sur christies.com., soit presque huit fois le prix de 2001.
Démêlés judiciaires Le , Georges Pallot, ainsi que l'antiquaire parisien Laurent Kraemer, sont placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête conduite par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) sur un trafic de faux sièges du . Le , ils sont tous deux mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et éventuel blanchiment par une juge de Pontoise..
Laurent Kraemer est remis en liberté sous caution, mais Bill Pallot est placé en détention provisoire. Joël Loinard, doreur de l'atelier Bruno Desnoues, qui a été également interpellé le , est mis en examen pour complicité. Selon le journaliste Vincent Noce, Pallot aurait avoué avoir fait fabriquer deux copies d'une chaise du pavillon du Belvédère, au Petit Trianon, de Marie-Antoinette, par jeu et « pour défier les autorités du marché et de Versailles ». Elles ont été classées « trésor national » en , le décret vantant leur « extrême qualité » et leur « dorure d'origine ».. Le château de Versailles ne les ayant pas achetées, elles ont été vendues pour deux millions d'euros à un collectionneur étranger par la galerie Kraemer ; celle-ci les a récupérées en 2015 et remboursées à son client après avoir eu connaissance des doutes sur leur authenticité.. Bill Pallot est par ailleurs impliqué dans la vente de deux ployants de Foliot à Versailles par la galerie Aaron en 2012. L'authenticité de ces meubles est mise en douteLire en ligne sur connaissancedesarts.com..
Selon le journaliste Marc Leplongeon, Bill Pallot, en collaboration avec des artisans d'art, aurait également fait fabriquer trois chaises, soi-disant des Delanois venues du salon de madame du Barry, ainsi qu'une fausse bergère de Sené et une chaise Jacob venue du cabinet de la Méridienne. Tous ces objets ont été finalement acquis par le château de Versailles.
Le , Bill Pallot sort de détention..
En , Pallot et Desnoues sont inculpés pour ces faits et envoyés en correctionnelle par le parquet de Pontoise.
Du au , Georges Pallot, alias Le Père Lachaise, est jugé par le Tribunal correctionnel de Pontoise (Val d’Oise), aux côtés de la «galerie Kraemer qui se retrouve aussi sur le banc des prévenus».
Il y est « poursuivi pour tromperie, fraude fiscale et blanchiment... pour une valeur de 4,5 millions d’euros » et, à cette occasion, « continue à reconnaître qu’il a fait fabriquer par Bruno Desnoues 5 des 7 faux meubles ».
Le 11 juin 2025, il a été condamné à quatre ans de prison dont quatre mois ferme, 200.000 euros d'amende et une interdiction d'exercer la fonction d'expert pendant cinq ans.
Publications « 1772 : Fournisseurs et clients de Nicolas Heurtaut à l'époque néo-classique » in L'Estampille, , « Ecran de feu rocaille » in L'Estampille, , « Nicolas Heurtaut, menuisier et sculpteur en sièges », mémoire de maîtrise en Sorbonne, 1985 « Secrétaire de Canabas » in L'Estampille, , (sous le pseudonyme de Boris Guichené) « Les Tilliard et les Foliot, menuisiers en sièges », mémoire de DEA en Sorbonne, 1986 « Les meubles peints sur fond d'érable-sycomore », in Connaissance des Arts, , « Pour un Versailles italien » in Connaissance des Arts, , « Contant, Foliot et le palais Bernstorff » in « Chevotet Contant, Chaussard : un cabinet d'architecte au siècle des lumières », Paris, 1987, « L'Art du siège au en France (1720-1775) », Paris, 1987, éditions ACR-Gismondi « Les commodités de la conversation » in L'Objet d'Art, , « L'art du siège selon Nicolas Heurtaut » in Connaissance des arts, , « Le salon du baron Bernstorff par N.Q Foliot » in L'Estampille, , « Le syndrome du siège » in Drouot 1986-1987, 1987, « De l'élaboration d'un siège au » in Catalogue Salon d'Antibes, « 1793 : pour une poignée de livres » in Demeures et Châteaux, , « The art of chair in eighteenth century France », Paris, 1989, éditions ACR-Gismondi « 1700-1880, Meubles et objets d'art » catalogues de la galerie Didier Aaron, Paris, de 1990 à 2012Publications éditées, à l'occasion des Biennales des Antiquaires, à Paris. « Tous les chemins mènent à Bruxelles » in Connaissance des Arts, , « Dessins à desseins » in Connaissance des Arts, , « Mourir assis », éditorial de l'exposition « Sièges sous influences », Louvre des Antiquaires, mai- « Les sièges turcs du comte d'Artois » in L'Estampille - L'Objet d'art, , « Carlton House ou le goût du prince » in Connaissance des Arts", octobre 1991, « De quelques vérités sur le mobilier miniature », préface de l'exposition « Meubles miniatures et modèles », galerie Laloux-David, Bruxelles, décembre 1991 « L'évolution de la commode » in Connaissance des Arts, numéro spécial, septembre 1992, « Les quatre fauteuils de Madame Infante » in catalogue Biennale des Antiquaires, septembre 1992, « Le comte d'Artois » in Connaissance des arts, numéro spécial sur Bagatelle, 1993, « Le mobilier du musée du Louvre - Sièges et consoles s », Dijon, 1993, éditions Faton « Les sièges du château de Saint-Cloud » in L'Estampille - L'Objet d'art, octobre 1993, « Louvre chairs » in Antique, décembre 1993, « Un siège à succès de Nicolas Heurtaut » in L'Estampille - L'Objet d'art, octobre 1994, « Foliot et les sièges du baron Bernstorff » in catalogue Biennale des Antiquaires, novembre 1994, « Le mobilier du musée du Louvre - s », L’Estampille - L’Objet d’art, hors série (n° 10 H), 1994. Version simplifiée de l'ouvrage de 1993 « Le lit d'Effiat, rare témoignage du lit à la française au » et « Les différents types de lits et les créations des ornemanistes », in Dossier de l'Art , février-mars 1995, « Sur les traces du fauteuil de la duchesse de Parme » in L'Estampille - L'Objet d'art, mai 1995,