La communauté tibétaine en Suisse, aussi désignée sous le nom de Suisses tibétains Y. C. Dhardowa, Tibet PM Thanks Swiss for 50 years of Refugee Shelter, Tibet Post International, février 2011., remonte aux années 1960, où, pour répondre à l'attente de l'opinion publique suisse et à la demande du dalaï-lama d'accueillir des orphelins tibétains dans le pays, le gouvernement suisse accorda l'asile à des enfants tibétains exilés qui furent placés dans des familles d'accueil suisses ou au village d'enfants Pestalozzi à Trogen sous la garde de parents de substitution. Entre 1961 et 1964, obtinrent la permission de se rendre en Suisse. Ils furent suivis de adultes qui s’installèrent avec l'aide du gouvernement, de sources privées et de la Croix-Rouge suisse. Les années 1980 virent l'installation d'un nouveau contingent de plusieurs centaines de Tibétains Stephanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile: Politics at Large, Routledge, 2008, , ..
Au début des années 2010, la communauté tibétaine en Suisse, forte d'environ , est la plus importante d'Europe et la troisième au monde après celle de la région de l’Himalaya et celle des États-UnisMarzio Pescia, Sur les traces des Tibétains de Suisse, Swissinfo, 9 mars 2004..
En 2018, elle compte .
Implantation géographique De nombreux Tibétains se sont installés dans les Alpes suisses, leur terrain et climat étant, par leur caractère montagneux, similaires à ceux de l'HimalayaCorine Buchser, Les Tibétains, des réfugiés bienvenus en Suisse, 9 avril 2010, Swissinfo.
Action de Toni Hagen pour les réfugiés Dès 1961, soutenu par le Ministère des Affaires étrangères népalais et le dalaï-lama, le Suisse qui coordonnait, à la demande du CICR, l'aide d'urgence des réfugiés tibétains au Népal s'engagea avec succès pour leur accueil en SuisseJulien Cleyet-Marel, Le développement du système politique tibétain en exil, préface Richard Ghevontian, Fondation Varenne, 2013, , . Après la fuite des Tibétains en 1959 au Népal, Hagen organisa la réinstallation d'un petit groupe de réfugiés tibétains en Suisse , Chris McDowell, Risks and Reconstruction: Experiences of Resettlers and Refugees, World Bank Publications, 2000 , , ayant été le premier à entrer en contact avec le dalaï-lama et le lui proposer Peter Grieder, Exile. Not Empty-handed in Tibet: Buddhas, Götter, Heilige, ed Clara Barbara Wilpert, Maria Angela Algar, Museum der Kulturen Basel, Éditeur Prestel, 2001, , : . Toni Hagen et son épouse proposèrent même qu'une communauté monastique tibétaine s'établisse en Suisse Frank J. Korom, Constructing Tibetan culture: contemporary perspectives, World Heritage Press, 1997 : . Il réussit à faire venir environ à Tibétains en Suisse Morven McLean, Renowned geologist and Nepal expert Hagen dies, Swissinfo, 22 avril 2003.
Action Aeschimann : accueil de tibétains Selon les journalistes Titus Plattner et Sabine Pirolt et l'écrivain Gilles van Grasdorff, en août 1961, par l’entremise de l’alpiniste autrichien Heinrich Harrer, Charles Aeschimann, un industriel d'Olten, fait venir dans son pays, un premier groupe de tibétains. Grâce à l’entregent d’Aeschimann, un statut juridique spécial est créé à leur intention car ils ne sont pas des réfugiés, le Tibet n’existant pas en tant que nation. Jusqu’en 1964, l’action Aeschimann accueillera Thérèse Obrecht Asile en Suisse : les petits tibétains de Charles Aeschimann L'Illustré, mars 2016. Les familles d’accueil sont quelques-unes des familles les plus puissantes de Suisse, connaissances de l’industriel, et des membres des professions libérales (médecins, dentistes, ingénieurs) mais aussi des familles plus simples. L’action Aeschimann envoie à Dharamsala les dossiers et photos des familles d’accueil, les Tibétains se chargent du choix des enfants et de leur répartition dans les familles suisses. Parallèlement, le village d'enfants Pestalozzi à Trogen, accueille, dès les premiers mois de 1960, d’autres enfants tibétains encadrés par un couple de Tibétains, parents de substitution. Aux yeux des parents suisses, les enfants sont orphelins ou leurs parents sont dans l’incapacité de les prendre en charge. En 1964, un accord est passé entre l’action Aeschimann et le dalaï-lama, prévoyant que les enfants apprendront le tibétain et retourneront au pays une fois formés à un métier, ce qui exclut l’adoption. Dans la pratique, les parents adoptent officiellement les enfants et ceux-ci ne peuvent pas ou ne veulent pas apprendre le tibétain. Comme il n’y a pas de nom de famille au Tibet, les enfants prennent celui de leur famille d’accueilTitus Plattner et Sabine Pirolt, Le plan secret du dalaï-lama, L'Hebdo, 4 août 2005.Gilles van Grasdorff, Opération Shambala. Des SS au pays des dalaï-lamas, Presses du Châtelet, 2012, : ..
Cependant, le dalaï-lama, dans son autobiographie Au loin la liberté, mentionne avoir demandé l'aide à son ami le Aeschimann pour qu'il propose au gouvernement suisse d'accueillir des orphelins tibétains en SuisseDalaï-lama, Au loin la liberté, Éditeur Fayard, 1990, : .
Thubten Jigme Norbu devait se rendre en Suisse y rencontrer Aeschimann pour son projet d'installer des enfants tibétains au Village des Enfants de Pestalozzi près de Saint-Gall pour les orphelinsMary Craig, Kundun, traduction François Vidonne, . Il s'y rendit pour finaliser le projet du dalaï-lama..
Le projet est interrompu vers 1968 à la demande du dalaï-lama qui craignait que ces enfants ne perdent leur héritage culturel tibétain National geographic, Volume 134, National Geographic Society, 1968, : .
Dans son autobiographie publiée en 1990, le dalaï-lama écrit que la situation s'améliorant en Inde, l'aide généreuse de la nation suisse n'était plus nécessaire, même s'il lui reste reconnaissantDalaï-lama, .
Grâce au précédent que constitue l'action Aeschimann et à la demande de l'association de Toni Hagen, le Conseil fédéral décide, le , d'accueillir réfugiés tibétains, venus par familles entières, essentiellement en Suisse orientaleTitus Plattner et Sabine Pirolt, .Le dalaï lama remercie la Suisse, Swissinfo, 8 avril 2010. Ils s'installent avec l'aide du gouvernement suisse, qui couvre 75 % des dépenses, et de la Croix-rouge helvétique.
de Dharamsala En 1963, alors que nombre d'enfants tibétains mourraient en exil, du fait de la pauvreté et du manque d’hygiène, le dalaï-lama lance un appel international pour qu'ils soient adoptés. La Croix-Rouge suisse sélectionne un groupe de 60 Tibétains, incluant 10 enfants de Dharamsala dont Kelsang Gyaltsen alors âgé de . Deux moines accompagnent le groupe. Les dix enfants, installés à Toggenburg (SG), sont dispersés dans des familles d’accueil deux ans plus tard. Kelsang Gyaltsen est envoyé à Zurich, et reste en contact avec la communauté tibétaine et les moines qui jouent le rôle de « beaux-pères »Frédéric Koller, Le sherpa suisse du dalaï-lama, Le Temps, 31 mars 2009..
Vague des années 1980 Dans les années 1980, arriva en Suisse une vague de plusieurs centaines de Tibétains.
Intégration dans la société vignette|L'Institut tibétain de Rikon en 2009. La Suisse entreprit une politique d’intégration particulière avec les Tibétains, en les logeant dans des communautés et en les aidant à conserver leur culture, notamment avec le monastère bouddhiste de Rikon. Henri Kuhn et Jacques Kuhn, industriels codirecteurs d'une usine à Rikon, eurent une influence déterminante sur l'accueil de réfugiés tibétains et la fondation d'institutions bouddhistes tibétaines en Suisse. La population de Rikon fut sensibilisée à l'arrivée des réfugiés, ce qui évita les frictions. En , Rikon reçut 22 réfugiés tibétains. Leur intégration professionnelle fut un succès, mais des problèmes intergénérationnels et d'alcoolisme se développèrent. Le dalaï-lama suggéra que cela provenait d'un déficit d'autorité et d'orientation, problème que l'envoi de moines permettrait de résoudre. Avec des spécialistes du Tibet et d'autres donateurs, les frères Kuhn fondèrent l'Institut tibétain de Rikon en 1967. Ouvert en 1968, il fut le premier monastère tibétain d'Europe. À sa retraite en 1984, Jacques Kuhn se consacra à l'Institut qui abrite de nos jours une importante bibliothèque tibétaine. Des Tibétains, la plupart devenus citoyens suisses, comptent encore parmi les employés de l'entreprise Suisse : décès d’un des fondateurs de l’institut bouddhiste tibétain de Rikon, Religioscope, 12 janvier 2017.
Les Tibétains furent bien accueillis en Suisse dès leur arrivée, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés recevant même quantité d'appels téléphoniques de citoyens souhaitant savoir quand ces réfugiés allaient arriver. Les débuts de la communauté tibétaine en Suisse ont été difficiles, les enfants tibétains ayant rencontré des difficultés scolaires du fait de la barrière linguistique entre l'allemand et la langue tibétaine. Mais les Tibétains ont rapidement acquis une maîtrise de la langue allemande leur permettant d'aller à l'école avec les autres Suisses Tibetans in Switzerland, The Observer, 27 juin 1964.. Au fil du temps, les Tibétains se sont intégrés dans la société suisse, développant pour la plupart une double culture Julia Meredith Hess, Immigrant ambassadors: citizenship and belonging in the Tibetan diaspora, Stanford Universitary Press, 2009, , .. Certains Suisses ont même appris à parler tibétain. En Suisse, la communauté tibétaine finance sept écoles tibétaines, publie une revue et organise des fêtes traditionnelles tibétaines, dans le but de préserver la langue et la culture tibétaine.
Célébrations « Merci la Suisse » vignette|Le dalaï-lama arrivant à l’aéroport de Kloten à Zurich en octobre 1973. En avril 2010, le dalaï-lama participe aux célébrations « Merci la Suisse » organisées à Zurich par l'association Amitié helvético-tibétaine et la communauté tibétaine de Suisse et du LiechtensteinLe dalaï-lama témoigne de sa reconnaissance fondée en 1973 et qui compte , formant la plus grande communauté tibétaine en EuropeLe Dalaï Lama en visite à Bâle ce week-end, , 3 février 2015.
Population En 2005, 2000 à 2500 Tibétains vivaient en Suisse. Environ un tiers d'entre eux étaient nés dans le pays et un quart avaient obtenu leur naturalisationTitus Plattner et Sabine Pirolt, op. cit..
Dans la diaspora tibétaine, la communauté suisse est la plus importante d'Europe et la au monde après celle de la région de l’Himalaya et celle des États-UnisYannick Van der Schueren Au Tibet, la répression s’est aggravée sous le président Xi Tribune de Genève, 9 mars 2019.
En 2011, elle comprend environ , ce qui fait d'elle le deuxième plus grand groupe d'immigrants asiatiques en Suisse, derrière la .
En 2018, elle compte Visite de quatre jours du Dalaï Lama en terres zurichoises, La Liberté, 20 septembre 2018.
Dans le village de est installé depuis 1968 l’Institut tibétain de Rikon, le seul monastère tibétain de Suisse.
Trois cents Tibétains déboutés du droit d'asile invités à quitter la Suisse
Le il a été demandé à 300 Tibétains de quitter la Suisse.Swiss Government asks some 300 failed Tibetan asylum seekers to self-deport Tibetan Review, septembre 2017. Un Tibétain, Tashi Namgyal, s'est suicidé demandant notamment à la Suisse de revenir sur sa décisionTenzin Dharpo, Tibetan youth kills self in Switzerland: Tibetan issue, asylum for Tibetans his last words, Phayul.com, 12 septembre 2017Chime Tenzing, Remembering a true son of Tibet – Tashi Namgyal, Tibet Sun, 9 novembre 2017.
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