Clément-Pierre Marillier est un dessinateur et graveur en taille-douce et à l'eau-forte français né à Dijon le . Il vécut rue Saint-Jacques à Paris puis se retira dans sa propriété de Boissise-la-Bertrand (le château de Beaulieu-sur-Seine), dans l'arrondissement de Melun, où il meurt le .

Biographie Clément-Pierre Marillier, né du mariage de Jean-Baptiste Marillier, joueur d'instruments (Théophile Lhuillier, Le dessinateur Marillier, typographie de E. Plon, Nourrit et Cie, 1886.) et de Catherine Bouée, doit sa première formation artistique dans sa ville natale au peintre Morlot, dont nous savons uniquement qu'il fut actif à Dijon et Lunéville et que l'église Saint-Philibert de Dijon possède de lui une Descente de CroixDictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 9, page 867.. Ce premier maître, reconnaissant ses dispositions en peinture, fait admettre Clément Pierre Marillier en 1760 à Paris chez l'académicien Noël HalléHélène Meyer, Clément-Pierre Marillier - Notice biographique, Musée des beaux-arts de Dijon, 2000. qu'il quitte après deux années, dans la nécessité financière de soutenir sa très modeste famille, s'éloignant en même temps de la peinture en faveur du dessin et de la gravure à l'eau-forte, alors en vogue et de ressources plus immédiates, . Par cette seconde et définitive vocation, il devient l'ami d'Augustin de Saint-Aubin.

Le , Clément-Pierre Marillier épouse Marie-Thérèse Brusley (? - ) en l'église Saint-Benoît-le-Bétourné. Le ménage n'aura pas d'enfant.

Il fournit de nombreux dessins pour la gravure, notamment pour Pierre Duflos le Jeune et pour des livres illustrés. Il illustre en particulier Le Cabinet des fées. Louis Michel Halbou, mais surtout Emmanuel De Ghendt, gravent en vignettes ses compositions. Pour varier ses occupations, Marillier passe du dessin à la taille-douce et à l'eau-forte ; il a pourtant peu gravé, estime Théophile Lhuillier, .

C'est en que Clément-Pierre Marillier acquiert le château du siècle de Beaulieu, à Boissise-la-Bertrand, commençant à y séjourner fréquemment avant de s'y retirer définitement en 1786. Il y possède des vignes, , tels Jean-Michel Moreau, Nicolas de Launay ou Nicolas Ponce.

En même temps que son ami le graveur Nicolas Ponce, Clément-Pierre Marillier rallie la cause de la Révolution française, . Lorsqu'avec le découpage administratif de l'Assemblée constituante le village de Boissise-la-Bertrand devient chef-lieu de canton, Clément-Pierre Marillier, depuis son château de Beaulieu-sur-SeineLa carte briarde, Histoire de Boissise-la-Bertrand., , devient en 1792 membre du conseil général de l'administration départementale de Seine-et-Marne (il en est porté à la présidence le ), président de l'assemblée de canton du 20 brumaire au 13 nivôse an IV, puis juge de PaixLouis Michelin, Essais historiques statistiques sur le département de Seine-et-Marne, Dumoulin, Paris, 1841. du canton en l'an VII (1799) et membre du conseil d'arrondissement en l'an X (1802). Il est enfin maire de Boissise-la- Bertrand de (la lettre du de Clément-Pierre Marillier au préfet à propos de cette fonction est conservée par la bibliothèque de l'université de Princeton) au mois d'août suivant où il succombe des suites d'un accident cardio-vasculaire. Ses traits ne nous sont pas connus, n'ayant semble-t-il jamais été peints ni gravés par aucun des nombreux artistes qu'il côtoya.

Œuvre Contributions bibliophiliques Décennie 1760 Friedrich Gottlieb Klopstock (traduction de l'abbé Roman), La mort d'Adam, frontispice gravé par Pierre Gabriel Berthault et 3 eaux-fortes d'après Clément-Pierre Marillier, Prault, Paris, 1762. Anonyme, Étrennes ecclésiastiques, histoire et topographie de l'archevêché de Paris, frontispice gravé par Pierre-Gabriel Berthault d'après Clément-Pierre Marillier, Delalain et Desnos, Paris, 1762, réédition titrée Archevêché de Paris, divisé en ses trois archidiaconés, en ses deux archiprêtés et subdivisé en ses sept doyennés ruraux en 1764. L'imitation de Jésus-Christ, anonyme, traduction de Joseph Valart, frontispice par Joseph de Longueil et figures d'après Clément-Pierre Marillier, chez Barbou, Paris, 1764 (réimprimé en 1773 et en 1789, mêmes gravures). François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, Les amants malheureux ou le Comte de Comminges, suivi de Lettre de l'abbé de Rancé à un ami, écrite en son abbaye de la Trappe par Nicolas Barthe, frontispice gravé par Jean Massard et figures d'après Clément-Pierre Marillier, L'Esclapart, Paris, 1765. James Thomson, Les Saisons, frontispice gravé par Nicolas de Launay et 2 figues d'après Clément-Pierre Marillier, 1766. Alessandro Tassoni, Le seau enlevé, en-têtes et culs-de-lampe de Clément-Pierre Marillier, 2 volumes, Prault et Durand, 1766. Charles-Germain de Saint-Aubin, Premier et deuxième recueils de chiffres inventés par de Saint-Aubin, gravures de Clément-Pierre Marillier d'après Charles-Germain de Saint-Aubin, Veuve Chéreau, Paris, 1766 et 1770. James Ridley, Les contes des génies ou les charmantes leçons Horam, fils d'Asmar, frontispice et douze vignettes non signées d'après Clément-Pierre Marillier, 2 volumes, Marc-Michel Rey, Amsterdam, 1767. L'Arioste, Roland furieux, 10 vignettes d'après Clément-Pierre Marillier, 1767. François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, Anecdotes et nouvelles, figures, vignettes et culs-de-lampe d'après Clément-Pierre Marillier, 1767. Barnabé Farmian Durosoy, Les Sens, poème en six chants, titre gravé par Joseph de Longueil d'après Clément-Pierre Marillier, deuxième édition, Paris, 1767. Louis-Sébastien Mercier, Contes moraux ou les hommes comme il y en a peu, figures gravées par Nicolas de Launay et Emmanuel De Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier, 2 volumes, chez Mélin, Paris, 1768. Louis-Sébastien Mercier, Jenneval ou le Barnevelt français, figure gravée par Emmanuel De Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier, Le Jay, Paris, 1768. Edward Young, Les nuits, 2 frontispices gravés par Charles-André Mercier d'après Clément-Pierre Marillier, 2 volumes, Le Jay, Paris, 1768. Pierre-Antoine de La Place, Oronoko ou le prince nègre, imitation de l'anglais (d'après Aphra Behn), 5 figures gravées par Bernard Baron d'après Clément-Pierre Marillier, chez Vente, Paris, 1769. Anonyme, État actuel de la musique du Roi et des trois spectacles de Paris, titre, frontispice et 3 figures gravés par Jean-Michel Moreau et Baron d'après Clément-Pierre Marillier (autres gravures par Louis-Joseph Masquelier d'après Charles-Nicolas Cochin), 1769, réimprimé en 1774 et 1777. Décennie 1770

Edme-Louis Billardon de Sauvigny, Apologues orientaux dédiés à Monseigneur le Dauphin, Duchesne, Paris, 1770. Claude-Joseph Dorat, Les baisers, précédés du mois de mai, figures et 46 vignettes ou culs-de-lampe gravés par Aliamet, Nicolas de Launay, Joseph de Longueil et Louis-Joseph Masquelier d'après Clément-Pierre Marillier et Charles Eisen, Delalain, Paris, 1770. François-Guillaume Desfontaines, Les bains de Diane, poème, titre et 3 figures gravés par Emmanuel De Ghendt, Jean Massard, Nicolas Ponce et Nicolas-Joseph Voyez l'Aîné d'après Clément-Pierre Marillier, chez Costard, Paris, 1770. Louis-Sébastien Mercier, Le déserteur, figure gravée par Emmanuel De Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier, Le Jay, Paris, 1770. Charles de la Vieuville, marquis de Saint-Chamond et Marie-Jeanne Riccoboni, Ah ! Que c'est bête !, gravures de Louis Michel Halbou d'après Clément-Pierre Marillier, Paris, 1770. Missel de Noyon, frontispice gravé par Antoine-François Hémery d'après Clément-Pierre Marillier, 1770. Nicolas-Germain Léonard, Poésies pastorales, titre gravé par Emmanuel De Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier (2 autres vignettes par Charles Eisen), Le Jay, Paris, 1771. Louis-Sébastien Mercier, Olinde et Sophronie, figure gravée par Antoine-Jean Duclos d'après Clément-Pierre Marillier, Le Jay, Paris, 1771. Dom Charles Jean-Baptiste Devienne, Histoire de Bordeaux, frontispice gravé à l'eau-forte de Clément-Pierre Marillier, Bordeaux, 1771. Louis-Sébastien Mercier, Le faux-ami, figure gravée par Emmanuel de Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier, 1772. Louis-Sébastien Mercier, L'indigent, figure gravée par Nicolas-Joseph Voyez l'Aîné d'après Clément-Pierre Marillier, Le Jay, Paris, 1772. René Rapin, Herborum Libri IV - Poème des Jardins, frontispice gravé par Joseph de Longueil d'après Clément-Pierre Marillier, Dufour, Paris, 1773. Claude-Joseph Dorat, Fables allégoriques ou philosophiques et Fables nouvelles, gravures de Jean-Charles Baquoy, Pierre Duflos le Jeune, Emmanuel De Ghendt, Yves-Marie Le Gouaz, Nicolas de Launay, Pierre Adrien Le Beau, Jacques Le Roy, Joseph de Longueil, Louis-Joseph Masquelier et François Denis Née d'après Clément-Pierre Marillier, chez Delalain, Paris, 1772 et 1773. Edme-Louis Billardon de Sauvigny, , frontispice, titres et 15 vignettes (dont 9 portraits gravés par Nicolas Ponce) d'après Clément-Pierre Marillier, 9 volumes, Ruault, Paris, 1773. Louis-Sébastien Mercier, Épître d'Héloïse et Abélard imitée d'Alexander Pope, frontispice, vignette et cul-de-lampe gravés par Pierre Adrien Le Beau et François Denis Née d'après Clément-Pierre Marillier, Veuve Duchesne, Paris, 1774. Claude-Sixte Sautreau de Marsy, Recueil des meilleurs contes en vers 2 vignettes et 2 culs-de-lampe gravés par Emmanuel De Ghendt d'après Clément-Pierre Marillier, Delalain, 1774. Gaspard Guillard de Beaurieu, L'élève de la nature, 3 volumes, figure en taille-douce de Clément-Pierre Marillier, 1774. Pierre Fulcrand de Rosset, L'agriculture, vignettes et fleurons de Clément-Pierre Marillier, Imprimerie royale, 1774. Barthélemy Imbert, Historiettes, ou nouvelles en vers, Vignettes de Clément-Pierre Marillier et Jean-Michel Moreau, Amsterdam, 1774. François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, Nouvelles historiques, 3 volumes, figures gravées par Nicolas de Launay, Étienne Fessard, Louis Michel Halbon, Joseph de Longueil, Philippe Trière d'après Clément-Pierre Marillier, Charles Eisen et Jean-Jacques Le Barbier, Delalain, Paris, 1774-1783. Guillaume-Thomas Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements de commerce des Européens dans les deux Indes, 3 volumes, 3 vignettes et 7 figures par Clément-Pierre Marillier, Genève, 1775. Adrien-Michel-Hyacinthe Blin de Sainmore, Joachim ou le triomphe de la piété filiale, figure gravée par Pierre Duflos le Jeune d'après Clément-Pierre Marillier, Les libraires associés, Paris, 1775. Adrien Richer, Théâtre du monde, où, par des exemples tirés des auteurs anciens et modernes, les vertus et les vices sont mis en opposition, 20 figures gravées par Jean Dambrun, Jean-Louis Delignon, Charles-Étienne Gaucher d'après Clément-Pierre Marillier et Jean-Michel Moreau, Saillant, Paris, 1775. Voltaire, Théâtre, figure gravée par Élisabeth Thiébault d'après Clément-Pierre Marillier, Genève, 1775. Jean-Paul-André Razins de Saint-Marc, Œuvres, vignettes de Clément-Pierre Marillier, Genève, 1775. Laurent Angliviel de La Beaumelle, Commentaire de La Henriade, titre avec portraits médaillons de Voltaire, La Baumelle et Élie Fréron par Clément-Pierre Marguillier et Saint-Aubin, Le Jay, Paris, 1775. Antoine Court de Gébelin, Le monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne, 9 volumes, 41 planches dessinées par Clément-Pierre Marillier et Claude Bornet, Durand, Paris, 1775-1787. François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, Les Épreuves du sentiments, 27 figures, 27 vignettes et 27 culs-de-lampe gravés par Louis Binet, Étienne Fessard, Emmanuel De Ghendt, Louis Michel Halbou, Nicolas de Launay, d'après Clément-Pierre Marillier, Charles Eisen et Jean-Jacques Le Barbier, 6 volumes, Delalain, Paris, 1775-1780. Arnaud Berquin, Idylles suivi de Romances, 2 volumes, frontispice et 24 gravures en taille-douce de Charles-Étienne Gaucher, Emmanuel de Ghendt, Nicolas de Launay, Yves-Marie Le Gouaz, Louis-Joseph Masquelier et Nicolas Ponce d'après Clément-Pierre Marillier, Ruault, Paris, 1775 et 1776.