290px|vignette|droite|Le drapeau de la Force publique Les Campagnes d'Afrique de l'Est sont les opérations militaires de la Force publique du Congo belge en Afrique de l'Est pendant les Première et Seconde Guerres mondiales.

Première Guerre mondiale Préambule Le , une communication télégraphique annonçant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la Belgique et celle du Royaume-Uni à l'Allemagne parvient à l'administrateur général de l'Afrique orientale allemande, le gouverneur Heinrich Schnee. Des communications similaires arrivent au gouverneur général du Congo belge Félix Fuchs et au gouverneur de l'Afrique orientale britannique . Tous trois, conformément aux articles du de l'Acte général de la conférence de Berlin de 1885Acte général de la conférence de Berlin de 1885 ., ordonnent qu'aucune action hostile ne soit prise. Une autre raison est qu'aucune colonie n'a beaucoup de troupes militaires. Au Congo belge, la Force publique fonctionne plus comme une force de police que comme une armée.

Cependant le commandant de la troupe impériale de protection de l'Afrique orientale, le lieutenant-colonel Paul von Lettow-Vorbeck, ignorant les ordres de Schnee, prépare son armée au combat et la renforce. De 260 Allemands et au , les Schutztruppen vont s'agrandir jusqu'à compter, au , , et Les Ruga-Ruga font partie de l'ethnie des Ngoni et vivent principalement en Tanzanie. Ils étaient utilisés comme troupe auxiliaire dans le sens qu'ils n'avaient ni uniforme ni arme à feu. Leur mission principale était la reconnaissance. assistés par page 145

Les premiers affrontements Alerté des préparatifs allemands, le commandant en chef de la Force publique, le lieutenant-général Charles Tombeur ordonne la mobilisation le .

Les premiers affrontements entre les Belges et les Allemands vont se concentrer sur le lac Tanganyika et sur ses rives.

Le , les troupes allemandes stationnées au nord de leur colonie bombardent et attaquent Uvira, à l'extrême nord du lac Tanganyika et s'emparent de l'île d'Idjwi sur le lac Kivu. Le , le SMS Hedwig von WissmanComposante marine des forces armées belges, fiche technique du Hedwig von Wissman ouvre le feu sur le port d'Albertville et parvient à faire s'échouer l'Alexandre DelcommuneComposante marine des forces armées belges, fiche technique de l'Alexandre Delcommune qu'il avait déjà tenté par deux fois de couler dans les jours précédents.

Croyant les Belges hors d'état de leur causer des problèmes, car n'ayant plus que la péniche Mosselback (surnommée aussi la Dix-tonne)Composante marine des forces armées belges, fiche technique de la Mosselback , les Allemands, avec le SMS Hedwig von Wissman et le SMS KinganiComposante marine des forces armées belges, fiche technique du Kingani concentrent alors leurs actions sur les eaux rhodésiennes du lac. Le , 40 askaris et 80 Ruga-Ruga attaquent, pendant 3 jours, Abercorn puis rompent le combat à l'arrivée d'Olsen et du de la Force publique venus de Kitope« Kitope » est le nom originel de la localité, elle s'appelle ensuite « Baudouinville » puis, actuellement, « Moba », en renfort, à la demande des Rhodésiens. Le , les Allemands coulent les SS good News et SS Morning Star et le SS Cecil Rhode le lendemainThe Lowdown Zambia, Zambia's War Wrecks . En , ils pensent asseoir définitivement leur suprématie en lançant la canonnière SMS Graf von GötzenComposante marine des forces armées belges, fiche technique du Graf von Götzen .

Cependant, les Belges recomposent une flottille non seulement en réparant l'Alexandre Delcommune, qui s'appelle désormais le Vengeur, mais aussi en mettant à flot la vedette rapide NettaComposante marine des forces armées belges, fiche technique de la Netta . En plus, ils reçoivent, en renfort, des Britanniques les deux croiseurs à moteur à essence HMS Mimi et HMS Toutou commandées par Geoffrey Spicer-SimsonComposante marine des forces armées belges, fiche technique des Mimi et Toutou . Grâce au ministre des Affaires étrangères Julien Davignon et au ministre des Colonies Jules Renkin, ils se dotent aussi d'une force aérienne avec quatre hydravions Short Type 827, fournis par le Royaume-UniJulien Davignon et Jules Renkin avaient auparavant tenté d'obtenir ce type de matériel auprès des Français qui refusèrent, ne croyant à l'avenir de l'aéronautique navale., qu'ils basent à M'toa ( au nord d'Albertville)Congo-1960.be, Les hydravions belges au Tanganyika, article de Jean-Pierre Song .

La contre-offensive et la « bataille pour le Tanganyika » peut maintenant débuter.

La campagne de 1916 235px|vignette|droite|Le lieutenant général Charles Tombeur. En , les troupes britanniques sont sous les ordres d'un nouveau commandant en chef, le général d'armée Jan Smuts de l'Union d'Afrique du Sud. Son rôle est de coordonner les actions militaires des troupes belgo-britanniques suivant les plans échafaudés par l'état-major général britannique.

La mission dévolue à la Force publique est la prise de contrôle de tout le nord-ouest de l'Afrique orientale allemande jusqu'au lac Victoria, à l'est ; jusqu'à Karema, au sud, et surtout la portion de la ligne du chemin de fer allemand () allant d'Ujiji à Tabora. Sur son flanc gauche, se trouve la brigade du brigadier-général sud-africain Charles Preston Crewe et sur son flanc droit des troupes rhodésiennes commandées par le brigadier-général britannique Edward Northey.

À partir du , la Force publique commandée par Charles Tombeur est massée entre les lac Édouard et Tanganyika mais limite ses opérations à des patrouilles frontalières.

Elle est divisée en deux brigades : la « brigade sud » positionnée entre les lacs Tanganyika et Kivu sauf le bataillon qui est stationné à Kitope et la « brigade nord » placée entre les lacs Édouard et Kivu.

Composition des brigades référencepage 156. Commandement général : général-major Charles Tombeur, chef d'état-major : lieutenant-colonel Auguste Tilkens ; effectif total des brigades « nord » et « sud » : , assistés par environ Le nombre total de porteurs utilisés par la Force publique pendant toute la durée du conflit avoisine les ..

Brigade sud Commandement : lieutenant-colonel Frederik-Valdemar Olsen ; Composition : d'infanterie, armé du fusil Mauser 71 pour la troupe et du fusil Mauser 98 pour les sous-officiers, d'infanterie, armé soit du fusil Mauser 71 soit du fusil Gras pour la troupe et du fusil Mauser 98 pour les sous-officiers, et batteries d'artillerie de campagne, compagnie de pionniers-pontonniers, de télégraphistes, services de santé, logistique, postal et financier. d'infanterie Commandement : major Stinglhamber puis, à partir du , lieutenant-colonel Georges Moulaert.

Brigade nord Commandement : colonel Philippe Molitor puis, à partir de , lieutenant-colonel Armand HuyghéÀ la suite d'une maladie contractée en août et à un différend puis à un incident qui l'oppose au vice gouverneur général du Congo belge Justin Malfeyt, Philippe Molitor est renvoyé en Belgique et remplacé par Armand Huyghé ; Composition : régiment d'infanterie, commandé par le major Bataille, armé du fusil Mauser 71 pour la troupe et du fusil Mauser 98 pour les sous-officiers, d'infanterie, commandé par le major Jean Rouling, armé du fusil Gras pour la troupe et du fusil Mauser 98 pour les sous-officiers, et d'artillerie de campagne, de mortiers, de pionniers-pontonniers, de télégraphistes, services de santé, logistique, postal et financier.

Déroulement 200px|vignette|droite|Itinéraires de la Force publique pendant la campagne de 1916 en Afrique orientale allemande L'opération qui doit se dérouler en 4 temps débute le : : marche conjointe des deux brigades sur la transversale Nyanza-Kigali et contrôle du Ruanda ; : marche en éventail sur la transversale Usumbura-lac Victoria et contrôle de l'Urundi et de l'Ussuwi ; : conquête de Kigoma pour la « brigade sud » et de Mwanza pour la « brigade nord » ; : marche en entonnoir sur Tabora, prise de la ville et jonction avec les troupes britanniques du brigadier-général Crewe.

Brigade sud Partie de Bukavu, le libère l'île d'Idjwi le et atteint Nyanza le 19 tandis que le se déploie, dans un premier temps, sur toute la frontière le long de la rivière Ruzizi avant d'atteindre Usumbura le . Kitega est atteint le par le et, peu après, par le . Le , toute la brigade quitte Kitega pour atteindre Kigoma, le 27, Ujiji le 28 puis le 30. Sans réels combats, la Force publique est maintenant maître de de la voie ferrée des chemins de fer allemands de Dar es Salam à Ujiji qu'il faut réparer à la suite des sabotages opérés par les Schutztruppen pendant leur fuite vers Tabora. Cette réparation est essentielle car la voie ferrée doit permettre le ravitaillement de la brigade. L'avancée vers Tabora se poursuit, de nouveau en deux colonnes. Le suit la voie de chemin de fer tout en réparant les dommages. Le suit une parallèle plus au sud qui doit servir de première ligne de défense contre une éventuelle contre-attaque allemande. Le , le est rejoint, à Kiluromo, par le parti de Le a occupé Karema du au en position d'attente d'une contre-attaque contre une éventuelle attaque allemande venue du sud. 20 jours plus tôt. À hauteur d'Ugombe, ils bifurquent vers la voie ferrée et prennent Kalunde ainsi que la gare d'Usoke le alors que le n'est arrivé qu'à Kombe. Le , la brigade entière entame les premières lignes de défenses de Tabora. Elle est rejointe par la « brigade nord » pendant la nuit du 13 au 14.

Brigade nord Le , parti du nord des montagnes des Virunga, occupe Kamwesi dès le puis Kigali le tandis que le , parti de Goma, y arrive le suivant. Le , le occupe Biharamulo tandis que le occupe l'est de la localité jusqu'à Nyamirembe sur le lac Victoria. C'est de cette dernière localité qu'une partie du service de logistique est embarquée pour Mwanza occupée par les troupes britanniques du brigadier-général sud-africain Charles Preston Crewe depuis le . Sa mission est d'établir un centre de ravitaillement et postal pour la brigade à Mwanza et un autre à Kisumu. Le , au mont KatoLe mont Kato est situé à environ au sud-est de Biharamulo., la brigade engage son premier vrai combat qui permet la capture du hauptmann Godovius mais occasionne aussi de graves blessures au major RoulingLe major Jean Rouling est blessé de cinq balles dont une qui lui a percé l'œil gauche.. Si la colonne allemande est anéantie après de lutte, les pertes pour la brigade sont également importantes : tués : et ; blessés : et ; disparus : . La brigade quitte Biharamulo le et livre à nouveau combat les 14 et à Diobahika contre avant de parvenir à où la jonction avec les Britanniques de Crewe est effectuée. Laissant ces derniers empêtrés dans leurs problèmes de télécommunication et de logistique, la brigade se met rapidement en mouvement et atteint Tabora dans la nuit du 13 au .

Prise de Tabora 200px|vignette|droite|Zones occupées par la Force publique en Afrique orientale allemande entre le et le .

La « brigade sud » entame les premières lignes de défense de Tabora le . Elle est rejointe par la « brigade nord » pendant la nuit du 13 au 14. Les combats violents durent jusqu'au mettant en fuite les troupes du major-général . Crewe n'arrive à Tabora que le alors que la position est entièrement sécurisée par la Force publique. Cette prise « décapite » ainsi le soutien logistique des Allemands et achève le contrôle total par les troupes de la coalition belgo-britannique sur le chemin de fer allemand de la Tanganjikabahn.

Épilogue Le commandant en chef britannique, le général d'armée Jan Smuts, par peur d'une possible prétention des Belges sur la colonie allemande, demande à ceux-ci de rentrer au Congo belge et de préserver la sécurité au Ruanda et en Urundi.