Les élections générales espagnoles de (, désignées sous le numéronyme 20-N) se tiennent le dimanche de manière anticipée, afin d'élire les et de la des Cortes Generales.

Le scrutin est organisé avec cinq mois d'avance sur le terme de la . Il se tient dans le contexte d'une crise économique majeure et voit le président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, issu du Parti socialiste et au pouvoir depuis , se retirer de la vie politique. Six mois auparavant, les élections municipales et des parlements autonomes ont donné une large victoire au Parti populaire, qui s'est imposé dans des bastions historiques de la gauche.

Les résultats montrent une déroute historique des socialistes conduits par l'ancien ministre de l'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba, largement devancés par les conservateurs du chef de l'opposition Mariano Rajoy. Ils marquent également une forte progression des partis du centre droit et de droite, qui remportent ensemble la majorité des suffrages exprimés, une première depuis .

Un mois plus tard, Mariano Rajoy est effectivement investi président du gouvernement et forme l'exécutif le plus réduit de l'histoire post-franquiste. En , Alfredo Pérez Rubalcaba prend la succession de José Luis Rodríguez Zapatero au secrétariat général du Parti socialiste après avoir défait l'ex-ministre de la Défense Carme Chacón lors du congrès socialiste.

Contexte Lors des élections générales du 9 mars 2008, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero, au pouvoir depuis 2004, infligeait une nouvelle défaite au Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, sans toutefois atteindre la majorité absolue des sièges au Congrès des députés. Réinvesti président du gouvernement au second tour de scrutin en avril, Zapatero présente ensuite un gouvernement majoritairement féminin « Los Ministros de Zapatero », El Mundo. principalement préoccupé par les questions de société.

Toutefois, l'Espagne est rapidement victime des conséquences de la crise qui frappe alors l'économie mondiale. L'effondrement des secteurs bancaires et immobiliers, sur lesquels le pays avait bâti sa croissance, entraîne une forte récession et une montée en flèche du niveau de chômage jusqu'à 20 % de la population active, du jamais vu depuis quinze ans « El paro en España dobla al de la Eurozona », El País, le . « El desempleo en España, un empacho de ladrillo y sangría », El País, le .. Après avoir pris des mesures destinées à relancer l'économie nationale, le chef du gouvernement procède à un remaniement au cours duquel il remplace son ministre de l'Économie, Pedro Solbes, par Elena Salgado « Zapatero cambia el Gobierno un año después de estrenar su segunda legislatura », El Mundo, le .. Cette année-là, le PSOE perd les régionales en Galice « El PP recupera la Xunta », El Mundo, le . et les élections européennes « Recuento nacional », El País..

À la suite de la crise de la dette publique grecque, en 2010, la majorité des pays de l'Union européenne adopte des plans d'austérité budgétaire. Alors que la crise s'étend à l'ensemble de la zone euro, le gouvernement de Zapatero annonce un plan de rigueur prévoyant la baisse du traitement des fonctionnaires, un réhaussement de l'âge légal de départ à la retraite « El Gobierno prepara un ajuste duro », Cadena SER, le .. Il procède dans le même temps à plusieurs réorganisations de l'administration publique, afin d'en réduire les coûts, et fait voter la loi relative à l'économie durable (LES), censée changer le modèle de développement économique espagnol « Las claves para entender la ley de Economía sostenible », El Mundo, le ..

En 2011, Zapatero fait savoir qu'il ne sera pas candidat à sa succession aux prochaines élections générales « Zapatero no será candidato en 2012 », ABC, le ., ce qui n'empêche pas le PP de remporter largement les élections régionales et locales du 22 mai avec plus de dix points d'avance au niveau national, les socialistes perdant leurs fiefs des Asturies, de Castille-La Manche et d'Estrémadure « El PP logra la victoria », La Sexta, le .. Deux mois plus tard, il annonce la tenue de législatives anticipées, convoquées avec quatre mois d'avance sur le calendrier prévu.

Mode de scrutin L'Espagne dispose d'un parlement bicaméral, les Cortes Generales, composé d'une chambre basse, le Congrès des députés (), et d'une chambre haute, le Sénat (). Les députés comme les sénateurs sont élus pour quatre ans.. Le scrutin pour leur renouvellement se tient après la publication du décret de convocation des électeurs au Bulletin officiel de l'État (BOE)..

Pour le Congrès des députés Le Congrès des députés est composé de pourvus au scrutin proportionnel plurinominal à listes fermées dans 52 circonscriptions correspondant aux 50 provinces du pays ainsi qu'aux villes autonomes de Ceuta et de Melilla. Le nombre de députés qui leur est alloué est variable en fonction de leur population, avec néanmoins un minimum de deux sièges par province, à l'exception des villes autonomes qui n'ont chacune en tout qu'un seul siège et pour laquelle les élections se tiennent donc de facto au scrutin uninominal majoritaire à un tour..

Après décompte des voix, les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt dans chacune des circonscriptions. Ne peuvent prétendre à la répartition des sièges que les listes ayant franchi le seuil électoral de 3 % des suffrages exprimés. Dans la pratique, ce seuil se révèle plus élevé dans les circonscriptions ayant peu de sièges à pourvoir. Il est ainsi en réalité de 25 % dans les provinces ne comptant que trois sièges. Le vote blanc est reconnu et comptabilisé comme suffrage exprimé, ce qui élève légèrement le seuil réel par rapport à un système classique où ils ne sont pas reconnus.

Comm. autonomesAlavaPays basque4AlbaceteCastille-La Manche4AlicanteComm. valencienne12AlmeríaAndalousie6AsturiesAsturies8ÁvilaCastille-et-León3BajadozEstrémadure6Îles BaléaresÎles Baléares8BarceloneCatalogne31BiscayePays basque8BurgosCastille-et-León4CáceresEstrémadure4CadixAndalousie8 ( 1)CantabrieCantabrie5CastellónComm. valencienne5CeutaVille autonome1Ciudad RealCastille-La Manche5CordoueAndalousie6La CorogneGalice8CuencaCastille-La Manche3GéroneCatalogne6GrenadeAndalousie7GuadalajaraCastille-La Manche3GiupuscoaPays basque6HuelvaAndalousie5HuescaAragon3JaénAndalousie6LeónCastille-et-León5LéridaCatalogne4LugoGalice4MadridMadrid36 ( 1)MálagaAndalousie10MelillaVille autonome1MurcieMurcie10NavarreNavarre5OurenseGalice4PalenciaCastille-et-León3Las PalmasÎles Canaries8PontevedraGalice7La RiojaLa Rioja4SalamanqueCastille-et-León4S.C. de TenerifeÎles Canaries7SaragosseAragon7SégovieCastille-et-León3SévilleAndalousie12SoriaCastille-et-León2TarragoneCatalogne6TeruelAragon3TolèdeCastille-La Manche6ValenceComm. valencienne16ValladolidCastille-et-León5ZamoraCastille-et-León3

Pour le Sénat Le Sénat est composé de dont 208 élus au scrutin direct, les 58 restants étant élus par les parlements des ..

Les sénateurs élus par la population le sont au scrutin majoritaire plurinominal dans 59 circonscriptions plurinominales correspondant aux provinces du pays et à Ceuta et Melilla, à l'exception des deux communautés autonomes archipélagiques. Les principales îles des archipels des Baléares et des Canaries sont en effet dotées de leurs propres circonscriptions. Il y a ainsi quatre sénateurs pour chacune des 47 provinces de la péninsule, trois sénateurs pour les îles de Grande Canarie, Majorque et Tenerife, deux sénateurs respectivement pour Ceuta et Melilla, et un sénateur pour les îles de Minorque, Fuerteventura, La Gomera, Ibiza-Formentera, El Hierro, Lanzarote, et La Palma.

Les assemblées législatives des communautés autonomes désignent aussi des sénateurs, à raison d'un de droit par communauté, plus un siège supplémentaire par tranche d'un million d'habitants. Le nombre est de ce fait variable en fonction de l'évolution démographique. Il était de 58 en . Ces élections indirectes ont lieu pour chaque assemblée communautaire peu après leurs renouvellements, et ne coïncident donc pas nécessairement avec les élections au scrutin populaire.

Partis et candidats Formation Idéologie Chef de file Résultats en 2008Parti socialiste ouvrier espagnol PSOECentre gaucheSocial-démocratie, progressismeAlfredo Pérez Rubalcaba « El Comité Federal del PSOE ratifica a Rubalcaba como candidato para las elecciones generales », Radiotelevisión Española, le .43,87 % des voix169 députés95 sénateursParti populaire PPDroiteConservatisme, libéralisme, démocratie chrétienneMariano Rajoy « Rajoy apela a la concordia en un discurso sin propuestas », El País, le .39,94 % des voix154 députés101 sénateursLa Gauche plurielle IU-LVGaucheRépublicanisme, écosocialisme, néocommunismeCayo Lara « Lara, candidato a las elecciones generales à partir dul sábado », Público, le .3,77 % des voix2 députés0 sénateursConvergence et Union CiUCentre droitCatalanisme, libéralisme, démocratie chrétienneJosep Antoni Duran i Lleida « CiU oficializa la candidatura de Duran para las generales », La Vanguardia, le .3,03 % des voix10 députés4 sénateursParti nationaliste basque EAJ-PNVCentreNationalisme basque, démocratie chrétienneJosu Erkoreka1,19 % des voix6 députés2 sénateurs

Campagne La campagne a été ouverte à 00h00 le vendredi 4 novembre, et a pris fin à 24h00 le vendredi 18 novembre « Real Decreto 1329/2011, de 26 de septiembre, de disolución del Congreso de los Diputados y del Senado y de convocatoria de elecciones. », Bulletin officiel de l'État..

Thèmes et faits marquants

Sondages

750px|vignette|centré|Intentions de vote

Résultats Congrès des députés + Résultats des élections législatives espagnoles de 2011Fichier:SpainCongressDiagram2011.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Parti populaire (PP)41,32170PP-Parti aragonais (PAR)1,398PP-Extremadura Unida (EU)1,396 PP-Union du peuple navarrais (UPN-PP)0,522Total Parti populaire 44,63 4,52 186 32 Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)24,9796 Parti des socialistes de Catalogne (PSC)3,7914Total Parti socialiste ouvrier espagnol 28,76 15,11 110 59 Izquierda Unida (IU)5,247 Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA)1,153 IU-Chunta Aragonesista (CHA)0,311IU-LV-Socialistes indépendants d'Estrémadure (SIEx)0,160IU-Izquierda-Ezkerra (I-E)0,070Total La Gauche plurielle 6,92 3,00 11 9 Union, progrès et démocratie (UPyD) 4,70 3,51 5 4 Convergence démocratique de Catalogne (CDC) 4,17 1,1410 Union démocratique de Catalogne (UDC)6Total Convergence et Union (CiU) 16 6 Amaiur 1,37 1,05 7 7 Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) 1,33 0,14 5 1Gauche républicaine de Catalogne (ERC) 1,06 0,10 3Equo (eQuo) 0,89 0 Bloc nationaliste galicien (BNG) 0,76 0,07 2Coalition canarienne-Nouvelles Canaries (CC-NC) 0,59 0,24 2 Coalition Compromís-Equo (Compromís–Q) 0,51 0,39 1 1 Parti animaliste contre la maltraitance animale (PACMA) 0,42 0,25 0 Forum des Asturies (FAC) 0,41 1 1 Sièges en blanc (EB) 0,40 0,38 0 Partido Andalucista (PA) 0,32 0,05 0 Plateforme pour la Catalogne (PxC) 0,25 0Parti régionaliste de Cantabrie (PRC) 0,18 0 Geroa Bai (GBai) 0,17 0,07 1Pour un monde plus juste (PUM+J) 0,11 0,02 0 Parti communiste des peuples d'Espagne (PCPE) 0,11 0,03 0 41 autres partis (moins de 0,10 % chacun) 0,57 - 0 Vote blanc 1,37 0,26 Suffrages exprimés 98,71 Votes blancs et invalides 1,29 Total 100 - 350 Abstentions 31,06 Inscrits/Participation 68,94

Résultats par communauté autonome

PartiVoix%+/-Sièges+/-PP45,57 7,3933 8PSOE36,60 15,3325 11IU-LV-CA8,27 3,162 2UPyD4,77 3,670PA1,77 0,250Autres partis1,81-0-Vote blanc1,22 0,22Suffrages exprimés98,07Votes nuls1,03Total100-60 1Abstention31,10Inscrits / participation68,90

PartiVoix%+/-Sièges+/-PP57,60 7,724 1PSOE29,88 12,132 1IU-LV-CA5,26 2,570UPyD3,91 3,350Autres partis2,24-0-Vote blanc1,12 0,34Suffrages exprimés99,18Votes nuls0,82Total100-6Abstention32,81Inscrits / participation67,19