Karim Tabbou, né le à Aït Bouaddou (Algérie), est un homme politique et un journaliste algérien.

Il est le porte-parole de l'Union démocratique et sociale (UDS). Figure du Hirak, il est plusieurs fois arrêté et incarcéré en 2019.

Biographie Jeunesse, famille et formation Originaire des Ouadhias, en Kabylie, il est issu d'une famille modeste de neuf enfants, dont il est l'aîné. Sa mère est femme au foyer, et son père est maçon.

En 1999, il est licencié en sciences économiques à l’Université de Tizi Ouzou.

Marié, il est père d'un garçon et d'une fille..

Front des Forces Socialistes Il a été, de 2006 à 2011, premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), parti d’opposition algérien fondé en par Hocine Aït Ahmed, et dont il est un admirateur. Ce dernier l'apprécie et décide d'en faire son successeur, malgré l'opposition de la vieille garde du parti. En effet, cette dernière est opposée au renouvellement qu'il prône. Il devient ainsi, à , le plus jeune chef de parti en Algérie.. Après avoir pris la tête du parti fin , juste après avoir été quelques jours auparavant nommé numéro 2., il est confirmé dans ses fonctions lors d'un congrès tenu la même année., puis sa démission est rejetée par Aït Ahmed en après l'échec aux élections locales.. Le , en désaccord avec les cadres du parti, il est remplacé par Ali Laskri.

Le , il est suspendu des rangs du parti., des cadres du parti lui reprochant une attitude radicale à l'égard du régime.. De son côté, Tabbou refuse de démissionner de son mandat de député (pour lequel il a été élu en ), comme le lui demande son parti.. Le , il décide de quitter le FFS.

Union Démocratique et Sociale

Karim Tabbou et ses camarades annoncent la formation prochaine de leur nouveau parti politique le ., l'Union démocratique et sociale (UDS), créé pour répondre au besoin d'installer une démocratie sociale et citoyenne en Algérie.UDS, le nouveau parti de Karim Tabbou. Le régime refuse de légaliser son parti en , alors qu'il a fait une demande en ce sens en . En , le parti est officiellement lancé.

En 2016, en tant que député, il s'oppose à la révision constitutionnelle algérienne de 2016..

Hirak et condamnation

En 2019, lors des manifestations de masse ayant notamment conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika , et qui se sont poursuivies pour réclamer la mise en place d'une transition démocratique, Tabbou devient une personnalité phare du mouvement..

Le . à 13h des agents des services de sécurité se sont présentés à son domicile à Douera (Banlieue Ouest d'Alger), et inculpé pour .., pour ses déclarations tenues le à Kherrata..

La commission des droits de l'homme du Parlement européen et les Forces du pacte de l'Alternative démocratique appellent à sa libération. Il est libéré sous condition le ., puis de nouveau arrêté le lendemain.. Les nouveaux chefs d'accusation concernent un appel à manifester à l'occasion de la fête de l'indépendance le , ainsi que des publications sur Facebook.. Il est dès lors placé à l'isolement.. Ses avocats affirment que Tabbou a été victime de violences et insulté par ses geôliers..

Le CNLD annonce sa libération pour le dimanche 5 ou lundi .. Le , sa détention provisoire est prolongée.. Dans le cadre de son accusation pour et , il est condamné le à une année de prison, dont six mois avec sursis, ainsi qu'à une amende, cette condamnation lui permettant une sortie de prison le . La veille de sa libération, le , il est condamné en appel à un an de prison ferme, dans des conditions contestées par ses avocats, empêchant ainsi sa sortie de prison... Alors que le procureur a fait appel de la première condamnation, son procès a été programmé alors que le ministère avait ajourné les procès du 16 au .. Le Parlement européen qualifie sa condamnation « d'incompréhensible » et « contraire à l'État de droit », ajoutant que « la condamnation de Karim Tabbou en appel hier, et en l'absence de ses avocats, va à l'encontre de son droit à un procès équitable dont il bénéficie en vertu du droit algérien ainsi que des conventions internationales ratifiées par l'Algérie »..

Il est libéré sous condition le ..

Son second procès a lieu le . Il est finalement condamné à un an de prison avec sursis ; l'accusation d' n'est plus retenue, les faits reprochés étant requalifiés en .....

Il a été libéré le sous contrôle judiciaire par le juge instructeur près le tribunal de Bir Mourad Raïs.. Karim Tabbou est accusé d'« incitation à attroupement non armé », « attroupement non armé », « insultes », « outrage à corps constitué durant l’exercice de ses fonctions », « atteinte au respect dû aux morts dans les cimetières », « prise et publication d’images sans autorisation » et « atteinte à l’unité nationale »..

Le , le CNLD annonce une nouvelle arrestation de Karim Tabbou, devant son domicile. Son frère, Djaffar Tabbou, a confirmé l'arrestation, mais aucun détail supplémentaire n'est fourni.. Cette arrestation intervient à 48 h des élections législatives anticipées du 12 juin en Algérie.

Interpellations, gardes à vue et restrictions après 2021

Le , La Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) a annoncé l’interpellation de Karim Tabbou, « On ne sait pas encore les motifs de cette nouvelle arrestation », a précisé l’organisation de défense des droits humains..

Le , il est à nouveau arrêté et placé en garde à vue, puis placé sous contrôle judiciaire le , sans que les motifs en soient connusLe militant Karim Tabbou arrêté et placé en garde à vue, site inter-lignes.com, 23 mai 2023.. Les avocats ont été informés que quatre charges étaient retenues contre lui, sans plus de précisions.

Le , il est condamné à six mois de prison avec sursis pour . Il est relaxé des chefs d'accusation Algérie : l'opposant Karim Tabbou condamné à six mois de prison avec sursis, site information.tv5monde.com, 13 mars 2024.

En , le contrôle judiciaire de Karim Tabbou est renforcé par quatre interdictions :Karim Tabbou interdit de toute expression ou activité politique, lematindalgerie.com, 20 août 2024..

Références

Annexes Articles connexes Hocine Aït Ahmed Mostefa Bouchachi Lakhdar Bouregaa Zoheïr Aberkane

Liens externes

Karim Tabou : Le FFS n’est pas “un client du pouvoir”, sur algerie-focus.com (consulté le ) Karim Tabou, FFS : «La démocratie d’abord, la révision de la Constitution ensuite», sur Algérie News (consulté le )

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