L'histoire du travail social en France est celle de l'émergence au cours du d'un travail salarié d'aide ou d'accompagnement, et de sa sécularisation depuis la Révolution.

Genèse du travail social en France Au cours du l'action sociale se résume à : la charité des œuvres cléricales ou laïques ou la bienfaisance de la philanthropie et des Bureaux de bienfaisance des communes. l'enfermement et la relégation dans des établissements de type carcéral ou des colonies pénitentiaires agricoles pour enfant inadapté, orphelin, idiot, délinquant (apache), filles prostituées et filles subissant des mesures de correction paternelle. Par exemple la Colonie pénitentiaire de Mettray. la mise place d'une législation protégeant le travail des enfants et celui des femmes puis de la prise compte des accidents du travail, la reconnaissance des organisations syndicales. Enfin en 1906 la création du ministère du travail la même année que la catastrophe de Courrières. Jusqu'en 1960 le sanitaire (le soin, le médical) ne se différencie pas du social (l'assistance, la bienfaisance). L'hospice, l'asile, a une double mission soigner les malades, accueillir les vieillards indigents, les fous, les enfants trouvés, les y enfermer et veiller à leur redressement moral par le travail... Le travail social va peu à peu émerger au cours du , jusqu'à devenir la principale forme d'engagement personnel dans l'action sociale.

L'assistant de service social Le service socialFrançoise Blum « Regards sur les mutations du travail social au », Le Mouvement Social, 2/2002 n°199, , trouve son origine dans l’expérience de l’Œuvre sociale, fondée en 1896, à une époque où l'anarcho-syndicalisme anime le mouvement syndical ouvrier au travers des bourses du travail. L'Œuvre sociale, première maison sociale, s'inspire des settlements américains et s’inscrit nettement dans un courant catholique social, gagné par la nécessité d’améliorer « le sort matériel et moral des classes laborieuses » mais par le désir de rationaliser la charité, de la professionnaliser face à une classe ouvrière qui s'auto-organise sans l'Église. Les Maisons sociales, qui s’ouvrent au cœur des quartiers populaires, offrent des services aux ouvriers et plus encore aux femmes d’ouvriers : services médico-éducatifs, travaux de couture ou autres, à la manière des centres sociaux actuelshttp://www.laresidencesociale.org/%20histoire%20de%20la%20résidence%20sociale%20de%20%20Levallois%20Perret%20,%20fondée%20en%201907%20reconnue%20d'utilité%20publique%20en%201922 histoire de la résidence sociale de Levallois-Perret Perret, fondée en 1907 reconnue d'utilité publique en 1922

À la même époque sont créées les premières écoles de formation sociale, soucieuses de former des infirmières visiteuses, capables de remplir une tâche hygiéniste et moralisatrice auprès des classes populaires. Ces visiteuses vont jouer un rôle dans la lutte contre la tuberculose. Les visiteuses interviennent au domicile dispensant soins et conseils. La Grande Guerre engendre une nouvelle profession féminine : la surintendante d’usine, chargée de s’occuper de la main-d’œuvre féminine des usines de guerre. Du fait de la guerre les femmes entrent massivement dans l'univers du travail industriel où elles remplacent les hommes partis au front. Le patronat et la bourgeoisie s'inquiètent des conditions de vie qui leur sont faites. Fortement marquée par le christianisme social Marie Diémer crée les infirmières visiteuses de France puis les surintendantes d'usine avec Cécile Brunschvicg et le soutien de Léon Bourgeois et d'Albert Thomas en 1919.

En 1990 l'école des surintendantes devient l'ETSUP, école supérieure de travail social.

La Première Guerre mondiale provoque des pertes humaines en France immenses et sans équivalent à ce jour. La première tache des surintendantes est le retour dans le monde du travail des hommes démobilisés, surtout les invalides et mutilés. Il faut aussi aider les veuves et les orphelins pupilles de la nation au travers de l'ONAC créé en 1916.

Le métier d'assistante de service social émerge de la fusion du travail des infirmières visiteuses et des surintendantes Le décret du , ensuite précisé en 1938 et en 1951, fonde en droit la profession d’assistante sociale. Cette création d’un métier de femme se situe au cœur même du processus de professionnalisation d’activités traditionnellement féminines, du processus de valorisation en même temps que de technicisation du « rôle social de la femme », et du processus d’accès des femmes à une part noble du marché du travail. Mais la profession restera malgré tout marquée par la philanthropie traditionnelle des premières assistantes de service sociale.

Histoire de l'enfance inadaptée Le terme enfance inadaptée recouvre ici l'éducation spécialisée et la protection des enfants.

L'enfance inadaptée recouvre trois secteurs : l'action judiciaire et sociale de des jeunes mineurs délinquants ou en danger de l'être, protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) les jeunes en situation sociale difficile les enfants atteints de maladie chronique ou de handicap.

Depuis l’ordonnance de 1945, le domaine d’intervention de la justice des mineurs est étendu à l’enfance en danger. Depuis la loi 2007 la protection des enfants désigne également la lutte contre la maltraitance des enfants. C'est un des services de la direction centrale de la PJJ.

Avant le , On ne différencie pas les catégories de problèmes et d'enfants. La prime enfance est marquée par les faits suivants, les bébés illégitimes où des femmes les plus pauvres et isolées sont abandonnés au tour. La mortalité infantile est très grande. Les enfants même des familles bourgeoises ou nobles sont souvent élevés et allaités par des nourrices soit au sein de la famille (pour les plus riches) soit à la campagne. Voir L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime Philippe Ariès Pour les enfants abandonnés plus âgés, ils relèvent au de l'Hôpital général de Paris notamment, l'hôpital des incurables à Bicêtre à la fois infirmerie, orphelinat, et prison.

Après cette période, l'enfant est éduqué en famille pour la plus grande majorité des enfants, il y apprend le métier de son père avant de devenir compagnon à son adolescence. L'éducation dans les collèges religieux est réservée à l'aristocratie ou la grande bourgeoisie. 200 Établissements scolaires jésuites existaient avant leur interdiction en 1763. L'éducation y était régie par le Ratio Studiorum (plan des études). Les obligations des élèves y étaient très détaillées y compris celles pour dormir la nuit. Le châtiment corporel y était pratiqué fréquemment. Le redressement des corps humains procédait au redressement moral, chacun devenant son propre censeur, tout au long de sa vie, une fois qu'il y avait été corrigé par la règle éducative.(Michel Foucault Surveiller et punir).

C'est ce modèle de discipline panoptique qui inspira les orphelinats, les maisons d'éducation correctionnelle, les bons pasteurs et les colonies agricoles pénitentiaires au .

Prison, enfermement et relégation au et début du L'enfermement est de la compétence du parlement de Paris qui gère l'Hôpital général et des lettres de cachets qui sont produites par le lieutenant de police à Paris. L'hôpital n'est pas un lieu de soin mais une prison et un hospice. Le terme infirmerie provient du mot latin firmus qui à la même étymologie que le mot fermer: Firmus: ferme au moral et au physique → (verbe)Firmare ; rendre ferme, solide, en ancien français Enfermerie → Infirmeriehttp://www.chups.jussieu.fr/polysPSM/psychomot/handicapinfirmitepsm/handicapinfirmite.pdf Anthropologie historique des notions de handicap et d’infirmité Le code pénal de 1791 envisage le mineur comme un auteur de violences potentiel qu'il faut dissuader par des menaces de sanctions exemplaires.. La prison de la Roquette est à Paris la prison pour les jeunes délinquants La petite Roquette, maison d'éducation correctionnelle, fut la prison pour jeunes filles et femmes prostituées, elle prit la suite de la prison Saint Lazare L'hôpital des incurables à Bicêtre géré par l'hôpital général sous l'Ancien Régime était au un asile psychiatrique, un orphelinat et une prison Seguin y ouvrit la première classe pour déficients mentaux. L'Asile de Charenton était une prison au transformée en asile psychiatrique au . Le marquis de Sade y fut enfermé et y mourut. Aller à Charenton, être bon pour Charenton fut familièrement synonyme d'être fou. Les Bon Pasteur géré par la Congrégation du Bon Pasteur (moderne) avait la mission de rééduquer les « filles de justice », jeunes mineures susceptibles de sombrer dans la délinquance et la prostitution.

la relégation

La loi du dite loi sur la relégation des récidivistes, entraîne « l’internement perpétuel sur le territoire des colonies ou possessions françaises » La relégation ne concerne que les adultes, mais elle est dans l'esprit d'une société qui cherche à se protéger de toutes les déviances et qui ne croit pas à l'amendement ou à la réinsertion du vicieux, déficient ou psychopathe. Que ce soit la prison, l'asile, le centre de correction, il s'agit d'éloigner les déviants des grands centres urbains. La loi de relégation étant la solution la plus extrême.

La création de Maison-Blanche, de Ville-Évard, de Clermont et d'autres asiles permettent l'éloignement des malades et handicapés mentaux, et la mise en place de colonies agricoles. Durant la Guerre mondiale, malades mentaux et handicapés sont morts de faim et froid. Cette euthanasie (douce) est relatée dans Histoire de la folie et également par Lucien Bonnafé. et quelques autres médecin psychiatres. À Clermont se sont 3O63 malades qui décèdent sur 4444 accueillis en 1939 Ce drame se déroule malgré la production alimentaire des colonies agricoles des asiles. La colonie familiale d'Aisnay-le-Château étant un cas particulier du fait de son mode d'hébergement et de prise en charge. Aujourd'hui l'éloignement des autistes et des déficients profonds en Lozère ou en Belgique, est une nouvelle forme de relégation du fait de l'étrangeté de ces handicapés.

Les colonies pénitentiaires pour jeunes garçons abandonnés ou délinquants s'inscrivent dans ce mouvement de relégation loin des villeshttp://rhei.revues.org/index377.html Numéro 8 | 2006] : Le corps du délinquant. Observer les corps, redresser les âmes Les corps perdus » de Mettray Myriam Bendhif-Syllas

La meilleure preuve a été la création d'une colonie disciplinaire (colonie correctionnelle) en Corse en 1855.(La colonie horticole de Saint Antoine) http://www.abbatucci.com/index2.htm

Il s'agit au travers du redressement par le travail et la discipline y compris les châtiments corporels de réaliser le redressement moral. Jean Genet a été colon à Mettray, puis en maison d'arrêt notamment à Fresnes il raconte sa vie en prison et à la colonie d'une manière romancée dans Miracle de la roseL'Arbalète, Décines (Lyon), 1946. Paru ensuite en édition révisée dans les Œuvres complètes, tome II, Gallimard, Paris, 1951, Miracle de la rose . La révolte de la colonie de Belle Ile en mer en 1934, fera dans la presse. surgir la triste situation dans ces bagnes des enfants. Le poème de Jacques Prévert La chasse à l'enfant s'inspire de cet évènement.

La protection judiciaire de la jeunesse va émerger de ce contexte répressif et s'en détacher au cours du , en faisant de l'éducatif en milieu ouvert un mode majeur de son intervention.

La protection judiciaire de la jeunesse ( PJJ )

Avant 1945 le traitement de la délinquance est rattaché à l'administration pénitentiaire. Avec la création des tribunaux pour enfants sont différenciés les mineurs de : les moins de 13 ans qui ne peuvent en aucun cas être condamnés, les 13-16 ans dont la peine maximum ne peut être supérieure à la moitié de celle encourue par un majeur, les 16-18 ans qui peuvent être traités comme des adultes y compris la peine de mort.