Apollophane est un médecin grec du début du

Biographie Un médecin de cour chez les Séleucides Originaire de Séleucie de PiériePolybe, V, II, 58, Apollophane, fils d'Apollophane, est un disciple d'ÉrasistrateCaelius Aurelianus, et le médecin personnel de plusieurs rois séleucides dont surtout Antiochos . Il avait été auparavant le médecin de son père, Séleucos , et de son frère, Séleucos Marasco 1996, p. 446. Sur la base d'une lecture d'une inscription de Iulia Gordos on a cru voir en lui le premier médecin connu portant le titre d'archiatrosJ. et L. Robert, Bull. ép. 1971, n° 600, inscription de Iulia Gordos, mais la lecture du terme n'est pas assurée et a été abandonnée par l'éditeur de l'inscriptionHermann 1974.

Son action politique comme "ami" d'Antiochos Habile conseiller, présent à la cour depuis longtemps, il avertit, en -220, le jeune roi Antiochos d'un complot fomenté contre lui par HermiasPolybe, V, II, 56, son premier ministre, afin de s'en débarrasser après son comportement cruel envers le peuple, comportement dont personne n'osait se plaindre. Hermias fut assassiné par la suite du roi, lors d'une promenade prétexte. Une lettre d'Antiochos III à l'Asclépéion de Cos et faisant l'éloge d'Apollophane a été conservée sur une inscription grecqueSEG XXXIII, 673Marasco 1996, p. 445. En -219, Polybe le présente comme un "ami" du roi présent au conseil décidant de la reprise de Séleucie de Piérie. On sait aussi que le médecin suivait le roi dans ses campagnes militaires : l'inscription de Iulia Gordos en témoigne et peut être rapportée à une campagne ayant eu lieu contre Achaios entre -216 et -213, ou en -204/-203 contre la Carie et l'Ionie, ou encore en -197/-196, ou enfin lors de la campagne de Magnésie du Sipyle en -190/-189J. et L. Robert 1971, 600 .

Un personnage à distinguer d'un ambassadeur en Béotie Maurice Holleaux avait voulu le reconnaître dans un Apollophane d'Antioche figurant comme proxène dans deux inscriptions de Béotie, bien qu'originaire de Séleucie, Apollophane serait ensuite devenu citoyen d'AntiocheHolleaux 1892, p. 471Nachtergael 1975. Cet Apollophane avait fait partie, en -192, d'une ambassade envoyée par le roi auprès des BéotiensPolybe, XX, 2 ; la liste des ambassadeurs est déduite de la liste des proxènes donnée par IG VII, 518, un décret de Tanagra. Il fut ensuite fait proxène de la confédération béotienneIG VII, 2864, inscription de Mamoura, interprétée par Holleaux 1892, p. 470-471. Les inscriptions de Cos et de Iulia Gordos découvertes postérieurement imposèrent cependant de distinguer les deux personnages nommés Apollophane car non seulement ils se rapportaient à une cité différente mais avaient un patronyme différentSavalli-Lestrade 1998b, p. 319, n°3.

Postérité historique et médicale Un médecin surtout connu par Polybe À la suite du rôle visible d'Apollophane de Séleucie dans le livre V des Histoires de Polybe, on a pu supposer qu'il avait été l'auteur d'une œuvre historique qui aurait été une source de PolybeBrown, 1961, mais l'hypothèse a été réfutéeSchmidt 1964, p. 179, n.4.

Postérité médicale Apollophane est connu par plusieurs recettes de médicaments et peut figurer parmi les médecins ayant contribué à l'élaboration de la recette de la thériaquePline, HN, XXII, 29, 59Schol. Nicandr. Ther., 491.

Sur la base de deux monnaies smyrniotes au nom d'Apollophane, on a voulu en faire autrefois le fondateur de l'école médicale de Smyrne, encore réputée au temps de StrabonPar exemple A.J.L. Jourdan, Dictionnaire des sciences médicales : biographie médicales, t. I, Paris, 1820, p.285-286, il fut par la suite montré que ces monnaies n'avaient aucun rapport avec le médecinWellmann 1895, c. 166. En revanche, selon Gabriele Marasco, l'intérêt du bibliothécaire d'Antioche, Euphorion, pour la médecine, pourrait s'expliquer par l'influence d'Apollophane.

On considère en général qu'il faut l'identifier avec le médecin Apollophane cité par de nombreuses sources médicales tardives.

Notes

Sources Sources épigraphiques - Hermann 1970 (J. et L. Robert, Bull. ép. 1971, ) ; Hermann 1974 ; TAM V, 1, 689, Iulia Gordos.

- Herzog 1983 (SEG XXXIII, 673), Cos.

Sources littéraires et médicales

- Polybe, V, II, 56, 58.

- Celse, De medicina, V, XVIII, 6.

- Pline l'ancien, HN, XXII, 59.

- Galien, De comp. med. sec. loc., VIII, 9 (K. XIII, 220) ; De comp. med. per gen., V, 11 (K. XIII, 831) ; VII, 7 (K. XIII, 979).

- Oribase, Syn., III, 73 (Raeder, CMG VI 3, 1926, 87).

- Alexandre de Tralles, Ther., IX, 1 (Puschmann, t. II, 1879, ).

- Paul d’Égine, III, 46, 6 (Heiberg, CMG IX 1, 1921, 253) ; VII, 18, 20 (Heiberg, CMG IX 2, 1924, 373).

- Caelius Aurelianus, Morb. acut., II, 136, 173 et 175 ; Morb. chron., II, 34 ; V, 14.

Références bibliographiques - M. Wellmann, "Apollophanes 15", RE, II, 1, 1895, c.165-166.

- M. Holleaux, "Notes d'épigraphie béotienne", BCH, 16, 1892, en ligne sur Persée).

- T.S. Brown, "Apollophanes and Polybius, book 5", Phoenix, 15, 1961, .

-H. Schmidt, Untersuchungen zur Geschichte Antiochos des Grossen und seiner Zeit, Wiesbaden, 1964.

- P. Herrmann, "Zur Geschichte der Stadt Iulia Gordos in Lydien", AÖAW, 107, 1970, ,

- P. Herrmann, "Ehrendekret von Iulia Gordos", "AÖAW", 111, 1974, , n. 2.

- G. Nachtergael, "Envoyés royaux d’époque hellénistique", Chronique d’Égypte, 50, 1975, , part. , .

- R. Herzog, "Ein koischer Arzt am Ptolemäerhof, Kaphisophon Sohn des Leibarztes Philippos", Parola d. Pass., 38, 1983, , n°II.

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