Elisabeth Maria Post, née à Utrecht le et morte à Epe le Biografisch Portaal van Nederland., est une poétesse et prosatrice.

Biographie vignette|À Amerongen, la famille d'Elisabeth Maria Post habitait au , la maison du bailli, ici photographiée en 1962. vignette|Portrait d'Ahasuerus van den Berg, gravé par Jacobus Houbraken d'après un dessin de Hendrik Pothoven, était le mentor d'Elisabeth Maria Post. vignette|La page de titre de l'édition de 1787 de Don Karlos (Don Carlos) de Schiller, qu'Elisabeth Maria Post traduisit en 1789. vignette|Illustration gravée pour (La Ruine : à Eucrate) du recueil (Pour solitaires, 1789), de l'autrice Elisabeth Maria Post vignette|Elisabeth Maria Post fit amitié avec Charlotte Louise van der Capellen, qui habitait le (près de Warnsveld), ici photographié en 1960. vignette|Gravure de Christiaan Henning, représentant une Vue sur le château de Biljoen. Elisabeth Maria Post se lia d'amitié avec son châtelain, Johan Frederik Willem baron de Spaen. vignette|Portrait de Salomon Gessner, un des auteurs traduits par Elisabeth Maria Post, peint par Anton Graff vers 1765-1766 (Musée national de Zurich). vignette|Portrait de Christian Garve, un des auteurs traduits par Elisabeth Maria Post, gravé en 1791 d'après un tableau d'Anton Graff. 1755-1787 : Utrecht, Emminkhuizen et Amerongen Elle était la fille d'Evert Post (1719-1787), propriétaire d'une sucrerie, et de Maria Johanna van Romondt (1724-1792). Elisabeth Post épousa en 1794 Justus Lodewijk Overdorp (1763-1844), un pasteur. Le couple n'eut pas d'enfantsPaasman DVN.Paasman AUP, ..

Elisabeth Maria, sixième enfant de la famille, grandit d'abord à Utrecht, où son père occupait divers postes administratifs. Lorsque la fabrique de sucre de ce dernier eut fait faillitePaasman DNVA, . en 1768, la famille se vit forcée de se retirer du milieu des régents d'Utrecht et elle déménagea à Emminkhuizen (au sud de Renswoude), où la famille vécut dans des conditions précaires et où Elisabeth passa six sombres années avec pour seul divertissement la littérature. L'année 1768 fut pour elle celle du décès de deux frères : l'aîné et son jeune frère. Dans des passages autobiographiques, notamment dans (1789), Post révèle, en parlant de son enfance, que son penchant à la mélancolie et l'isolement et sa prise de conscience de la fragilité du pouvoir et du prestige s'étaient particulièrement développés dans cette période à Emminkhuizen.

Elisabeth avait environ dix-huit ans lorsque les choses tournèrent pour le mieux, son père étant devenu, en 1774, huissier, bailli, comte ou syndic de l'eau et « » (maître de cour) et « » de la seigneurie d'Amerongen, où la famille s'installa dans la maison du bailli (le )Paasman AUP, .. Post décrivit la nature et le paysage environnantPaasman AUP, . dans son premier roman (Le Pays : en lettres, de 1788). La situation financière de la famille s'améliora, et un des frères, Hermanus Hillebertus (1763-1809), parti pour la Guyane néerlandaise en 1774 pour y faire fortune, devint même propriétaire de plusieurs plantations. Un autre frère, Evert Johan (1757-17823), alla étudier la théologie.

1787-1793 : Arnhem Après la mort de son père, survenue en 1787, Elisabeth, sa mère et ses deux sœurs, Adriana Maria (1746-1831) et Didrika Johanna (1764-1841), déménagèrent à Arnhem, où Evert Johan était devenu pasteur. Elles allèrent demeurer chez lui, au presbytère. Elisabeth déménagea à contrecœur, car elle craignait de perdre sa créativité dans le brouhaha de la ville. Bénéficiant d'un entourage stimulant – le cercle de pasteurs amateurs de la littérature, auquel appartenait son frère – elle y devint très productive. Ahasuerus van den Berg, auteur de psaumes rimés et de littérature de dévotion pour enfants, devint son mentor. Par l'intermédiaire de ce dernier, elle put publier anonymement son roman (La Terre, 1788). Van Den Berg écrivit une dédicace pour ce livre, sous la forme d'une lettre adressée à la poétesse Margriet van Essen-van Haeften, de Barneveld, dans laquelle il décrit Post comme quelqu'un qui a « passé sa vie avec beaucoup de zèle dans la tranquillité rurale, tout en cultivant son esprit et en réunissant des compétences nécessaires, utiles et agréables » ()Paasman AUP, ..

Aussi proposa-t-il Post comme membre honoraire d'une société poétique à La Haye, (L'amour des arts n'épargne aucune peine)Klapwijk. [www.literatuurgeschiedenis.nl., mais elle ne devint jamais membre actif à part entière, dans la mesure où elle n'avait ni connaissance des règles de l'art classique ni affinité avec celles-ci. Sa poésie suit rarement les règles : ses meilleures poésies sont entièrement ou partiellement conçues sans rimes et selon d'autres schémas métriques que ceux des ïambes obligatoires. C'est précisément grâce à un manque de scolarisation qu'elle pouvait être originale : Post est le premier littérateur néerlandais à ne pas décrire la nature selon les conventions littéraires, mais telle qu'elle l'avait observée.

Pendant les années passées à Arnhem, outre , Post publia un recueil de poèmes et de fragments en prose, intitulé (Pour solitaires, 1789). En outre, elle écrivit son second roman épistolaire (Reinhart, ou Nature et religion), paru en trois volumes dans les années 1791-1792. De plus, en 1789, elle traduisit Don Karlos (Don Carlos) de Friedrich von Schiller. Toutes ces œuvres parurent, avec des gravures de Reinier Vinkeles, chez Johannes Allart à Amsterdam. Pour l'édition de Reinhart, Isaac van 't Hoff dessina un portrait de Post ; celle-ci se plaignit d'être représentée sous des traits exprimant trop de fierté hargneuse. Une connaissance de Post la décrit comme une femme à l'air vif et animé et en très bonne santé, au regard avisé, ouverte et souple, mais aussi de nature passionnée et impulsive : son esprit clair et sa dévotion exercée l'ont préservée des erreurs propres à ce genre de caractères (, ou Ma lyre pastorale, ).

Le protagoniste du est Emilia, une jeune femme indépendante qui, opposée aux conventions sociales, essaie de mener sa propre vie à la campagne. Elle se lie d'amitié avec Eufrozyne, qui vit dans la villeKnuvelder, .. Cette amitié de l'âme les garde sur le chemin étroit de la vertu, car elles désirent se revoir dans l'au-delà, toujours unies. Emilia interprète le passage du jour à la nuit au jour comme la transition de la vie à la mort et de là à la vie éternelle. Les saisons symbolisent les étapes de la vie humaine : à l'hiver mortel succède le printemps de la vie éternelle. Les descriptions de la nature sont souvent assez modernes. Post ne suivit pas aveuglement de Salomon Gessner, et non plus de Christian Cay Lorenz Hirschfeld, mais elle avait incorporé dans son roman épistolaire ses propres idées et expériences. Ce premier roman fut un succès : deux réimpressions parurent la même année, et un quatrième en 1794.

Dans (Pour solitaires), Post brise l'illusion pastorale traditionnelle que les bergers seraient des philosophes galants : son pasteur de la Veluwe est un être pitoyable et stupide, mais toujours une créature de Dieu. Dans un fragment en prose intitulé (L'Espoir), Post offre des fantasmes spectaculaires sur l’au-delà : la personne décédée peut voyager à travers la création en tant que corps spirituel en se déplaçant à la vitesse de la lumière, et rencontrera sur d'autres corps célestes des formes de vie supérieures. Reinhart, le roman de Post, est fondé sur les lettres que son frère Hermanus Hillebertus lui avait envoyées de la Guyane néerlandaise. Comme l'un des rares écrivains néerlandais, Post aborde les aspects dégradants et impies de l'esclavage, ainsi que la vie vertueuse et naturelle des Indiens, tout en employant le motif du « bon sauvage ». Elle montre comment quelqu’un qui s’oppose par principe à l'esclavage peut en arriver à tolérer cette exploitation pour des raisons économiques, ne fût-ce qu’en tant que bon maître qui traite humainement les esclaves. Des réflexions sur l'amitié, l'amour, la nature et la foi constituent les principales composantes de cette histoire d'amour aux conséquences fâcheuses. Reinhart fait l'expérience des vicissitudes du bonheur terrestre et doit lutter pour pouvoir s'abandonner à la divine ProvidenceKnuvelder, .. Ce roman, réimprimé en 1798, connut une traduction allemande, publiée en 1799-1800.

1793-1807 : Velp Après la mort de sa mère en 1792, Elisabeth Post s'installa avec sa sœur aînée Adriana Maria entre les plaines inondables et la lisière de la VeluwePaasman AUP, .. Post s'y lia d'amitié avec le propriétaire du château de Biljoen et du domaine de Beekhuizen, Johan Frederik Willem baron de Spaen, ainsi qu’avec sa sœur et ses filles. Les sœurs Post obtinrent un accès illimité à Beekhuizen et la clef de l'une des « cabanes » dans le parc paysager pour y lire et écrirePaasman AUP, .. En outre, Post fit amitié avec Charlotte Louise van der Capellen, qui habitait au (près de Warnsveld). Dans les poèmes de cette période, elle chante les parcs paysagers, près du château de Rozendaal et du château de Biljoen, et le domaine de Beekhuizen.

En 1794, Elisabeth Post fit la rencontre de Justus Lodewijk Overdorp, pasteur à Noordwijk-Binnen et âgé de huit ans de moins qu'elle. Quoique tombée amoureuse de lui, elle se rendait bien compte qu'un mariage impliquait qu'elle devrait échanger une vie rurale indépendante à la Veluwe contre une vie régulière dans un presbytère hollandais. Dans ses poèmes, elle raconte ouvertement de ses sautes d'humeur causées par son combat intérieur sur le choix entre deux amours : la nature et OverdorpPaasman AUP, .. Un critique des (Exercices littéraires patriotiques) a qualifié de très audacieux pour une femme les poèmes et les chansons recueillis dans (Chants de l'amour, 1794).

S'étant finalement décidée, Elisabeth Post se maria le à VelpPaasman AUP, ..

1794-1807 : Noordwijk À Noordwijk, Post connut un passage à vide, non imputable à la relation avec Justus Overdorp qu'elle désignera même d'idyllique. Elle accomplissait ses devoirs d'épouse de pasteur, mais la campagne hollandaise ne l'inspirait pas à écrire. En outre, de ce mariage ne naquit aucun enfant. Elle souffrit d'asthme et sombra dans de profondes dépressions ; comme elle affaiblissait, on craignait pour sa vie. Overdorp réussit à la convaincre de reprendre la plumePaasman AUP, ..

Comme femme d'un pasteur, Post ne pouvait apparemment pas, ou ne voulait pas, préconiser une vie de femme indépendante comme elle l'avait fait précédemment. À cet égard, elle différait d'Elisabeth Bekker, dont le mariage avec le pasteur Wolff n'avait pas exercé une telle influence. Dans ses essais, recueillis dans (La Vraie Jouissance de la vie, en lettres, 1796), Post décrit la femme avant tout comme épouse, mère et éducatrice. Il est frappant de constater que, dans la dernière lettre du recueil, (Sur la montagne du Zijp), elle se détourne de la nature artificielle du jardin anglais, qu'elle avait encore chantée à Velp. Elle préfère, avec un brin de romantisme, la nature vierge et, parfois, sauvage.

À cette époque, elle se remit à traduire : (Scènes de la vie domestique, 1803-1804) d'après Gotthelf Wilhelm Christoph Starke, de (Les Œuvres, 1804) du Suisse Salomon Gessner, et (Frederica Weisz et ses filles, 1806) d'après Christian Garve. On lui attribue parfois d'autres traductions de l'allemandPaasman AUP, ..