vignette|Des soldats allemands hissant le drapeau nazi sur l'Acropole d'Athènes (1941). vignette|Civils grecs massacrés par des parachutistes allemands à Kondomari, en Crète, le . La Grèce a participé à la Seconde Guerre mondiale du au , du côté allié et sur différents champs de bataille y compris hors de Grèce ; son territoire continental était intégralement libéré fin- mais des escarmouches avec les garnisons allemandes isolées et assiégées dans certaines îles dont la Crète, se sont produites jusqu'après la capitulation allemande.
L'Italie fasciste attaque la Grèce le depuis sa colonie albanaise, déclenchant ainsi la guerre italo-grecque. Dans un premier temps, l'armée hellène parvient à stopper l'invasion ennemie et à repousser les forces italiennes au-delà de l'Épire du Nord, donnant ainsi aux Alliés l'une de leurs premières victoires face aux troupes de l'Axe. Cependant, les succès grecs et l'incapacité de l'armée de Mussolini à renverser la situation poussent l'Allemagne nazie à intervenir dans le conflit afin de restaurer le prestige de son principal allié. Les Allemands déclenchent l'invasion de la Yougoslavie et de la Grèce le et s'emparent des deux pays en moins d'un mois, malgré l'envoi d'un corps expéditionnaire britannique en Grèce. La conquête de la Grèce prend fin en mai, lorsque la Crète tombe à son tour entre les mains des nazis, grâce à l'intervention des Fallschirmjäger (parachutistes), qui subissent cependant d'importantes pertes durant l'opération, conduisant ainsi les Allemands à abandonner les interventions aéroportées à grande échelle durant le reste de la guerre. Selon certains historiens, la dispersion des forces nazies à travers les Balkans et l'Égée oblige celles-ci à repousser d'un mois leur plan d'invasion de l'URSS, les soumettant ainsi au terrible hiver russe au moment de la Bataille de Moscou.
La Grèce elle-même est occupée et divisée entre l'Allemagne, l'Italie et la Bulgarie, tandis que le roi Georges II et son gouvernement fuient en exil en Égypte puis au Royaume-Uni. À Athènes, un gouvernement fantoche collaborateur se met en place, ce qui n'empêche pas les premières tentatives de résistance armée d'éclater dès l'été 1941. Il faut cependant attendre 1942 pour qu'une véritable résistance se mette en place et 1943-1944 pour que celle-ci s'impose réellement sur la scène nationale, libérant elle-même différentes régions du pays. Cependant, des tensions très fortes divisent rapidement les différentes factions composant la résistance et des violences éclatent à la fin 1944. De son côté, le gouvernement grec en exil poursuit sa propre lutte contre l'Axe aux côtés des Alliés au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Italie. Grâce à son armée et à sa flotte, la Grèce joue ainsi un rôle non négligeable dans la libération des territoires occupés par l'Axe.
La Grèce continentale est libérée en octobre 1944 mais des garnisons allemandes continuent à occuper les îles de l'Égée jusqu'à la fin de la guerre. Le pays est dévasté par le conflit et l'occupation, et son économie et ses infrastructures sont en ruine. Le pays compte plus de victimes et ses communautés juives sont presque entièrement exterminées lors de la Shoah. Une fois la paix rétablie, les factions communistes et républicaines empêchent la restauration de Georges II et les tensions montent avec les monarchistes. En 1946, le souverain parvient finalement à remonter sur le trône, déclenchant ainsi une violente guerre civile qui dure jusqu'en 1949.
Contexte : la Grèce en 1940 Une dictature fascisante vignette|Le dictateur Ioannis Metaxas au milieu de membres de l’Ethniki Organosi Neolaias (1938).
Depuis 1936, le royaume de Grèce vit sous la dictature du général Ioannis Metaxas et le roi Georges II n'a plus qu'un rôle limité dans la vie politique du pays. Même si Metaxas a repris certains symboles venus de l'Italie fasciste ou de l'Allemagne nazie, le régime qu'il a mis en place n'est pas à proprement parler fasciste mais plutôt autoritaire. Ainsi, la Grèce ne connaît aucun parti unique, aucune politique expansionniste ni aucune persécution antisémite.
Malgré tout, les opposants, et particulièrement les communistes, sont pourchassés et les libertés fondamentales ne sont pas garanties. La censure est virulente et touche tous les secteurs, y compris le monde de la musique (et notamment les chansons populaires rebetika). Enfin, la jeunesse est embrigadée dans l’Ethniki Organosi Neolaias et une intense propagande nationaliste est imposée à la population.
Un pays isolé face à des voisins agressifs Après la mise en place de l'Entente balkanique en 1934, les relations de la Grèce et de la Turquie se normalisent et les liens d'Athènes avec la Roumanie et la Yougoslavie sortent renforcés. Cependant, la Grèce garde des relations tendues avec le royaume de Bulgarie, qui n'a jamais accepté la perte de la Thrace occidentale et de la Macédoine après les Guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale. C'est la raison pour laquelle Ioannis Metaxas fait construire, dès 1936, une ligne de fortifications sur la frontière gréco-bulgare afin de protéger le pays de son principal ennemi.
Les années passant, l'Entente balkanique s'effrite et la Bulgarie se rapproche de la Yougoslavie (1937). Pourtant, il devient clair que le principal danger d'agression, pour la Grèce, ne se situe pas du côté de Sofia. En 1939, l'Italie fasciste, qui possède déjà l'archipel du Dodécanèse depuis 1912, envahit l'Albanie dont elle fait une sorte de colonie. Dorénavant, Athènes et Rome ont une frontière terrestre commune et la Grèce, qui n'a pas oublié l'« incident de Corfou » de 1923, craint les appétits territoriaux de l'Italie.
Face à cette nouvelle situation, Ioannis Metaxas souhaite se rapprocher de Berlin mais le roi Georges II préfère quant à lui cultiver l'alliance britannique. Le souverain effectue ainsi plusieurs voyages diplomatiques au Royaume-Uni afin d'obtenir des armes pour son pays. Malgré tout, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, le royaume de Grèce proclame sa neutralité et, même après le torpillage du croiseur Elli par un sous-marin italien le , le gouvernement de Metaxas refuse de déclarer la guerre à Rome.
L'entrée dans la Seconde Guerre mondiale La guerre italo-grecque vignette|gauche|L'Épire et l'Albanie, théâtres des opérations de la guerre italo-grecque.
Le soir du , l'ambassadeur italien à Athènes, Emanuele Grazzi, remet un ultimatum de Mussolini au gouvernement grec. L'Italie a concentré son armée à la frontière albanaise et le Duce demande le libre passage de ses troupes afin d'occuper des points stratégiques (non spécifiés) sur le sol hellène. Metaxas rejette l'ultimatum le , faisant écho à la volonté du peuple grec de résister à l'envahisseur. Quelques heures plus tard, l'Italie attaque la Grèce.
Après quelques victoires initiales, les forces italiennes sont arrêtées par l'armée grecque lors de la bataille d'Elaia-Kalamas et de la , qui se déroulent en Épire en novembre. Le refus de la Bulgarie d'attaquer la Grèce comme l'aurait souhaité l'Italie permet au haut-commandement hellène de transférer au nord-ouest ses divisions de Macédoine. La contre-offensive grecque, lancée le , se déroule ainsi dans les meilleures conditions pour Athènes et l'armée hellène ne tarde pas à franchir la frontière albanaise. Malgré un hiver très rude, un ravitaillement peu efficace et la supériorité aérienne de l'Italie, la Grèce s'empare alors de l'Épire du Nord et de tout le quart sud de l'Albanie. Malgré tout, l'offensive grecque s'essouffle avant d'avoir pu atteindre son objectif principal, le port de Vlora, dans le Canal d'Otrante.
La défaite des troupes italiennes oblige l'Allemagne nazie à réagir afin de sauver son principal partenaire européen au sein de l'Axe. Mais le Duce, désirant restaurer le prestige de son pays sans l'assistance de son puissant allié, lance une contre-attaque sur le secteur-clé de Këlcyrë le (voir ). Malgré des bombardements d'artillerie massifs et la mobilisation de nombreuses divisions italiennes sur un front étroit, l'offensive est un échec. Après deux semaines de combats et en dépit de la supervision personnelle de Mussolini, Rome doit renoncer à rejeter, seule, les Grecs hors de sa colonie.
La bataille de Grèce et l'invasion allemande
vignette|Carte montrant l'invasion allemande de la Grèce. L'Italie se révélant incapable d'envahir la Grèce, l'Allemagne attaque à son tour le royaume hellène le : c'est le début de l'« Opération Marita » (ou « Bataille de Grèce »), qui coïncide avec l'« Opération châtiment » lancée au même moment contre la Yougoslavie.
L'attaque initiale est dirigée contre la Ligne Metaxas, un réseau de 19 forts situés entre la Macédoine orientale et la Thrace occidentale. Menée depuis la Bulgarie, elle est soutenue par une puissante artillerie et des bombardiers. Dans les forts, la résistance grecque est à la fois déterminée et courageuse, mais elle se révèle toutefois rapidement impuissante. L'anéantissement rapide des forces yougoslaves permet en effet à la II Division Panzer de contourner les défenses grecques et de capturer la ville portuaire de Thessalonique le . Dans ces conditions, les troupes grecques présentes dans les forts sont coupées du reste de l'armée et autorisées à se rendre par le haut-commandement hellène, ce qu'elles font le lendemain. Le , les forces allemandes franchissent la frontière gréco-yougoslave près de Florina, en Macédoine occidentale. Les Allemands brisent alors les défenses des divisions grecque et alliées présentes dans la région de les 11 et . Elles se dirigent ensuite vers le sud et le sud-ouest du royaume.
Tandis que la Division Panzer poursuit les troupes britanniques jusqu'au sud, les forces allemandes déjà présentes dans le sud-ouest menacent l'arrière de la majeure partie de l'armée grecque (14 divisions), qui fait toujours face aux Italiens sur le front albanais. Les Grecs entament trop tard leur retraite : le pour le flanc nord-est et le pour le flanc sud-ouest. La poussée allemande vers Kastoria à partir du rend la situation des Grecs critique dans la mesure où elle menace de couper l'armée hellène dans sa retraite. Malgré l’insistance du haut-commandement grec qui demande à ses forces de poursuivre les combats afin de couvrir la retraite britannique, les généraux hellènes commencent dès lors à envisager la possibilité d'une capitulation (devant les forces allemandes exclusivement).
Plusieurs hauts gradés, sous le commandement du Lieutenant-général Georgios Tsolakoglou, se mutinent donc le et prennent unilatéralement la décision de signer un protocole de reddition avec le commandement du "Leibstandarte SS Adolf Hitler", près de Metsovo, le même jour. Un deuxième protocole est toutefois signé le lendemain à Ioannina, avec des officiels italiens cette fois, et un dernier traité unissant les trois belligérants est adopté le , à Thessalonique. Le même jour, à Athènes, le Lieutenant-général Aléxandros Papágos démissionne de ses fonctions de Commandant suprême de l'Armée tandis que le roi Georges II et son gouvernement embarquent pour la Crète.
À peu près au même moment, les forces du Commonwealth effectuent un dernier acte de résistance avec la Bataille des Thermopyles (1941), avant d'organiser leur retraite depuis les ports du Péloponnèse et de gagner la Crète et l'Égypte. En quelques jours, les troupes allemandes s'emparent des ponts qui traversent le canal de Corinthe et entrent dans Athènes le . Le , l'occupation de la Grèce continentale est terminée avec la prise de Kalamata et seules quelques îles Égéennes, dont la Crète, sont encore libres.
La bataille de Crète
vignette|gauche|Parachutistes allemands atterrissant en Crète, en mai 1941.