vignette|Conférence du Liban, mai 1944. La Conférence (ou Congrès) du Liban est une réunion organisée du 17 au entre le Gouvernement grec en exil en Égypte et les différentes organisations de Résistance actives à l'intérieur de la Grèce, dans le but de former un gouvernement d'unité nationale. La conférence, organisée à l'initiative de Georges Papandréou sous les auspices britanniques, fait suite à des mutineries pro-communistes au sein des forces grecques stationnées en Égypte et à la formation par les communistes d’un gouvernement rival, le Comité politique de libération nationale ou PEEA.

Contexte

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Grèce, après avoir remporté une victoire lors de la guerre italo-grecque sur le front albanais ( - , voir le Jour du Non) doit céder devant l'invasion allemande en . Le gouvernement légitime, la famille royale et les forces armées navales et aériennes se replient en Crète puis, après la bataille de Crète (), en Égypte afin de poursuivre la résistance, alliés aux forces britanniques qui y sont basées. Le pays est occupé par les puissances de l'Axe à partir d', partagé en 3 zones sous le contrôle de l’Allemagne, de l’Italie et de la Bulgarie.

Simultanément, plusieurs mouvements de résistance armée s’organisent à l'intérieur du pays, jusqu’à 15 à un moment donné. Les principaux sont l’EDES du colonel , l’EAM du Parti communiste de Grèce et l’EKKA du colonel Dimítrios Psarrós. Le « gouvernement libre » en exil voit petit à petit croître ses désaccords les mouvements de Grèce occupée, étant considéré par eux comme un deuxième gouvernement fantoche après celui de l’. Les partis prennent conscience de la nécessité de la création avant la libération d'un gouvernement d'unité nationale qui s’appuierait sur les vues et la coopération de toutes les forces politiques et groupes de résistance, dans le but commun de la restauration ordonnée de la vie publique.

En , une révolte antimonarchiste se déroule au sein des troupes grecques présentes en Égypte. Les mutins veulent obliger le gouvernement en exil de Tsoudéros à s'entendre avec le Comité politique de libération nationale mis en place par les résistants communistes en Grèce. Tsoudéros démissionne, remplacé par Sophoklís Venizélos, tandis que la mutinerie est matéeWoodhouse, p. 52..

L’organisation d’une conférence est d’abord initiée par Sophoklís Venizélos, remplaçant d’Emmanuel Tsoudéros, parti pour Londres, à la tête du gouvernement grec en exil. Mais assez soudainement le , Georges Papandréou arrive au Caire dans un avion de la RAF. Avec la médiation des Britanniques, celui-ci obtient 13 jours plus tard la convocation au Liban d'une conférence de toutes les tendances politiques dans les vingt jours suivants, et remplace Vénizélos au poste de Premier Ministre.

La conférence La conférence débute au Liban à Dour el Saouer (station de montagne à proximité de Beyrouth) le . Les délégués représentant les groupes de la résistance grecque arrivent depuis l'Italie dans des avions de la RAF, tandis que les participants du gouvernement Papandréou viennent du Caire.

Les délégués La plupart des hommes politiques en exil sont présents, aux côtés de représentants du Comité politique de libération nationale, de l'EAM, de l'ELAS, du KKE, de l'EDES et de l'EKKA.

Les 25 délégués assistant à la Conférence du Liban sont: Georges Papandréou, Président du gouvernement grec en exil et quatre membres de son gouvernement, tous représentant le Parti libéral: Sophoklís Venizélos, , et pour le Parti du peuple pour le Parti national du peuple (Εθνικού Λαϊκού Κόμμα) Georges Sakalis pour le (Προοδευτικό Κόμμα) pour le Ioánnis Sofianópoulos pour l'Union de la gauche (Ένωση Αριστερών) Panagiotis Kanellopoulos pour le comme indépendant Alexandros Svolos, président du Comité politique de libération nationale (PEEA) accompagné de et , membres du PEEA pour le Parti communiste de Grèce , secrétaire général de l'EAM, accompagné de Général , chef de l'ELAS , général en chef de l'EDES, accompagné du lieutenant-colonel S. Metaxas et du capitaine I. Metaxas Geórgios Kartális, représentant de l'EKKA Les généraux et , représentants d'autres organisations de résistance

La Conférence est suivie par l'ambassadeur britannique , qui enregistre avec son personnel toutes les positions exprimées par les délégués.

Accord

La présence des communistes est très fortement critiquée par les autres participants à la conférence. Cependant, un accord, la Charte du Liban, finit par être trouvé et signé par tous.

Malgré tout, les leaders communistes en Grèce refusent le texte. Les négociations reprennent pour trouver un nouvel accord. Cinq postes gouvernementaux sont accordés aux communistes en échange de leur intégration dans les troupes britanniques du général Scobie.

Bibliographie C.M. Woodhouse, Modern Greece, Faber and Faber, 1998

Voir aussi Conseil national (Grèce) Dekemvrianá

Notes et références

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