La chapelle Saint-Fiacre est un édifice religieux catholique situé dans la commune du Faouët, dans le Morbihan. Célèbre pour son jubé en bois décoré, elle est classée dans son ensemble aux monuments historiques depuis 1889.
Localisation
La chapelle se trouve dans la commune du Faouët, dans le département français du Morbihan, en Bretagne. Elle est située à au sud du bourg« La chapelle Saint-Fiacre à Faouët (Le) (56) », sur petit-patrimoine.com (consulté le 3 décembre 2023)., près de la route qui mène à Quimperlé.
Historique
Une pierre réemployée dans une maison voisine atteste de la construction en 1436, par un membre de la famille de Boutteville, d'un « hôpitalCe que l'on entendait en Bretagne par « hôpital » d'une chapelle était une maison où, en fonction du surplus d'offrandes perçues pour les réparations de la chapelle, on pouvait mettre à la disposition des pèlerins pauvres, parfois handicapés, . Mémoire composé par les jésuites du collège de Quimper, vers 1670. Archives du Finistère, . — Cité par Paul Peyron, « Les églises et chapelles du diocèse de Quimper », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1903, XXX, 140. — Cité par Henri Waquet, « Chapelle Notre-Dame de Kérinec », sur gallica.bnf.fr, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1919, , 164 (consulté le 4 septembre 2023). », ce qui donne à penser qu'il existait peut-être une chapelle avant celle-ci, voire un pèlerinage.
On ignore la date du début de construction de l'édifice actuel. On le situe au milieu du . On connaît, par une inscription sur le jubé, la date de fin de réalisation de celui-ci : . On estime donc que la chapelle est également terminée aux alentours de cette dateDenise Moirez, Jean-Jacques Rioult, « Description historique », Chapelle Saint-Fiacre (Le Faouët), sur pop.culture.gouv.fr, Région Bretagne – service de l'Inventaire du patrimoine culturel, 2021 (consulté le 26 novembre 2023).. Elle est dédiée à saint Fiacre, herboriste irlandais du , établi près de Meaux« Saint Fiacre », sur laterredabord.fr, 29 décembre 2011 (consulté le 3 décembre 2023)..
Selon la tradition, elle aurait été bâtie en même temps que Notre-Dame de Kernascléden, distante de . Et, tandis que les ouvriers d'une des chapelles se reposaient, des anges apportaient leurs outils aux ouvriers de l'autre chapelle, et inversement.
Les verrières sont des Denise Moirez, Jean-Jacques Rioult, « Commentaire descriptif de l'édifice », . Il n'y a pas trace de campagne de travaux entre le . Le jubé fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques en 1846. Ce n'est que dans la deuxième moitié du que l'on cherche à résoudre le problème d'humidité de la chapelle, qui nuit à la conservation de ce jubé. De 1862 à 1866, on tente de le restaurer en remplaçant par de regrettables pastiches certains panneaux disparus. En 1889, la chapelle est à son tour classée monument historique. En 1951, on supprime les pastiches du et on restaure à nouveau le jubé en essayant de retrouver l'esprit de sa mise en couleur originelle.
Le pardon a lieu le dernier dimanche du mois d'août. La chapelle est propriété de la commune.
Aspect général, plan
Cette chapelle est souvent qualifiée de .
En forme de croix latine, Saint-Fiacre comporte une nef à deux travées, à bas-côté unique (au nord) ; un transept à trois travées égales ; et un chœur à deux travées, sans bas-côté. Le pignon ouest forme un clocher-murRené Fage, « Les clochers-murs bretons : leur évolution au », sur gallica.bnf.fr, dans Congrès archéologique de France : congrès archéologique de Brest et de Vannes, 1914, , 523. léger, relié par des passerelles à deux tourelles, dont une tourelle d'escalier. Un porche hors œuvre se greffe sur la paroi sud. Une sacristie hors œuvre est plaquée à l'extrémité orientale du mur nord du chœur, détachée du croisillon. La chapelle mesure de long, le transept , et le vaisseau principal a une largeur de .
Extérieur Façade ouest vignette|alt=Façade dissymétrique d'une chapelle surmontée d'un clocher encadré de deux tourelles, un peu moins hautes que lui, et qui ont toutes deux une flèche, comme lui. Elles sont reliées au clocher par deux passerelles.|droite|redresse=1|La façade ouest.
Cette façade ouest est qualifiée par Léon de Groër de . Le mur-pignon de la nef est prolongé au nord par celui du bas-côté. , l'architecte va équilibrer cette large composition. On remarque deux axes de symétrie. Tout d'abord celui donné par le milieu du clocher. Ensuite, plus à gauche, à égale distance des deux contreforts, l'axe qui passe par le milieu du portail, axe vers lequel convergent les rampants du pignon. Ces rampants ont deux balustrades factices, ornées de crochets, ajourées par des mouchettes.
Des niches ici et là animent la partie supérieure du mur. Le bas, dépouillé, met en valeur le portail. Celui-ci est encadré de sept colonnettes et de deux fins pinacles. L'archivolte est en tiers-point. Elle est surlignée d'une accolade, amortie par un fleuron.
Clocher-mur vignette|alt=Gros plan en contre-plongée. On voit les arcatures qui soutiennent le rebord de la plate-forme, et la balustrade de celle-ci.|gauche|redresse=1|Arcatures supportant le bord de la plate-forme.
Le pignon, très épais (), forme un clocher-mur du type inauguré à Notre-Dame de Kérinec et repris à Notre-Dame de Kernascléden. Il s'amortit en une pile qui s'élève juste au-dessus du niveau de faîte de la nef. Cette pile supporte une large plate-forme dont le bord ouest repose sur six arcatures moulurées, appuyées sur des culs-de-lampe. Le bord oriental repose quant à lui sur des corbeaux tout simples. Au milieu de la plate-forme, s'élève un beffroi. L'espace tout autour forme une coursière que protège une balustrade ajourée par des mouchettes et soulignée d'une corniche de feuilles retournées.
Les quatre faces du beffroi sont identiques. Ses baies jumelles en plein cintre sont limitées par huit colonnes, et surmontées de quatre gables aigus et pleins, aux rampants à crochets, garnis d'arcs trilobés et de mouchettes. Le beffroi est couronné d'une flèche légère, octogonale, aux arêtes ornées de crochets, cantonnée de pinacles qui s'élèvent à la moitié de la hauteur de la flèche. C'est sur le clocher, font remarquer Denise Moirez et Jean-Jacques Rioult, qu'est concentré l'essentiel des éléments de décor, .
Tourelles vignette|alt=Plan rapproché. On voit le haut des deux tourelles encadrant la plate-forme et le beffroi.|droite|redresse=1|Les deux tourelles et les passerelles qui les relient à la plate-forme du clocher.
Le clocher est accosté de deux tourelles polygonales, reliées à la plateforme par des passerelles à balustrade flamboyante. La tourelle nord, qui prend appui sur le pignon, est une masse pleine jusqu'au niveau de la plate-forme. À hauteur du beffroi, elle devient un belvédère percé de trois baies à meneaux cruciformes. On ne peut accéder à ce belvédère que par les passerelles, via la plate-forme du clocher.
La tourelle sud contient un escalier. Pour ne pas affaiblir le pignon, on a placé cette tourelle en retrait de la façade, vers l'est. Les deux tourelles ne donc pas alignées. Pour accentuer le jeu de dissymétrie, la balustrade du rampant sud descend plus bas que celle du nord, jusqu'à un gros contrefort qui prolonge la façade et auquel s'adosse la tourelle d'escalier. Celle-ci est encore renforcée en formant un angle droit au nord-ouest, jusqu'à hauteur de la passerelle.
René Couffon fait observer que les deux tourelles font elles-mêmes office de contreforts pour le clocherRené Couffon, « Un atelier architectural novateur à Morlaix à la fin du », dans Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, année 1938 (première partie), 66 .. Toutes deux sont couronnées d'une balustrade factice flamboyante, soulignée de feuillages, ceinturant une flèche.
Façade méridionale
Porche vignette|alt=Entrée du porche vue de l'extérieur. Elle est encadrée de deux gros contreforts obliques.|gauche|redresse=1|Le porche.
Au sud, le porche ressemble étonnamment au « porche des hommes » de Kernascléden : Il est épaulé par deux puissants contreforts obliques. Chacun de ceux-ci est couronné de cinq pinacles sur glacis inspirés de ceux de Kernascléden, et chargé d'une niche à dais. On trouvait déjà des niches sur quelques contreforts de Kernascléden, mais à Saint-Fiacre ce décor est quasi systématique. L'entrée du porche est marquée par un lambrequin en arc en plein cintre, à redents trilobés, surligné d'un cordon en accolade, orné de feuilles retournées et d'un fleuron<.
vignette|alt=Portail comprenant deux portes jumelles. Sur les paroi latérales, à droite et à gauche, on voit deux des niches vides prévues pour les statues des apôtres.|droite|redresse=1|Intérieur du porche.
L'intérieur du porche est voûté en pierre sur croisée d'ogives. Sur chaque paroi latérale s'adosse un banc de pierre, surmonté de six niches vides, à cul-de-lampe et dais flamboyant. En tout, douze niches sont donc prévues pour douze statues d'apôtres : on retrouve ici le même programme qu'à Notre-Dame-de-l'Assomption, à Quimperlé, et que dans le « porche des dames » de Kernascléden. Mais Groër fait remarquer une évolution par rapport à Kernascléden : l'ornementation est moins recherchée, moins précieuse, moins minutieuse. Et ce ne serait pas dû seulement à une différence de budget, ce serait une recherche de style.
Au fond du porche, un grand portail en tiers-point est de celui du porche des hommes de Kernascléden. Il inclut, sous un tympan plein, deux portes séparées par un trumeau. Ce dernier reçoit leurs deux arcades, en cintre légèrement brisé. Ce trumeau est chargé d'un bénitier surmonté d'un dais qui devait faire office de cul-de-lampe et supporter une statue : il est lui-même surmonté d'un deuxième dais.
Croisillon sud
Le croisillon sud a des rampants à crochets dont le fleuron est remplacé par une statue. Il est épaulé par des contreforts chargés de niches. L'une des consoles de contrefort est sculptée d'un personnage grotesque jouant avec deux chiens, l'autre d'un personnage avalant la queue d'un gros lézard. Le mur ouest du croisillon comporte un petit portail en tiers-point condamné. À droite du croisillon, une porte, encadrée de pampres, s'ouvre sur le chœur. Elle est surmontée d'une niche à dais et d'un oculus rempli par trois mouchettes tournantes.
Façade nord vignette|alt=À gauche le pinacle intact, sur un contrefort du croisillon. Puis la petite fenêtre. Puis, au centre, la grande fenêtre sous pignon, encadrée de deux contreforts.|droite|redresse=1|Façade nord de la nef.
Au nord, la plus grande des deux fenêtres éclairant le bas-côté est sous un pignon qui répond à celui du porche. Ce pignon matérialise, à l'extérieur, la chapelle dans œuvre du bas-côté. Le remplage de la petite fenêtre est dans le style du début du . Cette présence insolite, ajoutée au fait que le mur n'a pas d'empattement, suggère la trace d'une chapelle plus ancienne, à moins qu'il ne s'agisse d'un archaïsmeUn archaïsme est l'. « Archaïsme », sur cnrtl.fr, 2012 (consulté le 9 décembre 2023).. Le croisillon nord est semblable à celui du sud, si l'on excepte une fenêtre plus petite. Le pinacle d'un de ses contreforts est resté entier. Il est le seul des pinacles isolés de la chapelle à avoir gardé toute sa hauteur. La sacristie est un ancien oratoire seigneurial à deux niveaux« Plan au sol de la chapelle Saint-Fiacre et plan de l'étage de la sacristie. » Service régional de l'inventaire, 1965.. Couverte en appentis, elle est plaquée contre le mur nord du chœur, à quelque distance du croisillon.
Chevet vignette|alt=description sommaire|gauche|redresse=1|Le chevet. À gauche, le croisillon sud. À droite, la sacristie.