thumb|L'Américaine Lisa Leslie, quadruple médaillée olympique.

Le basket-ball féminin est la pratique féminine du basket-ball. Bien que sa pratique soit très répandue, sa reconnaissance sportive et médiatique a été plus tardive et moindre. Il est régulé par la Fédération internationale de basket-ball (FIBA).

Alors que le basket-ball est admis aux Jeux olympiques dès les Jeux de 1936, il faut attendre 1976 pour que le basket-ball féminin fasse son entrée aux Jeux de Montréal, alors que le Championnat du monde de basket-ball féminin est disputé depuis 1953. En 1985, Senda Berenson, Bertha Teague et Margaret Wade deviennent les premières femmes à entrer au Basketball Hall of Fame.

Il existe plusieurs ligues professionnelles féminines en Europe, Asie et Amérique. La Women's National Basketball Association est le premier sport collectif féminin à fonder une ligue professionnelle pérenne aux États-Unis.

Histoire thumb|L'équipe du Smith College en 1902.

thumb|L'équipe féminine de Collins Fielhouse (Seattle) de 1917. thumb|150 px| Nera White, MVP du championnat AAU de 1965.

Les débuts Une année après le premier match de basket-ball initié par James Naismith, les étudiantes de Sandra Berenson du Smith College s'affrontent, freshmen contre sophomore, le , même si des étudiantes californienne avaient déjà joué entre elle sans public en 1892. En 1893, on recense également une rencontre entre Mount Holyoke College et Sophie Newcomb College. Vers 1895, la pratique se diffuse dans différentes universités du pays, notamment Wellesley, Vassar et Bryn Mawr. La première rencontre interuniversitaire se tient le , pour un match joué à neuf contre neuf (2-1) entre Stanford et Berkeley. Clara Gregory Baer publie le premier recueil de règles du basket-ball féminin, qu'elle nomme « Basquette » en 1895, une dénomination abandonnée dans les règles Newcomb College Basketball publiées en 1908. Le basket féminin est alors souvent pratiqué par équipe de six joueuses.

Les YMCA ont joué un rôle important pour diffuser le sport à travers les États-Unis, le Canada et dans le monde entier. En 1893, Mel Rideout organise un premier match à Paris. À la même période, des rencontres ont lieu en Chine, au Japon ou en Perse. Pendant la Première Guerre mondiale, les corps expéditionnaires américains en diffusent la pratique dans les pays dans lesquels ils se rendent. James Naismith passe lui-même deux années en France.

En 1901, Spalding publie sous la direction de Berenson le premier recueil « officiel » des règles du basket-ball féminin où le terrain pour les féminines reste découpé en trois sections jusque 1938, puis deux jusque 1971, époque où l'on considère enfin qu'un jeu tout-terrain ne porterait pas préjudice à la constitution féminine. En 1971, le basket féminin adopte définitivement le jeu à cinq joueuses avec la règle des 30 secondes pour tirer . Le basket-ball féminin se développe : en 1925 37 États américains disposent d'un tournoi en lycées. En 1926, l'Amateur Athletic Union soutient le premier matche féminin disputé avec les règles masculines et en 1936 la formation des All American Red Heads affronte des équipes masculines.

gauche|vignette|L'équipe féminine de basket du club de Barcelone en 1930. En Europe, le sport est un marqueur des droits des femmes, avec notamment la création de l'équipe de basket-ball du club féminin et sportif de Barcelone en 1928, interdit sous la dictature franquiste à partir de 1939.

Le basket-ball féminin est donc demeuré sous une forme essentiellement récréative en Amérique du Nord pendant plusieurs décennies. Une variante spécifique anciennement nommée « Women's Basketball », l'actuel netball, s'est modérément dans quelques pays, avec des règles excluant notamment le dribble et réduisant encore plus les contacts entre joueuses. Il s'est développé essentiellement dans les pays du Commonwealth et s'est totalement émancipé de la FIBA en 1960 pour être régi par la International Federation of Netball Associations.

C'est donc d'abord hors d'Amérique du Nord que le basket-ball féminin s'est développé sous sa forme actuelle, pour impulser la création d'un championnat du monde dès 1953. En Europe, le basket-ball est un des principaux sports collectifs féminins, alors que le football est le sport masculin principal. De 1960 à 1975, les soviétiques font valoir leur domination dans les championnats du monde, alors que le Daugawa Riga domine les compétitions européennes.

Essor dans les années 1970-80 Le basket-ball ne s'est vraiment développé aux États-Unis au-delà d'une fonction de loisirs assurée par l'Amateur Athletic Union qu'après 1972 une fois voté le Titre IX, qui impose aux universités de développer les compétitions féminines au même titre que pour les compétitions masculines. Ce sont des actions militantes locales qui ont permis la création d'équipes féminines après le lycée. Ainsi l'action d'étudiantes menées par la future entraîneuse Lin Dunn permet l'apparition d'une équipe féminine à Tennessee Martin à l'automne 1969. La Commission on Intercollegiate Athletics for Women (CIAW) organise un premier « championnat national » universitaire remporté par West Chester State College. Après 1972, des nombreuses entraves à l'application de la Loi se sont manifestées localement et par la NCAA. Aussi, les compétitions se sont-elles organisées en marge de la NCCA par l'Association for Intercollegiate Athletics for Women (AIAW). Parmi les équipes importantes de cette époque, il faut citer la Delta State University entraînée par Margaret Wade, qui donnera son nom au Wade Trophy. Du 20 au , le tournoi final de l'AIAW obtient une couverture télé et radio ; le , Immaculata College bat l'Université du Maryland 85-63 pour la première rencontre diffusée sur une chaîne de télévision nationale ; Immaculata College défait Queens College, 65-61, devant pour le premier match disputé au Madison Square Garden.

NCAA vignette|Candace Parker (balle en main) face à Sylvia Fowles au Final Four 2008.

Il faut attendre 1981-1982 pour que le Championnat NCAA féminin soit disputé, la NCAA réalisant que le sport féminin et notamment le basket-ball suscitent un intérêt substantiel et croissant. L'AIAW dispute alors sa dernière saison, déjà amputée de ses meilleurs éléments et disparaîtShattering the Glass, Pamela Grundy et Susan Shackelford, 2005, The New Press, page 179, . Le succès des compétitions féminines NCAA continue à croître. Le Final Four féminin est devenu un temps fort, notamment depuis 2003 où le tournoi final est fixé au mardi après le lundi de la compétition masculine. Depuis la création de la WNBA, les rares joueuses professionnelles qui étaient contraintes de jouer en Europe, sont maintenant choisies par les équipes lors de la draft en avril.

Les deux équipes dominantes de la dernière période sont les Huskies du Connecticut, avec 10 titres obtenus de 1995 à 2015 sous la direction de Geno Auriemma, et les Volunteers du Tennessee (8 titres depuis 1982). Tennessee est entraîné de 1974 à 2012 par Pat Summitt, qui remporte le sa victoire, chiffre sans équivalent en NCAA, hommes et femmes confondus.

Professionnalisation Des ligues professionnelles voient le jour en Europe et dans le monde à la fin du . En 1998, la NBA impulse la création de la ligue féminine Women's National Basketball Association (WNBA). L'essor se confirme dans les années 2020 avec un record d'affluence en Europe et pour un tournoi olympique avec pour la rencontre opposant la France et l'Australie au stade Pierre-Mauroy de Lille le , alors que la rencontre NCAA entre Iowa avec Caitlin Clark, contre DePaul, au Kinnick Stadium rassemble en .

Professionnalisation

vignette|Sheryl Swoopes, une des premières stars de WNBA. Soucieuse de se diversifier, la NBA soutient aux États-Unis la création de son équivalent féminin, la WNBA, qui est la première ligue professionnelle féminine américaine durable tous sports confondus. Elle dispute son premier match en 1997 pendant la période estivale où la NBA fait relâche.

La WNBA est précédée de manière éphémère par la Women's Professional Basketball League (WPBL). De l'automne 1978 au printemps 1981. La WPBL est considérée comme la première ligue américaine professionnelle féminine de basket-ball de l'histoire, qui aura permis à certaines de meilleures joueuses américaines de s'illustrer comme Carol Blazejowski, Ann Meyers et Nancy Lieberman. Contemporaine des débuts de la WNBA, l'American Basketball League l'a concurrencée de 1996 à 1998, en accueillant notamment la plupart des championnes olympiques de 1996 (Jennifer Azzi, Teresa Edwards…), avant de devoir jeter l'éponge faute de soutien financier.

Les championnats européens commencent à se professionnaliser dans les années 1980, tendance assumée par la constitution de ligues dans les années 1990. La création de l'Euroligue permet à une vingtaine des meilleures équipes européennes de s'affronter.

En Europe, après une éclipse dans les années 1990 à la suite de la disparition de l'URSS, le fortuné championnat russe regroupe des équipes phares d'Europe dont le Spartak région de Moscou, concurrencé par la Ligue féminine espagnole de basket-ball et maintenant des équipes turques. Les équipes françaises de la Ligue féminine de basket, dominatrices dans les années 1990 avec l'USVO et Bourges (avec Cathy Melain puis Céline Dumerc) suivent, devant les équipes italiennes, polonaises.

D'autres pays disposent de ligues professionnelles, comme la WNBL australienne, la WKBL sud-coréennes, la WJBL japonaise, la ligue chinoise et la ligue brésilienne. Les compétitions des autres pays non-européens sont essentiellement amateur.

WNBA vignette|L'Australienne Lauren Jackson, double championne avec le Storm. Le lancement de la WNBA est approuvé par la NBA le et son activité débute le avec huit équipes et des partenariats avec les chaînes ESPN et NBC. Les vedettes mises en avant par la ligue, Rebecca Lobo, Lisa Leslie et Sheryl Swoopes, sont éclipsées par Cynthia Cooper, nommée MVP et championne avec les Comets de Houston. La disparition de l'ABL permet un afflux de nouvelles bonnes joueuses (Jennifer Azzi, Yolanda Griffith…) et de passer à 12 formations et même 16 en 2000 .

Les Comets remportent quatre titres de rang avant que les Sparks ne remportent deux titres consécutifs. Le Shock (avec Cheryl Ford) remporte trois titres en cinq ans et le Mercury (avec le duo Diana Taurasi-Cappie Pondexter) deux titres en trois ans. Le Storm est couronnée en 2004 et 2010. Après trois finales de suite, avec le titre en 2011 et 2013, pour le Lynx de Maya Moore, le Mercury et Diana Taurasi remportent leur troisième titre avec la jeune Brittney Griner.

L'arrivée de nouvelles stars comme Candace Parker permet à la WNBA de signer de nouveaux contrats avec ESPN et ABC. En 2009, le Mercury signe un premier contrat de sponsoring maillot, suivi par d'autres franchises. Les équilibres restent précaires, mais la WNBA fête en 2011 son quinzième anniversaire, ancienneté sans équivalent pour une ligue professionnelle féminine. Fin 2010, la WNBA fait état d'une affluence moyenne aux matches de par match et d'audiences télévisées en progression et de franchises se rapprochent de l'équilibre financier . En 2013, la WNBA profite d'une génération exceptionnelle de trois rookies (Brittney Griner, Elena Delle Donne et Skylar Diggins) pour renforcer son exposition médiatique.

Euroligue féminine

L'Euroligue est le plus haut niveau de compétition européen et même mondial, les meilleures joueuses mondiales enchaînant Euroligue de septembre à mai puis la WNBA ou les compétitions internationales FIBA. Ainsi la star américaine Diana Taurasi manque la saison WNBA 2015 pour privilégier son contrat plus rémunérateur avec l'équipe russe d'UMMC Iekaterinbourg. La décennie 2010 voit la domination des équipes russes et turques, qui disposent des moyens financiers les plus importants.

Règles Spécificités