Olga de Grèce (en grec moderne : et en serbo-croate : / ), princesse de Grèce et de Danemark puis, par son mariage, princesse de Yougoslavie, est née le à Tatoï, en Grèce, et morte le à Meudon, en France. Petite-fille du roi Georges de Grèce, elle est l'épouse du prince-régent Paul de Yougoslavie et exerce donc le rôle de « Première dame » de Yougoslavie entre 1934 et 1941.
Fille du prince Nicolas de Grèce et de la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie, la princesse Olga passe son enfance entre Athènes et Saint-Pétersbourg. La Première Guerre mondiale et la Révolution russe poussent cependant la jeune fille et sa famille à l'exil, en Suisse, en Italie, en France puis au Royaume-Uni. Après des fiançailles avortées avec le futur Frédéric IX de Danemark (1922), Olga épouse le riche prince Paul de Yougoslavie (1923), avec lequel elle a trois enfants. En 1934, le roi Alexandre de Yougoslavie est assassiné lors d'un voyage diplomatique en France et le prince Paul est proclamé régent du jeune Pierre II. Après des années de vie discrète, Olga doit alors seconder son époux et assumer les fonctions de « Première dame » du royaume de Yougoslavie. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la politique par trop favorable de Paul vis-à-vis des puissances de l'Axe aboutit toutefois au renversement du couple princier et à son arrestation par l'armée (1941). Remis aux Britanniques, Olga et les siens sont alors gardés en détention en Égypte, au Kenya puis en Afrique du Sud. Autorisés à rentrer définitivement en Europe en 1948, le couple princier et sa progéniture s'installent à Paris, où Paul meurt en 1976. Devenue veuve, Olga passe de plus en plus de temps au Royaume-Uni, pays d'adoption de sa sœur Marina. Frappée par la maladie d’Alzheimer à la fin de sa vie, Olga meurt à Meudon, en 1997. Sa dépouille mortelle est alors inhumée à Lausanne, en Suisse, avant d'être transférée au mausolée royal d'Oplenac, en Serbie, en 2012.
Famille vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc montrant une famille composée d'un homme, d'une femme et de trois petites filles posant assis en extérieur.|La famille d'Olga, vers 1911. De gauche à droite, on peut voir Olga, son père, le prince Nicolas, sa sœur cadette, la princesse Élisabeth, sa mère, la princesse Hélène et sa benjamine, la princesse Marina. La princesse Olga est l'aînée des trois filles du prince Nicolas de Grèce (1872-1938) et de son épouse la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie (1882-1957). Par son père, la princesse est donc la petite-fille du roi Georges de Grèce (1845-1913) tandis que, par sa mère, elle est l'arrière-petite-fille du tsar Alexandre II de Russie (1818-1881).
Le , la princesse Olga épouse, à Belgrade, en Yougoslavie, le prince Paul de Serbie (1893-1976), lui-même fils du prince Arsène de Serbie (1859-1938) et de son épouse la princesse Aurora Demidoff de San Donato (1873-1904). Du mariage d'Olga et de Paul naissent trois enfants : Alexandre de Yougoslavie (1924-2016), prince de Yougoslavie puis de Serbie, qui épouse, en 1955, la princesse Maria Pia de Savoie (1934) avant de divorcer en 1967 et de se remarier, en 1973, à la princesse Barbara de Liechtenstein (1942) ; Nicolas de Yougoslavie (1928-1954), prince de Yougoslavie, qui meurt célibataire ; Élisabeth de Yougoslavie (1936), princesse de Yougoslavie puis de Serbie, qui épouse, en 1961, l'industriel américain Howard Oxenberg (1919-2010) avant d'en divorcer en 1966 et de se remarier, trois ans plus tard, au banquier Neil Balfour (1944). Après un nouveau divorce et une liaison avec l'acteur gallois Richard Burton (1925-1984), la princesse se remarie, en 1987, à l'ancien Premier ministre du Pérou, le Manuel Ulloa Elías (1922-1992).
À travers sa fille Élisabeth, la princesse Olga est donc la grand-mère maternelle de l'actrice américaine Catherine Oxenberg (1961), bien connue pour son rôle d'Amanda Bedford Carrington dans la série télévisée Dynasty. Par son fils Alexandre, elle est par ailleurs la grand-mère du célèbre prince-joailler Dimitri de Yougoslavie (1958).
Biographie Jeunesse Une enfance grecque vignette|alt=Photographie en noir et blanc de trois petites filles vêtues de blanc et assises devant un livre ouvert.|Les princesses Olga, Élisabeth et Marina de Grèce vers 1912. Petite-fille du roi Georges de Grèce, la princesse Olga voit le jour au palais de Tatoï, résidence secondaire de la famille royale hellène, en 1903. Comme le veut la tradition grecque, elle reçoit alors le prénom de sa grand-mère paternelle, la reine Olga Constantinovna de Russie.
L’enfant grandit aux côtés de ses parents et de ses sœurs cadettes, les princesses Élisabeth (née en 1904) et Marina (née en 1906), au Palais Nicolas, actuel siège de l’ambassade italienne à AthènesLe Palais Nicolas a été offert par le tsar Nicolas II de Russie à sa cousine la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie, à l’occasion de son mariage avec le prince Nicolas de Grèce, en 1902. Très moderne pour son époque, il bénéficiait de l'eau courante, froide et chaude .. Olga est élevée dans une relative simplicité et son éducation est supervisée par une institutrice anglaise du nom de Miss Fox.
Une fois par an, Olga et sa famille se rendent en Russie, où ils sont régulièrement reçus par leurs cousins Romanov. La petite princesse et ses sœurs ont ainsi l'occasion de jouer avec les filles du tsar Nicolas II, qui ont sensiblement le même âge qu'elles. Les Grèce se trouvent d’ailleurs à Saint-Pétersbourg, lorsque éclate la Première Guerre mondiale, en 1914.
La Première Guerre mondiale et l'exil
vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc montrant une quinzaine d'hommes en uniforme et de femmes vêtues de longues robes.|Réunion de famille en Russie. Sur cette photo, prise lors d'un séjour des Grèce chez les Romanov, la princesse Olga est la troisième petite fille, en haut, en partant de la droite. La Première Guerre mondiale est un moment difficile dans l'histoire de la famille royale de Grèce. Après la rupture du roi Constantin et de son Premier ministre Elefthérios Venizélos à propos de l'entrée dans le conflit, une quasi guerre civile secoue le royaume hellène, qui est partiellement occupé par les Alliés à partir de 1915.
Finalement, le , le roi Constantin est contraint de quitter le pouvoir par l'ultimatum du Haut-commissaire français Charles Jonnart et il part en exil avec son épouse et ses enfantsSeul le deuxième fils du souverain reste en Grèce, où il monte sur le trône sous le nom d'Alexandre . en Suisse alémanique. Qualifié de par les vénizélistes, le prince Nicolas est rapidement contraint à quitter à son tour Athènes et à rejoindre son frère à l'étranger. Olga et sa famille s'installent alors à Saint-Moritz, où les Grèce connaissent pour la première fois de leur vie les soucis financiers.
La restauration de Constantin en 1920 permet à Olga de retrouver pour une brève période son pays natal mais l’abdication définitive du roi en 1922 oblige la jeune fille et sa parentèle à reprendre leur vie d’exilés. La princesse s'installe alors successivement à San Remo, à Paris et à Londres, où elle vit dans la gêne auprès de membres de sa famille.
Des fiançailles avortées vignette|redresse|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme portant un uniforme militaire et plusieurs décorations.|Frédéric (IX), prince héritier de la Couronne danoise en 1922. Considérée, avec sa sœur Marina, comme l’, la princesse Olga est, selon le biographe Ricardo Mateos Sainz de Medrano, une .
Dès avant son départ en exil, un projet matrimonial la lie au futur Frédéric IX de Danemark et les fiançailles des deux jeunes gens sont même annoncées publiquement en 1922. Cependant, la maladresse du prince danois, qui prend la main d’une des sœurs d’Olga au lieu de la sienne lors de la présentation officielle du jeune couple devant la foule athénienne, humilie durablement sa promise. Peu de temps après l’événement, Olga décide donc de rendre sa bague à l’héritier du trône danois et met un terme à leurs fiançailles.
Après son installation au Royaume-Uni, la vie sentimentale d’Olga est l’objet de bien des conjectures. La rumeur publique prétend ainsi, durant quelque temps, qu’une relation amoureuse la lie au prince de Galles (futur Édouard VIII). Mais, vraie ou non, cette amourette est bien vite oubliée. Fréquentant avec assiduité la bonne société britannique, la princesse grecque rencontre, lors d’un bal donné par sa cousine Lady Zia Wernher, le prince Paul de Yougoslavie.
Immédiatement impressionné par la beauté d'Olga, le petit-fils d’Alexandre Karageorgévic cherche à se gagner les faveurs de la princesse, mais celle-ci se montre plutôt indifférente à son égard. D’autres rencontres suivent pourtant, notamment au palais de Buckingham, et le prince Paul parvient finalement à séduire la jeune fille.
En Yougoslavie Mariage et installation en Yougoslavie vignette|gauche|redresse|alt=Photographie en noir et blanc montrant un homme assis, de trois-quart, portant un uniforme militaire.|Le prince Paul de Yougoslavie, époux d'Olga. Une fois les fiançailles d’Olga et de Paul annoncées (le ), le trousseau de la jeune femme est acheté à Paris. C’est cependant à Belgrade, dans la patrie du prince, qu’est organisé le mariage, en octobre suivant.
Désormais princesse de Yougoslavie, Olga s’attelle à l’apprentissage du serbo-croate, qu’elle parvient rapidement à dominer, malgré un fort accent grec. Partageant désormais sa vie entre le Palais Blanc de Belgrade, un magnifique chalet dans la vallée de Bohinj et une villa sur la Rumunska Ulica (actuelle Užička Ulica), Olga profite de l’immense fortune que son époux a en partie héritée de sa famille maternelle. Mais, habituée à un style de vie moins provincial que celui qui est le sien dans sa nouvelle patrie, la princesse trouve son quotidien d’autant plus monotone et ennuyeux que ses relations avec le roi Alexandre et l’épouse de celui-ci ne sont guère chaleureuses.
Olga reçoit toutefois les visites régulières de ses sœurs et d’autres membres de sa famille. Bientôt mère de trois enfants, nés entre 1924 et 1936, elle passe par ailleurs beaucoup de temps à s’occuper de sa progéniture tandis que son époux s'adonne à ses collections d'art.
La Régence de Paul Le , le roi Alexandre de Yougoslavie meurt assassiné lors d'une visite officielle à Marseille par un nationaliste macédonien membre de l'ORIM. Son successeur, le jeune Pierre II, n’ayant que onze ans, un conseil de Régence est mis en place sous la direction du prince Paul. Bien que n’ayant jamais aspiré à la vie politique, l’époux d’Olga n’a d’autre choix que d’accepter la charge qui lui incombe et prend alors la tête des affaires de l’État.
Devenue, en quelque sorte, la « première dame » de YougoslavieLa véritable « première dame » reste, en réalité, la reine-mère Marie de Roumanie mais celle-ci ne participe plus à aucun événement politique, au contraire d’Olga, censée seconder son époux en Yougoslavie comme à l’étranger., Olga doit plus que jamais représenter son pays d’adoption aux côtés de son époux. Avec lui, elle effectue ainsi plusieurs séjours officiels à l’étranger et rencontre notamment les dictateurs Benito Mussolini et Adolf Hitler, à Rome et à Berlin, en avril et . De fait, dans le contexte tendu de la fin des années 1930, le très anglophile prince Paul engage progressivement son pays dans une politique d’alliance avec les forces de l’Axe. Il semblerait d'ailleurs que les liens de parenté entre Olga et différents membres du gotha allemand ayant embrassé l'idéologie nazie (dont son cousin, le prince Philippe de Hesse-Cassel) n'aient pas été sans effet sur l'évolution politique du prince Paul.