Lélection présidentielle malienne de 2013 se tient le et le afin d'élire le président de la république du Mali.
Initialement prévue en 2012, l'élection présidentielle est reportée en raison du coup d’État militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré dans la nuit du 21 au , alors que le nord du Mali est en proie à une insurrection armée menée par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad et des organisations armées djihadistes.
Contexte Le second mandat du président Amadou Toumani Touré, élu le 12 mai 2002 et réélu le 29 avril 2007, s'achevait en 2012. Conformément à la Constitution qui limite le nombre de mandat à deux, le président sortant confirme lors d'une conférence de presse le qu'il ne se représentera pas..
Le , les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) attaquent l’armée malienne à Ménaka. C’est le début d’une nouvelle insurrection menée par un mouvement renforcé en hommes et en armes par le retour des touaregs engagés dans l’armée libyenne après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Le MNLA réclame l’indépendance des trois régions situées au Nord du Mali : Kidal, Gao et Tombouctou. Par manque de moyens, l’armée malienne subit des revers face aux combattants du MNLA..
Le , le MNLA attaque la ville d’Aguel'hoc. Le gouvernement malien accuse le MNLA d’être allié avec des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. Accusés de crimes de guerre pour avoir assassiné des militaires maliens prisonniers., les rebelles, par la voix du MNLA, rejettent ces accusations.. En deux mois, plus de fuient les combats et se réfugient en grande partie dans les pays voisins..
Fin janvier et début février, des manifestations de femmes de soldats ont lieu à Bamako, Kati et Ségou pour protester contre la gestion de la crise par les autorités..
Alors que des civils touaregs sont pris pour cibles à Bamako et Kati, le président de la République intervient à la télévision pour appeler à ne pas faire l’amalgame entre les populations touarègues et le MNLA.... Dans la nuit du 10 au , le MNLA prend le contrôle du camp militaire de Tessalit., considéré comme stratégique en raison de la présence d’une piste d’atterrissage.
Le mouvement islamique Ansar Dine, créé par Iyad Ag Ghali, figure des rébellions touarègues des années 1990 au Mali, combat aux côtés du MNLA. Il affirme contrôler les localités d’Aguel’hoc et de Tessalit et veut imposer la charia au Mali..
Le , une mutinerie de soldats éclate à Bamako et à Gao. Ils protestent contre la gestion gouvernementale de la guerre et leur manque de moyens.. Le même jour, des mutins investissent le palais présidentiel et le siège de l'Office de radiodiffusion télévision du Mali. Le président Amadou Toumani Touré est renversé.
La constitution est alors suspendue et un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR) présidé par le capitaine Amadou Haya Sanogo est mis en place.. Ce coup d'État est condamné par les principaux partis politiques et la communauté internationale. Sous la pression, les putschistes acceptent la mise en place d'une période de transition. Le , le président renversé Amadou Toumani Touré démissionne officiellement« Mali : le président Touré démissionne », Le Figaro, 8 avril 2012. Le , Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale, devient président par intérim. La transition est prévue pour une durée d'un an. Il nomme Modibo Diarra au poste de Premier ministre et le charge de former un gouvernement d'union nationale. La crise perdure, les putschistes continuant à intervenir dans la vie politique. Après avoir nommé deux gouvernements d'union nationale, Modibo Diarra est contraint par les putschistes de démissionner le . Diango Cissoko est alors nommé Premier ministreLes Maliens jouent leur avenir à la présidentielle, Le Figaro, 28-07-2013..
Dans le nord du pays, profitant de la confusion institutionnelle et politique, le MNLA allié avec les mouvements djihadistes parvient à conquérir les trois régions du nord du Mali. Le , par un communiqué publié sur son site, le MNLA proclame ..Lire le communiqué : ..
Des dissensions apparaissent entre le MNLA et Ansar Dine, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Les djihadistes prennent le dessus et contrôlent le nord du Mali. En , alors qu'ils tentent de descendre vers le sud du pays, la France s'engage militairement à la demande du président par intérim Dioncounda Traoré. Avec le soutien militaire de plusieurs pays africains, dont principalement le Tchad, les armées française et malienne arrivent à contenir l'avancée des djihadistes puis à reconquérir le nord du Mali, à l’exception de Kidal dont le MNLA a repris le contrôle
À l'initiative de la France, la communauté internationale engage un soutien financier important pour la reconstruction du Mali, de son armée et de l'administration ainsi que des services publics détruits au Nord du pays, et demande au Mali d'organiser pour le mois de au plus tard une élection présidentielle permettant de clore la transition politique. Malgré les difficultés (insécurité persistant au Nord, région de Kidal toujours sous contrôle du MNLA, nombre important de déplacés et de réfugiés) et face à la pression de la France et de la communauté internationale, le gouvernement accepte cette demande. Les négociations entre les autorités maliennes et le MNLA reprennent sous la médiation du président burkinabé Blaise Compaoré afin de permettre le cantonnement puis le désarmement des groupes armés, le retour de l'armée et de l'administration malienne et la tenue des élections sur l'ensemble du territoire malien, y compris Kidal.
Mode de scrutin Le président malien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois..
Élection prévue en 2012 Le premier tour était fixé au et, si aucun candidat n'obtenait la majorité absolue des suffrages exprimés à l'issue du premier tour, le second tour devait se tenir le suivant. Le premier tour était couplé avec le référendum sur la révision de la Constitution..
Polémiques sur l'organisation du scrutin En 2011, plusieurs polémiques se sont déclenchées concernant l'organisation du scrutin, notamment le fichier électoral et la composition de la Commission électorale nationale indépendante.
Pour constituer le fichier électoral, le gouvernement a décidé de se servir du fichier issu du Recensement administratif à caractère électoral (Race), fichier qu’il convient d’améliorer selon le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné. La majorité des partis politiques est favorable à l’utilisation d’un fichier issu du Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec) jugé plus fiable. Or le gouvernement considère que ce second fichier pose un certain nombre de difficultés dont le non recensement des Maliens vivant en Côte d’IvoireJean-Philippe Dedieu, "Mali's Scattered Democracy. How Migrants from Paris to Guangzhou Influence the Vote", Foreign Affairs, 12 August 2013 et le nombre important de corrections à y apporter dans un délai très court, ainsi que le coût de l’utilisation de ce fichier estimé à de francs CFA.. Lors d’une réunion de concertation entre le gouvernement et les partis politiques le , le directeur national de l'Intérieur au ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, Bassidi Coulibaly, a reconnu la faible influence des citoyens pour la révision des listes électorales..
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est une institution chargé de contrôler l’organisation et le bon déroulement des élections. Des représentants des partis politiques y siègent. Dix sièges sont prévues à répartir équitablement entre l’opposition et la majorité. Une polémique a lieu entre les partis de la majorité et les partis se réclamant de l’opposition. Pour la majorité, il faut tenir compte de la représentativité des partis politiques et proposent neuf représentants pour la majorité, à laquelle appartient sur 147 et un seul pour l’opposition, représentait à l’Assemblée nationale par un seul parti, Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) et ses quatre députés. Alors que plusieurs partis de l’opposition extraparlementaire (UNPR, Bara, MPLO, ADCAM, RJP, CD, CNU - Faso-jo-ton) réclament cinq sièges pour l’opposition et cinq pour la majorité.. Le , le gouvernement adopte, en conseil des ministres, sur proposition du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, le décret portant nomination des membres de la Commission électorale nationale indépendante. Parmi les 10 représentants des partis politiques, un seul représente l'opposition, Moussa Konaté du Parti social démocrate, non représenté à l'Assemblée nationale.. L'opposition, considérant que ce décret ne respecte par l'esprit de la loi électorale de 2006 qui prévoit un partage équitable entre la majorité et l'opposition a saisi la Cour suprême.. Le , la Cour suprême a débouté les plaignants...
Le , Mamadou Diamoutani, docteur en mathématiques et secrétaire général du Haut Conseil islamique du Mali, a été élu président de la Ceni..
Candidatures Les candidats devaient remettre auprès de la Cour constitutionnelle la déclaration de candidature qui doit recueillir la signature légalisée d’au moins dix députés ou cinq élus communaux dans chacune des régions et du district de Bamako. Un élu ne peut soutenir plus d’un candidat. Chaque candidat doit déposer une caution de dix millions de francs CFA, remboursable à 50 % pour les candidats ayant obtenu 5 % au moins des suffrages exprimés lors du de l’élection présidentielle..
Plusieurs candidats avaient déclaré leur intention de se présenter et/ou ont été investis par leur parti. Leur candidature devra être validée par la Cour constitutionnelle. Jamille Bittar, premier vice-président du Parti pour le développement économique et social du Mali (PDES), a annoncé le sa candidature à l'élection présidentielle. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie et du Conseil économique et social est soutenu par l’Union des mouvements et associations du Mali, créée deux mois auparavant.. Soumaïla Cissé, ancien ministre, ancien président de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, candidat investi le par l'Union pour la République et la démocratie, soutenu par plusieurs partis et clubs politiques., a été le premier à déposer son dossier de candidature auprès de la Cour constitutionnelle.. Aminata Niamoto Diakité déclare sa candidature le , investie par le parti humaniste Adamaden Ya Ton.. Sidibé Aminata Diallo, ancienne ministre de l’Éducation, déjà candidate lors de la précédente élection en 2007, est investie le par le Rassemblement pour l'éducation à l'environnement et au développement durable (REDD).. Modibo Diarra, astrophysicien malien ayant travaillé à la Nasa et président de Microsoft Afrique. Le , il présente à Bamako la formation politique qu’il vient de créer en vue de l’élection présidentielle de 2012, le Rassemblement pour le développement du Mali (RPDM) ; ; .. Mamadou Djigué dit Jeff annonce le sa candidature sous les couleurs du Mouvement des jeunes pour le changement et le développement (MJCD). Cette annonce s'est faite lors d’un meeting organisé au Centre international de conférence de Bamako, en présence de son père Ibrahima N’Diaye, premier vice-président de l'Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice.. Housseini Amion Guindo, dit « Poulo », président de la Convergence pour le développement du Mali, est désigné le par le groupement politique PUR (Partis unis pour la République) candidat à l'élection présidentielle.. Tidiane Guindo, avocat, a annoncé sa candidature au nom d'un nouveau parti politique Mali Dambé le ..