Luri est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Luri dont elle était le chef-lieu, dans le Cap Corse. Géographie vignette|center|redresse=2.4|Panorama de la commune.|alt= Localisation Luri est une commune située au centre de la façade orientale du Cap Corse. Ancienne pieve religieuse du même nom, Luri a appartenu à des seigneuries de la fin du à la fin du , avant de passer sous l'administration génoise jusqu'à la deuxième moitié du , puis de devenir française. Luri est aujourd'hui l'une des dix communes du canton de Capobianco dont Rogliano est le chef-lieu.

Géologie et relief La commune occupe la plus profonde vallée du Cap Corse, c'est une péninsule divisée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes aux crêtes effilées, d'une altitude plus modeste au nord qu'au sud mais d'une remarquable continuité, les cols étant de véritables ensellements. Le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien de la fin de l'ère primaire. À l'est de la péninsule, schistes sériciteux à l'aspect soyeux et ridé, schistes chloriteux, schistes calcaires ou calschistes et cipolins dominent.

Ceinte de montagnes assez hautes, cette vallée était plus protégée que ses voisines et a moins souffert des destructions barbaresques. C'est ce qui explique sa prospérité d'autrefois. C'était une vallée charmante chi Diu fece in un surrisu (que Dieu fit en un sourire).

Limites territoriales vignette|L'église et le col de Santa Lucia.|alt=

Au nord, la démarcation entre Luri et Meria est représentée par une ligne partant d'un point situé à une centaine de mètres au sud de Punta di Gulfidone (sommet de « à cheval » sur Morsiglia et Meria), orientée au sud-est par delà le ruisseau de Lissandru, jusqu'à la chapelle San Salvadore (), puis suivant une ligne de crête jusqu'aux ruines de Mata () et descendant sur la côte au lieu-dit Lamone. À l'est, la commune est bordée par la mer Tyrrhénienne. La façade maritime est courte, soit environ deux kilomètres de côtes rocheuses, au milieu de laquelle est situé le port de Santa Severa. Au sud, la démarcation démarre à la côte, depuis un point situé à (distance orthodromique) au nord-est de la plage de sable de Porticciolo (Cagnano). Orientée à l'ouest, elle suit la crête de E Spelonche jusqu'au col de la Serra (), puis atteint Monte Castellu situé au nord du couvent d'Oveglia ruiné (Cagnano). La démarcation suit vers le sud une ligne de crête jusqu'au Monte Alticcione () près duquel est situé le point le plus élevé de la commune à (). À l'ouest, la ligne part du Monte Alticcione, suit la ligne de crête passant par Punta Tigglietu (), Punta Gavinacce (), Monte Zuccarellu (), Pinzu a Vergine () où se trouvent des menhirs, frôle Monte Liccioli (), rejoint Monte Grofiglieta (), Punta Rasiccia (), longe les versants occidentaux du Monte Rottu (), passe par la Torre di Seneca () « à cheval » sur Pino et Luri, le col de Santa Lucia () franchi par la route D180, passe par le Monte Popolu (), Punta di a Filetta Suprana () et atteint enfin son point de départ au sud de Punta di Gulfidone.

Hydrographie vignette|Gué sur le Luri à Campu.|alt=

La vallée de Luri, ouverte sur la mer mais fermée vers l'amont car adossée à la chaîne axiale, est représentée par tout le bassin versant du petit fleuve côtier Luri. qui la traverse d'est en ouest, pour se jeter dans la Mer Tyrrhénienne à Santa-Severa, hameau sur son littoral. Il faut y ajouter au nord, une partie (l'adret et le bas de l'ubac) de la haute vallée du ruisseau de Lissandru. durant son parcours sur Luri.

Comme toutes les autres du Cap Corse, la commune ne possède que de capricieux torrents desséchés en août dans la partie inférieure de leurs cours, mais très volumineux l'hiver et au printemps. Le régime torrentiel de ces petits fiumi (fleuves) et l'absence d'un indispensable manteau forestier régularisateur occasionnent des crues catastrophiques comme en 1920 et en 1947.

Climat et végétation Luri bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés ; les hivers y sont plus chauds et les étés plus tempérés que partout ailleurs en Corse, car protégé par la chaîne axiale du Cap des forts vents d'ouest dominants beaucoup plus sensibles au sud sur la région bastiaise.

La vallée limoneuse est fertile, verdoyante, les flancs des montagnes couverts d'une épaisse végétation de chênes verts et de châtaigniers sur les hauteurs, le maquis y est très haut. Pourtant, Les cultures n'occupent qu'une faible partie du bas de la vallée, avec des vignes essentiellement.

Urbanisme Typologie Au , Luri est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (56,5 %), forêts (22,2 %), zones agricoles hétérogènes (10,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (8,8 %), zones urbanisées (1,2 %), prairies (0,9 %), eaux maritimes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

La vallée de Luri C'est la partie du territoire communal se présentant sous forme d'un long corridor compris entre la cuvette de Piazza et ses environs, jusqu'à Santa Severa sur le littoral, et qui est la partie la plus habitée.

Santa Severa vignette|La marine de Santa Severa.|alt=

Santa Severa est la marine de Luri, construite dès le début du à une vingtaine de kilomètres au nord d'Erbalunga. C'est avant tout, un petit port de pêche. Toutefois, il a été doté d'une capitainerie et de commodités (douches et toilettes), pour la « petite plaisance » qui peut s'avitailler en eau et carburant. Un petit chantier de construction navale existait jusqu'en 1875. Les quatre felouques corses qui ont pris part à la bataille de Lépante en 1571 y auraient été construites.

Santa Severa doit son nom à l'ancienne bourgade de Santo Severio, dite « Santa Soeria » au Moyen Âge où jadis, dès le , devait être vénéré Severinu, Corse martyrisé à Calvi en mai 225 avec Ristituta (sainte Restitude) toujours vénérée à Calenzana. Santa Severa a une chapelle Santa Catarina.

Autrefois, une tour carrée dite « Tour de Santa Severa », avait été occupée en janvier 1558 par les Génois (la Corse était alors française, malgré la Trêve de Vaucelles), puis reprise par les Français en octobre 1558. En 1559 le traité de Cateau-Cambrésis, qui mit fin au conflit entre la France d'un côté et l'Espagne et l'Angleterre de l'autre, rendra la Corse à Gênes alliée de Charles-Quint.La tour était encore visible en 1928. Il n'en reste plus rien.

Au nord-ouest de Santa Severa, à environ de la côte et en limite septentrionale de la commune, se trouvent les ruines de Mata et de sa tour circulaire. Ce village ruiné par les Sarrasins au , a été abandonné au .

Hameau de Tufo U Tufu (en langue corse) est un hameau de la vallée, situé à mi-chemin, entre Santa Severa et Piazza, le centre communal. Tufo possède une chapelle Santa Maria Natività (Notre-Dame de Lavasina). Son accès depuis la route D180 se fait par le lieu-dit Casanova, avec un pont sur le ruisseau de Luri. On y trouve un réservoir d'eau potable, alimenté par une source captée.

Campu vignette|Le Clocher de la chapelle San Salvadore.|alt=

U Campu est un village de la vallée, situé au nord de Tufo, sur l'autre rive du ruisseau de Luri. À son origine, ce village était un camp militaire, une base à partir de laquelle les chevaliers d'antan étaient partis à la reconquête de l'île sur les Maures. Il était ainsi devenu le centre du fief des seigneurs De Campo di Luri. La tour qui fut le siège de leur administration a totalement disparu.

Campu possède une chapelle San Sebastianu. Plus à l'ouest en limite septentrionale de la commune, en plein maquis, se situe la chapelle San Salvadore (son nom exact est San Sebastianu e San Salvadore) avec son remarquable campanile distant de . Cet édifice religieux a été bâti sur l'emplacement d'un sanctuaire du une cinquantaine de mètres plus haut que Campu.

Plus à l'ouest, sur la rive gauche du Luri, se trouvent les ruines du hameau de Vallicella, et les lieudits Piane et Giurdana. On y retrouve La maison de retraite « La Chênaie » et autrefois rattaché à elle la « Clinique du Cap », le seul établissement hospitalier du Cap Corse, une clinique psychiatrique.

Renola A Renula est un village composé de deux quartiers : Renula Suprana et Renula Suttana. Ces quartiers sont séparés par une chapelle dédiée à la Cuncezziòne (l'Immaculée Conception), déclarée en 1736 « Reine » de la Corse.

En 1875, Renula comptait trois fois plus de maisons. Au sud-est du village, la route D 180 franchit le ruisseau de Luri au pont de Centurione, reconstruit en 1977.

Piazza L'origine de son nom vient du latin plates signifiant « espace plat ». Piazza est le village principal, le centre communal de Luri. Il est parfois désigné sous le nom de Luri, du nom de la vallée dont il est le chef-lieu.

Au , Pascal Paoli pensa faire de Luri la capitale du Cap Corse, du fait de sa position géographique centrée dans la presqu'île. Mais l'éloignement des nombreux hameaux et villages de la vallée a contrarié son choix, l'amenant à choisir Rogliano comme chef-lieu de la province.

Piazza renferme une chapelle SS. Giacomu e Filippu.

Piazza est entouré de quartiers : à l'est Contra, un quartier récent ; à l'ouest, Corso et Santo Pietro. Santo Pietro est encore appelé Pieve, renferme une église SS. Pietro e Paolo (Saints Pierre et Paul) édifiée au sur l'emplacement d'un sanctuaire du , en remplacement d'un sanctuaire paléochrétien. De style baroque classique, l'église qui est inscrite Monument historique, renferme des œuvres classées ; au nord-ouest, Ciocce. Au nord de Piazza se situe le hameau de San Roccu, construit autour de sa chapelle San Roccu (Saint Roch).

Poggio vignette|Poggio et la tour de Sénèque.|alt= vignette|Ruelle de Poggio.|alt=