L'Union des œuvres ouvrières catholiques de France qui deviendra lUnion des œuvres catholiques de France (UOCF) est créée en 1871 à l'initiative de prêtres directeurs d'œuvres. Elle se manifeste au départ surtout par ses réunions annuelles, les Congrès de l'Union, et par une revue commune. Plus tard, on trouve certains de ses membres à l'origine d'initiatives comme le mouvement des Cœurs Vaillants et Âmes VaillantesLa décision de l'UOCF, en 1929, de faire un magazine d'enfants, Cœurs Vaillants, donne naissance à la maison d'édition Fleurus. Elle va se spécialiser dans la presse pour la jeunesse. En 1931 les lecteurs de Cœurs Vaillants se rassemblent à Paris et un mouvement nait, encouragé par les évêques qui le demandent officiellement en 1936. En décembre 1937, un magazine parallèle, Âmes vaillantes est créé pour le public féminin et le mouvement devient « Cœurs vaillants et âmes vaillantes »..
Apparue à un moment où se développe un monde ouvrier de moins en moins christianisé et aux conditions de vie inacceptables, elle reflète la volonté des milieux catholiques français de regrouper les œuvres charitables et de patronage qui s'étaient alors multipliées. Elle prend ainsi sa place dans le courant du catholicisme social français qui émerge peu à peu au cours du et se développe plus amplement au siècle suivant.
Historique Le , quelques prêtres, directeurs des Œuvres de patronage purement locales, invités par l'un d'eux qui habite Angers, l'abbé Le Boucher, fondateur en 1855 de la revue Jeune ouvrier, se réunissent pour s'entretenir de leurs œuvres naissantes et échanger leurs expériencesBulletin du diocèse de Reims, 6 janvier 1872 . La revue, à laquelle beaucoup étaient abonnés, était un organe de liaison entre eux. Le Congrès choisit un nom commun pour la réunion de toutes ces œuvres de patronage : « Société des jeunes ouvriers ». Les buts poursuivis mis en avant sont "faire de bons chrétiens" et secondairement, proposer une « récréation honnête », soit « prier et jouer » et c'est sous l'intervention de Maurice Maignen, qu'on ajoute les préoccupations plus sociales d'éducation populaire et d'amélioration matérielle du sort de ces jeunes ouvriersJean-Baptiste Duroselle, Les Débuts du catholicisme social en France 1822-1870 (thèse principale), 1951.
Un an plus tard, les mêmes hommes se revoient à Paris. Le Congrès de Paris de 1859, travaille surtout sur le rôle social des patronages. Ces deux initiatives s'éteignent peu après : le congrès prévu à Orléans pour 1860 n'a pas lieu et la revue Jeune ouvrier disparaît en 1861. Les œuvres de patronage progressent cependant dans leur isolement, les expériences se multiplient.
En 1870, tous les apprentis et ouvriers des œuvres de France sont conviés à Versailles à une exposition générale. Le président du patronage Saint-Joseph de Versailles offre aux prêtres chargés de la jeunesse l'occasion de se retrouver pour un mutuel échange de vues. La pensée du Congrès des Œuvres était là, elle fut accueillie avec empressement par plusieurs directeurs d'œuvres. Le Petit Écho du patronage de Saint-Étienne et le Moniteur des jeunes Ouvriers popularisent l’événement. C'est là, qu'à défaut de compagnonnage selon le modèle allemand de Adolph Kolping, le projet s'élabore de créer une Union des Œuvres catholiques avec comme organe officiel du Congrès, la Revue des Associations catholiques pour la classe ouvrière, nouvelle revue créée par Henry Jouin, l'ancien secrétaire du Jeune ouvrier. La Revue des Associations catholiques est l'organe spécialement destiné aux communications des directeurs entre eux, elle porte dans ses premiers numéros l'annonce du congrès de Nevers, un programme de délibérations et quelques notes fort intéressantes sur l'accueil fait au premier congrès d'Angers par les membres de l'épiscopat. Dès lors, l'Union des Associations catholiques ouvrières était fondée. Officiellement le Congrès de Nevers de septembre 1871 présidé par l'abbé Le Boucher en décide la création et en fixe les objectifs : se retrouver dans des Congrès annuels et regrouper la multitude d’œuvres en une seule et vaste institution de « compagnonnage chrétien ». Cette union est en fait extrêmement lâche, le mot Fédération ayant été rejeté, chaque œuvre particulière conservant son nom et ses règlements à l'exemple de l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers.
Deux mois après en effet, Maurice Maignen, frère de Saint-Vincent-de-Paul, Albert de Mun, présents à Nevers, ainsi que René de La Tour du Pin posent les bases de ce qui devient l’Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers qui va reproduire à un grand nombre d'exemplaires le Cercle des Jeunes ouvriers du boulevard du MontparnasseMaurice Maignen et la contre-révolution, pensée et action d'un catholique social 1871-1890, mémoire présenté sous la direction de Michèle Cointet, UFR Arts et sciences humaines Département d’Histoire Université de Tours 2004 .
Si Albert de Mun et Léon Harmel continuent de participer aux Congrès de l'Union des Œuvres catholiques, (à Poitiers en 1872 et à Lyon en 1874), Léon Harmel jusqu'en 1878 au moins, l’Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers qu'ils ont fondée, se développe de façon indépendante. Les deux organisations coexistent, mais l'Union des Œuvres est dans la mouvance des clercs, alors que l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers est d'initiative laïque et a des objectifs plus larges.
Le congrès de Versailles, en 1870, par suite des événements et de la déclaration de guerre à la Prusse, n'avait compté que trente-six membres, au lieu de quarante et un qui avaient envoyé leur adhésion. En 1871, celui de Nevers plus de soixante-dix membres, et enfin, en 1872, celui de Poitiers, plus de trois cents.
En même temps que le nombre des associés croissait, les bénédictions de l'Église se répandaient de plus en plus abondamment sur l'œuvre naissante. Vingt-huit archevêques et évêques, parmi lesquels Landriot, alors évêque de La Rochelle, avaient envoyé le témoignage de leur sympathie et leurs encouragements au congrès d'Angers ; onze se font représenter au congrès de Nevers et vingt-quatre répondent favorablement à la supplique que leur adresse le congrès pour qu'ils daignent s'associer à son œuvre, la diriger et la patronner.
En 1872, au congrès de Poitiers, cinquante-six archevêques et évêques envoient leurs délégués. Les évêques d'Autun et de Nancy s'occupent directement des œuvres de l'union, nomment des comités diocésains chargés d'y présider et de se mettre en rapport avec le comité central au moyen d'un délégué spécial. L’évêque de Nantes a dans sa ville épiscopale, la présidence d'une œuvre rattachée à l'Union ; Ceux de Poitiers et d'Angers viennent de fonder également dans leurs villes épiscopales des œuvres du même caractère.
En 1875, devenu archevêque Langénieux préside le Congrès de l'Union des Œuvres, dirigé par son ami de Ségur. Pour lui, Les patronages, les cercles catholiques, continuent l'œuvre de l'école chrétienne. Langénieux inaugura lui-même les cercles de Saint-André et de Saint-Maurice à Reims.
Au moment du Congrès de Bordeaux en 1876 qui réunit 500 personnes au Grand Séminaire, de Ségur, précise qu'il s'agit seulement « des œuvres ayant pour but de conserver au Christ les amis des ouvriers (enfants ou hommes), des soldats par une propagande active » ; quand des interventions émettent le vœu de développer les orphelinats agricoles, il répond par une dénonciation de la libre-pensée, « le pire des fléaux qui menacent la société » et fait l'éloge de Pie IXJ.-C. Drouin, « De quelques attitudes des catholiques bordelais envers le monde ouvrier, 1872-1914 » extrait pp. 227-240 Actes du XXXIIe Congrès d'études régionales F.F.S.O. Sociétés et mondes ouvriers.
Les Frères de Saint-Vincent-de-Paul vont jouer un rôle moteur dans l'animation du Bureau central de l'Union, le Père de Varax, leur vicaire général, et le frère Maurice Maignen, au cours des premières années. A partir de 1898 et jusqu'en 1914, la congrégation est chargée de sa direction, avec notamment les Pères Alfred Leclerc, Henri Lucas-Championnière et Jean-Emile Anizan. Ce rôle sera confié ensuite aux Fils de la Charité à partir de 1928 et jusqu'en 1968.
En mars 1927, le père Cardijn est invité au Congrès de l'Union des Œuvres, à Reims par le père Jean-Émile Anizan, vice-président de l'Union des Œuvres. Cardijn déchaine lors de cette rencontre un grand enthousiasme. On parla ensuite du « baptême de Reims » de la Jeunesse ouvrière chrétienne.
Le , l'Union des œuvres crée le journal pour enfants, Cœurs vaillants, visant un lectorat âgé de 11 à 14 ans. En 1936, le mouvement des Cœurs Vaillants voit le jour, à l'initiative des Fils de la CharitéGaston Courtois et Jean Pihan, qui dirigent l'UOCFVincent Feroldi, « La force des enfants. Des Cœurs Vaillants a L'A.C.E », paru dans Le Mouvement social, No. 155 (avril-juin 1991), pp. 109-111. L'année suivante, le mouvement féminin des Âmes vaillantes est créé.
Présidents Mgr Louis-Gaston de Ségur, 1871-1881 Mgr Charles Louis Gay, 1881-1881 Mgr Félix Jourdan de la Passardière, 1894-1903 Mgr Philibert de Poterat, 1903-1924 Mgr Eugène Crépin, 1924-1942
P. Jean-Émile Anizan vice-président de 1895 à 1907 P. Gaston Courtois, directeur de 1937à 1955 P. David Julien, directeur de 1955 à 1976
Congrès 1870 : Versailles 1871 : Nevers 1872 : Poitiers 1873 : Nantes 1874 : Lyon 1875 : Reims 1876 : BordeauxCongrès de Bordeaux, compte rendu de la neuvième assemblée générale des directeurs d'œuvres, 21-25 août 1876 1877 : Le Puy-en-VelayCongrès du Puy-en-Velay, compte rendu de la dixième assemblée générale des directeurs d'œuvres, 6-10 août 1877 1878 : ChartresCongrès de Chartres, compte-rendu de la onzième assemblée générale des directeurs d'œuvres, 9-13 septembre 1878
1879 : Angers 1880 : Grenoble 1881 : Le Mans 1882 : Autun 1883 : Paris 1884 : Troyes 1885 : Limoges 1886 : Caen 1887 : Rodez 1888 : Aurillac 1889 : Montauban 1890 : Sainte-Anne-d'Auray 1891 : Valence 1892 : La Roche-sur-Yon 1893 : Ars 1894 : Amiens 1895 : Clermont-Ferrand 1896 : Moulins 1897 : Tours 1898 : Saint-Brieuc 1899 : Montpellier 1900 : pas de congrès 1901 : Arras 1902-1903 : pas de congrès 1904 : Nantes 1905 : Lyon 1906 : Lourdes 1907 : Valence 1908 : Rodez 1909 : Nîmes 1910 : Moulins 1911 : Auch 1912 : Châlons-sur-Marne 1913 : Bourges 1914-1919 : pas de congrès 1920 : Nancy 1921 : Poitiers 1922 : Rennes 1923 : pas de congrès 1924 : Amiens 1925 : Clermont-Ferrand 1926 : Vannes 1927 : Reims 1928 : Angers 1929 : Arras 1930 : Dijon 1931 : Paris 1932 : Toulouse 1933 : Grenoble 1934 : Rennes 1935 : pas de congrès 1936 : Marseille 1937 : pas de congrès 1938 : Paray-le-Monial 1939 : Rouen 1947 : Bordeaux
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Bulletin de l'Union des œuvres ouvrières catholiques Gérard Cholvy, Histoire des organisations et mouvements chrétiens de jeunesse en France (), Cerf, 1999 Christian Sorrel, « Un objet d’enquête ? Les congrès catholiques en France au », in Dominique Avon et Michel Fourcade (dir.), Mentalités et croyances contemporaines. Mélanges offerts à Gérard Cholvy, Montpellier, université Paul-Valéry – Montpellier-III, 2003, p. 89-106. François Veuillot, Sous le signe de l'Union. Histoire des congrès nationaux de l'Union des Oeuvres 1848-1939, Paris, Union des Oeuvres Catholiques de France, 1948, 398 p. Joseph Debès, Emile Poulat, L'appel de la J.O.C., Paris, Editions du Cerf, 1976, 292 p. Vincent Feroldi, La force des enfants. Des Coeurs Vaillants à l'A.C.E., Paris, Les Editions Ouvrières, 1987, 336 p. Jean-Yves Moy, Le Père Anizan, prêtre du peuple. Des Frères de Saint-Vincent-de-Paul à la fondation des Fils de la Charité, Paris, Editions du Cerf, 1997, 816 p.
Annexes Articles connexes Catholicisme social Doctrine sociale de l'Église Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers Fils de la charité Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes
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