Luniversité Grenoble-Alpes (UGA) est un grand établissement d'enseignement supérieur français, le principal de la métropole grenobloise. Créée en 1339, l'université de Grenoble disparaît à trois reprises au cours de l'histoire ; dans sa forme actuelle, elle est issue de la fusion des trois universités entre lesquelles elle avait été divisée après (Grenoble-I, Grenoble-II et Grenoble-III)., et de l'intégration de l'Institut polytechnique de Grenoble, de l'École nationale supérieure d'architecture et de l'Institut d'études politiques. Depuis 2020, elle rassemble également les organismes de recherche présents à Grenoble : le CEA, le CNRS, INRAE, INSERM, Inria (devenu centre INRIA de l'Université Grenoble Alpes).

L'université Grenoble-Alpes est labellisée en par un jury international au titre de l'Initiative d'excellence (IDEX), France 3-Francetv info, 24 janvier 2016. puis désignée le par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation pour accueillir l'un des quatre Instituts interdisciplinaires d'intelligence artificielle en France., portant l'acronyme de MIAI ()..

Grâce à son domaine universitaire, le journal Times Higher Education la classe en 2018 au huitième rang des plus belles universités en Europe.. La même année, elle devient l'université française la plus citée dans le classement de Shanghai... Plus récemment, en 2024, elle se situe, au niveau mondial, entre la et la place dans le classement de Shanghai, portant essentiellement sur les activités de recherche, à la place dans le classement QS World University rancking et, pour l'édition 2025 de Times Higher Education, entre la et la place, ces deux derniers classements reposant sur des critères élargis.

Historique Création de l'université de Grenoble L'existence d'un enseignement supérieur à Grenoble est bien antérieure à la création de l'université, car plusieurs décennies avant sa création, alors que Grenoble s'appelle encore Gratianopolis, un certain Jacques Borgarel s'intitule professeur de droit () en 1277, titre repris par la suite en 1282 par Bérenger Chevalier et, en 1322, par Nicolas Constant. L'enseignement du droit à Grenoble se poursuit puisqu'en 1333, Amblard de Beaumont, protonotaire du dauphin Humbert II, prend la qualité de Arthur Bordier, La médecine à Grenoble, page 7.. Cet enseignement permet de créer, quatre ans plus tard, le conseil delphinal, cour de justice à vocation judiciaire et militaire du Dauphiné de Viennois.

L'université de Grenoble est créée le par le dauphin Humbert II, qui obtient une bulle pontificale du pape Benoît XII, lors d'un séjour à Avignon. Dans un document traduit du latin par l'historien Nicolas Chorier, on apprend (en latin : )Jacques Berriat-Saint-Prix, Histoire de l'ancienne université de Grenoble, page 8.. Humbert II, influencé par sa vie à la cour de Naples, prend diverses dispositions dans des lettres du L'historien Valbonnais rapporte en entier ces lettres dans son Histoire du Dauphiné publiée en 1721., promettant et jurant sur l'Évangile une protection vigilante aux étudiants, de la nourriture et un abri sans frais, pour au moins une centaine d'entre euxLivre du centenaire de la Faculté de droit (1906), page 15.. On installe alors l'université dans une maison de la rue Neuve appartenant à Jean Chaunais. Le premier recteur est Amédée Alleman, également prieur au monastère Saint-LaurentAuguste Prudhomme, Histoire de Grenoble, page 173, qui se réfère au livre de la chaîne, folio 44.. L'enseignement du droit canonique et du droit civil est assuré par des membres du Conseil delphinal. Le dernier recteur connu est Bernard de Croysllis en 1346, également archidiacre de Besalú.

L'absence de documents les années suivantes laisse supposer que l'université de Grenoble a disparu, probablement vers l'année 1349 : période de crise économique pour le Dauphiné de Viennois dont le dauphin, ruiné par une croisade en Palestine et confronté à une épidémie de peste, est contraint de vendre sa principauté au royaume de France. L'acte est signé le , les diplomates chargés du protocole ménagent les susceptibilités en lui donnant le nom de transport du Dauphiné.

Il faut attendre un siècle pour avoir un enseignement universitaire dans la nouvelle province du Dauphiné. Mais c'est à Valence qu'une université est créée le Abbé Nadal, Histoire de l'université de Valence, page 13. par le dauphin Louis, futur Louis XI, et confirmée le durant son règne, privilégiant la position géographique de la ville sur un axe commercial très fréquenté. Cependant on ne peut priver la ville de Grenoble de son université sans porter atteinte au contrat du transport du Dauphiné, dont une clause précise que tous les privilèges existants avant 1349 sont conservés. Pourtant, Grenoble renonce à faire valoir son droit par lequel elle pouvait réunir cette université valentinoise à GrenobleJacques Berriat-Saint-Prix, Histoire de l'ancienne université de Grenoble, page 9.. L'université de Valence va alors attirer les meilleurs étudiants de la province du Dauphiné, malgré la présence du Parlement du Dauphiné à Grenoble. Deux siècles plus tard, en 1672, l'historien Nicolas Chorier fera une remarque énigmatique dans son Histoire générale du Dauphiné, laissant penser que l'université de Grenoble est encore en activité sous le règne de Louis XI (1461-1483). Il mentionne en effet que la province du Dauphiné compte deux universitésArthur Bordier, La médecine à Grenoble, page 9.Jacques Berriat-Saint-Prix, Histoire de l'ancienne université de Grenoble, page 10.. Plus tard, des tentatives de réouverture à Grenoble se solderont par des échecs, mais d'autres trouveront une issue plus positive.

vignette|200px|Premier sceau connu de l'université de Grenoble au . C'est ainsi qu'en 1542, la forte influence de trois jurisconsultes du Parlement du Dauphiné, dont Pierre Bucher et Antoine de Gouveia, qui s'activent pour la réouverture de l'université de Grenoble, portera ses fruits. Le , des lettres patentes du gouverneur du Dauphiné, François de Saint-Pol, rétablissent l'université de Grenoble. Le , une cérémonie solennelle d'inauguration a lieu. Dans des lettres accordées en , le roi Henri II accorde à tous ses membres les privilèges dont bénéficient déjà les universités d'Orléans et de ToulouseLivre du centenaire de la Faculté de droit (1906), page 22.. La question des locaux est tranchée sous un angle économique, puisqu'une partie de l'évêché est utilisée, surtout le réfectoire du couvent des Cordeliers, à proximité de la tour de l'IsleCe couvent des Cordeliers était situé à l'emplacement du Musée de Grenoble où l'on peut voir quelques vestiges du couvent au sous-sol du parking.. Si le premier sceau de l'université du reste inconnu, le sceau du sera reconstitué à la fin du , à partir de fragments retrouvés dans les archives de la ville. Ainsi en 1896, un professeur de la Faculté des Sciences le décrira comme un encadrement carré reposant sur l'un des angles dans lequel s'élève un portique Renaissance à voûte plein-cintre, supporté par deux groupes de colonnes. Sous ce monument, accosté de deux dauphins, sont assis deux étudiants. Au centre du portique, on remarque une figure debout, environnée de nuages, qui serait un docteur enseignant ou peut-être la ViergeAnnales de l'université de Grenoble, J. Collet, 1896..

vignette|170px|gauche|Portrait de Corneille de Blockland vers 1580. Certains étudiants de l'université deviennent célèbres comme Corneille de Blockland nommé docteur en médecine le Société royale des antiquaires de France, Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, 1824, page 293., mais dont l'œuvre musicale et les prédictions entrent dans l'histoire. L'université possède de grands jurisconsultes comme Antoine GovéaJ.J.A. Pilot-de-Thorey, Histoire de Grenoble et ses environs : depuis sa fondation sous le nom de Cularo, page 88., premier professeur en 1558, mais semble condamnée à fermer, lorsque le roi Charles IX ordonne par lettres patentes du mois d', le rattachement de l'université à celle de Valence. Alors que la guerre entre protestants et catholiques bat son plein en Dauphiné, une bataille juridique s'engage dans laquelle les avocats grenoblois, chargés de défendre la ville de Valence, refusent de le faire devant le Parlement du Dauphiné. Les Valentinois sont ainsi contraints de s'adresser au Conseil royal à Paris. Deux professeurs valentinois y rencontrent le premier consul de Grenoble, Ennemond Bectoz de Valbonnais, qui s'efforce de répondre par de savantes manœuvres à leurs habiles attaques. Finalement après d'interminables requêtes, l'arrêt définitif du Conseil royal est prononcé en faveur de Valence le Livre du centenaire de la Faculté de droit, (1906), page 59..

Dans un Dauphiné ravagé par les guerres de Religion, la présence à Grenoble de Catherine de Médicis du au , venueVital Chomel, Histoire de Grenoble, page 126. dans le but d'apaiser ces conflits, est l'occasion de lui réclamer le rétablissement de l'université. Demande qui restera sans effet. Les étudiants en droit grenoblois vont devoir continuer à se rendre à Valence. La prise de Grenoble par Lesdiguières en marque la fin des hostilités religieuses et entraîne la construction d'une citadelle à l'emplacement du couvent des Cordeliers, site de l'ancienne université. Le pouvoir de la dynastie des Lesdiguières ne semble pas avoir joué en faveur du rétablissement d'une université à Grenoble. Diverses tentatives de rétablissement de la part du Premier président et du procureur-général du Parlement du dauphiné en 1732 et 1765 auprès du roi restent vaines. L'hôpital de Grenoble et l'intendant du Dauphiné, Christophe Pajot de Marcheval, vont cependant jouer un rôle essentiel dans l'ouverture en 1771 d'une petite école de chirurgie, nécessaire à une ville de garnison comme Grenoble. Accueillie par les Pères de la charité, l'école enseigne la médecine, la chirurgie, l'anatomie, la pharmacie pratique et la botanique dans un cursus de trois années, qui passera ensuite à quatre ans. Parmi les premiers élèves boursiers figure un étudiant de vingt-sept ans, marié et admis par dérogation malgré son âge, Dominique VillarsArthur Bordier, La médecine à Grenoble, page 125.. Mais bientôt la Révolution, née à Grenoble lors de la Journée des Tuiles, condamne la Faculté des arts et la Faculté de théologie de Valence à disparaître en 1790, suivies par la Faculté de médecine en 1791 et enfin la Faculté de droit en 1792, les universités étant jugées corporatistes et conservatricesAbbé Nadal, Histoire de l'université de Valence, page 259..

Époque moderne C'est le , sur la voie qui le mène d'Ulm à Austerlitz, que Napoléon signe à son quartier général de Braunau-sur-Inn, le décret qui organise l'École de droit de Grenoble, marquant ainsi le retour de l'enseignement supérieur à GrenobleLivre du centenaire de la Faculté de droit (1906), page 12.. Le suivant, l'audience solennelle de la Cour d'appel de Grenoble se déroule dans le Palais de justice pour recevoir le serment des premiers membres de la nouvelle École de Droit. Le , l'École ouvre ses portes à ses premiers élèves ; son premier doyen est Jean-Paul Didier. Les effectifs de cette première année raccourcie se montent à 160 élèves. Le , c'est l'École de médecine, de chirurgie et de pharmacie qui ouvre ses portes par décret impérial mais qui sera remplacée en 1823 par une École secondaire de médecineEmmanuel Pilot-de-Thorey, Notes pour servir à l'histoire de Grenoble, page 90..

alt=Palais de l'université sur la place de Verdun, ancien siège des facultés grenobloises (aujourd'hui IUT 2 Grenoble)|vignette|Palais de l'université sur la place de Verdun, ancien siège des facultés grenobloises.