La de chars (en russe , parfois traduit « de tanks ») devenue en 1944 la de chars de la Garde () est une grande unité blindée soviétique qui combattit lors de nombreux affrontements militaires sur le front de l'Est, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle tient ensuite garnison en République démocratique allemande jusqu'en 1992. En 1968, l'armée reçoit l'ordre du Drapeau rouge, devenant officiellement la de chars de la Garde et du Drapeau rouge ( ; en abrégé 1 гв. ТА). Elle est dissoute en 1998.

Remise sur pied en 2014, elle stationne en temps de paix autour de Moscou, dans le district militaire ouest. À partir de , cette armée est engagée dans l'Invasion de l'Ukraine par la Russie, combattant d'abord dans le Nord-Est, puis à partir d'avril près de Kharkiv. Toutes ses unités auraient été retirées du front en après de lourdes pertes.

Grande Guerre patriotique

Première forme La de chars est créée en , sous le commandement de Kirill Moskalenko, à partir des éléments de la . et des corps de chars affectés au front de Stalingrad. La formation initiale regroupe les et , les et , ainsi que la ..

Selon la doctrine militaire des opérations en profondeur prônée par l'Armée rouge (théorisée par Triandafillov et Toukhatchevski), une armée de chars (Танковая армия, abrégée en TA) est destinée à être engagée après une percée effectuée par une autre armée combinée (composée d'infanterie largement soutenue par des divisions d'artillerie et des brigades de tanks d'accompagnement) ; le rôle de l'armée de chars étaient de servir d'« échelon de frappe opérative » en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse (jusqu'à 150 à ), si possible ses corps d'armée avançant en parallèle, pour déstructurer tout le système ennemi.. Les deux ( et dès mai-) puis six armées de chars furent les fers de lance des principales offensives soviétiques de la seconde partie de la Grande Guerre patriotique.

thumb|Offensive allemande vers Stalingrad en juillet et septembre 1942, avec les tentatives de contre-offensive soviétiques. Le , elle est engagée dans une contre-attaque dans la boucle du Don alors qu'elle est encore en formation, manquant d'artillerie, de munitions, de radios et d'officiers.. Mal coordonnée et sous un ciel contrôlé par la Luftwaffe, elle subit de très lourdes pertes et n'atteint pas son objectif d'encercler et détruire les éléments de pointe de la allemande (le ), qu'elle oblige cependant à reculer pendant quelques jours, chapitre 6..

Le , la allemande lance le XXIV. Panzerkorps du sud vers le nord et le XIV. Panzerkorps du nord vers le sud, encerclant la soviétique et des éléments de la de chars entre Sourovikino et Kalatch : huit divisions soviétiques sont anéanties le lendemain. La de chars est dissoute en , lors de la formation du front du Sud-Est, son encadrement formant la base de l'état-major du nouveau front, alors que ses troupes vont renforcer la .

Seconde forme Le , elle est re-créée dans le front du Nord-Ouest à partir des unités de commandement provenant de la , et des éléments combattants composés des et de chars et du . Le , l'armée est renforcée temporairement pour participer au déblocage de Léningrad avec une brigade de chars, quatre régiments de chars, deux divisions d'infanterie parachutiste, six brigades de fusiliers, de l'artillerie et du génie..

En février-, l'armée est engagée dans la troisième bataille de Kharkov au sein du front de Voronej ; en , elle est transférée à Oboïan, pour participer à la défense du saillant de Koursk et être remise sur pied. En juillet et , elle participe aux batailles de Prokhorovka et du Dniepr et est engagée dans la seconde bataille de Kiev.

de chars de la Garde Le , la de chars est promue en de chars de la Garde .

Lvov-Sandomir En , les de chars de la Garde, de chars de la Garde et de chars sont regroupées en Ukraine occidentale et affectées au premier front ukrainien d'Ivan Koniev pour être utilisées dans le cadre de l'offensive Lvov-Sandomir contre le groupe d'armées Ukraine du Nord allemand. Une des deux percées initiales est confiée à la de la Garde et à la sur un front d'attaque très étroit () au nord de Brody.. Le , le premier assaut d'infanterie permet de prendre sans préparation d'artillerie la première ligne autour de Gorukhov ; le 15, après une préparation d'artillerie d'une heure, la deuxième ligne est dépassée et la contre-attaque allemande ( et , en sous-effectif) repoussée. Le , l'échelon d'exploitation est engagé : les (chars de combat et canons automoteurs) de la blindée de la Garde et les 303 du groupement mixte Baranov (les de chars et de cavalerie de la Garde), largement soutenus par l'aviation soviétique ( et bombardiers ont été affectés au front. Le 18, Brody est encerclée, avec dans la poche le allemand (liquidé du 21 au ) ; le Boug est franchi à Dobrochine (au sud de Sokal) et à Kamenka. Le 20, le front allemand est alors déchiré sur de large ; la contre-attaque de la échoue et la de chars atteint Rava-Rouska au soir. Dans la nuit du 22 au , le San est atteint ; le 24, l'armée passe sur l'autre rive, laissant Iaroslav assiégée derrière elle (qui tombe le 27) et fonce alors vers l'ouest. La Vistule est atteinte à Annopol le par des unités de la de la Garde, qui traversent dès le lendemain. Les et de chars de la Garde passent sur la rive gauche le à Baranov au sud de Sandomir, renforçant la défense de la tête de pont face aux contre-attaques allemandes. Le , ce qui reste de la de chars de la Garde est retiré du front pour être rééquipée. Pour l'opération Lvov-Sandomir, la de chars de la Garde a avancé de à travers les lignes allemandes.

Vistule-Oder Le mécanisé de la Garde (ex mécanisé) est équipé en avec 185 M4A2. (livrés par les convois de l'Arctique). Composition de la de chars de la Garde en Ne sont indiqués que les divisions et brigades pour une composition plus complète consulter l'article en russe. : de chars devenu le de chars de la Garde de chars devenue en la de chars de la Garde de chars devenue en la de chars de la Garde de chars devenue en la de chars de la Garde mécanisée devenue mécanisée de la Garde mécanisé devenu le mécanisé de la Garde de chars de la Garde mécanisée devenue mécanisée de la Garde mécanisée devenue mécanisée de la Garde mécanisée devenue mécanisée de la Garde de chars de chars de chars de chars Autres formations anti-chars devenue anti-chars de la Garde de chars devenue de chars de la Garde d'artillerie automotrice d'artillerie légère

En , la de chars de la Garde est, au sein du premier front biélorusse de Joukov, à la pointe de l'offensive Vistule-Oder : ses et canons automoteurs. débouchent le de la tête de pont de Magnuszew (à l'ouest de la Vistule), à travers la percée effectuée la veille par la de la Garde (de Vassili Tchouïkov). L'intégralité de l'armée a passé la Pilica dès le , puis fonce vers l'ouest-nord-ouest, de le 17, par Nowe Miasto (Neumark), puis Łódź (Litzmannstadt) le 18, franchissant la Warthe à Kolo le 19, puis de nouveau de part et d'autre de Posen (laissant la ville à Tchouïkov) les 22-23, capturant environ , perçant l'Ostwall du 26 au et atteignant l'Oder près de Custrin le . L'armée s'arrête là, avec une offensive de .

Berlin De fin février à la mi mars, la de tanks de la Garde combat en Poméranie occidentale, fonçant jusqu'à Kolberg, puis longeant la côte de la mer Baltique vers l'est jusqu'à Dantzig, isolant la Prusse-Orientale.

Enfin, elle est engagée dans les opérations offensives dans la bataille de Berlin : du 16 au , la de la Garde enfonce très difficilement le front allemand au sud de Seelow. La de chars de la Garde ( et canons automoteurs, et ) est engagée dès le midi du premier jour, ce qui génère un énorme embouteillage au milieu de la . L'armée perce finalement à Müncheberg le 19 et fonçant ensuite sur la . L'armée franchit rapidement la Sprée en amont de Berlin, puis évite l'agglomération par le sud, par l'aéroport de Tempelhof, près duquel elle rencontre le premier front d'Ukraine.

Guerre froide vignette|Médaille de vétéran de la de chars de la Garde. Pendant toute la guerre froide, la de tanks de la Garde est affectée au groupement des forces armées soviétiques en Allemagne, avec son PC à Dresde. Elle participe en 1968 à l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie, puis retourne tenir sa garnison en Allemagne.

Commandants : , 1968-1971 ; , 1971-1974 ; , 1983-1986 ; Anatoly Kouprianovitch Tchernychev, 1986 à 1990 ; Guennady Kolychkine Ziouganov, 1990-1992.

En , la CEI remplace l'URSS (accord de Minsk le 8 ; accords d'Alma-Ata le 21 ; dissolution de l'Union le ). Les forces armées soviétiques deviennent les « forces armées conjointes de la CEI », avant d'être partagées à partir de 1992 entre les différents nouveaux États souverains en fonction de leur lieu de garnison. Les forces armées de la fédération de Russie sont créées le , puis le commandement commun de la CEI est dissous en . La de chars soviétique devient donc la de chars russe, avec des effectifs réduits.

Armée russe Évacuation de l'Allemagne En application du traité de Moscou du , la de tanks de la Garde quitte l'Allemagne en 1992 pour le district militaire de Moscou, avec son état-major désormais à Smolensk. En 1995, elle est renommée de la Garde. Elle est finalement dissoute en 1998. Commandants : Leonti Pavlovitch Chevtsov, 1992-1994. Viktor Mikhaïlovitch Rochtchine de 1994 jusqu'à sa dissolution.

Recréation vignette|Des T-90 de la défilant en 2012 sur le terrain militaire d'Alabino, au sud-ouest de Moscou. La de chars de la Garde est reconstituée en , avec affectation au district militaire ouest ; son état-major est à Odintsovo, dans l'oblast de Moscou, couvrant la région du Centre (épaulée au nord par la à Saint-Pétersbourg et au sud par la de la Garde à Voronej). Elle est composée en 2018 des unités suivantes. : de commandement, à Selïatino près d'Odintsovo dans l'oblast de Moscou ; de fusiliers motorisés de la Garde Tamanskaïa, à Kalininets dans l'oblast de Moscou : de fusiliers motorisés de la Garde Sevastopolski (armé avec 41 T-72B3 et 140 BTR-80/82A) ; de fusiliers motorisés (41 T-72B3 et 120 BMP-2) ; de chars de la Garde (41 T-72B3) ; d'artillerie automotrice de la Garde (36 2S19 Msta-S et 18 2B17-1 Tornado-G) ; 1117 régiment antiaérien de la Garde (douze Tor-M2U, six 9K34/35 Strela-10, six 2S6M Toungouska et 27 9K38 Igla) ; de chars de la Garde Kantemirovskaïa à Naro-Fominsk dans l'oblast de Moscou : de chars de la Garde Shepetovski (94 T-80 et 30 BMP-3) ; de chars de la Garde Shepetovski (94 T-80 et 30 BMP-3) ; de fusiliers motorisés Yampolski ; d'artillerie automotrice Tarnopolski (2S19 Msta-S, et 2B17-1 Tornado-G) ; de missiles antiaériens de la Garde Tarnopolski (douze 9K330 Tor-M1, six 9K35 Strela-10, six 2K22 Toungouska et 27 9K38 Igla) ; de chars Częstochowa (94 T-72B3, 37 BMP-3, six BTR-80A, trois BRM-3K, 18 Akatsiya, 18 BM-21 Grad, huit 2S12 Sani, douze 9A33BM2 Osa, six 9K34/35 Strela-10, six 2S6M Tunguska et 27 9K38 Igla), à Moulino dans l'oblast de Nijni Novgorod ; de fusiliers motorisés de la Garde Sevastopol, à Mosrentguen près de Moscou ; de missiles (douze 9K720 Iskander) de la Garde Novorossiïskaïa, à Chouïa dans l'oblast d'Ivanovo ; d'artillerie Varchavsko-Brandenbourgskaïa, à Moulino dans l'oblast de Nijni Novgorod ; de missiles antiaériens (36 9K37 Buk-M1-2), à Krasnyi Bor dans l'oblast de Smolensk ; de renseignement et de reconnaissance, à Sormovski près de Nijni Novgorod ; de soutien logistique, à Dzerjinsk dans l'oblast de Nijni Novgorod. ; du génie, à Rostov Veliki dans l'oblast de Iaroslavl ; de défense NBC, à Tsentralny dans l'oblast de Nijni Novgorod ; de guerre électronique.

En , la de chars est recréée en reprenant le personnel, le matériel et la caserne de la de chars, restant rattachée à la de chars de la Garde.

Invasion de l'Ukraine